L'avortement, un sujet complexe et émotionnellement chargé, suscite de nombreuses questions d'ordre éthique, moral, psychologique et physique. Cet article se propose d'examiner en profondeur les diverses conséquences de l'avortement, en explorant les dimensions individuelles, sociales et spirituelles de cette expérience.

Le Culte des Mizuko au Japon : Un Rituel de Commémoration

Au Japon, une tradition particulière met en lumière la complexité des sentiments entourant l'avortement. L'étranger qui visite des temples japonais ne manquera pas de voir des groupes de statuettes en pierre, souvent habillées d'un chapeau rouge en tricot et d'un bavoir de la même teinte. Ces statuettes représentent une des multiples formes du bodhisattva Jizô, protecteur des âmes des enfants morts suite à un avortement, une fausse couche ou à la naissance. Ceux-ci sont regroupés dans une même ethnocatégorie : les mizuko. Les offrandes font partie intégrante d'un rituel de commémoration contemporain, appelée mizuko kuyô. À partir des années 1960, alors que le taux d'avortement était très élevé, ce culte a pris de l'importance, même si dès le xviie siècle on peut retrouver des éléments d'un culte des âmes des bébés tués à la naissance ou plus rarement des fœtus avortés. Ce rite, qui a connu un essor considérable, témoigne de la reconnaissance de la perte et de la nécessité d'un processus de deuil, même dans le cas d'une interruption de grossesse.

Origines et Évolution du Culte des Mizuko

La création d'une structure symbolique cohérente du culte dans sa forme actuelle a débuté à l'initiative d'une petite partie des institutions religieuses liées à l'extrême droite, notamment un temple le « Jizô de la montagne au nuage pourpre » dans la région de Tokyo, lié au nouveau mouvement religieux, Seichô no ie (la maison de la croissance). Au cours des années 1970, de nombreux temples traditionnels commencèrent à proposer ce rite ainsi que des petites structures qu'on pourrait appeler « temples en appartement » apparues subitement et dédiés à ce seul but. Au même moment, plusieurs types de praticiens religieux commencèrent à ajouter les esprits des mizuko à la gamme d'êtres visés par leurs rites. Le mizuko kuyô attira beaucoup d'attention médiatique notamment parce qu'il fut proposé comme remède pour neutraliser la malédiction (tatari) des âmes des fœtus. Si le rite était répété on pouvait espérer les transformer en esprits protecteurs. Les chercheurs japonais considèrent que nous sommes désormais entrés dans une troisième phase du culte, dans laquelle les âmes des mizuko ne sont plus craintes. On espère plutôt qu'elles apporteront du bien-être (iyashii) comme la plupart des êtres surnaturels. Les interactions avec les mizuko sont en fait variées et, on le verra, peuvent susciter plusieurs émotions, y compris chez les mêmes personnes à différents moments de leur vie.

La Terminologie et les Interprétations du Mot "Mizuko"

Dans le contexte du sujet de cet ouvrage, il faudrait d'abord se demander s'il est possible de trouver un terme équivalent à « embryon » dans le vocabulaire populaire japonais. Bien que le terme scientifique soit taiji, le mot qui s'est imposé à partir des années 1960 est mizuko, au moins dès qu'on parle d'un être censé avoir une âme. Ce mot désigne en théorie aussi bien l'embryon avorté à quelques semaines que l'enfant mort à cause d'une fausse couche ou quelque temps après la naissance, ce sans distinction entre décès provoqué et mort naturelle. Dans l'usage on sous-entend plutôt la première catégorie. La traduction littérale la plus simple serait « enfant de l'eau » mais d'autres sont possibles, notamment « enfant qu'on ne voit pas » ou qui « ne voit pas ».

Conséquences Psychologiques de l'Avortement

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une expérience qui peut avoir des répercussions psychologiques significatives pour les femmes. Bien que certaines femmes puissent ressentir un soulagement après un avortement, d'autres peuvent éprouver une gamme d'émotions complexes et parfois contradictoires, telles que la culpabilité, la tristesse, le regret, l'anxiété et la dépression.

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Le Deuil et la Culpabilité

Comme la fausse couche, l'avortement est la perte d'un enfant, et entraîne un deuil. Philippe de Cathelineau nous fait remarquer combien le deuil est rendu plus difficile, lorsque tout le monde autour de soi nie la réalité de la perte. Toutes les femmes ayant subi un avortement, même celles qui sont totalement incroyantes, assistent à une culpabilité inconsciente, par-delà toutes les justifications rationnelles ou idéologiques affichées. Plus cette culpabilité sera combattue et refoulée, interdite d'accès à la lumière de la conscience et de la parole, plus elle risque de devenir toxique. Dans cette perspective, la déculpabilisation sociologique actuelle, allant dans le sens du déni, censure le tragique de l'existence. Celui-ci, empêché d'être vécu, ne peut plus être surmonté. Sous couvert d'émancipation, cela constitue une violence insidieuse supplémentaire faite aux femmes, puisqu'on leur répète : « c'est pour ton bien, pour ta liberté » sans pouvoir s'en défendre.

L'Importance de l'Accompagnement Psychologique

Il est important qu'une femme envisageant l'avortement les connaisse. Les femmes qui ont choisi l'avortement, ou qui y ont consenti à cause de pressions parfois violentes, ont certes accepté un acte entraînant la mort d'un être humain, leur enfant. Cependant, le Docteur Pascale Pissochet nous met en garde contre un jugement simpliste sur cette décision et sur ces femmes. Simone Veil disait : « Personne ne recourait à l’avortement de gaieté de cœur » ; même s’il peut être pratiqué librement en France, c’est dans la société que les tabous persistent. Du côté de l’interruption spontanée de grossesse (fausse-couche), il n’existe pas en France de protocole pour l’accompagnement psychologique post fausse-couche. La prise en charge est très variable d’une structure à l’autre et il est rare qu’on propose aux femmes un soutien psychologique. Il arrive même qu’elles soient laissées à l’abandon face à leur souffrance physique et psychique.

Les Répercussions sur les Relations et la Fertilité

Une fausse couche a des conséquences à long terme, sur le plan énergétique, pour les enfants à venir et les générations futures, pour la relation amoureuse. Notre utérus garde la trace de tout ce que nous vivons, c’est aussi l’organe des transmissions transgénérationnelles. Un deuil non fait se répercute sur les générations suivantes, comme nous le montre la psychogénéalogie. Un sac de rancoeur peut s’installer dans le couple. Quand une femme a un désir d’enfant après une IVG, il arrive que des difficultés pour tomber enceinte apparaissent en réaction à la culpabilité ressentie, comme une punition qu’elle s’inflige à elle-même.

Conséquences Physiques de l'Avortement

Outre les aspects psychologiques, l'avortement peut également entraîner des complications physiques, bien que celles-ci soient relativement rares dans les pays où l'avortement est pratiqué dans des conditions médicales sûres.

Les Risques Immédiats

Les premières sont des conséquences physiques. Le moins grave, le syndrome du cinquième jour, concerne uniquement l’IVG par aspiration. Ce syndrome est caractérisé par des douleurs, qui peuvent aussi être accompagnées de fièvre, de saignements et/ou de caillots. Les risques infectieux : infections à chlamydiae, endométrites post-abortum. Des études montrent que c’est le risque le plus fréquent : 1 à 5 % des cas. Cherline Louissaint pointe l’augmentation de ces risques selon le trimestre de grossesse.

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Les Risques à Long Terme

Le site Gènéthique mentionne des études indiquant que les femmes ayant déjà avorté ont 37 % de risques en plus d’accoucher plus tard d’enfants prématurés, et 64 % de risques en plus d’accoucher d’un grand prématuré, à moins de 32 semaines de grossesse9. Le 3 mars 2022, le délai légal pour avorter en France est passé de 12 à 14 semaines de grossesse. À cette occasion, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a exprimé ses inquiétudes. La technique pour avorter à 14 semaines n’est pas la même que celle pour avorter à 12 semaines. C’est ce que révèle Gènétique : « Si l’avortement est chirurgical, ‘‘il faut dilater beaucoup plus le col’’, pointe le Dr Cyril Huissoud, avec de potentielles conséquences pour les futures grossesses. Les potentielles faiblesses ou béances cervicales occasionnées par l’avortement pourraient conduire ultérieurement ‘‘à des fausses couches tardives ou à des menaces d’accouchement prématuré’’.

Le Débat sur le Cancer du Sein

En ce qui concerne un risque de cancer du sein plus important pour les femmes ayant avorté que pour les femmes ayant mené une grossesse à terme, les études se contredisent. D’après une étude indienne de 2014, l’avortement affaiblit le tissu musculaire des seins, ce qui est une cause de sensibilité accrue aux cellules cancérigènes13. Cherline Louissaint explique que le risque de cancer du sein est corrélé avec la quantité d’œstrogènes sécrétés durant la vie. En 2005, le Collectif « 30 ans ça suffit ! » expliquait que l’augmentation des risques de cancer du sein liée à l’avortement était élevée surtout pour les femmes n’ayant jamais accouché d’un premier enfant. Dans le corps la femme enceinte, le niveau de plusieurs hormones augmente nettement. Trois d’entre elles : l’œstradiol, la progestérone, et surtout la hCG, stimulent les cellules des seins pour les faire parvenir à maturité. Un avortement provoque la chute brutale des niveaux de ces hormones, alors que les seins sont en plein processus de maturation.

L'Avortement à Travers l'Histoire

Interrompre une grossesse volontairement a longtemps été toléré, ne serait-ce que parce l'acte restait secret et difficile à prouver. L’essor du catholicisme, qui y voit un immense péché, a permis la criminalisation de cette pratique.

Les Pratiques Ancestrales

Loin des textes ou des cabinets des savants, les femmes se sont toujours transmis le secret de recettes plus ou moins périlleuses leur permettant d’essayer de contrôler leur fécondité, souvent au péril de leur vie. Mais le regard porté sur l’avortement est plus ou moins sévère selon les époques. « Il y a longtemps eu une tolérance de fait », confirme l’historienne Laura Tatoueix, autrice de Défaire son fruit. Dans l’Antiquité, quand il y a répression, ce n’est d’ailleurs pas l’avortement en lui-même qui est visé, mais plutôt l’autorité suprême du père qui est défendue. Seul l’homme peut choisir la destinée de sa progéniture, la femme n’a pas le droit de disposer de son propre corps.

La Criminalisation de l'Avortement

C’est le droit canonique qui, au XIIe siècle, formalise le crime d’avortement : « Qui procure un avortement, si l’effet s’ensuit, encourt l’excommunication latæ sententiæ (c'est-à-dire automatique, encourue sans qu'il soit nécessaire de la prononcer par jugement ou décret, ndlr). » Mais le mot latin abortus, qui a donné « avortement », désigne deux réalités : la fausse couche spontanée aussi bien que l’avortement provoqué, les deux menant à l’expulsion d’un fœtus non viable. Dans la religion catholique, avorter, c’est mettre fin volontairement à une vie humaine voulue par Dieu ; il s'agit donc d'un homicide et, à ce titre, l’avortement est depuis toujours interdit par l’Église.

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L'Évolution Législative en France

Premier texte politique à véritablement criminaliser l’avortement en France, l’édit d’Henri II de février 1556 punit le « recel de grossesse » et la « suppression de part » (comprendre d’héritage), dans un mouvement général, explique Laura Tatoueix, de sécularisation du droit de la famille, mais aussi dans le contexte de la Réforme catholique (ou Contre-Réforme) initiée par le concile de Trente (1545-1563). L’Église cherche alors à réaffirmer la prééminence du mariage et à encadrer la sexualité qui doit être uniquement procréative. Avec le Code civil de 1804, dit Code Napoléon, l’avortement est encore défini comme un crime, jugé par une cour d'assises et puni d'une peine de réclusion. Celles et ceux qui le pratiquent peuvent être condamnés aux travaux forcés. La loi du 31 juillet 1920 étend les cibles de l’article 317 du code de 1810 : elle condamne à la réclusion à la fois l’avortée et celui ou celle qui provoque l’avortement. La criminalisation de l’avortement culmine sous le régime de Vichy, obsédé par le déclin démographique de la France, et son très réactionnaire Code de la famille.

L'Avortement et la Spiritualité

L’avortement est négatif et très lourd karmiquement. Il y a des femmes qui font en une seule vie, plusieurs avortements et cela leur est d’autant plus difficile. Tout en est alors amplifié. La présence permanente de ces âmes autour d’elles qui restent accrochées à la mère si elles ne sont pas reconnues, cela fatigue la personne qui vit ainsi avec des âmes accrochées ou très proches, voir accolées cela est possible, comblent un vide que la personne a du mal à vivre sa propre destinée. De ce propre fait, cela peut occasionner un désir d’autre enfant, mais pour autant la place peut aussi être prise de par la première âme avortée. Par exemple la personne avorte alors encore. Cela est très triste, pour autant elle doit bien souvent avoir ce chemin karmique pour sa propre évolution Personnelle. À SAVOIR, QUE L’ÂME RETIRE LE DROIT DÉCIDÉ EN COMMUN ACCORD ENTRE LES DEUX ÂMES. De ce propre fait l’âme qui décide de retirer la vie dans la non-acceptation karmique de respecter son engagement, se met en danger karmique.

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