Introduction
L'école maternelle joue un rôle essentiel dans la prévention de l'échec scolaire, en accordant une priorité à l'enseignement du langage dès le plus jeune âge. La qualité lexicale et syntaxique des énoncés compris et produits par les élèves conditionne l'accès aux apprentissages tout au long de la scolarité. Cet article explore en profondeur la définition et l'importance du langage maternel à l'école maternelle, en mettant en lumière les stratégies pour stimuler et structurer le langage oral, ainsi que pour développer la compréhension des messages et des textes entendus.
L'Importance du Langage à l'École Maternelle
Le cycle des apprentissages premiers est mis à profit pour faire progresser les élèves, de la petite section à la grande section, vers la compréhension et l'usage d'une langue française orale de plus en plus élaborée. Cette langue servira de base lors de l'apprentissage de la lecture. La stimulation et la structuration du langage oral, ainsi que l'entrée progressive dans la culture de l'écrit, constituent des priorités d'enseignement. Ces objectifs sont communs à tous les domaines d'apprentissage de l'école maternelle et s'appuient sur des choix réfléchis, déclinés et précisés à court terme (la séance et la période), tout en incluant des perspectives à plus long terme (l'année, le cycle) pour structurer les apprentissages des élèves.
Priorité à la prévention de l'échec scolaire
L'école maternelle a un rôle primordial à jouer dans la prévention de l'échec scolaire en faisant de l'enseignement du langage une priorité, dès le plus jeune âge. En effet, la qualité lexicale et syntaxique des énoncés compris et produits par les élèves conditionne l'accès aux apprentissages tout au long de la scolarité.
Progression vers une langue française élaborée
Le cycle des apprentissages premiers est mis à profit pour faire progresser les élèves depuis la petite section jusqu'à la grande section vers la compréhension et l'usage d'une langue française orale de plus en plus élaborée sur laquelle ils pourront s'appuyer lors de l'apprentissage de la lecture.
Objectifs communs et structuration
Ces objectifs sont communs à tous les domaines d'apprentissage de l'école maternelle. Ils s'appuient sur des choix réfléchis, déclinés et précisés à court terme (la séance et la période), mais incluant aussi des mises en perspective à plus long terme (l'année, le cycle) pour structurer les apprentissages des élèves.
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Stimuler et Structurer le Langage Oral
L'enfant apprend à parler en s'appropriant la langue des adultes, celle de ses parents, de sa famille et de ceux avec qui il vit au quotidien. L'intensité de l'exposition des enfants au langage parlé et la qualité de ce langage sont essentielles dans ce processus d'appropriation. C'est pourquoi il est crucial d'encourager les parents à dialoguer avec leur enfant et à leur lire des histoires.
L'importance de l'exposition au langage
L'enfant apprend à parler en s'appropriant la langue des adultes, celle de ses parents, de sa famille et de ceux avec qui il vit au quotidien. L'intensité de l'exposition des enfants au langage parlé et la qualité de ce langage sont essentielles dans ce processus d'appropriation.
Le rôle du langage de référence
Dès qu'il va à l'école, l'élève poursuit ce processus d'appropriation en prenant modèle sur les professeurs des écoles, et tous les adultes présents. Le langage des enseignants devient donc un langage de référence qui se doit d'être lexicalement précis et syntaxiquement correct en toute situation, de même que le langage de tous les adultes dans la classe.
Un enseignement structuré et systématique
L'appropriation par les élèves d'un langage oral riche, organisé et compréhensible requiert la mise en œuvre d'un enseignement structuré et systématique. L'enfant apprend à parler principalement avec l'adulte. L'apprentissage par les pairs n'est pas suffisant, et l'échange avec un adulte, attentif au maintien de l'attention de l'enfant, est beaucoup plus efficace.
L'attention au lexique, à la syntaxe et à la phonologie
Il est nécessaire d'accorder autant d'attention au lexique qu'à la syntaxe et à la phonologie. Ainsi que le précisent les programmes de l'école maternelle, « l'enseignant met les élèves sur le chemin d'une conscience des langues, des mots du français et de ses unités sonores ».
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La mémorisation et le réemploi du lexique
Beaucoup de mots sont acquis de manière occasionnelle et incidente au cours des interactions familiales ou scolaires. Néanmoins, pour assurer la mémorisation et le réemploi du lexique, la simple fréquentation du vocabulaire et des formes syntaxiques en situation ne suffit pas. De multiples emplois sont requis pour en garantir l'acquisition par les élèves : l'élève découvre les nouveaux mots en contexte, puis il est conduit à réutiliser ces mots nouveaux hors contexte pour structurer leur emploi et les mémoriser, enfin il les réinvestit en contexte.
Des activités spécifiques et programmées
En prenant appui sur des objets, des jeux, des imagiers, des albums, le professeur organise les apprentissages, introduit des activités spécifiquement programmées avec des intentions précises. Il fixe les objectifs et les attentes en fonction du développement de chaque enfant et met en place des situations d'entraînement. Il est attentif au choix des mots travaillés, à leur maniement correct, à leur mise en réseau (champs lexicaux, catégories lexicales, synonymes, antonymes, familles de mots).
La structuration et la mémorisation du vocabulaire
Mettre en relation des mots connus en utilisant différents critères de catégorisation, associer des mots et leurs définitions, trouver « différentes manières de dire » sont des activités privilégiées lors des phases de structuration et de mémorisation du vocabulaire. Un enseignement structuré revient à ne pas isoler des mots mais à les présenter dans des regroupements sémantiques et logiques qui vont permettre d'en faciliter la représentation : l'insertion d'un mot dans un champ lexical avec d'autres mots qui relèvent du même thème, permet d'utiliser des synonymes, des antonymes, par exemple, lorsque l'on dit « ce n'est pas froid, c'est chaud » ou « ce n'est pas gentil, c'est méchant ».
L'importance de la mémoire lexicale
Enfin, il ne peut y avoir d'acquisition sans mémorisation. La mémoire est à la fois le moteur, le ressort et le produit des apprentissages. Travailler la mémoire lexicale avec l'enfant nécessite que le mot soit bien articulé, répété souvent par l'enseignant et l'enfant, afin d'en favoriser l'appropriation, puis de le réactiver régulièrement, dans différentes situations qui permettront son utilisation en contexte. C'est à ce prix que la mémorisation sera profonde, donc durable.
L'appropriation des structures syntaxiques
L'appropriation des structures syntaxiques fait l'objet, au même titre que le lexique ci-dessus, d'une attention quotidienne et structurée. Elle se développe dans le cadre de toutes les activités de la classe, par une approche transversale mais fait aussi l'objet de séances spécifiquement dédiées, avec des objectifs définis et précis. Les élèves sont régulièrement mis en situation fonctionnelle de produire des phrases simples, affirmatives ou négatives, qui relèvent de différents types : déclaratives, interrogatives, exclamatives, impératives. Progressivement, les élèves sont entraînés à effectuer des enchaînements de phrases de plus en plus complexes.
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Le développement des compétences communicationnelles
L'enseignant concentre progressivement son action sur le développement des compétences communicationnelles : écoute, attention partagée, mémoire, expression. En grande section, les élèves doivent pouvoir se faire comprendre par le seul usage du langage. L'enjeu est de les rendre capables de raconter, d'expliquer une réalité passée ou à venir, de créer une histoire portant sur des événements, lieux ou personnages inconnus d'au moins un des partenaires de l'échange.
Développer la Compréhension de Messages et de Textes Entendus
L'action de l'école est capitale pour que tous les élèves s'approprient, avant de savoir lire, les formes langagières et les activités cognitives que suppose la lecture. L'aménagement de la classe favorise la fréquentation quotidienne d'écrits variés, de formes et finalités différentes. Les livres, autant que les jeux et les jouets, doivent pouvoir bénéficier d'un investissement spontané par les élèves.
L'aménagement de la classe
L'aménagement de la classe favorise la fréquentation quotidienne d'écrits variés, de formes et finalités différentes. Les livres, autant que les jeux et les jouets, doivent pouvoir bénéficier d'un investissement spontané par les élèves, l'aménagement du « coin lecture » doit être pensé à cet effet.
La lecture à haute voix
La lecture à haute voix par l'enseignant est quotidienne, en particulier d'histoires, de contes, de récits, qui permettent à l'élève « d'entendre du langage écrit », de développer sa capacité à écouter, à se projeter, à se représenter une situation.
La relation entre compréhension orale et écrite
Les compétences de compréhension à l'oral et de traitement du langage écrit entretiennent une relation étroite. La connaissance du vocabulaire, la maîtrise morphosyntaxique, les capacités de traitement de l'organisation textuelle, l'élaboration d'inférences mobilisées lors de la compréhension à l'oral joueront un rôle fondamental dans la compréhension des élèves en lecture au cycle 2.
Un travail spécifique sur la compréhension
Un travail sur la compréhension est d'autant plus nécessaire dès l'école maternelle que cette activité langagière est invisible pour un enfant. Il ne suffit pas d'écouter pour comprendre. L'enseignant conduit un travail spécifique sur la compréhension qui s'élabore dans les échanges autour du texte entendu.
La médiation de l'enseignant
La médiation de l'enseignant est essentielle : il installe un climat d'écoute et de sécurité, sollicite l'attention des élèves, ne s'interrompt pas pendant la lecture, engage les élèves à prendre la parole, favorise les questionnements et les débats, propose de revenir au livre pour valider les interprétations, et veille à donner le temps nécessaire pour qu'un élève puisse aller au bout de son propos.
L'importance du langage soutenu
En fin d'école maternelle, il est attendu des élèves qu'ils comprennent des textes écrits sans autre aide que le langage entendu. Pour cette raison, il est nécessaire de travailler à partir de textes écrits dans un langage soutenu correspondant à l'univers de référence de la langue écrite. Les contes traditionnels, les contes mythologiques, les textes du patrimoine permettent d'une part l'accès à la langue écrite de référence et d'autre part, l'entrée dans la culture commune de référence.
La conscience des rapports entre oral et écrit
À travers la lecture à haute voix par le professeur mais aussi à travers les écrits qu'il produit, les élèves prennent aussi conscience que l'adulte peut dire ce qui est écrit et qu'il peut écrire ce qui est dit, en utilisant un code qu'ils ne connaissent pas. Ils prennent également conscience de la permanence des signes qui composent l'écrit, parce que les textes lus demeurent identiques de lecture en lecture et qu'il y a une exacte correspondance entre ce qui est dit et ce qui est écrit. Les ressemblances perçues entre l'oral et l'écrit, les explications de l'enseignant sur son activité d'écriture, permettent peu à peu aux enfants de comprendre que les rapports entre oral et écrit sont régis par un système qui code les sons de la langue orale grâce aux lettres.
Développer et Entraîner la Conscience Phonologique
La compétence de lecteur repose sur un faisceau de composantes. Qu'il entende un mot ou qu'il le lise, l'être humain sollicite les mêmes aires dans son cerveau. Il apprend d'abord à parler, développe son langage et ses capacités de compréhension, puis découvre que la langue peut aussi être codée sous forme de signes tracés sur un support. Le langage est fait de mots, de phrases, d'intentions, de prosodie ; il apparait fluide. L'enfant parle mais il ignore que ce langage peut se découper en plusieurs catégories - la phrase, le mot, la syllabe, le phonème. Les compétences phonologiques (capacité à manipuler les unités de paroles) et la connaissance du nom des lettres sont essentielles à travailler car elles préparent l'apprentissage ultérieur du code. Leur développement doit prendre une juste place dans l'ensemble des apprentissages prévus par le programme d'enseignement de l'école maternelle.
L'importance des compétences phonologiques
Les compétences phonologiques (capacité à manipuler les unités de paroles) et la connaissance du nom des lettres sont essentielles à travailler car elles préparent l'apprentissage ultérieur du code. Leur développement doit prendre une juste place dans l'ensemble des apprentissages prévus par le programme d'enseignement de l'école maternelle.
L'Utilisation des Albums à l'École Maternelle
Les enseignants privilégient les textes de fiction et en particulier les albums comme support pour les séances de langage à l’école maternelle. La variété, les qualités littéraires et esthétiques des albums assurent aux enseignants un choix d’histoires adaptées toujours à même de capter l’attention de leurs élèves, au moins dans un premier temps. Il est aussi communément admis que les illustrations facilitent la mémorisation et la compréhension des histoires lues aux élèves. Enfin la rencontre avec les multiples formes de relations texte-images présentes dans les albums devraient permettre de développer des compétences de lecture-complexe.
Quel album choisir ?
Pour l’apprentissage du langage oral, la question n’est donc pas l’album mais quel album ? Le nombre d’articles ou de publications qui proposent des analyses critiques de la production éditoriale en témoigne. Il s’agit alors de prévenir les difficultés propres à telle ou telle configuration iconico-textuelle. Ces études sont aussi souvent l’occasion de fournir aux enseignants une sélection de titres dans la production courante.
Album illustré ou texte non illustré ?
La présence des illustrations lors de la lecture de l’album ou leur absence lors de la lecture d’un texte non illustré confrontent les élèves à la construction d’univers de référence différents. Les uns partagent le souvenir des illustrations qui accompagnaient la narration tandis que les autres ont n’ont eu accès qu’à la narration verbale.
Des recherches ont montré que la présence des images peut parfois réduire les prédicats verbaux dans les productions orales des enfants. D'autres études indiquent que la narration orale peut être plus efficace pour la mémorisation que la présentation d'images. Il est donc important de considérer les effets potentiels des supports utilisés sur les productions orales des élèves.
Comparaison de séances de langage avec et sans album
Une étude a comparé les résultats de deux séances de langage en grande section de maternelle, l'une utilisant un album illustré et l'autre un texte non illustré. Les deux séances ont été menées dans des conditions similaires, avec des groupes d'élèves équilibrés. L'enseignante a adopté une posture en retrait, favorisant l'écoute entre les élèves et évitant une conduite directive des échanges.
Les résultats ont montré que la séance avec le texte non illustré a généré des interventions plus longues et plus fréquentes de la part des élèves. Bien que les deux groupes aient abordé un nombre similaire de thèmes, les élèves ayant travaillé avec le texte non illustré ont semblé produire des récits plus riches et plus détaillés.
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