Introduction
L'identification de l'amarante bout rouge corps jaune peut être complexe en raison de la diversité des espèces et de leurs variations morphologiques. Parallèlement, les traditions de teinture, notamment au Cambodge, offrent un aperçu fascinant de l'utilisation des ressources naturelles pour colorer les textiles. Cet article explore ces deux aspects, en commençant par les méthodes d'identification de l'amarante, puis en détaillant les techniques de teinture traditionnelles cambodgiennes, en particulier celles utilisant des sources jaunes et rouges.
Identification de l'Amarante
Le genre Amaranthus comprend plusieurs espèces, dont certaines sont courantes dans les zones urbaines. L'identification précise peut être difficile en raison de l'hybridation et des variations environnementales. Voici quelques espèces fréquemment rencontrées :
- Amaranthus deflexus (Amarante couchée) : Plante vivace aux ports étalés sur le sol. Les feuilles sont ovales ou rhomboïdales. Elle peut devenir envahissante au jardin.
- Amaranthus retroflexus (Amarante réfléchie) : Plante annuelle aux ports dressés, atteignant presque un mètre de hauteur. La tige et les pétioles sont fortement pubescents. Les feuilles ont souvent un bord de limbe ondulé.
- Amaranthus hybridus (Amarante hybride) : Plante annuelle aux ports dressés. La tige et les pétioles sont glabres ou légèrement velus.
- Amaranthus blitum (Amarante livide) : Plante annuelle aux ports étalés sur le sol. Les feuilles sont échancrées (émarginées) à leur bout.
L'examen minutieux des fleurs minuscules, souvent assisté d'une flore experte, est souvent nécessaire pour une identification précise. Les différences s'amenuisent lorsque les plantes poussent dans des conditions difficiles.
Teintures Traditionnelles au Cambodge
Avant 1975, les teintures végétales et animales étaient largement utilisées au Cambodge pour colorer les tissus. Les couleurs principales étaient le jaune, le rouge, le bleu-indigo et le noir. La teinture était généralement réalisée au village par les tisserandes ou leurs maris.
Préparation des Fils
Avant de teindre, il est nécessaire de blanchir et de « décreuser » la soie grège pour enlever la séricine. Pour cela, on utilise une solution de potasse (toeuk khbong) obtenue par combustion de gousses du kapokier (Bombax malabaricum). Les cendres végétales d’écorces de fruits de kapokier, de fruits de bananier, de fleurs de palmiers mâles, ou d’amaranthe (probablement Amaranthus spinosus) peuvent également être lessivées.
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L’écheveau est plongé dans cette solution bouillante pendant une courte durée (5 à 20 minutes). Après le lavage et le séchage, la soie est prête à être teinte.
Application des Teintures
Pour appliquer les teintures, l’écheveau est tourné dans une marmite contenant de l’eau et le colorant. La marmite est maintenue à une température élevée sans bouillir. La durée du bain de teinture est de 15 à 20 minutes par 1,5 kg de soie.
Mordants
Pour fixer la teinture, un mordant est ajouté :
- Alun (sach chouv) : Sulfate double d’aluminium et de potasse.
- Feuilles et jus de fruits acides (mchou prey) : Feuilles de tamarinier, jus de citron, fruits d’Averrhoa bilimbi ou de Garcinia merguensis.
Après la teinture, la soie est plongée dans de l’eau bouillante pour fixer la couleur, puis dans de l’eau froide pour éliminer les excès de teinture.
Amidonage
Enfin, l’écheveau est amidonné avec de l’eau de riz bouillie, puis séché au soleil. Cela rend le fil plus rigide et facilite le tissage.
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Teintures Jaunes Traditionnelles
Plusieurs végétaux étaient utilisés pour obtenir des nuances de jaune :
- Écorce de prahout (Garcinia Vilersiana) : Donne une coloration jaune-safran durable. L’écorce est hachée, pilée, puis bouillie avec de l’alun et des fruits acides. La soie est teinte en plusieurs bains jusqu’à obtenir la couleur désirée. Pour 1,5 kg de soie, il faut 6 meul de prahout et 150 g d’alun.
- Safran des Indes (Curcuma longa) : Les rhizomes sont coupés, séchés, réduits en poudre et bouillis. Cette teinture jaune bistre était utilisée pour colorer les vêtements des bonzes.
- Cœur du jacquier sauvage (Artocarpus integrifolia) : Bouilli dans de l’eau avec du jus de curcuma et de citron, il donne une teinture jaune.
- Smâch chroluok (Bruguiera gymnorrhiza) : Des fragments d’écorces sont mis en décoction dans de l’eau chaude.
- Feuilles de daem phlong (Memecylon edule) : Séchées, bouillies avec des feuilles acides de sandân (Garcinia merguensis), elles donnent un jaune clair pour teindre la soie.
- Cœur de la liane khlé(a) : Bouilli en morceaux, puis filtré. Trois bains de teinture sont nécessaires, avec ajout de prahout et d’alun.
Teintures Rouges Traditionnelles
La principale source de teinture rouge était le stick-lac (leak khmer), d’origine animale.
- Stick-lac (leak khmer) : Exsudat formé sur les branches d’arbre par des essaims d’insectes parasites (Kcoccuserria lacca). Les insectes sont installés sur les branches au début de la saison des pluies et forment des essaims exploitables au bout d’une année. La récolte se fait de mars à mai. Les branches sont coupées et exposées au soleil pour tuer les insectes.
Le stick-lac était acheté chez l’épicier chinois, et le résidu pâteux (ach) était utilisé comme colle forte.
Combinaison des Teintures Jaunes et Rouges
L’ajout de colorant jaune, comme celui obtenu à partir des feuilles de daem phlong, à la teinture rouge de stick-lac permet d’obtenir une belle couleur rouge vif. Sans ce colorant jaune, la teinte rouge obtenue est considérée comme trop foncée.
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