L'affaire de la reconnaissance de paternité de Delphine Boël par l'ancien roi des Belges, Albert II, a captivé l'attention du public pendant des années. Cette affaire, mêlant questions de droit, de famille et de monarchie, a finalement abouti à la reconnaissance de la filiation biologique de Delphine Boël.

Le contexte : Une filiation contestée

Delphine Boël, artiste plasticienne belge, a affirmé pendant des années être la fille d'Albert II, issue d'une liaison que sa mère, Sibylle de Sélys Longchamps, a eue avec le futur roi dans les années 1960 et 1970. Albert II, marié depuis 1959 à Paola Ruffo di Calabria, a toujours nié cette filiation.

En 2013, après l'échec d'une tentative de conciliation, Delphine Boël a décidé de porter l'affaire devant les tribunaux. Elle demandait à la justice de reconnaître Albert II comme son père biologique.

La bataille judiciaire

La procédure judiciaire a connu de nombreux rebondissements. En octobre 2018, la cour d'appel de Bruxelles a ordonné à Albert II de se soumettre à un test ADN pour trancher la question de la paternité. L'ancien roi a d'abord refusé, introduisant un pourvoi en cassation en février.

Le 16 mai, la cour d'appel de Bruxelles a décidé d'imposer à l'ancien souverain une astreinte de 5.000 euros par jour s'il persistait à refuser le test ADN. Finalement, Albert II a accepté de se soumettre au test en mai 2019, tout en se pourvoyant en cassation contre la décision de justice.

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Les résultats du test ADN et la reconnaissance de paternité

Le 27 janvier 2020, les avocats d'Albert II ont publié un communiqué annonçant que les résultats du test ADN indiquaient qu'il était bien le père biologique de Delphine Boël. "Sa Majesté le Roi Albert II a pris connaissance des résultats du prélèvement ADN auquel il s’est prêté à la demande de la cour d’appel de Bruxelles. Les conclusions scientifiques indiquent qu’il est le père biologique de Madame Delphine Boël", indiquait le communiqué.

Bien qu'Albert II ait décidé "de mettre un terme dans l'honneur et la dignité à cette procédure pénible", le communiqué précisait : "Même s’il existe des arguments et des objections juridiques pour justifier le fait qu’une paternité légale n’est pas nécessairement le reflet d’une paternité biologique et que la procédure adoptée Lui paraît contestable, le Roi Albert a décidé de ne pas les soulever."

Les implications de la reconnaissance

La reconnaissance de la filiation biologique de Delphine Boël a plusieurs implications. Elle entre dans la lignée royale au côté des trois enfants d'Albert II, et ceux-ci sont dès lors contraints de partager leur héritage. Delphine Boël n'entre pas, en revanche, dans l'ordre de succession et n'accède pas au titre de princesse de Belgique.

La réaction de la monarchie et de l'opinion publique

La monarchie belge a plutôt bien géré l'affaire. Les membres de la famille royale se sont bien gardés de tout commentaire ou prise de position sur la question. L'affaire a surtout écorné la réputation d'Albert II, qui était autrefois extrêmement populaire.

L'opinion publique belge a été divisée sur la question. Certains ont critiqué Albert II pour avoir nié sa paternité pendant des années, tandis que d'autres ont estimé que l'affaire relevait de la vie privée et ne devait pas être médiatisée.

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Le test ADN et l'avenir de la monarchie

L'affaire Albert II et Delphine Boël a soulevé des questions sur l'avenir de la monarchie belge. Certains ont estimé que l'affaire avait affaibli l'institution, tandis que d'autres ont pensé qu'elle avait démontré sa capacité à s'adapter aux évolutions de la société.

Martine Dubuisson, cheffe adjointe du service politique du quotidien belge Le Soir et spécialiste de la monarchie, a expliqué que "ce qui dégradait le plus l’image de la monarchie, c’était le déni dans lequel s’était enfoncé l’ex-roi Albert II. Tout le monde savait que c’était sa fille, du coup, le test ADN n’est pas une révélation, mais la fin d’un silence gênant."

David Feutry, historien spécialiste des monarchies, a souligné que "Un test ADN, et surtout la justice, ont contraint un ancien roi à revenir sur ce qu’il disait. La parole sacrée s’est effacée devant les faits."

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