L'allaitement maternel, bien que naturel, est une expérience qui soulève de nombreuses questions et inquiétudes chez les jeunes parents. Ce guide complet vise à fournir des conseils pratiques et des informations essentielles pour vous accompagner dans cette aventure unique, depuis la préparation pendant la grossesse jusqu'au sevrage en douceur.
Introduction : Allaitement maternel, un choix personnel et intime
Pendant des millénaires, l'allaitement maternel était une nécessité vitale. Aujourd'hui, il est devenu un choix personnel et intime. Avant même la naissance de votre bébé, vous serez confrontée à la question cruciale : sein ou biberon ? Désormais, c'est avant tout votre ressenti qui doit motiver votre désir d’allaiter ou non. Il s’agit d’un choix profondément intime qui ne concerne que vous et votre partenaire.
À de rares exceptions près, toutes les femmes peuvent, en théorie, allaiter leur bébé. La question est plutôt d’écouter votre désir. Il ne sert à rien de se forcer si vous n’éprouvez aucune envie de nourrir votre bébé au sein. Votre lait maternel est spécifiquement adapté aux besoins physiologiques de votre bébé, d’autant que sa composition évolue au fil de la croissance de votre bout de chou et même au fil des tétées de la journée. À cette réalité biologique s’ajoute bien évidemment le lien privilégié qui se noue entre maman et bébé lors de ce tendre corps-à-corps nourricier.
Les bienfaits de l'allaitement maternel pour la mère et l'enfant
L’allaitement maternel possède de nombreux bienfaits pour votre bébé, comme pour vous, quelle que soit sa durée. À commencer par nourrir votre enfant et ainsi répondre à l’un de ses besoins vitaux !
Pour le bébé :
- Adaptation du lait maternel : La composition du lait maternel s’adapte au fil du temps, en fonction de l’âge de votre bébé (car ses besoins nutritionnels évoluent), mais aussi de ses besoins d’une tétée à l’autre.
- Transmission d'anticorps : Autre pouvoir du lait maternel : transmettre vos anticorps à votre bébé, afin de le protéger contre les microbes. C’est prouvé : les bébés allaités subissent moins d’otites, d’infections respiratoires ou gastro-intestinales avant l’âge de 2 ans.
- Protection contre les allergies : En outre, votre lait contribuerait à protéger votre enfant contre les allergies, en particulier s’il y a une prédisposition dans votre famille.
- Bien-être émotionnel : Côté santé mentale, l’allaitement a aussi ses vertus pour le bébé. Blotti contre vous, il reconnaît votre odeur.
Pour la maman :
Car allaiter est également bénéfique pour la maman à plusieurs niveaux. Émotionnellement, d’abord. Donner le sein, bébé tout contre vous, procure une véritable sensation de bien-être. Stimulée et sécrétée lors de la succion du mamelon par le bébé, l’ocytocine, surnommée « l’hormone du bonheur » favorise ainsi l’attachement de la mère pour son enfant. Sur le plan de la santé, les contractions provoquées par les tétées participent à la remise en place de l’utérus.
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Préparation à l'allaitement pendant la grossesse
Si vous êtes enceinte et que vous vous posez des questions sur l’allaitement, c’est normal. Plusieurs professionnels de santé peuvent répondre à vos questions, à commencer par votre sage-femme. L’allaitement maternel représente une spécialisation à part entière de certaines sages-femmes. Sachez qu’il existe également des consultantes en lactation que vous pouvez contacter par le biais de votre maternité, de votre centre de PMI ou d’associations spécialisées en allaitement maternel.
Quel que soit le contact que vous choisirez, n’hésitez pas à poser toutes les questions qui vous traversent l’esprit au sujet de l’allaitement, afin de vous sentir prête le moment venu. Si vous le souhaitez, vous pouvez préparer vos seins à l’allaitement en les massant délicatement, avec une crème hydratante adaptée mais optionnelle. Enfin, vous pouvez également vous renseigner sur le matériel qui pourrait vous être utile : coussinets d’allaitement, soutien-gorge et vêtements adaptés… Pour ces derniers, privilégiez le côté pratique : vêtements deux pièces ou robes pouvant facilement s’ouvrir sur le devant.
Les premiers jours : Démarrer l'allaitement en douceur
La lactation dépend avant tout de la demande de votre bébé puisque c’est la succion qui déclenche la mise en route de la sécrétion des deux principales hormones de la lactation, la prolactine et l’ocytocine. Vos seins se préparent à donner du lait depuis le début de votre grossesse, n’ayez donc aucune crainte : vous aurez du lait en quantité suffisante. Et plus bébé tétera, plus vous en aurez.
Tout d’abord, avant que le lait maternel n’apparaisse, votre bébé va d’abord boire du colostrum : une substance particulièrement riche en anticorps et en protéines, idéales pour accueillir votre bébé et le nourrir durant les premiers jours qui précèdent la montée de lait. A partir de la naissance de votre bébé, retenez une règle d’or : des tétées à la demande et à volonté, sans montre ni chronomètre… et au calme !
La montée de lait
Comme son nom l’indique, la montée de lait correspond au moment où le lait maternel arrive en quantité à votre bébé et remplace définitivement le colostrum. Une tétée correspond à la prise de lait par votre bébé sur les deux seins. L’une des prises peut être plus longue que l’autre et ce n’est pas grave, vous pourrez commencer par le sein « moins utilisé » à la tétée suivante. Certains bébés peuvent téter pendant des heures : cela ne représente aucun problème, du moment que vous êtes tous les deux confortablement installés (et équipée, en ce qui vous concerne !).
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Rythme et durée des tétées
Durant les premières semaines, proposez le sein à chaque moment d’éveil de votre bébé, sans attendre qu’il pleure. Guettez les signes indiquant qu’il souhaite téter : s’il tourne la tête, la soulève, ouvre la bouche, tire la langue ou suçote ce qu’il rencontre, c’est qu’il est prêt ! C’est aussi votre bébé qui fixera la fréquence et la durée des tétées. 10 minutes ou ¾ d’heure : laissez-lui cette liberté sans vous imposer d’intervalle entre deux.
De retour à la maison, faites-vous confiance ! Vous allez progressivement trouver vos marques pour poursuivre paisiblement l’aventure de l’allaitement.
Les positions d'allaitement
Les bonnes positions pour allaiter doivent être confortables pour maman et pour bébé. C'est la première chose à rechercher. Veillez à votre confort lors des tétées pour éviter la survenue de douleurs dorsales. Dans la mesure du possible, installez-vous au calme, soit couchée sur le côté, votre bébé face à vous, soit assise, le dos bien soutenu appuyé sur des coussins et votre bébé allongé au creux de votre bras ou mieux, sur un coussin d’allaitement. Soyez attentive à la position de votre bébé durant la tétée. Il existe de nombreuses positions d’allaitement, l’important est de trouver celles qui vous conviennent le mieux. C’est normal de ne pas forcément trouver de bonnes positions tout de suite, et de faire des essais.
Le rot de bébé
Si votre bébé ne s’endort pas après la tétée, placez-le debout contre votre épaule et tapotez doucement son dos : il peut avoir besoin de faire un petit rot ! S’il s’est endormi, vous pouvez le recoucher sans le réveiller.
Les complications courantes et comment les gérer
Dans de nombreux cas, les débuts de l’allaitement sont mouvementés. Mais rassurez-vous, quelques ajustements devraient permettre qu’il se poursuive tranquillement. L’essentiel est d’être bien entourée afin de ne pas vous inquiéter et de savoir comment réagir pour que tout rentre dans l’ordre.
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Douleurs et crevasses
Pensez aussi à vous après chaque tétée. Crevasses et gerçures sont alors susceptibles d’apparaître et peuvent aller du simple mamelon irrité jusqu’à la fissure saignante, rendant l’allaitement parfois très douloureux… Pour éviter ces désagréments, le mieux est de veiller à la bonne position du bébé durant les tétées. Si des douleurs apparaissent au cours de votre allaitement, rappelez-vous que ce n’est pas normal : ces douleurs correspondent forcément à une mauvaise position d’allaitement (en particulier de la bouche de votre bébé, avec une mauvaise prise du sein) qui peut être à l’origine de désagréments. Dès la moindre gène ou douleur, il vous suffit d’arrêter la tétée en glissant votre petit doigt (soigneusement lavé au préalable) entre votre sein et la bouche de votre bébé, afin qu’il le lâche et que vous puissiez adapter votre position à tous les deux. Un début d'allaitement douloureux est souvent dû à une mauvaise position de la bouche de bébé avec une mauvaise prise du sein, qui peut provoquer des crevasses par exemple. Dans ce cas, on met délicatement le petit doigt dans le coin de la bouche de bébé pour arrêter la tétée, puis on observe et on améliore la position de maman, de bébé et sa prise du sein.
Engorgement et mastite
Autre complication courante de l’allaitement au sein, l’engorgement se traduit, lui, par un durcissement douloureux de la poitrine et survient le plus souvent dans les premiers jours suivant la mise au sein. Dans ce cas, le lait ne s’écoule pas suffisamment/correctement du sein, ce qui provoque une accumulation de ce liquide, accompagnée d’une sensation d’échauffement au niveau des seins. Pas de panique, ces mésaventures rentrent dans l’ordre rapidement dès lors que vous adoptez une bonne position permettant à votre bébé de bien prendre le sein. La solution la plus efficace est d’allaiter votre bébé le plus régulièrement possible, voire de recourir au tire-lait si nécessaire, pour drainer au maximum vos seins. Même traitement en cas de mastite. Cette inflammation de la glande mammaire, causée par le blocage des canaux lactifères, peut engendrer des symptômes identiques à ceux de la grippe.
Quand demander de l'aide
Si le début d'allaitement est inconfortable, difficile ou que l'on se pose des questions, on n’hésite pas à demander conseil auprès de professionnels de santé compétents et diplômés en allaitement (sages-femmes, puéricultrices, auxiliaires de puériculture, médecins, consultants en lactation…). On pourra les trouver à la maternité, au centre de PMI ou en libéral. On peut aussi trouver du soutien auprès d’associations ou de groupes de mamans.
L'allaitement au quotidien : Conseils pratiques
Une fois que l’allaitement est bien en route, donner le sein s’intègre à votre vie quotidienne.
Hygiène et soins
Inutile de laver nos seins avant ou après chaque tétée. La douche quotidienne suffit tout à fait. Au contraire, nous laver trop souvent pourrait masquer l’odeur de notre peau et perturber bébé. Il risque même de refuser la tétée. Attention à ne pas laisser vos seins s’abîmer. Les douleurs peuvent parfois être insupportables. Optez pour un soutien-gorge bien ajusté, en évitant les coutures au niveau des mamelons pour éviter de les blesser.
Alimentation et hydratation de la maman
Quand on allaite, il n’est pas nécessaire de suivre un régime particulier ou de manger plus. Aucun aliment n'est à éviter quand on allaite. Pendant votre allaitement, mieux vaut adopter l’alimentation et l’hygiène de vie les plus équilibrées et saines possibles. Tabac et alcool sont bien sûr à proscrire. Limitez les sucres, sel et produits gras et/ou transformés. Consommez le plus de produits frais, naturels voire biologiques possible. En outre, si la grossesse exclut de consommer certains aliments, ce n’est plus le cas pendant l’allaitement : faites-vous plaisir sainement ! Avec une diversité alimentaire, vous favoriserez aussi celle de votre bébé.
Bien manger quand on allaite est préférable pour la santé de bébé et celle de sa maman. Enfin, il est important de bien s’hydrater pendant toute la durée de l’allaitement en consommant mini 1,5 L d’eau/jour et idéalement 2 L/jour. En effet, les besoins en eau augmentent pour la production de lait maternel, qui est composé d’environ 90% d’eau. Eau plate ou gazeuse, tisanes, infusions,…
Alcool, tabac et autres substances
Quand on allaite, mieux vaut éviter toute boisson alcoolisée (bière, vin, cidre, alcool fort, apéritif, etc). L’alcool passe dans le lait maternel que boit le bébé et peut aussi diminuer la production de lait. Il faut particulièrement éviter de consommer de l’alcool pendant les premières semaines de l’allaitement. Après cette période, si on veut consommer un peu d’alcool de temps en temps, c’est possible, mais cela doit rester exceptionnel. Et il est préférable de ne pas boire plus d’un verre. Dans tous les cas, on n’hésite pas à en parler à un professionnel de santé qui pourra nous soutenir dans notre démarche, il nous donnera des conseils adaptés à notre situation et, si nécessaire, nous prescrira des substituts nicotiniques. La consommation de cannabis est aussi déconseillée pendant l’allaitement. Durant l’allaitement, tout ce qui est consommé par la mère est transmis à son enfant via le lait maternel. C’est la raison pour laquelle durant la période où vous allaitez votre bébé, il est recommandé d’éviter l’automédication, l’alcool, le tabac.. et toute autre substance pouvant lui être nocive.
Activité physique
Que l'on allaite ou non, il est conseillé de reprendre une activité physique après la naissance (la marche notamment). Bouger est toujours bon pour notre santé et notre moral ! Si on veut faire du sport, on commence en douceur, après la rééducation du périnée et avis du médecin ou de la sage-femme. Pour notre confort on peut utiliser un soutien-gorge adapté.
Allaitement et maladie
Il est très rare qu’une maladie soit incompatible avec l’allaitement. Une grippe, un rhume, une gastro-entérite ou même une maladie chronique comme le diabète ou une maladie psychique n’empêche pas d’allaiter. Toutefois, on n’hésite pas à consulter un médecin en cas de fièvre, de douleurs ou d’autres signes inhabituels, et on pense à signaler lors de la consultation qu’on allaite son bébé. Dans tous les cas, on ne prend aucun médicament sans l’avis de notre médecin, sage-femme ou pharmacien.
Allaiter en public
L’allaitement est pratique car il peut s’intégrer parfaitement à notre vie quotidienne. On peut allaiter son enfant en tous temps et tous lieux : en balade, au restaurant, dans les transports, en visite chez des amis… Il n’y a aucun endroit où il est interdit d’allaiter son enfant. Si l'on voit des femmes qui allaitent dans les squares, les cafés, les bus…
Le rôle du partenaire
C’est votre premier soutien. Votre partenaire doit adhérer à votre décision d’allaiter et être convaincu des bienfaits de l’allaitement pour vous accompagner le mieux possible dans cette formidable aventure. Sa présence et son appui indéfectibles seront précieux pour vous donner confiance et vous rassurer. En retour, il est essentiel de lui faire une place, notamment en l’impliquant dans les activités du quotidien avec bébé. Même en cas d’allaitement exclusif, le co-parent a un rôle à jouer ! Il pourra tisser des liens avec bébé lors des soins (changes, toilette, bains, promenades, …) avant et après les tétées. Le plus important est d’en discuter dans le couple afin que chacun.e puisse trouver sa place. Votre partenaire est également la 1ère personne qui sera auprès de vous pour vous soutenir en cas de doutes ou de difficultés.
A priori, l’allaitement ne laisse que peu de place à votre homme. Il convient pourtant de l’impliquer autant que possible pour éviter qu’il ne se sente à l’écart, voire qu’il finisse par vous décourager. Pendant l’allaitement, Super Papa a pourtant son rôle à tenir : pour préparer le coussin d’allaitement, pour aller chercher bébé et l’installer au sein, pour lui faire faire son rot, pour vous soutenir lorsque vous êtes fatiguée pour ne pas dire abattue.
Repos et gestion du stress
Même si ce n’est pas toujours évident avec un nouveau-né, surtout quand il y a des frères et sœurs, essayez de vous octroyer des moments de repos et de calme, en essayant par exemple de vous calquer sur le rythme de votre bébé et de dormir en même temps que lui, même en journée. Un stress important peut aussi avoir une incidence sur la lactation. Si vous vous sentez particulièrement épuisée, irritable, déprimée, n’hésitez pas à vous faire aider et à consulter un professionnel.le de santé.
Allaitement et reprise du travail
Au bout d’un moment, les activités à l’extérieur reprennent et beaucoup de mamans ne peuvent plus être présentes à tous les repas de bébé. Cela n’oblige pas à stopper l’allaitement, si on souhaite le poursuivre. Si on travaille à domicile ou à proximité du lieu où est gardé bébé : on peut aussi s'organiser, en accord avec notre employeur, pour nous absenter le temps de le nourrir. Sinon, on peut tirer son lait et le conserver. Il sera donné en notre absence à bébé, à la tasse ou au biberon. On peut aussi passer à un allaitement partiel. Bébé aura du "lait infantile" en notre absence, à la tasse ou au biberon selon son âge. On lui donnera le sein le reste du temps (le matin, le soir, le week-end, la nuit…).
Il est tout-à-fait possible de continuer à allaiter votre bébé tout en reprenant votre activité professionnelle. Dans ce cas, vous devrez sûrement acheter (ou louer en pharmacie) un tire-lait, manuel ou électrique, selon vos préférences. Sachez que le droit du travail permet aux salariées d’allaiter leur enfant pendant un an à compter de sa naissance, durant les heures de travail. Vous pouvez donc également tirer votre lait à ce moment-là, soit durant deux périodes de 30 minutes, matin et après-midi par exemple, en vous isolant dans une salle prévue à cet effet ou en salle de réunion que votre employeur pourra mettre à votre disposition. Bon à savoir. Le lait maternel se conserve à température ambiante (entre 19 et 22°C) au 6 heures maximum.
« Reprise de travail » ne rime pas forcément avec « arrêt de l’allaitement ». Si vous souhaitez continuer à allaiter, c’est tout à fait possible grâce à l’allaitement mixte ou à l’utilisation du tire-lait pour maintenir un allaitement exclusif. De plus, le droit du travail en France prévoit des aménagements en entreprise pour les mères souhaitant continuer à allaiter et tirer leur lait (local adapté, temps dédiés..).
Le sevrage : Une transition en douceur
Quelle que soit la durée de votre allaitement, il aura été bénéfique pour votre bébé. Dans tous les cas, c’est à vous seule de décider quand vous souhaitez le sevrer. Si le sevrage est à votre initiative, procédez en douceur et par étapes : diminuez progressivement les tétées, de manière à ce que le changement ne soit pas trop brusque pour votre bébé et qu’il ait le temps de s’y habituer. En fonction de son âge, vous pouvez également remplacer l’une des tétées par un biberon ou une tasse de lait infantile adapté et recommandé par votre pédiatre. Une fois votre bébé habitué à cette tétée en moins, vous pouvez en supprimer une nouvelle quelques jours plus tard, et ainsi de suite jusqu’à l’arrêt total de l’allaitement : votre production de lait diminuera également en conséquence, jusqu’à s’épuiser.
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