La coqueluche est une maladie respiratoire très contagieuse, particulièrement dangereuse pour les nourrissons de moins de six mois. La vaccination est le principal moyen de prévention. Cet article explore les stratégies de vaccination, notamment pendant la grossesse et l'allaitement, pour protéger les nourrissons contre la coqueluche.

Importance de la vaccination contre la coqueluche

La vaccination contre la coqueluche est essentielle pour plusieurs raisons :

  • Protection des nourrissons : Les nourrissons de moins de six mois sont les plus vulnérables à la coqueluche et peuvent développer des complications graves. La vaccination permet de transmettre des anticorps protecteurs.
  • Protection de l'entourage : La vaccination de l'entourage des nouveau-nés diminue le risque de transmission de la coqueluche aux nourrissons, particulièrement lorsque les mères n'ont pas été vaccinées pendant la grossesse.
  • Recommandations générales : La vaccination contre la coqueluche est obligatoire chez tous les nourrissons nés depuis le 1er janvier 2018, à partir de l'âge de deux mois.

Stratégies de vaccination

Plusieurs stratégies de vaccination sont recommandées pour protéger les nourrissons contre la coqueluche :

Vaccination pendant la grossesse

La vaccination de la femme enceinte est le moyen le plus efficace de protéger le nouveau-né et le nourrisson dès la naissance, grâce au transfert transplacentaire des anticorps maternels. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) considère cette stratégie comme la plus efficiente pour prévenir la coqueluche chez les nourrissons trop jeunes pour être vaccinés. La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande que la vaccination coqueluche soit réalisée chez toutes les femmes enceintes à partir du 2ème trimestre de grossesse, en privilégiant la période 20-36 semaines d'aménorrhée (SA). Plusieurs pays ont adopté cette stratégie depuis plus de 10 ans, avec un excellent profil de sécurité et de tolérance pour les mères, les fœtus, les nouveau-nés et les nourrissons.

Stratégie de cocooning

À défaut de vaccination pendant la grossesse, la stratégie de cocooning consiste à vacciner la mère en post-partum, avant la sortie de la maternité, et à vacciner l'entourage du nouveau-né. L'objectif est de créer un cocon protecteur autour du nourrisson en immunisant les personnes susceptibles de le contaminer.

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Vaccination du nourrisson

Il est essentiel de vacciner le nourrisson conformément au calendrier vaccinal en vigueur, sans différer la primo-vaccination : une dose à deux mois, une dose à quatre mois, et un rappel à onze mois.

Vaccins utilisés

Les deux vaccins indiqués chez l’adulte pour la vaccination de la mère, de l'entourage et des professionnels sont BOOSTRIXTETRA et REPEVAX (dTcaP). Si une personne a reçu récemment un rappel vaccinal dTPolio (sans la valence coqueluche), un délai minimal de 1 mois doit être respecté pour la réalisation du rappel vaccinal anticoquelucheux dTcaP.

Allaitement et vaccination

Allaitement et efficacité vaccinale

Théoriquement, l’allaitement pourrait réduire l’efficacité de la vaccination chez le bébé allaité en raison du taux élevé d’immunoglobulines dans le lait maternel. Cependant, les données existantes montrent que lorsque les vaccins courants sont administrés selon le calendrier vaccinal admis, non seulement l’allaitement n’interfère pas avec les réponses du bébé au vaccin quel qu'il soit, mais il favorise même cette réaction pour certains vaccins.

Types de vaccins et allaitement

Les vaccins peuvent être répartis en deux catégories : vivant atténué et inactivé. Il n’y a aucune raison de penser que l’administration d’un vaccin inactivé ou recombiné à une mère allaitante puisse avoir un impact chez son enfant. Les vaccins atténués pouraient théoriquement induire une infection chez l’enfant, mais la plupart des germes inclus dans ces vaccins ne passent pas dans le lait maternel ou sont sans danger pour l’enfant. De nombreuses organisations professionnelles estiment que l’allaitement n’est pas une contre-indication pour ce vaccin, qu’il soit vivant atténué (administré par inhalation) ou inactivé (en injection).

Le taux d’anticorps spécifiques excrétés dans le lait maternel est plus élevé avec le vaccin inactivé qu’avec le vaccin atténué.

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Impact de la vaccination maternelle sur le lait maternel

La vaccination maternelle pendant le troisième trimestre de grossesse augmente significativement le taux lacté d’anticorps spécifiques, incluant les IgA. Pour celles qui n’ont pas été vaccinées pendant la grossesse, il est recommandé de l’être immédiatement après la naissance, y compris celles qui allaitent. Après vaccination contre la coqueluche, des anticorps spécifiques apparaissent dans le lait maternel après 1 à 2 semaines.

Vaccins spécifiques et allaitement

Voici des informations sur l'utilisation de vaccins spécifiques pendant l'allaitement :

  • ROR (Rougeole, Oreillons, Rubéole) : Toutes les souches de ce vaccin sont vivantes et atténuées. Diverses souches de rubéole ont été mises en évidence dans le lait maternel et dans la gorge des bébés allaités, et des cas d’infection à la souche virale ont été rapportés ; mais lorsque c’est le cas, l’infection est bénigne car le virus est atténué.
  • Varicelle : Un seul échantillon de colostrum contenait l’ADN du virus, tous les autres échantillons étant négatifs.
  • Hépatite A : Il n’existe aucune étude sur ce vaccin chez la mère allaitante, mais il est inactivé et ne doit donc guère présenter de risques pour l’enfant allaité.
  • Hépatite B : Les enfants allaités par une mère qui a été vaccinée contre l’hépatite B ont une réponse immunitaire différente à ce vaccin lorsqu’ils le reçoivent eux-mêmes, comparés aux enfants nourris au lait industriel.
  • Grippe et Covid-19 : La vaccination des femmes enceintes contre la grippe permet d’éviter des épisodes de fièvre du très jeune nourrisson. Plusieurs études ont montré la présence d'anticorps spécifiques du SRAS-CoV-2 dans le lait de mères vaccinées. La vaccination chez la femme allaitante est donc possible.

Vaccins à considérer avec prudence pendant l'allaitement

  • Fièvre Jaune : Des cas d’encéphalite ont été rapportés chez des enfants allaités par une mère qui avait été vaccinée contre la fièvre jaune. La vaccination contre la fièvre jaune est contre-indiquée chez la mère allaitante, sauf dans les cas où l’exposition à la maladie ne peut pas être évitée ou retardée. Il est préférable de suspendre l’allaitement maternel pendant une quinzaine de jours après la vaccination, en particulier si l’enfant a moins de 9 mois.
  • Variole : Le CDC déconseille ce vaccin chez les mères allaitantes. Si une mère est vaccinée pendant la grossesse ou l’allaitement, elle devrait éviter d'allaiter et de tenir tout bébé pendant au moins 3 à 4 semaines jusqu’à guérison de la lésion induite par la vaccination.

Efficacité des stratégies de prévention

Efficacité de la vaccination maternelle

L'expérience anglaise montre par exemple que la réduction de la mortalité par coqueluche, des nourrissons de moins de 2 mois, nés de femmes vaccinées, est d’environ 95%.

Efficacité de la stratégie de cocooning

Alors que le niveau de preuve de l’efficacité de la vaccination coqueluche des femmes enceintes est fort, les études visant à démontrer l’efficacité de la stratégie cocooning ont, dans la grande majorité des cas, échoué dans cette démonstration.

Facteurs influençant la couverture vaccinale

Une étude a tenté d’identifier les éléments qui ont contribué à l’augmentation des couvertures vaccinales chez les femmes enceintes dans trois systèmes de santé différents : en Espagne, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. La combinaison de plusieurs interventions clés dans chaque pays a conduit à une augmentation rapide des taux de femmes enceintes vaccinées, qui ont atteint des niveaux quasi optimaux (c’est-à-dire 75 % pour la grippe saisonnière) en l’espace de quelques années.

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Effet "blunting" et allaitement

La présence chez le nourrisson dont la mère a été vaccinée pendant sa grossesse, d’anticorps contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la coqueluche peut théoriquement interférer avec sa propre immunité post- vaccinale (effet blunting). Bien qu’un affaiblissement des réponses immunitaires à certains antigènes de la primovaccination ait été en effet documenté chez ces nouveau-nés, l’effet est estompé après le 1er rappel vaccinal et il n’y a pas d’effet négatif apparent sur l’efficacité des vaccins d’après l’expérience des pays qui utilisent les vaccins dTPca ou dTca chez les femmes enceintes.

Risques potentiels et considérations

Chorioamniotite

Des études rétrospectives ont constaté un risque accru modeste de diagnostics de chorioamniotite, détectée chez les femmes enceintes après la vaccination contre la coqueluche. Mais ces études n’utilisaient pas de critères précis pour le diagnostic de chorioamniotite et deux d’entre elles retrouvaient, à la fois chez les femmes vaccinées et chez les femmes non vaccinées, un taux de chorioamniotite 2 fois plus élevé que dans la plupart des autres études.

Sels d'aluminium

Les sels d’aluminium sont les adjuvants les plus largement utilisés dans le monde. Des millions de femmes enceintes ont reçu un vaccin antitétanique adsorbé à l’aluminium dans le cadre de l’initiative pour l’élimination du tétanos néonatal et, jusqu’à présent, aucune association avec des malformations fœtales ou des troubles du développement n’a été démontrée.

Sécurité à long terme

La comparaison d’évènements médicaux d’enfants de 0 à 6 ans, dont la mère avait été vaccinée au cours de sa grossesse par rapport à des enfants du même âge dont les mères n’avaient pas été vaccinées, apporte des données rassurantes en termes de risque de maladies infectieuses, d’asthme, de troubles sensoriels ou de troubles du spectre de l’autisme.

Recommandations pour les voyageurs

Le risque de contracter la coqueluche n’est pas plus important dans les autres pays du monde qu’en France. Un rappel à 25 ans est recommandé : 1 dose de vaccin combiné contenant le vaccin contre la coqueluche (sauf en cas de vaccination contre la coqueluche qui date de moins de 5 ans).

Informations pratiques

  • Disponibilité et conservation du vaccin : Le vaccin est disponible en pharmacie et doit être conservé au réfrigérateur entre + 2°C et + 8°C. Il ne doit pas être congelé.
  • Lieux de vaccination : La vaccination peut être réalisée en cabinet libéral, en pharmacie, à l’hôpital ou en PMI (pour les enfants jusqu’à 6 ans), ou dans un laboratoire de biologie médicale. Elle peut également être réalisée dans un centre de vaccination public.
  • Prise en charge financière : L’injection du vaccin est prise en charge par l’assurance maladie et les complémentaires santé dans les conditions habituelles. Le vaccin est pris en charge à 65% par l’Assurance Maladie. Le montant restant est généralement remboursé par les complémentaires santé (mutuelles).

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