L'affaire Alexia Daval a captivé la France entière, marquée par des rebondissements constants et une émotion palpable. Retour sur les moments clés de cette tragédie, de la disparition d'Alexia à la condamnation de Jonathann Daval.
Disparition et Découverte macabre (Octobre 2017)
Le 28 octobre 2017, Jonathann Daval se présente à la gendarmerie de Gray (Haute-Saône) pour signaler la disparition de son épouse Alexia. Il explique qu'Alexia, 29 ans, est partie faire un jogging vers 9h30 sur les rives de la Saône, un parcours habituel, sans son téléphone portable, et n'est pas rentrée. Inquiet, il affirme s'être vainement lancé à sa recherche.
Immédiatement, les enquêteurs soupçonnent une issue dramatique. D'importants moyens de gendarmerie sont déployés, des battues sont organisées, et une information judiciaire pour « enlèvement et séquestration » est ouverte par le procureur de la République de Vesoul.
Le 30 octobre, le corps en partie calciné d'Alexia Daval est retrouvé dans un bois à Velet-Esmoulins, non loin de Gray. L'ADN confirmera qu'il s'agit bien du corps de la jeune femme. Une centaine de gendarmes sont mobilisés sur la scène de crime, qui est immédiatement "gelée". L'autopsie révélera plus tard que la mort est liée à une asphyxie et que la jeune femme a subi des violences physiques.
À Gray, les habitants sont sous le choc, et une cellule de soutien psychologique est mise en place.
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Deuil et Hommage (Novembre 2017)
Le 5 novembre, une marche silencieuse rassemble entre 8 000 et 10 000 personnes à Gray, en soutien à la famille d'Alexia. Jonathann Daval est au premier rang, tenant deux roses à la main, soutenu par ses beaux-parents. Il déclare, le visage luisant de larmes : « Alexia était ma première supportrice, mon oxygène (…). Cette plénitude me manquera terriblement ». Les parents d'Alexia, Isabelle et Jean-Pierre Fouillot, font face avec stoïcisme et dignité, remerciant la foule pour son soutien.
Le 8 novembre, les obsèques d'Alexia sont célébrées en la basilique de Gray, une cérémonie que la famille a souhaité intime. Jonathann Daval apparaît toujours tourmenté par le chagrin, bouleversant la France. Les parents de la jeune femme sont présents à ses côtés, soutenant celui qu'ils « aimaient comme leur gamin ».
L'enquête progresse (Novembre 2017 - Janvier 2018)
L'enquête progresse à petits pas. Mi-novembre, l'avocat de la famille, Jean-Marc Florand, pense que l'enquête devrait permettre de connaître les coupables en janvier. L'avocat de Jonathann Daval veut faire taire les rumeurs, parlant d'un relevé d'indices important et estimant que c'est l'entourage proche qui est visé.
Le 29 janvier 2018, l'enquête prend un tournant décisif. Jonathann Daval est arrêté dans le pavillon de Gray-la-Ville où résidait le couple et placé en garde à vue. Des perquisitions ont lieu à son domicile. Les enquêteurs mettent en avant des éléments concernant le véhicule professionnel de Jonathann et des lambeaux d'un drap semblable à ceux du couple retrouvés auprès du cadavre.
Aveux et Révélations (Janvier 2018)
Le 30 janvier 2018, après de longues heures d'audition à la gendarmerie de Besançon, Jonathann Daval craque et avoue avoir tué Alexia lors d'une dispute conjugale. Il est mis en examen pour meurtre sur conjoint et écroué. La procureure de la République de Besançon annonce que Jonathann Daval est mis en examen pour meurtre sur conjoint.
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Selon ses avocats, il a « reconnu avoir tué son épouse mais a dit que c'était un accident, qu'il ne voulait pas et il regrette ».
Polémiques et Réactions (Janvier - Février 2018)
Au lendemain de la mise en examen de Jonathann Daval, son avocat, Me Randall Schwerdorffer, évoque « une relation de couple avec de très fortes tensions ». Il décrit Alexia comme ayant « une personnalité écrasante », Jonathann se sentant « rabaissé, écrasé ». Ces propos suscitent une vive polémique et déclenchent la colère de Marlène Schiappa, alors secrétaire d'État à l'égalité femmes-hommes, qui juge ces propos « scandaleux » et dangereux, car ils légitimeraient les féminicides.
Le 2 février 2018, l'avocat des parents d'Alexia demande de nouvelles expertises et s'interroge sur de possibles liens entre le meurtre de la jeune femme et le suicide d'un homme, le 6 janvier, à Esmoulins, la commune où le corps d'Alexia Daval a été retrouvé.
La famille sort du silence (Mars 2018)
Le 5 mars, la famille d'Alexia Daval sort du silence dans une interview à BFMTV. Isabelle Fouillot, la mère d'Alexia Daval, déclare : « On s'est bien fait manipuler, il s'était fait un scénario », tandis que son père, Jean-Pierre Fouillot, le vit comme « une trahison ». Stéphanie Gay, la sœur de la jeune femme, ajoute : « il y a réfléchi à ce scénario, la manipulation est allée très loin ». Malgré leur chagrin, les parents d'Alexia affirment n'éprouver aucune haine. Jean-Pierre Fouillot dit vivre un « double deuil » : « On a perdu deux êtres qu'on aimait énormément - Alexia et notre gendre - et ça fait mal ».
Revirements et Accusations (Juin - Décembre 2018)
Le 27 juin 2018, Jonathann Daval est entendu à sa demande par le juge d'instruction. Le 4 juillet, les parents, la sœur et le beau-frère d'Alexia Daval sont reçus par le juge d'instruction et apprennent que Jonathann Daval nie désormais avoir tué son épouse et accuse son beau-frère, Grégory Gay, d'avoir étranglé la victime au domicile de ses parents lors d'un « dîner raclette ». Il évoque un « complot familial » et un « pacte secret » pour dissimuler les faits.
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Cette accusation provoque l'indignation de la famille d'Alexia. Le 12 juillet, Grégory Gay répond aux accusations dans un entretien télévisé et estime que Jonathann Daval a bénéficié de complicité.
Le 1er octobre, l'avocat de Jonathann Daval confirme qu'il va déposer une demande de remise en liberté, « suite logique » du nouveau positionnement de son client. La requête est rejetée.
Le 7 décembre 2018, lors d'une confrontation émouvante avec ses beaux-parents, Isabelle et Jean-Pierre Fouillot, et avec sa belle-sœur et son beau-frère, Stéphanie et Grégory Gay, Jonathann Daval craque et avoue de nouveau le meurtre d'Alexia. « C'était un accident, je ne l'ai pas voulu », dit-il. L'intervention de la mère de la victime est déterminante. Elle obtient ses nouveaux aveux en lui montrant une photo du chat du couple, Happy. « Si tu veux qu'on te pardonne, il faut qu'on comprenne », lui dit-elle, l'exhortant à sortir du « déni ».
Reconstitution et Aveux Complémentaires (Juin 2019)
Le 17 juin 2019, une reconstitution des faits a lieu. Jonathann Daval livre une version plus conforme avec les constatations médico-légales : il reconnaît avoir violemment frappé Alexia, puis l'avoir étranglée 4 à 5 minutes avec ses deux mains. Il reconnaît aussi pour la première fois avoir incendié le corps. Selon lui, une violente dispute avait éclaté au domicile conjugal dans la nuit du 27 au 28 octobre 2017 parce qu'il refusait d'avoir un rapport sexuel. Elle l'aurait une nouvelle fois « humilié » en lui disant notamment qu'il « n'était pas un homme ».
Clôture de l'instruction et Procès (Novembre 2019 - Novembre 2020)
Le 19 novembre 2019, le procureur de la République de Besançon Etienne Manteaux annonce que l'information judiciaire du meurtre d'Alexia Daval est close.
Le procès de Jonathann Daval, accusé de « meurtre sur conjoint », se tient du 16 au 21 novembre 2020 devant la cour d'assises de la Haute-Saône à Vesoul. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Une quarantaine de médias sont accrédités pour couvrir ce procès d'une ampleur inédite pour la ville de Vesoul.
Durant le procès, Jonathann Daval reconnaît les faits, sans pour autant expliquer son geste. Le 21 novembre 2020, Jonathann Daval est condamné à 25 ans de réclusion criminelle. Ni les parties civiles, ni les avocats de Jonathann Daval, ni l'avocat général ne feront appel de la condamnation.
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