Introduction

Le ragondin (Myocastor coypus), également appelé « castor des marais » ou « loutre d'Amérique », est un rongeur semi-aquatique originaire d'Amérique du Sud. Introduit en Europe au XIXe siècle pour l'exploitation de sa fourrure, il s'est échappé ou a été libéré au moment du déclin de cette activité. Aujourd'hui, il est présent dans de nombreux pays, y compris la France, où il est souvent considéré comme une espèce nuisible. Cet article explore en détail l'histoire, les caractéristiques, le comportement, l'impact et la gestion du ragondin.

Origines et Expansion

Le ragondin est originaire d'Amérique du Sud, plus précisément des régions allant de l'Uruguay, du sud du Brésil et de la Bolivie au nord jusqu'à la Terre de Feu au sud, à l'exception des zones de montagne. En 1882, il a été introduit volontairement en France pour la pelleterie, et les élevages se sont multipliés. Après les années 1930 et la faillite de cette activité, de nombreuses populations captives sont retournées à la vie sauvage.

Le même scénario s'est déroulé dans la plupart des pays d'Europe, mais aussi au Moyen-Orient, au Japon et en Amérique du Nord. Des ragondins, adaptés à la vie marine, sont même signalés aux îles de Saint-Marcouf et de Tatihou, proches de la presqu'île du Cotentin.

Habitat et Mode de Vie

Le ragondin s'installe le long de hautes berges d'eaux claires, généralement courantes. Il préfère les rives envahies de végétation. Il peut aussi vivre près d'eaux saumâtres. C'est un excellent nageur. Pour fuir ou pour se nourrir, il peut rester immergé jusqu'à 5 minutes. Son activité est surtout crépusculaire, bien qu'il soit parfois nocturne (ou diurne en saison froide).

Il creuse des terriers très profonds dont l'entrée est partiellement immergée. Il y vit en groupe. Ce terrier est plutôt une adaptation aux régions froides (mise bas et protection contre le froid), mais ce n'est pas une généralité. Il supporte mal les hivers rigoureux, ce qui freine son expansion. Il ne survit pas quand l'eau est recouverte de glace. Les fortes chaleurs sont aussi une cause de mortalité.

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Une population s'est installée sur les côtes des îles Saint-Marcouf, pourtant sans eau douce, situées à 8 km des côtes. Le groupe comprend un individu albinos.

Description Physique

Le ragondin est un grand rongeur d'eau, massif et trapu. Son corps mesure de 40 à 60 cm, la longueur de la queue varie entre 25 et 45 cm. Son museau blanc est court et aplati, portant de longues moustaches blanches. Ses narines, à valves pour l'immersion, sont très écartées et positionnées sur le dessus de la tête, de même que ses yeux. Ainsi, ils restent hors de l'eau quand l'animal flotte. Ses lèvres peuvent se refermer tout en laissant travailler les incisives sous l'eau.

Tout son corps est recouvert d'une épaisse fourrure brune ou brun-jaune, brillante, composée d'un duvet doux, dense et imperméable, et de longs poils raides (appelés poils de jarre), graissés par des glandes sébacées situées vers la bouche. La queue du ragondin est cylindrique, écailleuse, avec de rares poils.

À la nage, toute la tête, aplatie sur le dessus, et une partie du dos du ragondin émergent. Les quatre pattes sont alors utilisées pour la propulsion ; la queue n'est pas utilisée. Les traces de l'animal montrent quatre pattes composées de cinq doigts à longues griffes. Les doigts de la patte antérieure sont libres alors que, pour quatre d'entre eux, les doigts de la patte postérieure sont reliés par une palmure. La marque de la patte arrière est beaucoup plus longue que celle de la patte avant.

Une caractéristique distinctive du ragondin sont ses quatre longues incisives orange.

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Alimentation

Le ragondin est strictement herbivore. Son régime alimentaire se compose de nombreuses plantes, en particulier des graminées, selon les milieux et les saisons. Cette espèce est très prolifique : mâles et femelles sont aptes à la reproduction toute l'année et 3 portées par an (en moyenne 2,7) sont possibles. La gestation dure 4 mois et demi. La femelle met bas 4 à 6 petits, poilus et très actifs, qui pourront à nouveau se reproduire 6 mois plus tard. Le ragondin consomme environ un tiers de sa masse corporelle en végétaux chaque jour.

Il adapte son régime alimentaire à la saison : en hiver, il consomme des rhizomes et des tubercules ; à la belle saison, il apprécie les pousses de carex, de roseaux, de potamots, etc., et mange les fruits et les récoltes à la fin de l’été. Il peut se déplacer loin de son habitat pour s’alimenter avec du maïs, du blé et autres poacées et céréales issues des cultures avoisinantes. La majeure partie de son régime alimentaire est constituée de plantes monocotylédones. Le Ragondin pratique la caecotrophie, c'est-à-dire qu’il ingère à nouveau ses excréments.

Reproduction et Allaitement

Les 6 mamelles des femelles sont placées en rangée sur chaque côté du dos. Cela permet l'allaitement pendant le transport dans l'eau. Le terrier n'est pas systématique. En son absence, un nid d'herbes sèches est bâti dans la végétation. Les jeunes sont précoces. La femelle aura deux à trois portées par an, de 5 à 7 petits à chaque fois, qu'elle va allaiter pendant 7 à 8 semaines grâce à ses mamelles latérales, une adaptation de l'espèce pour pouvoir nourrir sa descendance tout en nageant.

Prédateurs et Compétition

Les principaux prédateurs naturels du jeune ragondin sont, en France, le renard, l'hermine et le putois, ainsi que certains oiseaux (busard des roseaux et héron). En Amérique du Sud, ce sont la loutre, les caïmans, le jaguar, le puma et l'ocelot. Le ragondin n'a pas de compétiteur, mis à part le castor.

Impact sur l'Environnement et les Activités Humaines

Le ragondin est souvent considéré comme une espèce nuisible en raison de son impact sur l'environnement et les activités humaines. Il détruit les frayères et élimine la végétation des rives, causant des dégâts aux cultures ainsi qu'à la tenue des berges.

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Plus précisément, les populations de Ragondins exercent une forte pression sur les végétaux qui peuplent les abords des plans d’eau. Les Ragondins créent en effet des plages d’abroutissement en consommant la végétation. Il est possible d’observer ces pelouses rases dès la fin du mois de mars. Le Ragondin a tendance à s’attaquer aux parcelles cultivées situées à proximité des milieux aquatiques. Il affectionne particulièrement les céréales (maïs, blé, orge, avoine…) et en particulier les jeunes pousses de maïs riches en matières nutritives. Les études à ce sujet ont montré que le Ragondin touche généralement les dix premiers rangs de culture. Seulement, il s’attaque à plusieurs pieds sans en consommer la totalité. Le Ragondin est donc un animal qui gaspille beaucoup la ressource.

Le Ragondin est également connu pour avoir un impact sur les peupleraies. Il ronge les troncs des peupliers à environ 1 m de hauteur et entame les parties externes du bois. Les vaisseaux chargés de transporter la sève sont ainsi détruits et les parties aériennes privées d’eau. L’arbre s’assèche et meure en quelque temps.

Toutefois, l’impact principal du Ragondin est surtout mécanique. Les sédiments qu’ils remanient lors du creusement des galeries, sont évacués dans les cours d’eau et provoquent leur envasement. Ce surplus de sédiments occasionne des surcoûts de gestion hydraulique liés à la nécessité de curer les cours d’eau. Les dégâts occasionnés aux ouvrages hydrauliques à proprement parlé sont négligeables. C’est souvent le contournement des ouvrages par les galeries qui provoquent des dommages sévères. Un vannage (sorte de barrage) devenu inefficace et le cours d’eau n’est plus régulé. Les galeries de Ragondin déstabilisent également les routes et les voies ferrées.

Risques Sanitaires

Les différentes études réalisées sur ce rongeur montrent qu’une grande partie des individus sont atteints par la leptospirose. Les bactéries responsables de cette maladie sont disséminées dans le milieu par les urines. La transmission aux autres mammifères s’effectue par contact avec les muqueuses (bouches, yeux…). Cette maladie se manifeste par des fièvres et des douleurs musculaires et atteint les reins.

Le Ragondin est également l’hôte de la douve du foie, un petit vers plat de 2 cm environ qui se développe dans le foie des mammifères. Une étude parue en 2001 montre que 8 % des Ragondins peuvent être atteints par ce parasite (40 % dans les zones les plus touchées) et qu’il peut le transmettre à du bétail. Or, ce parasite, tout comme les leptospires, est transmissible aux autres mammifères via les excréments. Les œufs qu’ils contiennent donnent naissance à des larves qui se développent dans l’organisme d’un mollusque, la Limnée tronquée. Les larves y engendrent des cercaires qui sont déposés dans le milieu et se fixent sur les végétaux. Ces cercaires sont consommés par le bétail en même temps que les végétaux par pâturage. La douve affaiblit fortement les animaux qu’elles parasitent. Elle détruit les canaux biliaires qui se calcifient et le foie devient hypertrophié. Chez l’Homme, les symptômes de la douve du foie sont identiques à ceux des animaux.

Gestion des Populations

Selon les préfectures, le ragondin peut être classé comme nuisible. Le contrôle des populations est alors autorisé sous certaines conditions (piégeages, chasse). Le Ragondin est considéré comme un animal nuisible et chassable dans la totalité des départements du territoire métropolitain.

Ce sont les Fédérations départementales de chasseurs qui mènent ces campagnes de contrôle. Elles coordonnent les actions de piégeage des Ragondins par des associations de piégeurs agréées. Chaque membre d’une association de piégeurs dispose des cages-pièges en des points stratégiques (lieu de passage des Ragondins). Les pièges sont quotidiennement relevés et l’animal est euthanasié sur place. Chaque piégeur communique le résultat de ses prises à la Fédération de chasse de son département qui centralise les résultats.

Outre le piégeage, la destruction à tir des Ragondins est autorisée pendant certaines périodes de l’année, variables suivant le département. Généralement, ces périodes précèdent l’ouverture générale de la chasse. Dans les régions limitrophes, l’empoisonnement est également pratiqué. Il s’agissait en 1985 de la technique la plus efficace et la plus sélective : elle n’atteignait que les Ragondins et les Rats musqués. Des radeaux contenant des carottes empoisonnées à la bromadiolone étaient placés dans les canaux. Les Ragondins se nourrissaient des carottes empoisonnées et mouraient dans les quatre jours suivants. La substance employée étaient peu agressive pour l’environnement et se dégradait rapidement sous l’influence de la lumière. Cette technique s’avère efficace dans les régions limitrophes dont la surface de marais est plus élevée qu’en Bretagne. En outre, l’effet de cette technique est limité par le manque de concertation dans l’organisation de la lutte. Souvent, les communes d’un même bassin versant ne sont pas traitées en même temps.

Valorisation du Ragondin

Une étude du Conseil général du Finistère datant des années 2000 a tenté de valoriser le Ragondin vivant sur l’Aulne. L’animal est en effet reconnu pour la qualité de sa chair, la valeur de ses dents en « ivoire rose », sa fourrure et sa graisse qui permet de fabriquer du savon. Un sondage a été effectué auprès des visiteurs du canal de Nantes à Brest dans le Finistère. Nombre d’entre eux ont été séduits par les qualités gustatives de la chair de Ragondin mais beaucoup craignent une éventuelle toxicité de sa viande (présence de parasites). Il existe cependant un réseau de vente sur internet de produits dérivés du Ragondin.

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