La maison de Saxe-Cobourg-Gotha est une dynastie européenne qui a joué un rôle important dans l'histoire de plusieurs pays, notamment la Belgique et le Royaume-Uni. Cet article explore l'histoire de cette famille, en mettant l'accent sur certains de ses membres les plus notables et leurs descendants.
Albert de Saxe-Cobourg-Gotha et la Reine Victoria
Le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha est né le 26 août 1819 au château de Rosenau, près de Cobourg en Allemagne. Le 10 février 1840, il épouse sa cousine, la reine Victoria du Royaume-Uni, à l'abbaye de Westminster. Ce mariage s'avère être un partenariat profond et influent. Victoria, novice en politique, s’appuie sur le Premier ministre en place, Lord Melbourne, qui la forme au métier de reine. Afin de s’émanciper d’une mère avide de pouvoir, Victoria suit le conseil de Melbourne : se marier. Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, frère cadet du tout nouveau roi des Belges, est invité à la cour de Saint-James. Les deux jeunes gens se plaisent.
Albert devient un conseiller précieux pour Victoria, l'aidant dans ses fonctions royales. Bien qu'il n'ait pas de titre officiel au début, il agit comme son secrétaire privé non officiel, lui apportant soutien et conseils tout au long des 21 années de leur union. En 1857, Victoria lui confère officiellement le titre de Prince Consort. Il a eu le droit d'être consulté, le droit d'encourager et le droit d'avertir. Ensemble, ils incarnent un modèle de famille royale dévouée au service de la nation.
Entre 1840 et 1857, le couple royal a neuf enfants : Victoria, Albert (futur Édouard VII), Alice, Alfred, Helena, Louise, Arthur, Léopold et Béatrice. La reine est loin d’avoir été aussi proche de ses Premiers ministres qu’elle l’a été de lord Melbourne. Si elle n’apprécie guère Lord Palmerston, elle s’est très bien entendue avec Benjamin Disraeli et, dans une moindre mesure, avec William Ewart Gladstone.
Le 14 décembre 1861, le prince Albert décède de la fièvre typhoïde au château de Windsor, à l’âge de 42 ans, plongeant Victoria dans une profonde affliction. Jusqu’à ses derniers jours, la reine apparaîtra toujours habillée en noir. Au-delà de l’amour qui les unissait, le titre de prince consort qu’elle avait créé témoignait de l’aide et des conseils qu’Albert lui apportait au quotidien dans l’exercice de ses responsabilités. Après sa mort, Victoria préfère se tenir éloignée de la vie publique. Elle trouve alors un certain réconfort dans la compagnie d’un de ses domestiques, John Brown. Son attitude est sévèrement critiquée par l’opinion publique qui se moque de la "veuve Windsor" et de "Mme Brown". L’image de la royauté en souffre, ce qui incite Victoria à sortir de sa retraite.
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Le règne de Victoria est marqué par la puissance de l'Empire britannique et des bouleversements sociaux et économiques. Surnommée la "grand-mère de l'Europe" en raison des alliances matrimoniales de ses enfants, elle laisse son nom à une époque réputée pour ses mœurs austères.
La Branche Belge de Saxe-Cobourg-Gotha
La dynastie de Saxe-Cobourg-Gotha a également régné sur la Belgique. Léopold Ier, oncle d'Albert, devient le premier roi des Belges en 1831. Ses descendants ont continué à régner sur le pays, jouant un rôle important dans son histoire.
Albert Ier
Albert Ier (1875-1934), roi des Belges pendant la Première Guerre mondiale, est un autre membre notable de la famille. En 1914, Albert Ier rejette l'ultimatum lancé par l'empereur Guillaume II pour obtenir le libre passage de ses troupes sur le sol belge. Calme, modeste, presque effacé, le roi Albert va alors révéler son énergie en exigeant d'assumer personnellement sa prérogative constitutionnelle de commander l'armée.
Il est admirablement soutenu par son épouse, la reine Elisabeth (1876-1965). Bavaroise de naissance (née Von Wittelsbach) et nièce de l'impératrice d'Autriche Elisabeth, épouse de l'empereur François-Joseph, elle se dévoue auprès des blessés, des réfugiés, fondant un hôpital à La Panne où elle sert comme infirmière. En septembre 1918, Albert Ier participe activement à l'offensive décisive déclenchée par Foch pour la conquête de la crête des Flandres (29 septembre) et la bataille de Torhout-Tielt (14 - 18 octobre) qui aboutit à la reconquête de Bruges.
Albert II
Albert II, né en 1934, est roi des Belges de 1993 à 2013. Fils du roi Léopold III et de la reine Astrid, Albert II est d’abord prince de Liège, avant de devenir roi des Belges en 1993 à la suite de la mort de son frère aîné Baudouin. Il le restera jusqu’à son abdication en juillet 2013, après 20 ans de règne. Son fils aîné Philippe, duc de Brabant, lui succède alors. Il épouse Paola Ruffo di Calabria à Bruxelles en 1959. Albert et Paola ont trois enfants : le roi Philippe, la princesse Astrid et le prince Laurent.
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Albert et Paola ont du mal à dissimuler leur mésentente, même si la naissance de trois enfants - Philippe, Astrid et Laurent - ne tarde pas à assurer la continuité dynastique. C’est à cette époque que le prince noue une longue relation avec Sybille de Selys Longchamps, la mère de Delphine Boël… Cependant, le temps fera son oeuvre. En 1979, à la faveur d’un bal de l’Académie militaire où étudie leur fils aîné Philippe, ils finiront par se réconcilier.
Très pragmatique, Albert s’est toujours intéressé aux questions économiques, en particulier aux exportations. Sa formation de marin l’a incité à étudier plus particulièrement le rôle des ports et de la flotte marchande. Il a beaucoup voyagé. En tant que président d’honneur de l’Office belge du commerce extérieur, il conduira plus de cent missions à l’étranger. Entre autres activités, le prince de Liège est aussi président de la Croix-Rouge de Belgique, de la Caisse générale d’épargne et de retraite…
Son destin bascule le 3 juillet 1993. Une crise cardiaque terrasse son frère le roi Baudouin durant ses vacances en Espagne. La Belgique est sous le choc, la famille royale aussi. Albert qui n’avait sans doute jamais imaginé être roi, se sacrifie afin que son fils puisse poursuivre son éducation. Une surprise, car le pays pensait qu'il renoncerait à ses droits dynastiques en faveur du prince Philippe. Le 9 août 1993, deux jours après les funérailles de son frère, il prête serment. Son émotion est telle qu’il tremble. Personne n’imagine alors qu’il sera un souverain exemplaire dont le règne de vingt ans, restera comme l’un des plus efficaces de la dynastie.
Contrairement à son frère aîné, qui s’était mis en vacances du trône durant 24 heures, afin de ne pas ratifier la loi permettant l’avortement, il ne fera jamais intervenir ouvertement ses croyances, pourtant très profondes, dans l’exercice de sa vie de chef d’État. Mieux, alors que Baudouin avait été le roi du renouveau dans une période d’euphorie économique, Albert sera le roi de toutes les crises. Et il en triomphera. C’est lui qui, durant plus de 500 jours, lors de la crise gouvernementale que connaît la Belgique en 2010-2011, incarne la continuité à la tête de l’État
Le 3 juillet 2013, devant la nation entière, le roi parle. Son allocution est diffusée sur toutes les chaînes et radios nationales à 18h. La voix est grave, le geste mesuré, solennel. "C’est avec émotion que je m’adresse à chacune et chacun d’entre vous aujourd’hui. Je suis entré dans ma quatre-vingtième année, un âge encore jamais atteint par mes prédécesseurs dans l’exercice de leurs fonctions. Je constate que mon âge et ma santé ne me permettent plus d’exercer ma fonction comme je le voudrais. Ce serait manquer à mes devoirs et à ma conception de la fonction royale que de vouloir me maintenir en exercice à tout prix, sans être en mesure d’assumer pleinement mon rôle. C’est une question élémentaire de respect envers les institutions et envers vous, chers concitoyens. Après vingt ans de règne, j’estime donc que le moment est venu de passer le flambeau à la génération suivante. Je constate que le prince Philippe est bien préparé pour me succéder. Il jouit avec la princesse Mathilde de toute ma confiance." Le mot est lâché, le roi abdique, et c’est historique. Pour la première fois en Belgique, un monarque quitte le pouvoir de son propre gré.
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Le 21 juillet 2013 au matin, le jour de la fête nationale dans la salle du trône du Palais royal, le souverain signe son acte d’abdication sous le regard du Premier ministre Elio Di Rupo, du ministre de la Justice, Madame Annemie Turtelboom et du prince Philippe. Ce souverain modeste qui semblait parfois un peu effacé a réussi souvent à faire preuve de coeur et d’une vraie proximité avec ses compatriotes. Cette capacité à établir un rapport simple avec les autres est, sans doute, l’héritage le plus marquant qu’il avait reçu de sa mère, la bien-aimée reine Astrid.
Le roi Albert et la reine Paola de Belgique ne boudent pas leur plaisir depuis l'abdication du souverain belge en faveur de son fils. C'est manifestement sans état d'âme que le couple a recouvré sa liberté, après quelque vingt ans de règne, évitant le plus possible d'interférer dans celui de Philippe et Mathilde. Jamais peut-être Albert et Paola, dont la vie conjugale a jadis connu des tempêtes, n'ont semblé aussi proches, grands-parents aimants et retraités heureux, même si l'un et l'autre maintiennent de discrètes activités, loin des médias.
Alors qu’en 2016, les Belges semblaient regretter le manque d’activités officielles du roi Albert et de la reine Paola via un sondage réalisé par Ipsos, l'agenda privé d'Albert et Paola se remplit aujourd'hui au gré de leurs envies : se promener sans pression horaire, s'autoriser des visites touristiques et des étapes gourmandes. Cette volonté d’une existence "normale" renforce leur lien de proximité avec la population belge, qui sourit en les observant sans même oser les déranger.
Delphine Boël, Princesse de Belgique
La vie d'Albert II a également été marquée par des affaires personnelles. Sa liaison avec la baronne Sybille de Selys Longchamps a conduit à la naissance de Delphine Boël, reconnue plus tard comme princesse de Belgique.
Le 1er octobre, la cour d’appel de Bruxelles a décidé de fermer le chapitre judiciaire qui opposaient, depuis deux décennies, l’ancien monarque avec sa fille adultérine, Delphine Boël. Artiste reconnue, à 52 ans, elle commence désormais avec ses enfants, Joséphine et Oscar, une nouvelle vie de princesse royale de Belgique. Un verdict qui était attendu depuis qu’en janvier dernier, des tests ADN avaient confirmé qu’elle était bien l’enfant issu d’une liaison entre Albert II, alors prince héritier, et la baronne Sybille de Selys Longchamps. « Delphine de Saxe Cobourg a pris connaissance de l’arrêt rendu par la cour d’appel de Bruxelles qui lui donne pleinement satisfaction. Ses autres demandes visant à ce qu’elle soit traitée sur le même pied que ses frères et sa sœur ont également été satisfaites. Elle se réjouit de cette décision de justice qui met fin à une longue procédure particulièrement douloureuse pour elle et sa famille. Une victoire judiciaire ne remplacera jamais l’amour d’un père mais offre un sentiment de justice, renforcé encore par le fait que nombre d’enfants qui ont traversé les mêmes épreuves pourront y trouver la force de les affronter » a immédiatement annoncé Maître Marc Uyttendaele, un des avocats de la nouvelle princesse royale.
Delphine Boël est désormais une Saxe-Cobourg-Gotha et se verra attribuer ainsi que ses enfants les prédicats « d’Altesse royales » mais reste inéligible à la succession au trône. En effet la constitution précise bien que seuls « les enfants légitimes du souverain et de descendance directe comme naturelle « peuvent prétendant au trône de Belgique. « Dans la mesure où il n’y a pas eu de mariage qui a été validé et contresigné par un gouvernement qui permettrait d'avoir une activité publique et une dotation; et de compléter les devoirs de représentation du Roi en bénéficiant aussi d'une dotation à cette fin. On peut comparer sa situation aux princesses Esmeralda ou Marie-Christine qui sont les enfants du second mariage du Roi Léopold III durant la guerre avec la princesse Liliane. Les princesses ou le prince Alexandre même n'intervenaient pas non plus dans l'ordre de succession. Les conséquences sont d'abord des conséquences humaines. Elle est reconnue officiellement comme la fille du Roi Albert II » a expliqué d’ailleurs à RTL, Vincent Dujardin, professeur d'histoire contemporaine à l'Université Catholique de Louvain.
« Comme pour toutes les familles, le droit s'applique. Toutefois, il demeure encore des questions sans réponses concernant la véritable place de Delphine Boël au sein de la maison royale de Belgique. Il est peu probable que le roi Philippe lui octroie une liste civile encore moins lui confie des engagements officiels. Cependant, elle aurait tous les droits de pouvoir s’installer à la tribune officielle lors des festivités liées à la fête d’indépendance et de réclamer une protection policière. « (…) Un cadeau empoisonné qui limiterait la liberté d’expression si cher à l’artiste qu'est Delphine de Saxe-Cobourg-Gotha » fait remarquer, avec une certaine ironie le magazine Point de vue, et que confirmait le quatrième enfant du roi Albert II lors d’un récent entretien. « Ma vulnérabilité est exposée sur la place publique depuis des années. Cette exhibition de ma vie privée pouvait être embarrassante, surtout lorsqu'elle était interprétée par ceux qui ne me connaissaient pas » déclarait encore en août dernier Delphine Boël.
Au sein de la famille royale, elle est désormais un membre à part entière. Delphine de Saxe-Cobourg est autorisée à assister aux événements officiels. En privé, elle est aussi la bienvenue dans cette "nouvelle" famille. Anniversaires ou barbecues, elle reçoit son propre carton d'invitation. L'occasion de s'y rendre avec son conjoint et ses deux enfants, qui apprennent doucement à connaître chaque membre de la famille, du plus jeune au plus âgé. Le premier a avoir pris contact avec Delphine est le roi de Belgique, Philippe. Mais seulement après le procès, le roi des belges ne souhaitant pas interférer avec la justice en tant que chef d'Etat. Puis une autre invitation, émanant cette fois du château du Belvédère est arrivée, de la part d'Albert et Paola. "Delphine et Albert sont toujours à la recherche d'un bon moyen de mieux se connaître. Ce n'est pas si évident. Mais Delphine dit reconnaître Albert en elle : ils ont le même humour, le même rire, la même gestuelle. Et elle est heureuse que ses enfants connaissent leur grand-père," souligne le journaliste. Sans surprise, la relation entre Delphine et Paola est compliquée."
Il n'est pas surprenant que Paola évite Delphine lors des fêtes. Elle la tolère, mais elle ne s'assiéra pas à côté d'elle à table, ne bavardera même pas avec elle. Ce n'est bien sûr pas facile pour Paola. En février 2023, la nouvelle princesse assiste à la messe annuelle organisée à la mémoire des membres de la famille royale belge décédés. Pour la première fois, l'ancienne fille illégitime du roi et ce dernier partagent un moment de complicité tactile. Et pour cause, Delphine de Saxe-Cobourg avait posé une main affectueuse sur l'épaule de son père, pendant que celui-ci souriait chaleureusement. D’après notre confrère belge, spécialiste de la royauté, les deux protagonistes se seraient même échangé un baiser. Il convient de noter que la nouvelle princesse de Belgique n'exerce aucune activité officielle au nom de la famille royale. Pas de page, ni biographie sur le site officiel de la monarchie, pas d'agenda partagé non plus. Côté finances, Delphine de Saxe-Cobourg ne perçoit aucune dotation, contrairement à Philippe, Astrid et Laurent. Elle est contrainte de gagner son propre argent, et le fait notamment grâce à son art. "Elle n'a jamais poursuivi Albert pour l'argent, pas même pour réclamer sa part d'héritage. Si elle l'a fait pour l'argent, elle a pris une décision imprudente en mettant Jacques Boël de côté comme père (légal). La fortune de ce dernier - il est aujourd'hui décédé - était dix fois supérieure à celle d'Albert" précise le correspondant royal. Entourée de son conjoint et de ses enfants, Joséphine, qui étudie dans une université aux Pays-Bas et Oscar, dans une école bruxelloise, Delphine continue de créer, sans relâche. Elle a baptisé sa dernière exposition Love Imperfections. "Les choses que l’on vit, il faut qu’elles sortent. Parfois on ne peut pas toujours en parler, parfois on ne sait pas vraiment ce que l’on veut dire, mais si cela peut être fait par le dessin, par l’écriture, par la danse, par le chant.
Mariages et Descendants
La famille de Saxe-Cobourg-Gotha a été impliquée dans de nombreux mariages importants avec d'autres familles royales européennes. Ces alliances ont contribué à renforcer les liens entre les nations et à façonner l'histoire du continent.
Quelques exemples de mariages notables incluent :
- Ernest III de Saxe-Cobourg-Saalfeld épouse Louise de Saxe-Gotha-Altenbourg.
- Édouard-Auguste de Kent épouse Marie-Louise-Victoria de Saxe-Cobourg-Saalfeld.
- Albert de Saxe-Cobourg-Gotha épouse Victoria de Grande-Bretagne.
- Frédéric-Charles de Prusse épouse Marie-Anne d'Anhalt-Dessau.
- Frédéric III de Prusse épouse Victoria du Royaume-Uni, fille d'Albert de Saxe-Cobourg-Gotha et de Victoria de Grande-Bretagne.
- Louis IV de Hesse-Darmstadt épouse Alice de Saxe-Cobourg-Gotha, fille d'Albert de Saxe-Cobourg-Gotha et de Victoria de Grande-Bretagne.
- Leopold Georges Duncan Albert de Saxe-Cobourg-Gotha épouse Hélène de Waldeck-Pyrmont.
- Jean de Saxe-Cobourg-Gotha épouse Mathilde de Saxe.
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