Ali Baddou, figure emblématique des médias franco-marocains, s'est illustré comme animateur et journaliste sur Canal+, France Inter et France 5, où il aborde des thématiques variées allant de la culture à la politique. Son parcours atypique, marqué par un passage par l'enseignement de la philosophie, témoigne d'une richesse intellectuelle qu'il met au service de ses différentes activités médiatiques.
Parcours d'un Philosophe Devenu Homme de Médias
Né le 28 février 1974 à Paris, Ali Baddou se distingue d'abord par son parcours académique. À 23 ans, il obtient l'agrégation de philosophie et entame une carrière d'enseignant. Il exerce à Lyon, à Saint-Denis, puis à Sciences Po, où il a notamment Emmanuel Macron comme élève. Cette expérience de l'enseignement marque profondément sa vision du monde et son approche du journalisme.
C'est en 2003 qu'Ali Baddou fait ses premiers pas dans le monde des médias, en remplaçant Nicolas Demorand à France Culture pour l'émission "Les Matins". Cette opportunité marque un tournant dans sa carrière, le propulsant sur le devant de la scène médiatique.
En 2007, il rejoint "Le Grand Journal" sur Canal+ en tant que chroniqueur littéraire, apportant une dimension intellectuelle à l'émission. Il prend ensuite les commandes de "La Nouvelle Édition" de 2011 à 2015, affirmant son style et sa capacité à animer des débats de société.
Parallèlement à ses activités télévisuelles, Ali Baddou reste présent sur les ondes de France Inter. Il anime "Questions politiques" de 2017 à 2021, puis "Le 6/9 du week-end" depuis 2023, offrant aux auditeurs une information de qualité et des analyses pertinentes.
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Son talent ne se limite pas à la radio et à la télévision. Ali Baddou explore également le genre documentaire, réalisant notamment "Le Maroc vu du ciel" en 2017, une œuvre qui témoigne de son attachement à ses racines et de son intérêt pour la culture.
Sur France 5, il présente "C l’hebdo" de 2017 à 2023 et remplace occasionnellement Anne-Élisabeth Lemoine dans "C à vous", démontrant sa polyvalence et sa capacité à s'adapter à différents formats d'émissions.
Repères de Carrière : Une Progression Constante
- 1999 : Débute sa carrière d'enseignant en philosophie politique à Sciences Po.
- 2003 : Intègre France Culture avec l'émission "Les Matins".
- 2007 : Devient chroniqueur littéraire au "Grand Journal" sur Canal+.
- 2011 : Anime "La Nouvelle Édition" sur Canal+.
- 2016 : Anime l'interview de 7h50 sur France Inter.
- 2017 : Présente "C l’hebdo" sur France 5.
- 2023 : Anime "Le 6/9 du week-end" sur France Inter.
Vie Personnelle et Engagements : Un Homme Discret et Engagé
Fils de diplomates marocains, Ali Baddou a passé son enfance entre Paris, Washington et le Maroc, une expérience qui a façonné son ouverture d'esprit et sa sensibilité aux enjeux internationaux. Il obtient la nationalité française à 22 ans, tout en conservant sa double nationalité.
Sa vie personnelle a été marquée par des relations médiatisées, notamment avec Mazarine Pingeot, fille de François Mitterrand, de 1992 à 1998, et avec l'actrice Charlotte Le Bon, avec qui il a été fiancé de 2010 à 2016. Aujourd'hui, il préfère la discrétion quant à sa vie privée.
Au-delà de sa carrière médiatique, Ali Baddou est engagé dans l'éducation et soutient des causes culturelles à travers ses émissions et documentaires. En 2005, il présente le premier Sidaction au Maroc sur la chaîne 2M, une initiative audacieuse dans un pays arabo-musulman, témoignant de son engagement pour la lutte contre le sida et la sensibilisation aux questions de santé publique.
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Anecdotes Révélatrices : Un Parcours Semé d'Embuches et de Réussites
- Il a enseigné la philosophie à Emmanuel Macron à Sciences Po, une anecdote qui souligne son rôle de passeur de savoir et son influence sur les générations futures.
- Il a refusé d'animer "La Matinale" de Canal+ en 2008 pour rester sur "Le Grand Journal", un choix qui témoigne de son attachement à l'émission et à l'équipe.
- Il a présenté le premier Sidaction dans un pays arabo-musulman en 2005, un acte courageux qui a marqué les esprits et contribué à faire avancer la cause de la lutte contre le sida.
- Il a partagé des discussions profondes avec François Mitterrand sur la politique et la mort, une expérience unique qui a enrichi sa réflexion et sa compréhension du monde.
Un Parcours Semé d'Embuches et de Réussites
Ali Baddou est arrivé au journalisme par hasard, grâce à un ami. "Un jour, je suis parti voir Nicolas Demorand qui animait une émission dans les locaux de France Culture. C’était la première fois que je mettais les pieds dans de ce genre d’endroit. Dès l’instant où je suis entré sur le studio, je voulais en être". Mais il n’est pas du milieu, n’est pas formé au journalisme et mise tout sur l’audace.
Nous sommes au début des années 2000. Il adresse régulièrement des projets à Laure Adler, alors directrice des programmes de France Culture. C’est au bout d’un an de persévérance et d’attente que cette dernière décide d’en accepter un : une interview du célèbre écrivain britannique Éric Hobsbawm. "A Londres, pour ma première mission, c’est plutôt cool quand même".
Il intègre ainsi France Culture dès 2003 en faisant ce qu’il connaît le mieux : "couvrir des essais et publication dans le grand magazine culturel". Son arrivée suscite quelques réactions stigmatisantes. "Je ne me suis pas trop posé la question de la légitimité, répond Ali Baddou. A France Culture, à mon arrivée, il y avait des rumeurs selon lesquelles, si j’étais à l’antenne, c’était parce que je m’appelais Ali. C’était blessant un peu, mais ça m’a plutôt stimulé et poussé à faire mes preuves".
"Il m’a fallu tout apprendre sur cette profession, ne serait-ce qu’écrire un papier ! Aujourd’hui encore, je ne suis pas complètement à l’aise devant une caméra". En 2006, il succède à son ami Nicolas Demorand à la présentation de la matinale de France Culture et rejoint, en même temps, en 2017 "Le Grand Journal" de Canal+. "Frédéric Beigbeder avait pris la décision de quitter l’émission et il s’avérait que Michel Denisot et son épouse écoutaient la matinale de France Culture. Je ne connaissais rien à cette émission, je ne l’avais quasiment jamais regardée, mais j’ai accepté. Après tout, je me suis dit pourquoi pas ?".
Il rejoint l’émission comme chroniqueur littéraire en gérant le grand écart entre une matinale radio dite intello et une chronique de quelques minutes à peine sur un plateau de télévision. Il enchaîne les expériences : anime L’Edition spéciale, La Nouvelle Edition, remplace Michel Denisot à la présentation du Grand journal puis prend les rennes du magazine Supplément toujours sur Canal +.
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Un Regard sur les Débats Identitaires
Les questions posées par les participants de la Masterclass ont beaucoup porté sur son regard sur les débats identitaires qui secouent la France, polémique Zemmour oblige. "J’ai toujours été élevé dans l’idée que plus on avait de cultures, plus on parlait de langues, plus on lisait de livres et plus cela constituait une véritable richesse".
Mais alors, quel est l’intérêt d’inviter Éric Zemmour justement comme il l’a fait sur France Inter le 15 septembre dernier ? "Je tiens à préciser que nous l’avons reçu avant le fiasco de Salut les Terriens. Par la suite, la question était de savoir si c’était une bonne idée de l’inviter. Après réflexion, on a jugé bon de l’inviter pour pouvoir débattre sur le fond de sa pensée et avoir accès à ses réelles intentions. C’est quelqu’un qui a un agenda politique et ne serait-ce que pour cette raison il était nécessaire de le faire venir".
Cette actualité donc portée sur la question identitaire fait écho avec sa propose histoire. "Celle d’un arabe de 1ère génération, vivant en France sans ses parents, issue d’une famille provenant du haut de l’Atlas où se sont tenus les derniers combats avant l’installation du protectorat français", confie-t-il, lui qui n’a pas l’habitude de parler de sa vie privée. "Ce qui est singulier c’est que j’ai grandi avec ce fort sentiment d’identité nationale, cette fierté liée à l’indépendance. Enfant, je ne me reconnaissais pas dans l’histoire que j’ai étudiée au collège, en France. C’est un professeur d’histoire malien, en Seconde, qui m’a enseigné l’histoire de la révolution française comme quelque chose d’universel et fait comprendre que les valeurs de la France sont plus universelles qu’autre chose".
Mais la nostalgie laisse place à un diagnostic bien pessimiste. "Nous sommes de plus en plus assignés à identité culturelle, raciale, sexuelle, sociale… Je suis régulièrement renvoyé à mon identité arabe, musulmane.
Où le Croiser ? Un Homme de Terrain et de Médias
Ali Baddou réside principalement à Paris. On peut le croiser lors d’émissions sur France Inter ou France 5, ou à des événements culturels et médiatiques à Paris.
Sébastien Demorand : Un Hommage Ému
Ce mercredi 22 janvier, au lendemain de l'annonce de la mort de Sébastien Demorand, Ali Baddou lui a rendu un vibrant hommage sur les ondes de France Inter.
C’est avec une immense peine qu’Ali Baddou, remplaçant de Nicolas Demorand aux commandes du 7/9 de France Inter, a évoqué les proches de Sébastien Demorand. Il a profité de son billet d’humeur de 80 secondes pour adresser une tendre pensée aux proches du critique culinaire. Après avoir diffusé un extrait de Golden Slumbers, l’un de ses titres favoris des Beatles, il a prononcé des mots très touchants au nom de toute la rédaction. « À Sébastien Demorand, qui était plus grand que la vie. Au nom de France Inter, une pensée d’amour et d’affection pour son frère Nicolas, sa femme Elodie, ses enfants Rodolphe et Rose, sa mère Jacqueline et sa sœur Cathy », ont pu l’entendre dire les auditeurs.
