L'allaitement est une étape cruciale de la maternité, souvent entourée de nombreuses questions et idées reçues concernant l'alimentation de la mère. Cet article vise à démêler le vrai du faux, en se concentrant particulièrement sur la question des aliments à éviter ou à privilégier, et notamment sur le cas des asperges.
Alimentation pendant l'allaitement : Les bases
Contrairement à la grossesse, l'allaitement impose moins de restrictions alimentaires. L'essentiel est d'adopter une alimentation équilibrée et variée, similaire à celle du reste de la famille, sans excès. Il est important de manger de tout, en quantité raisonnable, pour faire le plein d'énergie et éviter les carences.
Les aliments à limiter
Certains aliments, bien que non interdits, méritent une attention particulière en raison de leur composition ou de leur potentiel impact sur le bébé :
- Poissons susceptibles de contenir des contaminants : Il est conseillé de limiter la consommation de poissons d'eau douce (anguille, brème, carpe…) et de poissons sauvages prédateurs (bar, flétan, daurade, thon…) en raison du risque de présence de contaminants dans le lait maternel.
- Alcool : L'alcool passe dans le lait maternel à un taux similaire à celui du sang maternel. Étant donné que le nouveau-né métabolise l'alcool plus lentement que l'adulte, il est préférable de limiter sa consommation pour éviter de perturber le sommeil du bébé, d'augmenter le risque d'hypoglycémie et de nuire à son développement. Alcool Info Service recommande une consommation modérée (un à deux verres maximum), occasionnelle (une à deux fois par semaine) et de préférence après une tétée.
- Caféine : L'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) souligne qu'une consommation habituelle de caféine à des doses de 200 mg par jour par les femmes allaitantes ne pose pas de problème de sécurité pour le nourrisson allaité. Il est donc conseillé de se limiter à deux ou trois tasses par jour. Il faut faire attention à la caféine contenue dans les sodas.
- Les boissons énergétiques: Les boissons énergétiques sont à éviter.
Les aliments à privilégier
Pour favoriser la lactation et assurer un apport nutritionnel optimal pour la mère et l'enfant, certains aliments sont particulièrement recommandés :
- Aliments galactogènes : Pour favoriser la lactation, vous pouvez consommer des aliments gallactogènes ou utiliser des aides à la lactation. Le fenouil, la bière sans alcool, la confiture de coings, les pommes et les pâtes de fruits contiennent des pectines au pouvoir galactogène. Bien d'autres aliments peuvent vous aider à booster votre lactation.
- Eau : Les besoins hydriques augmentent pendant l'allaitement. Le lait maternel étant constitué à 90 % d'eau, il est essentiel de boire suffisamment, soit au minimum 2 litres d'eau par jour. Les tisanes peuvent également aider à couvrir les besoins hydriques.
- Féculents complets : Consommer à chaque repas des féculents, en alternant ceux qui sont complets (pain complet, lentilles, pois chiches, céréales complètes, riz complet) avec ceux qui sont raffinés (baguette classique, pâtes, riz blanc, semoule).
- Graisses insaturées : Privilégier les graisses insaturées car ils apportent dans le lait maternel des acides gras essentiels qui ont un rôle structural fondamental dans l’élaboration des cellules nerveuses de bébé. En pratique cela équivaut à une micro-tablette de beurre (10 g environ) au petit déjeuner et 1 à 2 cuillère(s) à soupe d’huile par personne et par repas.
- Protéines: Chaque repas doit comporter une source de protéines (viande, œufs, poisson, etc.).
- Huiles riches en Oméga 3 : Les huiles riches en Oméga 3 essentiels doivent être inclues dans l’alimentation de la maman.
- Les sardines et le maquereau: Ils apportent des oméga-3, de la vitamine D et de l’iode. Il est recommandé de consommer au minimum un plat à base de maquereau ou de sardine par semaine.
- Produits laitiers : Les produits laitiers apportent plusieurs micronutriments intéressants pour les femmes allaitantes : calcium, vitamine D, vitamine A et probiotiques. Il est recommandé de consommer 2 à 4 produits laitiers par jour.
Idées reçues sur les aliments interdits
Beaucoup d'informations circulent concernant ce qu'on doit ou ne doit pas manger pendant l'allaitement. Il est essentiel de démêler le vrai du faux.
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- Le lait et le fromage ne sont pas indispensables : Contrairement aux idées reçues, la maman allaitante n’a pas besoin de boire du lait ou de manger du fromage pour produire du lait maternel. En effet, ce dernier est issu du plasma sanguin de la mère.
- Il n'est pas nécessaire de boire 4 litres d'eau par jour : Inutile d'ingurgiter 4 litres d'eau par jour, en espérant augmenter sa quantité de lait par exemple. La quantité de lait produite dépend uniquement de la demande de bébé. Une seule règle donc : boire selon sa soif!
- Les régimes hypocaloriques sont à bannir : N’essayez pas de perdre du poids lorsque vous allaitez car la graisse accumulée pendant la grossesse sert justement à la production de lait. Il est important de manger suffisamment pour faire le plein d’énergie et éviter les carences. Bannissez les régimes hypocaloriques (faible en calories), les régimes alimentaires qui excluent les glucides alors qu’ils sont nécessaires à l’approvisionnement énergétique.
Les asperges et l'allaitement : Qu'en est-il vraiment ?
Les asperges, comme d'autres légumes tels que le chou, ont la réputation de donner au lait maternel une saveur plus prononcée, voire de favoriser les coliques du nourrisson. Cependant, il est important de nuancer cette affirmation.
L'impact du goût des aliments sur le lait maternel
Seule une très faible part des saveurs des aliments passe dans le lait. De quoi apporter de subtiles nuances gustatives, rien de plus. La diversité du régime alimentaire maternel permet au bébé, grâce au lait, de découvrir de multiples saveurs de la table familiale, offrant une richesse gustative. C’est le premier pas vers la diversification, avant même toute introduction de solides.
Les asperges et les coliques du nourrisson
Les coliques sont dues à l'immaturité du système digestif du nourrisson et se manifestent aussi bien chez les bébés nourris au biberon que chez les bébés allaités. Il est donc inutile de se priver d'asperges sans raison.
L'observation de votre bébé : La clé
Parfois le bébé réagit à l’alimentation de la mère. Cela est plus probable dans une famille aux antécédents familiaux d’allergies. L’enfant peut présenter quelques signes ou manifestations physiques en réaction à l’ingestion d’un aliment sensible. Si vous constatez des réactions inhabituelles chez votre bébé après avoir consommé des asperges, il peut être judicieux de limiter leur consommation. Cependant, il n'y a aucune raison de s'en priver systématiquement.
Les aliments aux goûts forts
Dès la grossesse, l’enfant s’habitue aux habitudes alimentaires familiales par le liquide amniotique. Pendant l’allaitement, le régime alimentaire de la mère module également l’odeur ou bien la saveur du lait maternel. Parfois, le bébé peut se montrer moins friand du lait en raison des modifications de flaveurs. Cela relève de votre expérience personnelle, de vos habitudes alimentaires et de la tolérance de votre bébé. À vous d’observer votre bébé, afin de trouver une possible corrélation entre un aliment et le refus soudain du lait maternel. Voici une liste des aliments potentiellement désagréables pour les bébés : l’ail, les choux, les choux-fleurs, les agrumes, les asperges, les brocolis, les artichauts, les oignons crus, le piment, le cumin, la menthe, les viandes faisandées, l’anis, etc.
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Conseils supplémentaires pour une alimentation équilibrée pendant l'allaitement
- Faire 3 repas par jour (petit-déjeuner, déjeuner et dîner) + 1 collation dans l’après-midi : Les besoins énergétiques sont augmentés au cours de la grossesse.
- Limiter votre consommation de sel de table et de sel caché.
- Faire au moins 1 fois par jour 30 minutes minimum d’activités physiques : (marche rapide, promenade du chien, escalier, éviter de prendre le bus…) ou 3 fois par semaine au moins 1 heure de sport (footing, cyclisme, fitness, sports collectifs,…) dès que votre état le permet.
- Ne pas renoncer à vos petits plaisirs (en quantité modérée).
- Consommer des aliments riches en magnésium, calcium et vitamines.
- Si vous vivez dans un lieu peu exposé au soleil, il est recommandé de prendre des compléments de vitamine D. Rapprochez-vous de votre professionnel de santé pour plus de conseils.
- Privilégier la cuisine maison.
- Privilégier les matières grasses « naturelles » : les huiles végétales pressées à froid, le beurre, la crème fraîche, etc.
- Éviter les margarines hydrogénées et les produits ultra-transformés.
- Si vous consommez des produits à base de soja, il est préférable d’augmenter ses apports en iode en consommant des produits de la mer, des algues marines et du sel iodé.
- Varier l’origine, les lieux de pêches et les modes d’approvisionnement (sauvage ou élevage) des poissons.
Facteurs importants pour une bonne lactation
Une bonne lactation est le résultat d'une combinaison de facteurs, dont l'alimentation, le repos, le stress, la fréquence des tétées et le contact peau à peau.
- Le stress : C'est un véritable ennemi de la lactation. Il peut perturber la production de prolactine et l'ocytocine, une hormone essentielle à la production de lait.
- Le sommeil : Il est primordial pour la récupération physique et mentale.
- L'hydratation : Boire suffisamment d'eau est essentiel pour maintenir une bonne lactation.
- Le peau à peau : Le contact peau à peau entre la mère et son bébé favorise la production de lait en stimulant la libération d'ocytocine. Le porte-bébé ou l'écharpe de portage vous aidera à augmenter le temps de peau à peau.
- La fréquence des tétées : La prolactine (l'hormone de la lactation) et l'ocytocine (l'hormone responsable de l'éjection du lait) sont libérées lors de la stimulation du mamelon par la succion du bébé. Plus le bébé tète plus le cerveau de la mère en produit.
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