Les nuits avec un bébé allaité suscitent de nombreuses questions. La question la plus fréquente est : "Est-ce qu'il dort bien ?". L'allaitement et le sommeil de bébé font l'objet de nombreuses idées reçues. Si votre enfant ne fait pas ses nuits, l'allaitement n'est pas forcément en cause. Il est important de s'écouter et de faire ce que vous pensez être le mieux pour votre enfant.
Les besoins nutritionnels du nouveau-né
Qu'il soit nourri au sein ou au biberon, un bébé a "toujours faim" dans les premiers mois. Le bébé doit naître avant que sa tête ne soit trop grosse pour un accouchement par voie basse. Son estomac est encore petit et immature, ce qui explique les coliques. Cependant, son cerveau est déjà gros et a besoin d'une source continue de carburant. Les nourrissons tètent en moyenne pendant 20 à 50 minutes, environ 8 à 12 fois toutes les 24 heures. À la naissance, son estomac ne peut contenir qu'une cuillère à café et demie de liquide. Il vient d'un environnement où il était nourri en continu grâce au cordon ombilical. En arrivant dans notre environnement rempli de germes, il a besoin des anticorps de votre lait. Son estomac va rapidement atteindre 11 fois sa taille d'origine. À 10 jours, il pourra contenir 60 à 80 ml. Il est donc inutile d'essayer de donner plus de lait à un bébé pour qu'il dorme plus longtemps. Au contraire, une digestion difficile entraînera des réveils encore plus fréquents. Les bébés ne naissent pas avec un rythme circadien fonctionnel. Les réveils et les tétées fréquents sont donc la norme biologique pour un nouveau-né.
L'importance de l'allaitement maternel
Autrefois, on n'encourageait pas suffisamment les femmes à allaiter. La proximité mère-enfant n'était pas une pratique courante et normalisée. Les hôpitaux imposaient des horaires de tétées fixes, privant ainsi de nombreux bébés d'un apport calorique suffisant et de nombreuses mères de l'effet relaxant de l'ocytocine, une hormone produite notamment lors de l'allaitement. Le personnel donnait alors un biberon de lait artificiel au bébé, qui finissait souvent par s'endormir parce qu'il avait enfin eu sa ration de calories. Le lait maternel étant digéré plus rapidement, les bébés se réveilleraient donc plus régulièrement. Cependant, sur une période de 11 à 12 heures de sommeil non-stop, cette heure de différence est peu significative. Un nouveau-né a besoin de téter la nuit, généralement jusqu'à ses 3 mois. Il n'est pas question de priver un nourrisson de se nourrir (au sein ou au biberon) alors qu'il en a tellement besoin. Si votre bébé est allaité, en bonne santé et ne fait pas ses nuits, ce n'est donc pas en lien avec votre allaitement. Plusieurs pistes doivent être explorées.
Endormissement au sein et réveils nocturnes
Beaucoup de bébés allaités s'endorment au sein. Ils se réveillent la nuit et certains n'arrivent pas à se rendormir seuls, car ils ne retrouvent pas leurs conditions d'endormissement. Ils vont donc à nouveau réclamer le sein pour retrouver le sommeil. Si ces réveils tétées nocturnes sont sources de fatigue importante et que vous souhaitez les arrêter, vous devez réfléchir à une manière différente d'accompagner votre bébé au sommeil. Selon les enfants, différentes routines du coucher peuvent être mises en place. Supprimer les tétées nocturnes ne signifie pas arrêter son allaitement. Être parent, c'est s'écouter et écouter son bébé, pour que les besoins de chacun soient entendus et respectés. Ce qui fonctionne chez certains parents ne marchera pas chez d'autres. Certains enfants auront besoin de sentir la présence de leurs parents la nuit. Dans ce cas, vous pouvez installer dans votre chambre un lit de cododo ou bien directement le lit à barreaux. Certains parents trouvent beaucoup de praticité à cette solution, quand d'autres auront du mal à dormir avec leur enfant si proche. De la même manière, certains bébés auront un sommeil paisible aux côtés de leurs parents et d'autres se réveilleront au moindre bruit dans la pièce. Vous avez en vous la plupart des solutions pour aider votre bébé allaité à faire ses nuits, sans remettre en cause votre allaitement.
Partage du lit et sécurité
Les pouvoirs publics et les professionnels de santé alertent sur le danger lié au partage du lit entre la mère et son bébé, où l'enfant serait en danger d'être écrasé par l'adulte. L'allaitement n'a pas besoin d'être exclusif pour conférer cette protection, à condition qu'il dure au moins deux mois. Interdire le partage de la surface du sommeil n'empêche pas les parents de le faire, et les amène au contraire à le faire dans des conditions potentiellement dangereuses par défaut d'information. Les conditions de sommeil peuvent être différentes chaque nuit, ou en début et fin de nuit. Des parents ayant décidé de ne pas dormir avec leurs bébés peuvent se retrouver à le faire en milieu de nuit en raison des conditions de fatigue extrême, dans des conditions dangereuses. Pour le bébé, dormir à proximité de sa mère est la norme biologique. Du fait de son immaturité, le petit humain a besoin d'énormément de contact les 3 premiers mois. S'il existe des facteurs de risques indéniables à la mort inattendue du nourrisson (enfant vulnérable, tabac durant la grossesse par exemple), le risque est nuancé en fonction de facteurs de risque spécifiques et non uniquement en fonction de la localisation du sommeil. Ainsi, dans les études, il apparaît qu'en cas d'allaitement maternel, chez une mère sobre, le risque de mort inattendue du nourrisson est très limité en cas de partage de la surface de sommeil. Un protocole propose des stratégies pour répondre aux besoins physiologiques de proximité du nourrisson la nuit, et obtenir le plus de sommeil possible pour les parents, notamment en partageant le lit avec bébé. Il aborde également les thématiques de la normalité des réveils nocturnes, et des techniques d'apprentissage au sommeil qui sont à éviter les 6 premiers mois.
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Recommandations et réalité des parents
Alors que le sommeil est le principal sujet de conversation des parents, et qu'un véritable business se développe autour de cette thématique (coachs de sommeil, moniteurs de respiration, gadgets pour favoriser l'endormissement, etc), on observe une situation déconnectée de la réalité des parents. Les recommandations actuelles ajoutent une difficulté supplémentaire au maintien de l'allaitement en mettant en garde contre le partage du lit dans toute situation, sans nuances en fonction des différents facteurs de risque (bébé vulnérable, tabagisme, canapé, etc). L'importance des 1000 premiers jours pour le bébé n'est plus à démontrer, et l'accompagnement des parents dans la période périnatale est primordial.
Conseils pratiques pour l'allaitement de nuit
En réveillant votre bébé, il y a peu de chance qu'il accepte de téter. En revanche, les premières semaines, vous pourriez lui glisser le sein en bouche lorsqu'il est encore en état de somnolence. Vous n'aurez donc pas à le réveiller s'il s'est écoulé plus de 3h depuis la dernière tétée et vous serez surprise de constater qu'il va se mettre à téter. Ainsi, il est inutile de chercher à le réveiller puisque les nourrissons ont tendance à se mettre en colère lorsqu'on les a ainsi perturbés. Les pleurs sont un signe d'appel tardif pour téter. C'est notamment pour cette raison que les experts internationaux recommandent de faire dormir un bébé dans la chambre de ses parents les 6 premiers mois. Vous pourrez ainsi plus facilement être réveillés par les petits bruits qu'il fait pendant les périodes de sommeil agité qui jalonnent ses cycles de sommeil, afin de le mettre au sein. Si votre enfant a largement dépassé son poids de naissance, on peut convenir de le laisser dormir 3, 4 voire 5h. Vous serez alors attentive à la souplesse de vos seins et si toutefois ils sont tendus, vous déterminerez ce qui est le plus optimal pour vous entre prendre votre bébé et lui glisser le sein dans la bouche ou tirer votre lait. La conjonction des 3 éléments suivants fait penser qu'un allaitement n'est pas optimum et doit conduire à envisager au moins un réveil nocturne pour le stimuler en lui proposant le sein : pas de tétée la nuit, peu de sommeil en journée, prise de poids insuffisante. Dans le premier mois, pendant ce qui est appelé la "phase de calibrage", l'organisme maternel étalonne la production de lait en fonction des besoins du tout-petit. Plus le bébé tète fréquemment, et plus la poitrine de sa maman produit du lait.
Mythes et réalités sur le sommeil de bébé
"Faire ses nuits", selon l'expression communément utilisée, nécessite une maturation cérébrale et la différenciation du jour et de la nuit grâce à ce que l'on appelle des donneurs de temps : la lumière du jour, le silence de la nuit, l'activité, les soins, les tétées, etc. Ceci se met en place en moyenne vers l'âge de 12 mois, sachant que les bébés les plus précoces enchaîneront de nombreuses nuits à partir de 4 mois. Les idées reçues ont la vie dure, car on entend très souvent qu'il faut donner plus de nourriture au bébé le soir afin qu'il soit "calé pour la nuit". On pense trop souvent que si le bébé pleure, c'est qu'il a faim. N'oubliez pas ses autres besoins : câlins, portage, sommeil, couche à changer… Il faudrait plutôt concevoir que l'enfant s'éveille car son cycle de sommeil est terminé et que, dans les premiers mois, on profite de cet éveil pour le nourrir. Voyez comment vous souhaitez répondre à sa demande et si offrir le sein vous convient, gardez cette spontanéité.
Sevrage nocturne : quand et comment ?
Il convient que vous soyez prête, sereine et sûre de cette décision, afin d'expliquer simplement et sans appréhension à votre enfant qu'à partir de maintenant, il n'y aura plus de tétée la nuit. Idéalement, ce sevrage de nuit ne devrait pas reposer sur vos seules épaules, mais vous pourriez prendre appui aussi sur votre partenaire. Au moment du coucher, après la dernière tétée, rappelez à votre enfant cette nouvelle donnée, et évitez si possible qu'il ne s'endorme au sein s'il en a l'habitude. Il aura alors sûrement besoin d'être câliné et de sentir votre présence à ses côtés pour trouver le sommeil. Au besoin, sollicitez les bras de votre partenaire. Lors des réveils nocturnes, allez le voir tout en veillant à ne pas allumer la lumière, à parler peu et très doucement, juste pour lui rappeler que c'est la nuit et qu'il n'y aura pas de tétée avant le lendemain matin, et aidez-le à se rendormir en le câlinant, le berçant, etc. Il est tout à fait normal que votre bébé pleure pour s'exprimer, il a besoin d'être accompagné pour prendre de nouvelles habitudes ! Le fait que ce soit le papa qui aille le voir peut aider.
Les réveils nocturnes : une réalité à accepter
Les réveils nocturnes sont une réalité pour de nombreux parents, en particulier ceux qui choisissent d'allaiter leur bébé. Bien que cela puisse être épuisant, ces moments jouent un rôle dans le développement de l'enfant et le maintien de la lactation.
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- Le lait maternel est digéré rapidement, ce qui pousse les bébés à réclamer des tétées plus fréquentes, y compris la nuit.
- Le lait maternel contient des hormones, comme la mélatonine, qui favorisent le sommeil et aident à réguler le rythme circadien du bébé.
- Les bébés recherchent souvent le sein non seulement pour se nourrir, mais aussi pour se rassurer.
- La succion nocturne stimule la prolactine, l'hormone responsable de la production de lait.
Stratégies pour mieux vivre l'allaitement nocturne
- Le cododo (bébé dormant dans le même lit ou dans un lit attenant) facilite l'allaitement nocturne et limite les déplacements.
- Un environnement calme et sombre aide le bébé à distinguer le jour de la nuit.
- Allaiter en position couchée permet à la mère de se reposer tout en nourrissant son bébé.
- Tous les pleurs ne nécessitent pas une tétée. Essayez de calmer le bébé avant de proposer le sein.
- Avec le temps, les réveils nocturnes diminuent naturellement.
- À partir de 6 mois (ou selon les recommandations médicales), vous pouvez envisager un sevrage nocturne progressif si votre bébé est prêt.
Solutions pour concilier allaitement et repos
Bébé est arrivé, il vous comble de joie et vous avez décidé de le nourrir au sein. Ce bout de chou réclame à manger plusieurs fois par nuit et vous ne parvenez plus à trouver un sommeil réparateur. Cette situation, de nombreuses mères la vivent, mais d'autres réussissent à concilier tétées et repos nocturne. L'allaitement devrait être synonyme de partage, mais aussi de plénitude pour le nouveau-né et vous-même. Vos cernes le prouvent, allaiter votre nourrisson n'est pas de tout repos, surtout la nuit. De nombreux réveils viennent interrompre vos cycles de sommeil. Le cumul de fatigue vous rend irritable et vous manquez peut-être de patience envers votre famille. Les hormones impliquées dans la lactation peuvent bloquer la production de mélatonine. Les mamans se sentent isolées pendant ces tête-à-tête avec le nouveau-né. Contrairement à la prise de biberon où votre partenaire peut se lever, l'allaitement reste généralement l'affaire des mamans. Les nouveau-nés réclament à manger à tout moment puisqu'ils n'ont aucune notion des jours ou des nuits. C'est pourquoi les pleurs du jeune bébé ne sont pas forcément signes de troubles du sommeil chez le nourrisson. Ce n'est qu'à partir de 4 mois qu'il commence à assimiler les périodes d'éveil et de sommeil. À la naissance, son estomac fait la taille d'une cerise, ce qui explique les nécessités de nutrition régulière. Le lait d'allaitement est riche en lactose, c'est-à-dire en sucres. Ce lait maternel est alors digéré plus rapidement que les laits industriels. Toutes ces raisons obligent les mères allaitantes à alimenter leur bébé toutes les 2 à 3 heures. Même si les mères allaitantes se lèvent plus souvent que les non allaitantes, les études montrent que l'alimentation au sein ne perturbe pas davantage le sommeil des mamans. Une des raisons vient de la production d'hormones lors de la lactation. Par exemple, la prolactine joue un rôle important dans l'arrivée du sommeil lent. Quant à l'ocytocine, elle vous aide à vous détendre et à vous apaiser. Cette substance hormonale entraîne souvent un état de somnolence que les jeunes mamans assimilent à de la fatigue. L'allaitement entraîne également l'augmentation des bêta-endorphines et de la dopamine. Leur rôle ? Générer du plaisir et préparer votre réveil, y compris la nuit pour donner le sein à votre bébé.
Le cododo : une solution à envisager avec prudence
Les femmes allaitantes se demandent souvent si le cododo est conseillé pour passer les nuits avec bébé. Cette pratique que l'on appelle également cosleeping consiste à dormir dans la même pièce que le nourrisson. Les spécialistes le recommandent, tout en préconisant de ne pas partager le lit pendant les phases de sommeil. La sécurité est la clé : placez donc le petit lit du bébé près du vôtre pour assurer les soins, les câlins et les tétées sans vous lever.
Astuces pour optimiser le sommeil de la mère
Vous n'aspirez qu'à une chose : reprendre des forces la nuit pour donner la tétée sereinement. Dans les premiers temps, le fait de dormir près de votre bébé facilite la prise en charge pendant la nuit pour l'allaiter. En pratiquant le cododo, vous accédez à son lit sans vous lever. Il existe toute une gamme de vêtements confectionnés pour l'allaitement de nuit. Outre le soutien-gorge adapté, vous pouvez aussi porter un pyjama ou une nuisette pour allaiter. Allaiter couchée reste un moyen efficace pour somnoler. Si vous voulez vous endormir facilement après un allaitement nocturne, utilisez des lumières d'appoint comme une veilleuse ou une lampe de faible luminosité. Évitez notamment de consulter votre smartphone pendant le repas de votre tout-petit. Tirer son lait présente deux avantages : votre moitié peut se lever pour assurer une tétée la nuit pendant que vous restez dormir paisiblement. Vous pouvez ainsi récupérer plus facilement jusqu'au réveil suivant. Cette pratique vous aide également à désengorger les seins trop douloureux. Votre bébé s'est endormi après son repas lacté en journée ? Imitez-le ! Prenez quelques minutes pour vous allonger, même si de nombreuses tâches vous attendent. Le lien mère-enfant est très fort pendant l'allaitement. Pour associer votre conjoint, vous pouvez instaurer quelques pratiques qui lui laissent davantage de place. Le confort d'une jeune maman qui allaite est primordial. Équipez-vous d'un traversin haut de gamme pour adopter une position ergonomique dans le lit.
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