L'allaitement est une étape essentielle dans le développement du nouveau-né et dans la relation mère-enfant. Il existe différentes formes d'allaitement, chacune répondant à des besoins spécifiques. L'article suivant explore en détail l'allaitement artificiel, en abordant sa définition, les raisons de son utilisation, les aspects pratiques, ainsi que son évolution historique et les considérations importantes à prendre en compte.
Définition de l'Allaitement Artificiel
L'allaitement artificiel repose sur l'utilisation exclusive de préparations pour nourrissons, communément appelées laits infantiles. Ces formules sont spécialement conçues pour couvrir les besoins nutritionnels des bébés. Lorsque la mère n'allaite pas, elle utilise du lait diététique spécial, adapté à l'âge du nouveau-né ou du nourrisson, en se conformant aux prescriptions du pédiatre.
Raisons d'opter pour l'Allaitement Artificiel
Certaines mères choisissent d’opter d’emblée pour l’allaitement artificiel, par choix personnel ou pour des raisons médicales. D’autres y ont recours en relais d’un allaitement initial, ou lorsque l’allaitement maternel n’est pas possible. En cours d'allaitement, il arrive qu'il faille envisager un passage rapide à l'allaitement artificiel.
L'allaitement artificiel offre la commodité de pouvoir être pratiqué par différents membres de la famille et permet à la mère de reprendre plus facilement le travail.
La Composition et la Préparation du Lait Artificiel
La composition des laits artificiels se rapproche de celle du lait maternel. On les reconstitue en mettant une mesure de poudre pour 30 grammes d'eau (eau de source peu minéralisée ou eau du robinet préalablement bouillie). Les premiers mois, il ne faut rien ajouter au lait, ni sucre ni céréales : les parents doivent prendre garde à ne pas suralimenter l'enfant. Le lait premier âge est relayé au bout de 6 mois par le lait deuxième âge, plus riche en calcium et en fer.
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Les Aspects Pratiques de l'Allaitement Artificiel
Le Matériel Nécessaire
Un jeu de biberons et de tétines permet d'avoir toujours à sa disposition un biberon prêt à être réchauffé.
La Stérilisation
La préparation doit obéir à de strictes règles d'hygiène. Il existe deux méthodes : la stérilisation à chaud et la stérilisation à froid.
- Stérilisation à chaud : On laisse biberons et tétines dans de l'eau en ébullition pendant 15 à 20 minutes ou dans un autocuiseur (ou un stérilisateur) pendant 5 à 10 minutes. Les biberons de la journée peuvent être préparés simultanément puis placés dans le réfrigérateur.
- Stérilisation à froid : Biberons et tétines sont mis à tremper dans une solution antiseptique pendant environ 30 minutes. Très simple, cette méthode demande un rinçage prolongé des biberons et des tétines avant utilisation.
La Préparation des Biberons
Elle est facile puisque la quantité de lait absorbée par l'enfant est connue des parents. Le nombre de biberons est fixé en fonction du poids initial de l'enfant.
Incidents Possibles
Les incidents sont principalement dus à une préparation défectueuse des biberons ou à un lait mal adapté : diarrhée, érythème, stagnation du poids, raréfaction des urines, mauvaise digestion, etc.
L'Évolution Historique de l'Allaitement et l'Apparition de l'Allaitement Artificiel
Un allaitement maternel est un phénomène biologique naturel, depuis que l’homme existe. Mais en cas de décès post-partum de la mère, ou lorsque la mère ne pouvait pas nourrir l’enfant, elle recourait au service d’une nourrice. Les nourrices étaient en générale, des femmes issues de la classe populaire. Depuis la fin du XVIème siècle, l’allaitement mercenaire gagnait le milieu aristocratique, et se répandait aussi parmi la bourgeoisie. Les femmes d’artisans aisées pouvaient également louer les services de nourrices. Cette pratique fut alors généralisée, et les femmes eurent recours à ce type de service jusqu’au XVIIIème siècle.
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Il a fallu attendre le début du XIXème siècle, avec les prétentions exemplaires de Madame d’Epinay, pour que l’allaitement maternel retourne à la normale. L’idée d’allaiter son propre bébé, fut envisagée comme absurde par les gens de son milieu. A la fin de cette époque, naquit l’usage du lait de vache modifié. Ce fait a diminué sensiblement l’allaitement maternel, et l’on notait en 1960, le taux d’allaitement le plus bas. Il y eût beaucoup de publicités sur les produits industriels de nutrition infantile jusqu’aux pays les moins développés.
Le lait de vache suisse pour bébé, mélangé dans de bonnes proportions, au sucre et à la farine, a été mis au point par Nestlé en 1890. Il était réservé à ceux qui avaient les moyens d’en acheter. Mais à la fin du XXème siècle, marque un tournant pour la nutrition de l’enfant. Les conditions d’allaitement ont été ainsi améliorées, rendant ainsi plus de confort à la mère, aussi bien sur le plan corporel que social. Les informations de qualité et le développement des réseaux d’information et d’entraide, étaient accessibles au public.
L'Allaitement Artificiel et le Féminisme
La pratique de l’allaitement artificiel apparaissait durant un temps comme le libérateur de la femme de son rôle de mère. Certains mouvements féministes considéraient un allaitement comme un acte qui enferme la femme auprès de son enfant. Le biberon était donc le bienvenu et reste encore sur le devant de la scène de l’allaitement.
L'Amélioration de la Qualité du Lait Artificiel au Fil du Temps
Avec le lait de fabrication industrielle, il est pris comme le concurrent direct du sein et du lait maternel. Il rivalise avec les nourrices qui faisaient de l’allaitement, leur métier. Un allaitement artificiel doit alors répondre aux normes de commercialisation des produits de substitution. Il doit avoir les qualités hygiéniques nécessaires.
Les biberons des années 1880 étaient mortels pour les nouveaux nés, malgré les évolutions technologiques qu’on y apportait. Les tétines contenaient toute une colonie de microbes du choléra infantile et de la diarrhée infectieuse. Le contrôle de la qualité physico-chimique et biologique du lait, a permis de diminuer les effets néfastes du lait d’étable ou du lait artificiel. La pasteurisation a beaucoup aidé les dangers de contamination du biberon. La lutte contre la falsification du lait, a permis de garantir sa qualité. L’ajout d’eau par exemple, ou d’autres substances pour maintenir sa bonne couleur, étaient vivement contrôlées.
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Actuellement, la qualité du lait industriel tend à se rapprocher de celle du lait maternel.
Allaitement Mixte : Une Alternative
L’allaitement mixte, aussi appelé allaitement partiel, associe lait maternel et lait infantile. Le nourrisson reçoit des tétées au sein, complétées par des biberons de lait artificiel. L'allaitement mixte est une pratique courante dans de nombreuses cultures à travers le monde. Les mères qui optent pour cette méthode cherchent à concilier les avantages nutritionnels du lait maternel avec la commodité des biberons. En France, l'allaitement mixte est de plus en plus répandu. Les mères qui choisissent cette méthode sont souvent soutenues par leur entourage, y compris leur partenaire, leur famille et leurs amis. L'allaitement mixte permet au bébé de bénéficier des avantages du lait maternel tout en bénéficiant de la commodité des biberons.
Pourquoi choisir l’allaitement mixte ?
Ce type d’allaitement est souvent adopté pour des raisons pratiques : reprise du travail, fatigue maternelle, insuffisance de lactation ou souhait de partager les repas avec le partenaire. Il permet de conserver les bénéfices du lait maternel tout en offrant une certaine souplesse d’organisation.
Points d’attention
Il est conseillé d’attendre que l’allaitement maternel soit bien établi (généralement autour de 4 à 6 semaines) avant d’introduire des biberons, afin de limiter les risques de confusion sein-tétine et de préserver la lactation.
Les Recommandations Actuelles
Avec l’amélioration des conditions d’allaitement artificiel, l’allaitement maternel est parfois considéré comme une contrainte sociale, mais non comme une alternative. Néanmoins, en France, 75% des femmes seraient pour l’allaitement pendant quelques semaines.
L’allaitement maternel est couvert d’une part par l’Unicef, grâce aux recommandations internationales, et d’autre part par l’OMS, Organisation Mondiale de la Santé, selon des directives européennes. Les actions conjointes de ces deux organismes pour soutenir l’allaitement maternel, ont abouti à l’énoncé en 1989, de dix recommandations favorisant la réussite de l’allaitement maternel. Elles permettent l’obtention du label « Hôpital Ami des Bébés ».
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