L'interaction entre l'amour, le cycle menstruel et la pilule contraceptive est un sujet complexe, souvent entouré de mythes et d'idées fausses. Cet article vise à démystifier ces concepts, en se basant sur des informations médicales fiables et des témoignages de femmes. Nous aborderons la sécurité des rapports sexuels pendant les règles, l'efficacité de la pilule contraceptive, les fluctuations de la libido, et les éventuels désagréments liés aux menstruations.

La Pilule Contraceptive : Une Protection Continue

Un mythe tenace veut que les femmes sous pilule contraceptive soient à risque de tomber enceintes pendant la semaine de pause. Cette idée, popularisée par des personnalités publiques, est erronée. Les pilules combinées, contenant des œstrogènes et des progestatifs, bloquent l'ovulation. Les ovocytes ne se développent pas, la muqueuse utérine devient moins accueillante pour empêcher la nidation, et la glaire cervicale est modifiée pour bloquer le passage des spermatozoïdes.

L'efficacité de la pilule, qu'elle soit combinée ou microprogestative, est supérieure à 99,7% si elle est utilisée parfaitement. Cependant, cette efficacité peut être compromise par des oublis, des effets indésirables (nausées, diarrhées) ou des interactions médicamenteuses.

Fonctionnement de la pilule

Toutes les pilules se présentent sous la forme de plaquettes de comprimés (21 ou 28 comprimés). Le premier comprimé se prend le 1er jour des règles, puis un comprimé par jour à heure régulière. L’effet de la pilule est immédiat. Après une plaquette de 21 comprimés, on observe 7 jours d’arrêt, période pendant laquelle surviennent des saignements. Lors de cette période d’arrêt, la protection persiste. Le 8ème jour, on prend impérativement le 1er comprimé de la plaquette suivante (même si les saignements ne sont pas finis).

Que faire en cas d'oubli ?

Si l’oubli est inférieur à 12 heures (ou 3 heures, selon la pilule) : prendre immédiatement le comprimé oublié et continuer la plaquette normalement. Il n’y a pas de risque de grossesse.

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Si l’oubli est supérieur à 12 heures (ou 3 heures, selon la pilule) : prendre dès que possible le comprimé oublié et continuer normalement la plaquette. Mais, dans ce cas, il n’y a plus de protection du risque de grossesse. Pendant les 7 jours suivant, il faut utiliser des préservatifs ou une autre méthode locale. S’il y a eu un rapport sexuel non protégé au cours des 5 jours avant l’oubli : prendre en plus une contraception d’urgence (gratuite pour les mineures).

En cas de vomissements ou de diarrhées dans les 3h qui suivent la prise d’un comprimé, reprendre tout de suite un autre comprimé.

Il est également possible de commencer une plaquette de pilule à tout moment du cycle, mais dans ce cas, la protection ne commence que 7 jours après la première prise de pilule. En cas de rapport sexuel pendant cette période, il faut utiliser un préservatif ou une autre contraception locale. Après ce délai de 7 jours, la pilule fonctionne de la même manière.

Amour et Règles : Infos et Intox

Avoir des relations sexuelles pendant ses règles reste un sujet tabou, souvent associé à des préjugés tenaces.

Préjugés et réalité

L'idée que faire l'amour pendant les règles est "sale" est un préjugé lié à des croyances anciennes. Avoir des rapports sexuels en période de règles n'a rien de sale, du moment que les partenaires y consentent. Si l'idée est inconfortable, il est tout à fait acceptable de s'abstenir.

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Pour pallier les taches de sang, une serviette de bain ou une autre protection peut être utilisée.

Risque de grossesse pendant les règles

Il est possible de tomber enceinte si l'on a un rapport non protégé pendant ses règles. Même si les menstruations marquent la fin du cycle hormonal, elles ne sont pas un contraceptif. Les spermatozoïdes peuvent survivre entre deux et cinq jours dans le vagin.

Bienfaits potentiels des rapports sexuels pendant les règles

  • Écourter la durée des règles: Les saignements peuvent augmenter pendant un rapport sexuel avec pénétration, en particulier si la femme a un orgasme. Ce flux abondant peut réduire la durée des règles.
  • Atténuer le stress et les douleurs menstruelles: Les endorphines libérées pendant le plaisir agissent comme antidouleur et antistress.
  • Prendre plus de plaisir: Certaines femmes ont des pics de libido pendant leurs règles, en raison des fluctuations hormonales.

Cunnilingus pendant les règles

Le cunnilingus est possible pendant les règles. Pour éviter les accidents, un tampon ou une coupe menstruelle peut être utilisé.

Les Différentes Méthodes de Contraception Hormonale

Outre la pilule, il existe d'autres méthodes de contraception hormonale :

  • Patch contraceptif: Un timbre autocollant diffusant des hormones à travers la peau. Il est changé chaque semaine pendant trois semaines, suivies d'une semaine sans patch.
  • Anneau vaginal: Un anneau en plastique souple inséré dans le vagin, diffusant des hormones en continu. Il est retiré après trois semaines, suivi d'une semaine sans anneau.
  • Injection progestative: Une injection intramusculaire d'hormones, effectuée tous les 8 à 12 semaines.
  • Implant contraceptif: Un petit bâtonnet inséré sous la peau du bras, diffusant de la progestérone pendant trois ans.
  • Stérilet hormonal (SIU): Un dispositif intra-utérin diffusant de la progestérone, placé dans l'utérus par un médecin.

Choisir sa Contraception : Une Démarche Personnalisée

La meilleure contraception est celle adaptée au mode de vie de chaque femme. Une consultation médicale est nécessaire pour vérifier les éventuelles contre-indications et choisir la méthode la plus appropriée. Le médecin recherche des antécédents de maladies cardiovasculaires ou gynécologiques, de diabète, de migraine, etc. Il s’informe sur un éventuel usage du tabac, sur la sexualité et sur la prise d’autres médicaments. Il prend la tension de sa patiente et peut être amené à pratiquer un examen des seins, ainsi qu'un examen gynécologique (toucher vaginal et examen au spéculum). Cet examen gynécologique n'est pas indispensable si la patiente est jeune et sans antécédents médicaux.

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La contraception peut être prescrite pour une durée de douze mois (ou de six mois renouvelable). Par la suite, il est conseillé d’effectuer une consultation annuelle au cours de laquelle la tolérance du mode de contraception choisi est évaluée. Le médecin peut également mettre à profit cette consultation pour réaliser un frottis vaginal destiné à dépister des lésions précancéreuses du col de l'utérus.

Le prix de la contraception hormonale varie et certaines spécialités ne sont pas remboursées. Dans les centres de planification familiale, la pilule est gratuite pour les mineures et les femmes sans assurance santé.

Comment Démarrer une Contraception Hormonale ?

L'Organisation mondiale pour la santé (OMS) a publié des recommandations sur la façon de commencer un traitement contraceptif associant les estrogènes et la progestérone. Dans le cas général, la contraception estroprogestative peut démarrer dans les cinq jours qui suivent le début des règles, sans autre moyen de contraception. Si les règles sont apparues depuis plus de cinq jours, la contraception estroprogestative peut être démarrée à tout moment, mais la femme devra s'abstenir de rapports sexuels, ou avoir recours à un moyen de contraception complémentaire (préservatif, diaphragme, etc.) pendant les sept jours qui suivent.

Si elle allaite, aucune forme de contraception n'est nécessaire pendant les six premières semaines après la naissance. Entre six semaines et six mois après la naissance, l'utilisation des estroprogestatifs n'est pas recommandée sauf en l'absence de méthodes acceptables plus appropriées. Un autre moyen de contraception est alors préférable. Après six mois, et si les règles sont revenues, le cas général s'applique. Si elle n'allaite pas, et si les règles ne sont pas revenues 21 jours ou plus après l'accouchement, la contraception estroprogestative peut être démarrée à tout moment à condition de s'abstenir de rapports sexuels, ou avoir recours à un moyen de contraception complémentaire (préservatif, diaphragme, etc.) pendant les sept jours qui suivent. Si les règles sont revenues, le cas général s'applique. Chez une femme qui portait un dispositif intra-utérin (DIU) ou un DIU hormonal, la contraception estroprogestative peut être démarrée dans les cinq jours qui suivent le début des règles, et le stérilet est retiré à ce moment-là.

Sexe Pendant les Règles : Un Choix Personnel

Il n'y a aucune contre-indication médicale à avoir des rapports sexuels pendant ses règles. La décision appartient à chaque individu et à son partenaire. Il est essentiel d'être à l'aise avec son corps et ses menstruations.

Libérer la parole sur les menstruations

Bien que la parole autour des menstruations se libère aujourd’hui dans les médias et par le biais d’initiatives féministes, le sexe pendant les règles reste un sujet tabou pour de nombreuses personnes. Un rappel est donc important : le sang des règles n’est pas sale.

Variations de la libido

Certaines femmes témoignent d’un pic de libido au moment des leurs règles. Pour Hélène Jacquemin Le Vern, cette hausse de libido peut s’expliquer par les variations hormonales. Juste avant les règles, le syndrome prémenstruel (SPM) peut engendrer une baisse de libido. « Avant les règles, certaines femmes se sentent un peu gonflées, ont les seins tendus, etc. Elles se sentent alors soulagées par l’arrivée des règles et se sentent mieux et le désir peut revenir à ce moment-là », constate la spécialiste.

Risques d'infections

En soi, le sang n’est ni sale ni vecteur d’infections. « Toutefois, c’est un moment où la muqueuse, fragilisée, ouvre plus facilement la porte aux infections sexuellement transmissibles, notamment le VIH et l’hépatite B », prévient Hélène Jacquemin Le Vern.

Communication avec son partenaire

Le plus simple avant d’avoir un rapport sexuel pendant vos règles est d’en parler avec son ou sa partenaire. Demandez-lui s’il/elle est ouvert·e et à l’aise à l’idée d'avoir des relations sexuelles pendant vos règles. Bien plus souvent qu’on ne le croit, votre moitié n’en a que faire. Dans le cas contraire, il peut être intéressant de savoir quelles sont les réticences des deux côtés. Souvent, on confond sale et salissant : le sexe pendant les règles n’est pas sale, il est juste « salissant ».

Alternatives à la pénétration

N’oublions pas que le sexe est souvent associé à la pénétration, mais qu’il y a bien d’autres formes de plaisir. Vous pouvez choisir d’avoir des rapports sexuels qui n’impliquent pas de pénétration, de manière à pouvoir garder un tampon ou une cup menstruelle classique. C’est l’occasion de tester la masturbation réciproque et de donner au clitoris toute l’attention qu’il mérite ! Et surtout, écoutez-vous !

Hygiène

A priori, aucune toilette n’est indispensable pour faire l’amour pendant ses règles. Ni le sang ni la vulve ne sont sales. C’est encore une fois en fonction de chacune et de chacun.

Règles Anormales et Pilule : Que Savoir ?

Sous pilule, on n’a pas de vraies règles, puisque la pilule bloque l’ovulation. Il ne s’agit donc pas de règles en avance sous pilule mais de saignements. Ces “règles” peuvent se déclencher un peu en avance en cas d’oubli de pilule.

Vous pouvez aussi avoir des saignements pendant votre cycle qui vous font penser à des règles arrivées trop tôt et peu abondantes. Il peut parfois s’agir de règles sombres. C’est un effet secondaire courant de la pilule, notamment des pilules micro progestatives, dû à un léger dérèglement hormonal : on parle de spotting.

Contrairement à la pilule, le DIU en cuivre peut provoquer des règles au flux plus important.

Parlez-en à une sage-femme ou à un gynécologue en téléconsultation ! Souvent il n’y a rien à faire en cas de règles irrégulières, ce n’est pas une maladie. D’ailleurs certaines femmes ont des règles irrégulières toute leur vie.

Manipuler son Cycle : Avancer ou Supprimer ses Règles

Si vous prenez la pilule, vous pouvez supprimer vos « règles ». Pour cela, à la fin de la plaquette de 21 jours, commencez sans attendre une nouvelle plaquette. Il est possible de prendre la pilule en continu, pour des raisons médicales ou pour des raisons pratiques.

Saignements sous pilule en continu

Si tu es sous pilule prise sans interruption et que tu saignes, il s’agit plus vraisemblablement de « spotting », c’est-à-dire des saignements légers. Quand on prend une pilule avec une interruption de 7 jours (seulement 21 comprimés sur la plaquette ou 21 comprimés + 7 comprimés placebo pour arriver à 28 jours), il faut savoir que les « règles » que l’on a ne sont pas vraiment des menstruations. Avec la prise de pilule en continu, le corps reçoit une dose ininterrompue d’hormones. Il n’y a pas de privation soudaine, et donc pas d’hémorragies de privation. Pour autant, il est assez fréquent qu’il y ait de petits saignements. Ils peuvent être légers (le « spotting »), ou bien plus conséquents.

Pourquoi prendre la pilule en continu ?

Il y a des personnes pour qui les règles sont vraiment compliquées à gérer, voire invivables. Si tu as de l’endométriose, par exemple, les règles peuvent déclencher des douleurs violentes - certaines personnes ne peuvent pas tenir debout durant leurs menstruations.

Les inconvénients de la pilule

La pilule représente une charge mentale non négligeable. D’autant que parfois, le quotidien te met des bâtons dans les rouges. Un décalage horaire, une grasse matinée, un vomissement, une diarrhée, ou simplement un oubli : décaler ou louper un comprimé peut impacter l’efficacité de ta pilule. Un oubli de pilule peut représenter un risque de grossesse (la grande majorité des IVG est demandée par des personnes qui prenaient déjà une contraception et cherchaient à éviter une grossesse).

Autres causes de saignements sous pilule

Si tu commences à prendre une pilule progestative (avec de la progestérone), tu peux avoir de petits saignements au début. Ce ne sont pas des règles et ils ne sont pas liés au cycle menstruel, mais aux hormones. On parle là des premiers3 à 6 mois[1]. C’est un effet des hormones. Il est possible que de petits saignements soient causés par une IST, une infection à la chlamydia en particulier. Ton médecin ou ton gynécologue pourra vérifier cela. Si c’est le cas, sache que la chlamydia se soigne avec un traitement d’antibiotiques en une seule prise[2].

Si tu vas chez un médecin, une sage-femme ou un gynécologue, il ou elle t’examinera peut-être, avec un spéculum (un appareil qui écarte les parois du vagin et permet de bien voir l’utérus). Mais pas forcément ! Il y a d’autres possibilités, qui expliquent des saignements chez une personne sous pilule en continu : tu peux avoir un fibrome (une tumeur bénigne[3]), un polype utérin (assez fréquent ; il s’agit de lésions bénignes de la muqueuse utérine[4]), un kyste ovarien (une petite grosseur remplie de liquide[5]). Ce n’est pas forcément grave.

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