L'allaitement maternel est largement reconnu pour ses bienfaits sur la santé des nourrissons, offrant une protection contre de nombreuses maladies. Dans le contexte actuel de la pandémie de COVID-19, les questions concernant la vaccination des femmes allaitantes et son impact sur l'allaitement sont cruciales. Cet article vise à fournir des informations claires et structurées sur les recommandations en matière de vaccination COVID-19 pour les femmes qui allaitent au Québec, tout en abordant divers aspects liés à l'allaitement et à la vaccination en général.
Vaccination pendant la grossesse : une stratégie protectrice
La vaccination pendant la grossesse est une stratégie reconnue pour protéger à la fois la mère et l'enfant contre diverses infections. Depuis 2012, la vaccination contre la grippe est recommandée en France pour toutes les femmes enceintes, quel que soit le terme de la grossesse. Cette pratique permet de protéger les femmes enceintes contre les infections auxquelles elles peuvent être particulièrement sensibles pendant la grossesse, tout en protégeant le fœtus contre les infections congénitales ou néonatales et les effets obstétricaux néfastes de l'infection maternelle.
L'efficacité du vaccin antigrippal inactivé administré pendant la grossesse contre les infections maternelles et infantiles a été démontrée par des essais randomisés et contrôlés menés en Afrique et en Asie. La vaccination des femmes enceintes contre la grippe permet d'éviter des épisodes de fièvre chez le très jeune nourrisson, qui peuvent nécessiter une hospitalisation et des explorations étiologiques.
De même, la vaccination contre la coqueluche est recommandée chez toutes les femmes enceintes à partir du 2ème trimestre de grossesse, en privilégiant la période 20-36 SA. Cette stratégie est considérée comme la plus efficiente pour prévenir la coqueluche chez les nourrissons trop jeunes pour être vaccinés, grâce à l'efficacité intrinsèque de cette stratégie et à une meilleure faisabilité par rapport au cocooning.
Vaccins ARNm contre le COVID-19 et grossesse : données de sécurité
Peu de temps après l'autorisation conditionnelle sur le marché des vaccins ARNm contre le COVID-19, les premières données sur leur sécurité pendant la grossesse ont été publiées. Une étude de cohorte rétrospective menée chez plus de 45 000 femmes enceintes n'a montré aucun lien entre la vaccination maternelle et les effets indésirables graves dans les 42 jours suivant la vaccination.
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Recommandations du MSSS du Québec concernant la vaccination contre la coqueluche
Le Ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS) du Québec estime que l'administration du vaccin contre la coqueluche dès 13 SA est possible sur une base individuelle (par exemple, avant un départ à l'étranger). Pour le MSSS du Québec et le Comité consultatif américain sur les pratiques de la vaccination, il n'est pas nécessaire de revacciner plus tard durant la grossesse.
Cependant, l'Agence de Santé et de Sécurité du Royaume-Uni (UKHSA) recommande de répéter la dose afin d'optimiser le taux d'anticorps maternels dont une fraction sera transférée au fœtus.
Risques potentiels et études sur la chorioamniotite
Des études rétrospectives ont constaté un risque accru modeste de diagnostics de chorioamniotite, détectée chez les femmes enceintes après la vaccination contre la coqueluche. Cependant, ces études n'utilisaient pas de critères précis pour le diagnostic de chorioamniotite et deux d'entre elles retrouvaient, à la fois chez les femmes vaccinées et chez les femmes non vaccinées, un taux de chorioamniotite 2 fois plus élevé que dans la plupart des autres études. La seule étude menée de manière prospective ne retrouvait par contre pas de sur-risque de choroamniotite, cette fois définie selon des critères précis.
Sels d'aluminium et sécurité des vaccins
Les sels d'aluminium sont les adjuvants les plus largement utilisés dans le monde. Des millions de femmes enceintes ont reçu un vaccin antitétanique adsorbé à l'aluminium dans le cadre de l'initiative pour l'élimination du tétanos néonatal et, jusqu'à présent, aucune association avec des malformations fœtales ou des troubles du développement n'a été démontrée.
Impact de la vaccination maternelle sur l'immunité du nourrisson
La présence chez le nourrisson dont la mère a été vaccinée pendant sa grossesse, d'anticorps contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la coqueluche peut théoriquement interférer avec sa propre immunité post-vaccinale (effet blunting). Bien qu'un affaiblissement des réponses immunitaires à certains antigènes de la primovaccination ait été en effet documenté chez ces nouveau-nés, l'effet est estompé après le 1er rappel vaccinal et il n'y a pas d'effet négatif apparent sur l'efficacité des vaccins d'après l'expérience des pays qui utilisent les vaccins dTPca ou dTca chez les femmes enceintes.
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Allaitement maternel et COVID-19 : ce qu'il faut savoir
Transmission du SARS-CoV-2 via le lait maternel
Les études sur la présence du SARS-CoV-2 dans le lait maternel ont donné des résultats variables. Une méta-analyse a révélé la détection du SARS-CoV-2 dans le lait humain, mais il est important de noter que la présence du virus ne signifie pas nécessairement qu'il est infectieux ou qu'il peut être transmis au nourrisson.
Anticorps spécifiques dans le lait maternel
La recherche a montré que le lait maternel peut contenir des anticorps spécifiques contre le SARS-CoV-2, en particulier chez les femmes ayant été infectées par le virus ou vaccinées contre le COVID-19. Ces anticorps pourraient potentiellement offrir une protection passive au nourrisson contre l'infection.
Recommandations générales pour les mères allaitantes et le COVID-19
Les recommandations générales pour les mères allaitantes pendant la pandémie de COVID-19 incluent le maintien de l'allaitement tout en prenant des précautions pour éviter la transmission du virus, telles que le port du masque, le lavage fréquent des mains et la désinfection des surfaces. Les avantages de l'allaitement maternel continuent de l'emporter sur les risques potentiels de transmission du COVID-19.
Autres aspects de l'allaitement maternel
Le don de lait maternel
Le don de lait maternel est une pratique qui permet de fournir du lait humain à des nourrissons qui ne peuvent pas être allaités par leur propre mère. Les lactariums collectent, traitent et distribuent le lait maternel donné, offrant ainsi une alternative précieuse pour les nourrissons prématurés, malades ou ayant des besoins spécifiques.
Impact de l'alimentation infantile sur la santé à long terme
L'alimentation infantile, y compris l'allaitement maternel, peut avoir un impact significatif sur la santé à long terme de l'enfant. Des études ont montré des liens entre l'allaitement et la réduction du risque de surpoids, d'allergies alimentaires et de certaines maladies chroniques.
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Médicaments et allaitement
L'utilisation de médicaments pendant l'allaitement nécessite une attention particulière, car certains médicaments peuvent être excrétés dans le lait maternel et potentiellement affecter le nourrisson. Il est important de consulter un professionnel de la santé pour évaluer les risques et les avantages de l'utilisation de médicaments pendant l'allaitement et pour choisir des alternatives sûres si nécessaire.
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