L'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, un sujet qui suscite des débats passionnés et parfois polarisés, se retrouve au cœur de l'actualité, notamment à travers des figures publiques comme Amélie Mauresmo. Cet article vise à explorer les différentes facettes de cette question, en mettant en lumière les enjeux éthiques, sociétaux et médicaux, tout en analysant la manière dont les médias abordent ce sujet complexe.
La PMA : Un droit en devenir ?
En France, l'accès à la parentalité pour les femmes lesbiennes, bi·e·s, et les personnes transgenres, est le plus souvent abordée sous l’angle de la technique, au travers des pratiques de “procréation médicalement assistée”. Mais elle est rarement abordée dans une perspective de protection des droits des femmes et des minorités sexuelles, notamment en ce qui concerne leur capacité à concevoir des enfants et à être protégées en tant que famille. La PMA est autorisée en France depuis 1982, mais elle est historiquement réservée aux couples hétérosexuels confrontés à des problèmes d'infertilité ou à un risque de transmission d'une maladie grave.
Aujourd'hui, le débat porte sur l'ouverture de la PMA à toutes les femmes, y compris les femmes célibataires et les couples de femmes. Cette évolution législative potentielle soulève des questions fondamentales sur la définition de la famille, l'égalité des droits et l'accès à la parentalité pour tous.
PMA pour toutes : un enjeu de droits reproductifs
L’accès à la PMA n’a pas été traité en France comme un enjeu de droits reproductifs, mais essentiellement sous l’angle médical, effaçant ainsi du débat médiatique la question des droits humains. Pour parler du débat actuel, on utilisera donc de préférence les termes d’« ouverture de la PMA à toutes les femmes ». Pour être plus précis, on pourra parler d’« ouverture de la PMA à tous et toutes ». En effet, même si le projet de loi tel qu’il sera présenté en deuxième lecture à l’Assemblée nationale ne concerne pour l’instant que les femmes lesbiennes et les femmes célibataires, de nombreuses associations regrettent le fait que les personnes trans (femmes et hommes trans) soient exclues du projet de loi.
Les techniques de PMA : Insémination artificielle et fécondation in vitro
Il existe principalement deux techniques de PMA : l'insémination artificielle et la fécondation in vitro (FIV). Avec l’insémination artificielle, la fécondation a lieu à l’intérieur du corps. Le médecin dépose les spermatozoïdes dans l’utérus, afin de faciliter la fécondation. La personne qui porte l’enfant suit souvent un traitement. L’insémination artificielle peut se faire avec le sperme du partenaire ou via un don anonyme. Dans le cas d’une fécondation in vitro (FIV), la fécondation a lieu en laboratoire. Une fois l’ovule fécondé, il est placé dans l’utérus. Dans cette procédure, on peut avoir recours à un don anonyme de sperme ou d’ovocytes. Chaque année, environ 50.000 couples ont recours à des techniques de procréation médicalement assistée en France. On estime à environ 2.000 ou 3.000 le nombre de PMA réalisées à l’étranger par des Français·es.
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En France, la Sécurité sociale assure le remboursement à 100% de ces procédures jusqu’au 43e anniversaire de la personne portant l’enfant, à hauteur de six inséminations artificielles et quatre fécondations in vitro. Dans le projet de loi actuel, la PMA devait initialement être remboursée pour toutes les femmes, mais le Sénat s’y est opposé. Le remboursement de la PMA pour toutes devrait être de nouveau soumis à un vote lors de la deuxième lecture à l’Assemblée nationale. En France, le don de sperme se fait auprès d’un Cecos, une unité spécialisée dans l’infertilité implantée dans un CHU en charge de la collecte et de la conservation des gamètes. Il peut se faire entre 18 et 44 ans, et le don d’ovocyte entre 18 et 37 ans, à condition d’être en bonne santé et de se soumettre à plusieurs tests en amont. C’est un don anonyme et gratuit. En outre, un courrier est envoyé chaque année pour demander si les gamètes peuvent être conservés.
Le parcours de PMA à l'étranger
Actuellement, certaines personnes n’entrant pas dans les conditions d’accès aux techniques de procréation médicalement assistée en France, car célibataires, lesbiennes en couple, ou âgées de plus de 43 ans, cherchent des solutions à l’étranger. Pour réaliser des PMA, beaucoup se tournent vers des pays européens, à la fois pour des raisons financières, logistiques et réglementaires. Chaque pays qui autorise la PMA établit en effet des réglementations différentes sur le choix du donneur, l’accès aux origines ou encore le passage de tests psychologiques. En Belgique, les femmes peuvent recourir à l’anonymat du donneur, ou choisir un donneur connu lors de leurs parcours, jusqu’à 45 ans. D’après La Croix, au moins 2.400 françaises se rendent chaque année en Espagne et en Belgique pour recourir à une PMA.
Selon une enquête des Décodeurs du Monde en 2019, une PMA à l’étranger peut coûter entre 300 et 11 000 euros selon le pays et la technique utilisée. C’est-à-dire les frais de transports et d’hébergement sur place.
Amélie Mauresmo : Un témoignage personnel qui résonne
La championne de tennis Amélie Mauresmo a publiquement partagé son expérience de la PMA, en annonçant ses grossesses issues d'insémination artificielle. Son témoignage contribue à briser les tabous et à normaliser le recours à la PMA pour les femmes homosexuelles. Il met également en lumière les défis et les joies de la parentalité pour les couples de même sexe.
Le jeudi 9 avril, Amélie Mauresmo a créé l’évènement en annonçant sa grossesse sur les réseaux sociaux. Dans la foulée, elle précise que le bébé arrivera probablement au mois d’août, juste après la fin du tournoi de Roland-Garros. Amélie enceinte de son deuxième enfant..voilà la raison Oui elle vient de l'annoncer en conférence de presse. Insémination artificielle Jennifer, comme pour le premier. C'était s^r ça !
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Une figure médiatique engagée
Très peu d’entre elles avaient été sollicitées pour une réaction, une interview ou un témoignage. Toutes ont déploré un traitement médiatique de l’extension de la PMA faisant la part belle aux opposant·e·s. « On a vraiment l’impression que les lesbiennes et les femmes sont les boucs émissaires d’une course entre les médias pour le fric et le buzz.
L'association a interrogé des personnalités ouvertement lesbiennes, telles que la footballeuse Marinette Pichon, l’entraîneuse Amélie Mauresmo et la journaliste Elodie Font.
Les enjeux du débat sur la PMA
Le débat sur l'ouverture de la PMA à toutes les femmes est complexe et soulève de nombreuses questions. Les partisans de cette ouverture mettent en avant le principe d'égalité des droits et la nécessité de permettre à toutes les femmes de vivre leur désir de maternité. Ils soulignent également que les enfants nés de PMA dans les familles homoparentales ne sont pas moins heureux que les autres.
À noter que la championne a déjà pris soin d’en informer l’équipe de France de Fed Cup, qui a été contente d’apprendre la nouvelle. Dès la demi-finale à Prague les 18 et 19 avril prochains, il est probable que les caméras scruteront autant son ventre que les passing-shots et autres smashs.
Les arguments des opposants
Les opposants à l'ouverture de la PMA expriment des inquiétudes quant à la place du père dans la famille, au risque de marchandisation du corps des femmes et aux conséquences psychologiques pour les enfants nés de PMA. Ils mettent en avant des arguments traditionnels sur la famille et la filiation.
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« La PMA sans père » est un slogan de La Manif pour Tous. Elle insinue que le seul modèle familial acceptable est composé d’une mère et d’un père : Or, selon les dernières statistiques publiées par l’Insee (chiffres 2011), les familles monoparentales et recomposées représentent respectivement plus de 9% et 20% des foyers français. En outre, depuis l’entrée en vigueur du mariage pour tou·te·s en 2013, la loi reconnaît les familles homoparentales et leur droit à l’adoption. Dernière précision : que l’on grandisse dans une famille monoparentale ou homoparentale, les figures masculines ne se limitent pas à celles du père. L’ouverture de la PMA à toutes les femmes ne conduirait pas à un changement civilisationnel. Quand on parle de « PMA de confort », on réduit l’accès de la PMA à un caprice. Cette conception rejoint celle d’une « IVG de confort » et vise, en ce sens, à culpabiliser les femmes. Lorsqu’on mobilise cette expression, il est sous-entendu que les lesbiennes pourraient faire l’effort de consentir à un rapport hétérosexuel. Derrière ce slogan, les opposant·e·s insinuent que l’ouverture de la PMA à toutes les femmes conduirait à défier les règles biologiques au nom d’un prétendu « droit à l’enfant ».
PMA et GPA : Ne pas confondre
La confusion entre PMA et GPA est entretenue par les opposant·e·s, et est souvent reprise telle quelle par les journalistes. L’engagement du gouvernement ne concerne pas la gestation pour autrui (GPA), comme l’a plusieurs fois rappelé Marlène Schiappa alors secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, notamment en septembre 2017 au micro de France Info : « Non, le gouvernement ne proposera pas la GPA. Par ailleurs, l’ouverture de la PMA à toutes les femmes constitue l’élargissement d’un droit déjà existant, tandis que la GPA nécessiterait la création d’un arsenal législatif indépendant. En outre, cette accusation s’appuie sur un vocabulaire complotiste (« antichambre », « pente glissante ») qui entretient l’idée que l’extension de la PMA n’est finalement qu’un élément d’un programme mené dans l’ombre par un « lobby LGBT ». Par ailleurs, justifier l’exclusion d’un groupe social au bénéfice d’un autre du fait d’un problème organisationnel équivaut purement et simplement à perpétuer une discrimination.
Le rôle des médias
Le traitement médiatique de l'ouverture de la PMA à toutes les femmes est un enjeu crucial. Il est essentiel que les médias donnent la parole aux premières concernées, à savoir les femmes lesbiennes, bisexuelles, pansexuelles, les personnes trans, quel que soit leur situation maritale. Les associations et les militantes de l'ouverture de la PMA à toutes les femmes sont des interlocutrices incontournables pour un traitement équilibré du sujet.
L’AJL s’est étonnée du traitement médiatique de l’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires et plus particulièrement de l’absence de ces dernières sur les plateaux télé et radio.
Là encore, la très grande majorité des articles sur l’ouverture de la PMA se focalise sur le débat : « Pour ou contre la PMA ? Cette polarisation du débat a été préférée à des discussions sur le projet de loi en lui-même.
Éviter les écueils
Pour encourager un traitement médiatique éclairé, rigoureux et respectueux de ce sujet, il est important d'éviter certains écueils. Il faut notamment éviter l'invisibilisation des lesbiennes, la polarisation des débats autour des arguments de mouvements réactionnaires et la confusion entre PMA et GPA. Il est également essentiel de ne pas réduire l'accès à la PMA à un "caprice" ou à une "PMA de confort".
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