L'allaitement maternel crée un lien unique entre la mère et son enfant. Cependant, cette période peut parfois s'accompagner de désagréments tels que la constipation, tant pour la mère que pour le nourrisson. Il est important de ne pas s'inquiéter car des solutions simples peuvent être mises en place au quotidien pour remédier à ce problème.

Comprendre la constipation pendant l'allaitement

La constipation, bien que généralement bénigne, peut être très gênante. Elle se caractérise par des difficultés à évacuer les selles ou des retards, avec moins de trois selles par semaine. La constipation résulte souvent d'un problème de transit lié à une mauvaise alimentation, mais elle peut être évitée en modifiant ses habitudes alimentaires.

Constipation chez la mère allaitante

Une mère constipée doit adopter un régime riche en fibres, boire beaucoup d'eau et consommer des fruits frais. Il est essentiel de privilégier les aliments riches en fibres, qui augmentent la fréquence des selles et améliorent leur consistance. Les céréales, en particulier les flocons d'avoine, devraient faire partie intégrante de l'alimentation.

Il est crucial de noter que les femmes enceintes et allaitantes ne doivent pas s'auto-médicamenter. Certains médicaments, comme les laxatifs, ne doivent pas être utilisés sans avis médical car ils peuvent être dangereux pour la santé du nourrisson. De nombreux remèdes naturels, basés sur des changements alimentaires, sont donc à privilégier.

Pour lubrifier les selles, il est recommandé d'augmenter la ration d'eau et de consommer des fruits frais riches en fibres comme les groseilles, les framboises ou les figues. Les noix de coco sèches et les amandes sont également des fruits secs recommandés en cas de constipation. Il est conseillé de privilégier les légumes verts et les légumes secs tels que les artichauts, les épinards, les petits pois, les haricots secs, les flageolets ou les pois chiches. Ces aliments sont efficaces contre la constipation, et il ne faut pas hésiter à s'hydrater suffisamment en buvant au minimum 1,5 litre d'eau par jour.

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Il est préférable d'éviter les aliments sucrés comme les confiseries et les barres chocolatées, les viandes grasses, les bananes, les choux et le riz.

Constipation chez le nourrisson allaité

L'alimentation de la mère a un impact direct sur son nourrisson. L'allaitement transmet tous les nutriments au bébé, et une mauvaise hygiène alimentaire peut se répercuter instantanément sur le tout-petit. Si les selles de l'enfant sont anormalement rares et denses, il est important d'adopter un régime alimentaire plus équilibré.

Les médecins considèrent qu'il y a constipation chez l'enfant lorsque ses selles sont dures voire douloureuses. Une constipation passagère du nourrisson est fréquente et n'a généralement pas de répercussions sur sa santé ni de problèmes intestinaux. En cas de doute, il est impératif de consulter un médecin.

Solutions naturelles pour soulager la constipation

Plusieurs solutions naturelles peuvent aider à soulager la constipation pendant l'allaitement, tant pour la mère que pour l'enfant.

Pour la mère

  • Augmenter l'apport en fibres : Consommer davantage de légumes verts (épinards, haricots verts), de légumineuses (lentilles, haricots blancs en petite quantité), de purées de fruits riches en fibres (poires, pruneaux, pommes selon la tolérance), ainsi que des céréales complètes si elles sont bien digérées. Privilégier ces aliments qui régulent le transit et limiter les aliments constipants comme la banane, le riz ou la carotte. Les graines de lin, les graines de chia, les flocons d’avoine et le son d’avoine sont très riches en fibres.
  • Hydratation adéquate : Boire au minimum 1,5 litre d'eau par jour. Cela peut être de l’eau du robinet ou de l’eau en bouteille. Dans ce cas, une eau riche en magnésium peut être choisie, mais il ne faut pas uniquement boire cela. Aromatiser l'eau avec des infusions de menthe, de gingembre ou de citronnelle peut aider à augmenter la consommation.
  • Activité physique régulière : Pratiquer une activité physique modérée pendant la grossesse, comme la marche, le vélo d'appartement, le renforcement musculaire ou le yoga, pendant environ 30 minutes par jour.

Pour le nourrisson

  • Continuer l'allaitement : Le lait maternel est l'aliment de référence pour le nourrisson durant ses premiers mois de vie, couvrant ses besoins de façon exclusive jusqu'à ses 6 mois et assurant son bien-être digestif.
  • Hydratation optimale (pour les bébés non allaités) : Assurer une bonne hydratation en proposant une eau faiblement minéralisée (minéralisation inférieure à 1000 mg/L) portant la mention "convient à l'alimentation du nourrisson".
  • Mouvements et massages ciblés : Remonter puis déplier doucement ses jambes contre son ventre, ou faire bouger ses jambes comme s'il pédalait. Ces rituels permettent de diminuer les crampes intestinales, les gaz et les ballonnements. Le massage abdominal peut aussi accélérer le transit et soulager les maux de ventre.
  • Alimentation adaptée (pour les bébés diversifiés) : Introduire progressivement des aliments riches en fibres dans l'alimentation de bébé.

Le psyllium : un laxatif naturel ?

Le psyllium est un laxatif naturel qui pourrait être utilisé pour soulager la constipation chez la femme enceinte et allaitante. Il est composé de téguments dont les bienfaits thérapeutiques sur le transit intestinal sont utilisés depuis des siècles. La forte richesse en fibres du psyllium, particulièrement en fibres solubles, est essentielle à la santé intestinale car elle permet de réguler le temps de digestion et de remodeler les selles.

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Les hormones de grossesse peuvent entraîner une constipation, et le psyllium peut aider à atteindre les apports journaliers recommandés en fibres (30 g minimum par jour). Les fibres solubles, ou mucilages, modifient la consistance des selles en les rendant plus molles et volumineuses, ce qui favorise le péristaltisme intestinal et accélère le transit colique.

L'OMS considère le psyllium comme un « laxatif capable de restaurer et de maintenir un transit régulier lors de constipation chronique, et d’assurer le traitement des constipations au cours de la grossesse ». Le psyllium étant un aliment naturel, il n’amène pas de composant toxique et n'entraîne pas de toxicité chez le bébé pendant la grossesse et l’allaitement.

Conseils d'utilisation du psyllium

Consommer jusqu’à 30 g de psyllium par jour, répartis en trois prises. Incorporer 1 cuillère à café de psyllium dans 100 mL de liquide (eau, soupe, jus de fruits), mélanger et boire rapidement avant que le gel ne se forme. Puis, boire 200 mL d’eau après cette prise. Si le goût est désagréable, il est possible de l’ajouter dans les préparations suivantes : jus de fruit, porridge, soupe, compote, yaourt. Si le psyllium n’a eu aucun effet après 3 jours de cure, il est préférable de demander l’avis d’un médecin.

Précautions d'utilisation du psyllium

Ne pas consommer de psyllium en cas de syndrome occlusif ou subocclusif, ou en cas de douleurs abdominales de cause indéterminée, de troubles de la déglutition ou de dysphagie. En cas de diabète, il est judicieux de demander un avis médical. Il est déconseillé aux personnes ayant du sang dans les selles et à celles présentant une modification de la motricité ou du diamètre intestinal (mégacôlon, iléus, sténose…) de consommer du psyllium.

Le psyllium peut diminuer l’absorption des nutriments (fer, vitamine B12, magnésium, etc.) et des médicaments qui en contiennent. Il peut aussi interagir avec certains médicaments en limitant leur absorption : médicaments à base de lithium, fluidifiants sanguins, médicaments pour le diabète, médicaments pour le cœur, carbamazépine. Il est donc recommandé de consulter un médecin dans le cadre d’une prise d’un de ces médicaments, et d’espacer au minimum de 2 heures la prise de psyllium avec ces derniers. Il est recommandé de solliciter l'avis d'un professionnel de santé avant toute consommation de psyllium en cas de troubles bipolaires ou d'épilepsie.

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Des effets secondaires de type flatulences et des ballonnements peuvent subvenir au début du traitement, mais s’estompent rapidement une fois que la flore intestinale se sera adaptée à ces apports élevés en fibres.

Laxatifs recommandés pendant la grossesse et l'allaitement

Les laxatifs privilégiés pendant la grossesse et l'allaitement sont ceux qui ne présentent pas de passage systémique et bénéficient d’un large recul d’utilisation, tels que :

  • Les laxatifs de lest : Ce sont des polymères volumineux non absorbés au niveau digestif, augmentant le volume fécal. Ils incluent les mucilages, seuls ou associés : gommes (guar, carraghénates) ; graines (sterculia, psyllium, ispaghul).
  • Les laxatifs osmotiques : Ils ne sont ni absorbés ni hydrolysés dans l’intestin. Ils agissent en hydratant et en augmentant le volume des selles : polyéthylènes glycol (PEG) ; sucres (lactulose, lactitol, sorbitol).
  • L’huile de paraffine : Elle peut être utilisée de manière occasionnelle si elle n’est pas associée à d’autres principes actifs.
  • Le séné : En cas de constipation opiniâtre nécessitant un laxatif stimulant, les données d’exposition des femmes enceintes au séné sont relativement nombreuses, sans signal inquiétant particulier : c’est donc l’option à préférer en cas d’usage ponctuel.

Il est recommandé d’éviter les associations de plusieurs principes actifs.

Quand s'inquiéter de la constipation de bébé ?

Il est important de consulter un médecin en urgence si votre bébé présente :

  • Des douleurs abdominales intenses.
  • Un ventre dur, gonflé, et douloureux au toucher.
  • Du sang dans les selles ou des fissures anales répétées.
  • Une perte de poids ou un refus d’alimentation.
  • Des troubles urinaires douloureux ou fréquents.

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