La contraception est une préoccupation majeure pour de nombreuses femmes, et la pilule contraceptive est depuis longtemps une option populaire. Cependant, pour les femmes nullipares (qui n'ont jamais eu d'enfants) qui recherchent une alternative à la pilule, il existe plusieurs options efficaces et adaptées. Cet article offre un aperçu complet de ces alternatives, en tenant compte des avantages, des inconvénients et de l'efficacité de chaque méthode.
Introduction
Si vous ne souhaitez pas prendre une pilule contraceptive tous les jours ou si vous avez envie de choisir une méthode de contraception sans hormones, il existe d’autres méthodes contraceptives très efficaces. Il est important de se rappeler que, comme les pilules, ces méthodes ne protègent pas contre les infections sexuellement transmissibles (IST). L'utilisation d'une protection dite "barrière", comme le préservatif, est donc nécessaire pour éviter toute contamination. Les moyens de contraception sont aujourd’hui variés et peuvent parfois être utilisés aussi bien par les hommes que par les femmes. Il faut d’une part différencier les méthodes de contraception dites “hormonales”, des moyens dits non-hormonaux ou “mécaniques”. Quelle que soit votre contraception, il faut avant tout réfléchir à vos besoins, vos envies et aux effets indésirables qui peuvent en découler.
Contraception hormonale : Alternatives à la pilule
Plusieurs options contraceptives hormonales existent en dehors de la pilule traditionnelle. Ces méthodes libèrent des hormones synthétiques (œstrogènes et/ou progestatifs) dans le corps pour prévenir la grossesse.
1. Le patch contraceptif
De quoi s’agit-il ? Il s’agit d’un petit patch que l’on colle sur la peau et qui libère des hormones (œstrogènes et progestatifs) synthétiques.
Comment ça marche ? Il faut le changer chaque semaine pendant 21 jours (donc 3 patchs) puis faire une pause pendant 7 jours, période à laquelle surviennent les règles. Si vous souhaitez éviter le saignement mensuel, vous pouvez sauter la période sans traitement et apposer directement le patch suivant. Tôt ou tard, mais généralement après 3 à 4 mois, vous aurez un saignement spontané. Faites alors une pause hormonale pendant 4 jours pour laisser le sang s’évacuer puis apposez un nouveau patch.
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Efficacité : Entre 91 et 99 %.
Avantages : Le patch contraceptif est à remplacer une fois par semaine uniquement, ce qui peut être moins contraignant qu’une pilule.
Inconvénients : Certaines femmes peuvent présenter une irritation de la peau, de petites pertes de sang, des nausées, une sensibilité mammaire, des maux de tête ou des sautes d’humeur. Si vous oubliez de le remplacer ou s’il se décolle et tombe, il faut le remplacer dans les 24h.
2. L’anneau vaginal
De quoi s’agit-il ? Un petit anneau en plastique flexible que l’on introduit dans le vagin et qui contient une combinaison d’hormones (œstrogènes et progestatifs).
Comment ça marche ? L’anneau doit être inséré dans le vagin à la manière d’un tampon et il doit être gardé pendant 21 jours (3 semaines). Il se place de lui-même autour dans le fond vaginal et reste très discret, même durant les rapports. Il faut ensuite le retirer pendant 7 jours, au moment des règles. Si vous souhaitez éviter le saignement mensuel, vous pouvez sauter la période sans traitement et apposer directement l’anneau suivant. Comme avec le patch, tôt ou tard, mais généralement après 3 à 4 mois, vous aurez un saignement spontané. Faites alors une pause hormonale pendant 4 jours pour laisser le sang s’évacuer puis apposez un nouvel anneau.
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Efficacité : Entre 91 et 99 %.
Avantages : L’anneau vaginal est plus pratique que la pilule pour celles qui ont tendance à l’oublier.
Inconvénients : Vous devez apprendre à l’insérer et à l’enlever de façon hygiénique. De petites pertes de sang, un écoulement vaginal ou une gêne, des nausées, une sensibilité mammaire, des maux de tête et des sautes d’humeur peuvent survenir, comme pour les autres contraceptions hormonales. On peut parfois le sentir lors de rapports sexuels.
Remboursement : L’anneau vaginal n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie.
3. L’implant contraceptif
De quoi s’agit-il ? Il s’agit d’un petit bâtonnet en plastique que l’on place sous la peau au niveau du bras et qui libère uniquement une petite quantité de progestatif. Le seul disponible en France est l’implant délivrant de l’étonogestrel (Nexplanon).
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Comment ça marche ? Il requiert une petite intervention sous anesthésie locale pour l’insertion par le médecin ou la sage-femme et il dure 3 ans. Il n’est généralement pas inséré dans le bras avec lequel vous écrivez. La pose de l’implant se fait habituellement les premiers jours du cycle. Son insertion sous-cutanée stricte impose des règles d’asepsie minutieuse et une expertise du praticien. Le nouvel inserteur facilite cette pose. De plus, l’implant contient maintenant du baryum pour en faciliter la détection radiologique en cas de migration ou s’il n’est pas retrouvé à la palpation. En cas d’insertion trop profonde, il existe un risque de lésion nerveuse, de migration en profondeur dans le muscle, le fascia, voire les vaisseaux sanguins.
Efficacité : 99 %.
Avantages : C’est un moyen de contraception qui fonctionne pendant 3 ans, mais qui peut être retiré plus tôt si vous ressentez des effets indésirables qui vous incommodent. Cet implant peut être particulièrement intéressant pour les femmes chez qui les oestroprogestatifs sont contre-indiqué, ou pour celles qui oublient leur pilule régulièrement. Il offre une invisibilité et ne nécessite pas de retrait contrairement à l'implant.
Inconvénients : L’implant a une influence sur le flux des règles et il peut favoriser la prise de poids chez les femmes en surpoids. L’implant sous-cutané peut avoir les mêmes effets indésirables androgéno-dépendants que le DIU au lévonorgestrel, chez certaines femmes. L’apparition de kystes ovariens fonctionnels, du fait du freinage incomplet fréquent de l’axe gonadotrope, est possible. Le mauvais contrôle du cycle en constitue l’inconvénient majeur à l’origine de métrorragies ou de saignements imprévisibles, principale source d’arrêts de la méthode.
Remboursement : L’implant est remboursé à 65% par l’Assurance Maladie.
4. L’injection contraceptive
De quoi s’agit-il ? Il s’agit d’une injection de progestatif.
Comment ça marche ? L’injection est généralement pratiquée par un médecin, une sage-femme ou une infirmière et dure entre 12 semaines.
Efficacité : Entre 94 et 99 %.
Avantages : Les injections de progestatif sont efficaces et permettent aux femmes de ne pas penser à leur contraception durant les 3 mois que dure la contraception hormonale.
Inconvénients : L’injection peut entraîner des effets indésirables similaires à ceux de l’implant. Notez toutefois que contrairement à l’implant, l’injection ne peut pas être retirée. Ce type d’injection également peut diminuer la densité minérale osseuse et n’est donc pas recommandé pour les adolescentes ou les jeunes adultes et les femmes présentant des facteurs de risque d’ostéoporose.
Remboursement : Gratuité pour les mineurs ou en se rendant dans un centre de planification familiale.
5. Le stérilet hormonal ou dispositif intra-utérin (DIU) au lévonorgestrel (SIU-LNG)
De quoi s’agit-il ? Il s’agit d’un petit dispositif en forme de T qui libère une hormone progestative (lévonorgestrel) dans l’utérus. Il en existe deux types : les uns sont à base de cuivre, les autres délivrent de petites doses de lévonorgestrel.
Comment ça marche ? La pose du stérilet (ou DIU) peut être effectuée par un médecin, un gynécologue ou une sage-femme. La pose est très rapide. Après la pose, il est nécessaire de faire un contrôle échographique afin de vérifier s’il est bien placé dans l’utérus. La durée d’efficacité de ces dispositifs dépend de la taille du réservoir délivrant ces petites doses de lévonorgestrel, 5 ans pour la taille standard (Mirena) et 3 ans pour la plus petite taille (Jaydess).
Efficacité : Jusqu’à 99 %.
Avantages : Le stérilet hormonal est plébiscité par les femmes pour sa simplicité, son confort et son efficacité. Ils sont souvent responsables d’aménorrhée ou de règles peu abondantes, très utiles pour gérer certains symptômes ou pathologies gynécologiques (ménorragies fonctionnelles, dysménorrhée, adénomyose…). Parfois, cette aménorrhée est simplement souhaitée par la femme pour plus de confort personnel. Ils sont autorisés dans les circonstances cliniques contre-indiquant les estrogènes (pathologies thrombotiques veineuses, par exemple). Les SIU-LNG ajoutent à leur efficacité contraceptive de nombreuses autres indications : dysménorrhées, ménorragies fonctionnelles. Ces DIU hormonaux représentent de plus en plus souvent une alternative à l’hystérectomie, sont une des thérapeutiques de l’adénomyose et de l’endométriose, sont une solution de choix pour les femmes présentant des troubles de l’hémostase.
Inconvénients : Comme pour les autres contraceptifs progestatifs, le stérilet hormonal peut entraîner des effets secondaires dont des saignements irréguliers, des maux de tête ou des nausées. Ils ont cependant certains inconvénients, notamment androgéno-dépendants tels que l’acné ou une prise de poids pour certaines femmes. L’apparition de kystes ovariens fonctionnels, du fait du freinage incomplet fréquent de l’axe gonadotrope, est possible. Le mauvais contrôle du cycle en constitue l’inconvénient majeur pouvant entraîner des métrorragies ou des saignements imprévisibles chez certaines femmes.
Remboursement : Le stérilet est remboursé à 65% par l’Assurance Maladie.
Contraception non hormonale : Alternatives à la pilule
Pour les femmes qui préfèrent éviter les hormones, plusieurs options non hormonales sont disponibles.
6. Le stérilet au cuivre ou dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre
De quoi s’agit-il ? Il s’agit du moyen de contraception le plus utilisé au monde. Le stérilet en cuivre est un petit dispositif en cuivre et en plastique sans hormone. Il existe en plusieurs tailles pour s’adapter à la plupart des utérus. C’est souvent l’option recommandée aux femmes qui veulent éviter les hormones dans leur méthode de contraception.
Comment ça marche ? Il est inséré dans l’utérus par un médecin ou une sage-femme, le recours à l'anesthésie locale n’est pas souvent nécessaire. Le stérilet au cuivre est généralement posé pour une durée de 4 à 10 ans. Comme le DIU hormonal, un suivi gynécologique régulier est nécessaire, la fréquence sera à définir avec le professionnel de santé. Le principal mécanisme d’action contraceptif semblerait être lié à une toxicité directe du cuivre sur les spermatozoïdes. Une action locale de type inflammatoire sur l’endomètre est également évoquée avec un endomètre rendu partiellement impropre à la nidation.
Efficacité : Jusqu’à 99 %.
Avantages : Il ne contient pas d’hormones et vous pouvez vérifier sa présence en touchant le fil attaché au bout du DIU, qui est visible à l'entrée de l'utérus. Il dure entre 4 et 10 ans. Il s’agit de la principale contraception qui ne contient pas d’hormone en dehors des préservatifs et autres méthodes barrières moins efficaces. Cette contraception est par ailleurs la seule proposée en cas de pathologie hormono-dépendante lorsque sont contre-indiqués à la fois les estrogènes (cancer du sein, lupus ou tout autre pathologie estrogéno-dépendante) et, dans certaines circonstances cliniques, les progestatifs (cancer du sein, méningiome, par exemple). Les DIU présentent incontestablement un grand nombre d’avantages. Ils font partie de ce que l’on nomme les LARC (Long Acting Reversible Contraception). Les Larc sont les contraceptifs réversibles les plus efficaces (tableau 1) : une fois installés ils ne requièrent aucune participation active de la part de la femme .
Inconvénients : Le stérilet au cuivre peut entraîner des règles abondantes accompagnées de crampes, parfois avec de petites pertes de sang. Les règles sont fréquemment plus longues, plus abondantes et, dans certains cas, plus douloureuses. Ainsi, ils peuvent induire une anémie par carence martiale qu’il faut rechercher et traiter, le cas échéant.
Remboursement : Le stérilet est remboursé à 65% par l’Assurance Maladie.
7. La cape cervicale
De quoi s’agit-il ? Contraceptif sans hormones, la cape cervicale se glisse dans le vagin et empêche le passage des spermatozoïdes vers l’intérieur de l’utérus. Il s’agit d’un moyen de contraception sans hormones et mécanique qui n’est pas nouveau, mais également peu connu. Il s’agit d’un petit dôme en latex ou en silicone qui, comme le diaphragme, se place dans le vagin.
Comment ça marche ? La cape cervicale doit être placée au moment du rapport sexuel ou jusqu’à deux heures avant le rapport sexuel. Pour une meilleure efficacité, la cape cervicale doit être utilisée en association avec des spermicides. Elle doit également rester en place 8 heures après le rapport.
Efficacité : Entre 74% et 91%.
Avantages : La cape cervicale peut être utilisée plusieurs fois à condition d’être lavée après chaque utilisation.
Inconvénients : La cape cervicale est déconseillée aux femmes qui souffrent d’infections urinaires ou qui ont déjà eu plusieurs grossesses.
Remboursement : La cape cervicale n’est pas remboursée par l’Assurance Maladie.
8. Le diaphragme
De quoi s’agit-il ? Le diaphragme (en latex ou en silicone) est une méthode contraceptive non hormonale. Il se glisse dans le vagin et empêche le passage des spermatozoïdes vers l’intérieur de l’utérus. Il s’agit d’une membrane en latex ou en silicone qu’il faut placer soi-même dans le vagin près du col de l’utérus juste avant le rapport (pas plus de 2 heures avant). Il bloque ainsi le passage des spermatozoïdes.
Comment ça marche ? Le diaphragme doit être placé au moment du rapport sexuel. Pour une meilleure efficacité, il doit être utilisée en association avec des spermicides.
Efficacité : Jusqu’à 94%.
Avantages : Tout comme la cape cervicale, le diaphragme peut être utilisé plusieurs fois à condition d’être lavé après chaque utilisation.
Inconvénients : La manipulation du diaphragme peut déplaire à certaines femmes. L’utilisation d’un diaphragme comme contraception sans hormones nécessite une certaine habileté.
Remboursement : Le diaphragme est en partie remboursé par l’Assurance Maladie.
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