La Première Guerre mondiale a été un conflit d'une ampleur sans précédent, caractérisé par une guerre de tranchées brutale et des pertes humaines massives. Une question qui revient souvent est celle du rôle des officiers et de leur présence, ou absence, en première ligne. Cet article vise à explorer les raisons pour lesquelles les officiers n'étaient pas toujours en première ligne, en tenant compte des dynamiques sociales, des impératifs militaires et des expériences vécues par les soldats et les officiers eux-mêmes.
La Composition Sociale de l'Armée et la Hiérarchie des Grades
L'armée de 1914-1918 était une société très inégalitaire, où le système hiérarchique des grades reproduisait globalement les formes de domination observables dans le monde civil. Bien qu'on connaisse encore mal la composition sociale de l'armée de la Grande Guerre, il existe une homologie entre l'appartenance aux milieux aisés et le statut d'officier, avec des distinctions très fortes qui en découlent.
L'officier bénéficiait d'une solde qui lui permettait d'épargner, d'une ordonnance (un domestique ou un homme à tout faire), et de privilèges dans sa vie quotidienne : repas améliorés, chambre individuelle ou abri pour échapper à la promiscuité du rang, et absence de corvées pénibles.
La Communauté Combattante et les Transformations de l'Autorité
La société des tranchées n'a pas seulement mis face à face des intellectuels bourgeois et les classes populaires, mais toutes les identités professionnelles et sociales masculines de la société de 1914. Les centaines de milliers de caporaux, de sous-officiers et, dans une moindre mesure, les officiers combattants appartenaient à des ensembles très divers. Les archives militaires régimentaires et judiciaires donnent de précieuses indications sur la grande diversité des métiers et une proximité sociale entre hommes du rang, caporaux et sous-officiers. Cette proximité s'explique par le besoin de chefs intermédiaires qu'entraîne la masse inédite d'hommes mobilisés et le taux de perte colossal dès le début de la guerre.
L'expérience du combat a forgé une forte identité se superposant aux identités de classe (ou de métier) du monde civil du début du XXe siècle, souvent en les déplaçant, parfois en les atténuant, momentanément au moins. La notion de communauté combattante s'est construite en partie indépendamment de la hiérarchie de terrain.
Lire aussi: Les subtilités expliquées
Les Différences Sociales et la Réalité du Front
Malgré le brassage social et géographique qui a eu lieu, avec des hommes de tous milieux découvrant d'autres langues et d'autres habitudes régionales, la prolongation de la guerre a souvent renforcé les distances existantes entre groupes sociaux. Les intellectuels, par exemple, se sont mis à rechercher la compagnie de "ceux de leur espèce", se repliant sur eux-mêmes pour lire, écrire et penser au calme. Ils ne supportaient plus ni la promiscuité du front ni ce qu'ils jugeaient être la médiocre docilité de leurs compagnons d'infortune.
Les Espaces de Guerre et la Dégradation de l'Obéissance
La déhiérarchisation partielle des unités combattantes a créé une société des tranchées obéissante à l'avant, mais aussi désobéissante aux règles du temps de paix. Difficultés disciplinaires dans les transports, marches désordonnées, pillages, indiscipline généralisée dans les gares lors des permissions, alcoolisation dans les cantonnements, impatience et insubordination massive lors de la démobilisation : la guerre a créé aussi de la désobéissance.
La relation d'autorité de l'avant a dû s'adapter, s'assouplir et devenir différente de celles qui existaient dans la société d'avant 1914. La violence de la première ligne a déhiérarchisé les unités combattantes, ou créé de nouvelles hiérarchies qui parfois s'affranchissaient du grade et/ou des dominations de classe en cours dans la société civile.
Les Risques et les Rôles Guerriers
Il est essentiel d'examiner les différences sociales face à la mort et à la blessure, ainsi que les rôles guerriers. Qui sont, socialement, les "nettoyeurs de tranchées" ? Comment sont choisis ceux chargés de faire le "sale boulot", ceux qu'on envoie prendre des risques ? Existe-t-il une équivalence entre origine sociale, statut de cadre militaire (sous-officiers et officiers de proximité) et risque de blessure ou de mort au combat ?
La Vie Quotidienne des Soldats et des Officiers
La vie quotidienne des soldats en première ligne était extrêmement difficile. Leur mission principale était de surveiller l'ennemi, une tâche pénible, surtout en hiver. Les premiers combats entre le 11e corps d'armée et les Allemands ont eu lieu le 22 août à Maissin, avec des pertes considérables. Les choses ont mal tourné pour les Français, qui ont dû reculer, poursuivis par les Allemands. Ce n'est que dans la Marne que ces derniers ont subi des revers et ont dû reculer à leur tour. Les positions se sont figées et les soldats ont creusé des tranchées.
Lire aussi: Maîtriser l'emploi du verbe « aller » au passé
L'Expérience Bretonne de la Grande Guerre
Les Bretons ont également participé à la Grande Guerre. Dès le 2 août 1914, les hommes ont pris le chemin du front. Entre le 4 et le 9 août 1914, la plupart des régiments bretons ont été acheminés en train vers la frontière belge. Les historiens parlent aujourd’hui de 125 000 à 150 000 soldats bretons tués pendant la guerre. Après 1919, plus personne n'est déclaré « mort pour la France » et on ne connaît pas le nombre d'anciens soldats décédés des suites de leurs blessures ou de leur maladies.
Lire aussi: Molière et la galère : une analyse
tags: #pourquoi #les #officiers #n #allaient #jamais
