Que vous soyez un éleveur expérimenté ou que vous découvriez le monde merveilleux de la naissance des chiots, cet événement reste une expérience très spéciale. L'issue de la naissance, la santé des chiots et le succès de l'allaitement sont autant de préoccupations légitimes. Plus vous serez informé sur ce sujet, plus vous aborderez cet heureux événement avec sérénité. Après la naissance, l'allaitement est la tâche la plus cruciale pour la chienne.

Déterminer le moment idéal pour l'allaitement

Le temps de gestation

Le temps de gestation d’une chienne est d’en moyenne 63 jours. Cependant, il est tout à fait normal que cette période varie entre 57 et 72 jours.

Surveiller la température

La méthode la plus fiable pour anticiper la mise-bas est de surveiller régulièrement la température de la chienne. Commencez une semaine avant la date prévue, en prenant sa température par voie rectale deux à quatre fois par jour, idéalement à la même heure. Une chute de température à environ 37° Celsius annonce une naissance imminente, généralement dans les 12 à 24 heures suivantes.

Le nombre de chiots par portée

Plusieurs facteurs influencent le nombre de chiots dans une portée, qui peut varier de 1 à 12 chiots. Bien que les portées de plus de douze chiots soient possibles, elles nécessitent souvent une intervention humaine. En moyenne, la plupart des races de chiens ont entre cinq et six chiots par portée. Les petites races ont généralement des portées plus petites, tandis que les grandes races ont tendance à avoir des portées plus importantes. Le poids de la chienne influe également, la portée représentant environ 11 % de son poids. La fréquence de gestation joue également un rôle, les premières portées étant souvent moins nombreuses que les suivantes.

Les trois phases de la mise-bas

Selon les vétérinaires, la mise-bas chez la chienne se déroule en trois phases distinctes.

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Phase 1 : Préparation (6 à 24 heures avant la naissance)

La chienne montre des signes typiques de mise-bas imminente, avec des intervalles de plus en plus courts et intenses. Des changements internes se produisent également, préparant le corps à l'accouchement. La température corporelle remonte à environ 38 degrés Celsius, le col de l'utérus se dilate, la glaire cervicale se détache (léger écoulement vaginal) et les premières contractions commencent, bien qu'elles ne soient pas encore visibles de l'extérieur. Le premier chiot est poussé vers le col de l'utérus.

Phase 2 : Expulsion des chiots

Lorsque le premier chiot entre dans le canal cervical, la chienne commence à pousser naturellement avec son ventre, en se couchant sur le côté ou en s'accroupissant. Le premier chiot apparaît généralement après quelques fortes contractions, pouvant naître la tête la première ou en position postérieure. Le rythme de naissance des chiots varie généralement de dix à soixante minutes, mais des intervalles plus longs, jusqu'à deux heures, sont possibles, surtout pour les premiers-nés.

Phase 3 : Expulsion des placentas

Après la naissance d'un chiot, la chienne déchire la membrane amniotique qui l'entoure et coupe le cordon ombilical avec ses dents. Environ 5 à 15 minutes après la naissance, le placenta est expulsé et consommé par la mère, ce qui permet de maintenir la propreté de la caisse de mise-bas et de stimuler hormonalement la production de lait. Il arrive que deux ou trois chiots naissent successivement avant l'expulsion des placentas. La mère lèche ses petits pour stimuler leur respiration. La mise-bas est considérée comme terminée lorsque le nombre de placentas expulsés correspond au nombre de chiots nés, ce qui prend généralement moins de douze heures.

Préparer la caisse de mise-bas

Aidez votre chienne à trouver un « nid » approprié en lui offrant une caisse de mise-bas au moins deux semaines avant la date prévue. Placez-la dans un endroit calme, chauffé (environ 24 degrés) et peu éclairé. Une lampe rouge à intensité variable, maintenant la température à 35 degrés, peut servir de source de chaleur supplémentaire. Utilisez de vieux draps, des serviettes, des couvertures lavables ou du papier journal comme support, en veillant à ce qu'il reste propre et sec, même pendant la mise-bas.

Assistance pendant la mise-bas

Contrairement aux humains, les chiennes n'ont généralement pas besoin d'aide pendant la mise-bas. Il est préférable de la laisser tranquille et d'intervenir uniquement en cas d'urgence. Une assistance peut être nécessaire si les chiots naissent rapidement les uns après les autres, ne laissant pas à la chienne le temps de retirer les membranes amniotiques et de couper le cordon ombilical. Gardez à portée de main des serviettes propres et des ciseaux stériles. Vous pouvez essuyer délicatement les chiots déjà nés et les placer près des mamelles de la mère.

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Surveiller la fin de la mise-bas

Pour vous assurer que la mise-bas est terminée, comptez les chiots et les placentas. Le nombre de placentas doit correspondre au nombre de chiots. Un placenta non expulsé peut entraîner une septicémie chez la chienne.

Complications possibles lors de la mise-bas

Bien que la nature offre les meilleures conditions pour le début de la vie, la mise-bas peut parfois entraîner des complications. Surveillez attentivement votre chienne, tout en restant discret. Si le processus naturel est perturbé, une intervention de votre part ou celle d'un vétérinaire peut être nécessaire.

Causes possibles de complications

  • État général faible de la mère
  • Absence de contractions
  • Bassin ou vagin trop étroits
  • Canal de naissance qui ne s'ouvre pas correctement
  • Malformations des chiots (par exemple, hydrocéphalie ou chiots morts)
  • Chiots trop grands (surtout s'il n'y a qu'un seul chiot ou très peu)

En cas de complications, consultez immédiatement un vétérinaire. Une échographie ou une radiographie peut déterminer si une césarienne est nécessaire, ce qui peut sauver la vie de la mère et des chiots. L'utilisation de médicaments favorisant les contractions (ocytocine) est déconseillée.

Comportement maternel après la naissance

Il est possible que les instincts maternels soient altérés après la naissance, en raison de l'anesthésie après une césarienne, de l'anxiété ou du manque de satisfaction de la chienne lors de la nidification. Si votre chienne ne déchire pas la poche amniotique ou ne lèche pas son chiot, aidez-la en frottant la poche avec un chiffon propre et en plaçant les chiots près de ses mamelles. Si elle repousse certains chiots ou s'ils ne reçoivent pas assez de lait, intervenez.

L'importance du colostrum et de l'allaitement

Au moment de l'expulsion des chiots, du lait s'écoule automatiquement dans les canaux de la chienne, sa production s'adaptant au nombre et à la faim des petits. Le colostrum, ou premier lait, est essentiel pour le développement des chiots, car il contient d'importants anticorps maternels qui les protègent contre les agents pathogènes.

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Le rôle de la mère et vos interventions

Bien que sourds et aveugles, les chiots trouvent généralement seuls les mamelles de leur mère grâce à leur odorat et à leurs mouvements instinctifs de la tête. Le contact étroit avec la mère dans les heures et les jours qui suivent la naissance est essentiel à leur survie, non seulement pour le lait riche, mais aussi pour activer d'autres fonctions corporelles et maintenir une température corporelle adéquate. La mère récupère les chiots qui s'éloignent trop et les replace au milieu de la portée. Elle stimule également l'évacuation des excréments et de l'urine en léchant la zone du périnée.

Rythme d'alimentation et surveillance du poids

Les principales activités des chiots dans les premiers jours et semaines sont de dormir et de boire. Ils boivent environ 12 à 20 fois par jour au cours de leur première semaine, puis les intervalles entre les tétées augmentent progressivement. Il est recommandé de peser les jeunes chiens une fois par jour pour s'assurer qu'ils prennent suffisamment de poids. La plupart des chiots doublent leur poids de naissance en dix jours et atteignent six à dix fois leur poids de naissance à la sixième semaine.

Introduction de la nourriture solide

Le bon moment pour introduire la nourriture solide dépend de la quantité de lait de la chienne et de la prise de poids des chiots. La plupart des éleveurs commencent à donner des compléments alimentaires entre la troisième et la sixième semaine de vie. Consultez votre vétérinaire pour obtenir des conseils sur l'alimentation complémentaire appropriée, dès la quatrième semaine. Vous pouvez proposer du lait ou une bouillie faite maison à base d'eau et d'aliments secs pour chiots comme premier aliment, en complément du lait maternel. À partir de la huitième ou de la dixième semaine, les chiots peuvent être progressivement introduits à la nourriture traditionnelle pour chiots.

Besoins nutritionnels de la chienne allaitante

La qualité du lait maternel, et donc la santé des chiots, dépend de la nutrition de la mère au cours des premières semaines. Elle a besoin de quantités considérables de protéines et de calcium pour la production de lait, ses besoins énergétiques augmentant de 325 % par rapport à la normale. Surveillez attentivement la chienne et consultez votre vétérinaire en cas de perte de poids, de baisse d'activité notable ou de pelage terne.

Problèmes de santé courants pendant l'allaitement

Le manque de production de lait, les carences de la chienne ou une inflammation des mamelles (mammite) sont les troubles les plus fréquents pendant la phase de tétée. Les premiers signes sont la fièvre, la réticence à allaiter, le refus de manger ou l'apathie. Consultez un vétérinaire dès que vous reconnaissez ces symptômes, si le poids des chiots stagne ou diminue, ou si l'état général de la chienne se dégrade.

Soins et hygiène de la chienne allaitante

Accompagner une chienne allaitante demande une attention particulière en matière d’alimentation, de soins et d’hygiène. Pour soutenir sa lactation, préserver sa santé et celle de ses chiots, il est essentiel d’adopter les bons réflexes.

Besoins spécifiques d’une chienne allaitante

  • Lactation et sollicitation physique : Le pic de lactation se situe entre la 2e et la 4e semaine, où elle peut produire plusieurs fois le poids de ses chiots en lait chaque jour. Ses besoins énergétiques augmentent considérablement, nécessitant une ration 2 à 4 fois supérieure à la normale. Son sommeil est souvent interrompu, car elle veille sur ses petits jour et nuit. Elle est plus vulnérable aux infections, rendant un soutien de ses défenses naturelles utile.
  • Alimentation pendant la lactation : Privilégiez des croquettes pour chiots ou pour chiennes gestantes/allaitantes, plus denses en énergie et faciles à digérer. Fractionnez ses repas en 3 à 4 fois par jour minimum, ou en libre-service si elle se régule. Assurez-vous qu’elle ait toujours de l’eau fraîche à disposition, car le lait maternel est composé d'environ 80 % d’eau.

Secours et soins des plaies

Un spray purifiant et apaisant pour lésions superficielles et cicatrices, formulé à base d’extrait de pépins de pamplemousse, peut être utilisé pour nettoyer les petites plaies superficielles et entretenir la zone autour d’une cicatrice de césarienne.

La relation mère-chiots : un lien à protéger

La chienne allaitante établit très tôt un rythme propre avec ses chiots. Ce lien repose sur l’instinct maternel et des comportements naturels essentiels à leur bon développement.

  • Tétées fréquentes : Elles surviennent toutes les 2 à 3 heures la première semaine, puis s’espacent progressivement.
  • Stimulation et nettoyage : La mère lèche régulièrement l’anus et les parties génitales de ses chiots pour stimuler l’élimination.
  • Organisation des tétées : Certains chiots prennent naturellement le dessus. Il peut être utile de les faire tourner pour équilibrer les apports.
  • Contrôle du poids des chiots : Une absence de prise de poids ou une perte même minime doit vous alerter. Cela peut signaler un lait insuffisant ou une difficulté d’accès à la tétée.
  • Interventions limitées : Évitez de trop manipuler les chiots ou de changer leurs repères, sauf en cas d’urgence. Trop d’interactions peut perturber la chienne.

Signes à surveiller chez la chienne et les chiots

  • Chez la chienne :
    • Éclampsie (carence en calcium) : tremblements, raideur des membres, agitation, halètement, parfois crises → urgence vétérinaire.
    • Mastite : mamelle rouge, chaude, douloureuse, dure, écoulement anormal ou refus d’allaiter. Peut s’accompagner de fièvre.
    • Amaigrissement : perte de plus de 10 % du poids post-mise bas. Peut indiquer une ration insuffisante ou un épuisement.
    • Abattement ou isolement : si elle se retire, ne mange plus ou ne s’intéresse plus à ses chiots, c’est un signe d’alerte.
  • Chez les chiots :
    • Perte ou stagnation de poids : en première semaine, un chiot doit grossir chaque jour. L’absence de prise de poids peut traduire un problème de tétée ou de lactation.
    • Cris fréquents : des chiots qui pleurent souvent ou longtemps peuvent avoir faim, être en hypothermie ou mal placés.
    • Inactivité prolongée : un chiot très calme, mou, qui ne cherche pas la tétée peut être en détresse.

Une balance de précision (à 1 ou 2 g près) est très utile pour surveiller discrètement la courbe de poids des petits.

Quand consulter un vétérinaire ?

Même si beaucoup de situations se gèrent naturellement, n’hésitez jamais à consulter une vétérinaire en cas de doute. Une chienne allaitante peut très vite se dégrader si elle souffre d’un engorgement, d’une infection, d’une carence ou d’un stress trop intense. Un vétérinaire pourra évaluer l’état général de la chienne allaitante, adapter son alimentation si besoin, prescrire des soins ou un traitement local ou général en toute sécurité, et vous guider si un chiot présente un retard de croissance ou des difficultés de tétée. Un accompagnement précoce permet d’éviter des complications.

Conclusion

En dépit de ce grand nombre de complications possible, la majorité des naissances de chiots se déroulent sans problème. Soyez serein ! Faites confiance à la nature et à l’instinct de votre chienne. Allaiter est un travail à plein temps pour une chienne, qui mobilise toutes ses ressources pour offrir le meilleur à ses chiots.

Questions fréquentes

  • Quand faut-il adapter l'alimentation d'une chienne allaitante ? Dès le premier jour de lactation.
  • Une chienne peut-elle allaiter après une césarienne ? Oui, et c’est même bénéfique.
  • Combien de temps une chienne allaite-t-elle ? L'allaitement chez la chienne dure environ 7 semaines.
  • Une chienne allaitante peut-elle sortir en promenade ? Oui, mais il faut veiller à ce que les promenades soient courtes et peu fatigantes.
  • Faut-il laver une chienne allaitante ? Pas nécessairement. Vous pouvez nettoyer son bas-ventre et ses mamelles après la naissance des petites, à l'aide d'une éponge douce et d'eau savonneuse.

Que faire si la chienne ne peut pas allaiter ?

Malheureusement, si un souci survient (chienne qui décède ou qui ne produit pas assez de lait, chiots trop nombreux, ou délaissés par leur mère…), il va falloir que vous preniez les choses en main.

Lait maternisé

Si votre chienne doit mettre bas, il est préférable de prévoir du lait maternisé, des biberons et des tétines spécifiques. Le lait maternisé doit normalement être réhydraté juste avant la distribution, mais il est possible de le préparer à l’avance et de le stocker en dessous de 4 °C pendant 48 heures maximum. Les fabricants de lait maternisé donnent des conseils adaptés à la concentration de leur produit. Les quantités distribuées augmentent de façon très progressive, en fonction du poids des chiots. Si des signes de suralimentation apparaissent (refus de tétée, diarrhée…) il faut diminuer les quantités. Si les nouveau-nés sont trop faibles pour téter, il est possible de faire mettre en place par votre vétérinaire une sonde gastrique, dont la longueur sera réévaluée chaque semaine.

Suivi des chiots

  • Identifiez les chiots de façon individuelle, pesez-les tous les jours à la même heure (au moins pendant les deux premières semaines de vie) et établissez une courbe de poids pour chacun.
  • Après chaque tétée, il faut frotter le périnée avec un coton ou un gant de toilette humide tiède afin d’entraîner une défécation et une miction réflexes.
  • Afin de favoriser le développement du système nerveux du chiot, vous devez manipuler les petits orphelins tous les jours en douceur : prenez-les dans vos mains, retournez-les, profitez-en pour les peser afin de suivre leur croissance.
  • Plus tard, ce sera à vous de jouer le rôle éducateur de la mère en fixant des limites au chiot orphelin quand il commencera à jouer : interdire les mordillements et les jeux de tiraillement, imposer des phases d’arrêt dans le jeu (faire poser la balle par exemple), le féliciter quand il se calme, etc.

Les chiots nourris avec un lait artificiel présentent souvent un retard de croissance par rapport aux chiots nourris par la mère. Ce retard peut être compensé par un sevrage un peu plus précoce, vers l’âge de 3 semaines, au lieu des 5-7 semaines habituelles, avec un aliment spécifique pour la croissance des chiots de très bonne qualité.

Colostrum de substitution

Si l’alimentation artificielle s’impose dès la naissance, un point délicat à gérer est l’absorption du colostrum, ce premier lait sécrété par les femelles, très riche en anticorps. Vous pouvez éventuellement contacter un éleveur, qui possède généralement des réserves de colostrum congelé ; il sera réchauffé, de préférence au bain-marie, jusqu’à une température de 38°C environ, sans faire bouillir. Sinon, il existe dans le commerce des substituts de colostrum, sous forme de poudre à reconstituer. Ils sont à administrer dès la naissance aux chiots orphelins.

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