Notre façon d’interagir avec nos enfants est influencée par nos choix, notre vécu, notre éducation, mais aussi par des paramètres tels que notre génération, notre classe sociale et notre culture d’origine. Lorsque l’on s’expatrie, nos enfants vivent dans un pays différent de celui où nous avons grandi. Il peut y avoir une représentation différente de l’enfant, une autre langue, ou d’autres façons de manipuler un nourrisson, d’en prendre soin ou de lui parler. Cela peut conduire à une perte de repères, car il peut être difficile d’accepter et de comprendre d’autres façons de faire. Parmi ces différences culturelles, les pratiques d’allaitement chez les Inuits se distinguent par leur adaptation à un environnement unique et leur profonde signification culturelle.

L'importance de l'allaitement dans la culture inuite

Dans de nombreuses cultures traditionnelles, l’allaitement maternel est bien plus qu’une simple source de nutrition. Chez les Inuits, il est un pilier de la santé infantile et un vecteur de transmission culturelle. Le lait maternel est considéré comme un don précieux, renforçant le lien entre la mère et l’enfant, et assurant la survie du nourrisson dans un environnement souvent hostile.

Durée et fréquence de l'allaitement

Dans certaines cultures, l’allaitement dure au moins 6 mois et souvent plusieurs années, il se fait à la demande de l’enfant qui peut également jouer avec le sein de sa mère lorsqu’il le souhaite. Chez les Inuits, l’allaitement est généralement prolongé, souvent bien au-delà de ce qui est courant dans les sociétés occidentales. Il se fait à la demande de l'enfant, sans horaires fixes, permettant ainsi de répondre aux besoins nutritionnels et émotionnels du bébé. Les mères inuites allaitent fréquemment leurs enfants, parfois jusqu'à l'âge de deux ans ou plus, profitant des bienfaits nutritionnels et immunitaires du lait maternel.

La "becquée" : une pratique traditionnelle

Chez les Inuits, les Papous, les Yafars ou encore les Masaïs, on pratique la becquée : les mamans mastiquent elles-mêmes les bouchées avant de les donner à leur bébé. Cette pratique, bien que surprenante pour les observateurs extérieurs, témoigne d'une profonde adaptation à l'environnement et aux ressources disponibles. La "becquée" permet de prédigérer les aliments pour faciliter leur assimilation par le nourrisson, tout en transmettant des enzymes digestives bénéfiques.

L'alimentation complémentaire

En plus du lait maternel, les bébés inuits reçoivent des aliments complémentaires adaptés à leur âge et à leur environnement. Ces aliments peuvent inclure de la viande de phoque ou de poisson, riches en protéines et en graisses essentielles. La diversification alimentaire est progressive et adaptée aux besoins spécifiques du nourrisson.

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Le rôle de la communauté

Dans de nombreuses sociétés traditionnelles, l’éducation est prise en charge par toute la communauté du nourrisson, assurant ainsi une continuité et une cohérence dans la transmission culturelle : « Il faut tout un village pour élever un enfant » souligne ainsi le proverbe africain. Chez les Inuits, l'allaitement n'est pas seulement une affaire individuelle, mais une responsabilité collective. Les femmes plus âgées et expérimentées jouent un rôle essentiel en conseillant et en soutenant les jeunes mères. Elles transmettent les connaissances et les pratiques ancestrales, assurant ainsi la pérennité de la culture inuite.

Allaitement et portage

Dans les pays où les femmes sont nues en haut du corps, le peau-à-peau est présent, de même que dans certains pays froids comme chez les esquimaux Nestilik. Le portage, une pratique courante chez les Inuits, favorise l'allaitement en permettant un accès facile au sein et en renforçant le lien entre la mère et l'enfant. Le bébé, porté sur le dos ou dans une amauti (un vêtement traditionnel), est constamment en contact avec sa mère, ce qui favorise la production de lait et répond à ses besoins émotionnels.

Rituels et croyances

Autrefois, la naissance pouvait être synonyme de mort. Aussi, de nombreux rituels étaient destinés à protéger la vie de l’enfant et de la maman. Chez les Inuits, l'allaitement est souvent associé à des rituels et des croyances spécifiques. Par exemple, certaines mères peuvent chanter des berceuses traditionnelles pendant l'allaitement pour apaiser l'enfant et renforcer son lien avec la culture inuite.

Le "Mois d'Or" chez les Inuits

Ce rite ancestral se retrouve aussi, sous d'autres appellations, au Maghreb, en Inde, en Amérique du Sud ou encore chez les Inuits et dans la plupart des pays d'Afrique. Le Mois d'Or, une période de repos et de soins privilégiés pour la mère et l'enfant après la naissance, est également observé chez les Inuits. Pendant cette période, la mère se consacre entièrement à son bébé, se reposant et se nourrissant de manière appropriée pour favoriser la lactation et le rétablissement.

Les défis de l'allaitement dans le monde moderne

Bien que l'allaitement maternel soit une pratique profondément enracinée dans la culture inuite, il est confronté à des défis croissants dans le monde moderne. L'occidentalisation de la société, l'accès limité aux soins de santé et les changements environnementaux peuvent avoir un impact négatif sur les pratiques d'allaitement traditionnelles.

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