Aïssatou Mbodj, plus connue sous le nom d'Aïda Mbodji et surnommée la « Lionne du Baol », est une figure marquante de la scène politique sénégalaise. Son parcours est jalonné de premières, de combats pour la cause féminine et d'un engagement constant pour le développement de sa communauté.
Une pionnière de la politique locale
Aïssatou Mbodj a marqué l'histoire en devenant la première femme maire de Bambey en 2009. Cette élection fait suite à un engagement politique de longue date, ayant été adjointe au maire et secrétaire élue au bureau du conseil régional dès 1996. Son ascension ne s'arrête pas là, puisqu'elle devient également la première femme Présidente de groupe parlementaire, témoignant de sa capacité à rassembler et à mener des actions politiques d'envergure. Elle a également occupé le poste de présidente du Conseil départemental de Bambey à partir de 2014.
Un engagement national diversifié
Son influence s'étend au-delà de la sphère locale. Aïssatou Mbodj a été députée, ministre, puis ministre d'État, démontrant sa capacité à évoluer dans les hautes sphères du pouvoir. Elle est la Présidente du parti politique Alliance Nationale pour la Démocratie AND/Saxal Liguey et a été réélue députée de ce même parti aux législatives de 2017, pour sa troisième législature. Son parcours illustre un engagement politique constant et une volonté de servir son pays à différents niveaux.
Défenseure de la cause féminine et experte en décentralisation
Aïda Mbodji est une ardente défenseure de la cause de la femme. Son engagement se traduit par des actions concrètes et une volonté de promouvoir l'autonomisation des femmes sénégalaises. Elle est également reconnue comme une experte en décentralisation, un domaine crucial pour le développement local et la gouvernance territoriale. Son expertise contribue à renforcer les capacités des collectivités locales et à promouvoir une gestion plus efficace des ressources.
Parcours politique : du PS au PDS, puis à la tête de son propre parti
Aïssatou Mbodj a connu un parcours politique riche et parfois tumultueux. Elle a d'abord été membre du Parti socialiste du Sénégal (PS), avant de rejoindre le Parti démocratique sénégalais (PDS). Elle a été maire de sa ville natale de Bambey, jusqu’à ce qu’elle soit remplacée par Pape Diouf en 2000.
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Dans le premier gouvernement de Macky Sall (du 21 avril 2004 au 23 novembre 2006), elle est ministre de la Femme, de la Famille et du Développement social. Elle est toujours en poste après le remaniement à l’origine du second gouvernement de Macky Sall (du 23 novembre 2006 au 19 juin 2007), cette fois avec des fonctions élargies et le titre de ministre de la Femme, de la Famille, du Développement social et de l’Entreprenariat féminin.
Contre toute attente, elle ne figure plus dans le nouveau gouvernement formé par Cheikh Hadjibou Soumaré, qui nomme Awa Ndiaye à ce poste en juin 2007.
Aux élections législatives de juillet 2007, Aïssatou Mbodj est élue pour la première fois sur la liste nationale de la coalition SOPI en tant que membre de l’Assemblée nationale du Sénégal. Elle prend alors les fonctions de quatrième vice-présidente de l’Assemblée. Aux élections locales de 2009, elle se présente à nouveau au poste de maire de Bambey mais n’est pas été en mesure de l’emporter contre le titulaire Pape Diouf, affilié au parti Rewmi d’Idrissa Seck.
En 2009, elle est nommée ministre de la Transformation alimentaire des Produits agricoles. Elle démissionne dix jours plus tard, après avoir jugé que ce ministère était une coquille vide.
Aux élections législatives sénégalaises de 2012, Aïssatou Mbodj est réélue membre de l’Assemblée nationale sur la liste nationale du PDS. En 2014, elle devient présidente du département de Bambey et occupe ce poste jusqu’en avril 2016. Le 14 octobre 2016, elle reprend le poste de présidente du groupe parlementaire libéral et démocrate. Aux élections législatives sénégalaises de 2017, elle est réélue membre de l’Assemblée nationale, où elle représente les intérêts de Bambey.
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Finalement, elle crée son propre parti, l'Alliance Nationale pour la Démocratie AND/Saxal Liguey, dont elle est la présidente. Ce choix témoigne de sa volonté d'incarner ses propres convictions et de proposer une alternative politique nouvelle.
Déléguée générale à l’Entreprenariat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ)
En mai 2024, le nouveau Chef de l’État, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, nomme Aïda Mbodj comme Déléguée générale à l’Entreprenariat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ). Cette nomination témoigne de la reconnaissance de son expertise et de son engagement en faveur de l'autonomisation économique des femmes et des jeunes. Elle remplace Mame Aby Sèye à ce poste.
Personnalité et influence
Aïda Mbodj est une figure emblématique de la politique sénégalaise. Son surnom de « Lionne du Baol » témoigne de sa combativité et de son influence. Elle est reconnue pour son talent de mobilisatrice et son réseau étendu. En tant que Ndjiitou Mbotaay, elle a su utiliser ses réseaux féminins pour influencer et mobiliser de grandes foules.
Son engagement politique est également marqué par ses prises de position claires et déterminées. Elle a dénoncé publiquement le fonctionnement interne de son parti et s’est exprimée sur des sujets sensibles, comme la candidature de Karim Wade, qu’elle a qualifiée d’invention de certains responsables du PDS.
Engagements et controverses
Aïda Mbodj est connue pour son franc-parler et son engagement sans faille. Elle a souvent été au cœur des débats politiques, n’hésitant pas à critiquer et à prendre des positions fortes.
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Aïssatou Mbodj-Pouye : Une chercheuse engagée dans l'étude de la culture écrite en Afrique de l'Ouest
Au-delà de la sphère politique, il est important de distinguer Aïssatou Mbodj d'Aïssatou Mbodj-Pouye, une chercheuse dont les travaux portent sur la culture écrite en Afrique de l'Ouest.
Le principal domaine de recherche exploré par Aïssatou Mbodj-Pouye est celui de la culture écrite en Afrique de l’Ouest ; elle s’intéresse aux conséquences des processus d’alphabétisation sur l’organisation sociale, les savoirs et les subjectivités. Titulaire, en 2007, d’un doctorat de sociologie et d’anthropologie de l’université́ Lumière Lyon 2, Aïssatou Mbodj-Pouye est également agrégée de philosophie. Après un post-doctorat d’un an au Zentrum Moderner Orient de Berlin, elle est recrutée en 2011 comme chargée de recherche à l’Institut des mondes africains (Imaf). Depuis son arrivé à l’Imaf, l’anthropologue a poursuivi ses travaux sur les usages de l’écrit et les archives personnelles, thématiques peu étudiées jusqu’ici dans les études africaines. Compte tenu de l’instabilité politique récente au Mali, qui constitue son terrain d’investigation privilégié, Aïssatou Mbodj-Pouye a initié une nouvelle enquête en région parisienne sur la manière dont la fin des foyers de travailleurs migrants est vécue par les résidents ouest-africains. Ce projet lui permet d’approfondir ses questionnements antérieurs sur l’articulation entre le privé et le public, et sur la jonction entre le matériel et le subjectif. Elle est en outre engagée dans diverses activités collectives, notamment en tant que membre, depuis 2013, du comité de rédaction de la revue Genèses.
Migration et récits de vie : le cas d'Ibrahim Kanouté
Le texte fourni fait également référence à la migration et aux récits de vie, notamment à travers l'exemple d'Ibrahim Kanouté, un Malien dont le parcours migratoire est étroitement lié à l'histoire collective des Soninkés.
L’histoire d’Ibrahim Kanouté illustre la complexité des parcours migratoires et la manière dont les expériences individuelles s’inscrivent dans des contextes sociaux et historiques plus larges. Son récit met en lumière les motivations, les défis et les aspirations des migrants, ainsi que les liens qui les unissent à leurs communautés d’origine.
Écrire en situation de migration
L'acte d'écrire en situation de migration est un thème important qui ressort également du texte. Il souligne comment la migration peut transformer la personne et son rapport à l'écriture.
Dans un contexte mondial de plus en plus gouverné par l’idée de la mobilité des savoirs, des techniques, des flux financiers, des marchandises, et des personnes, la migration est un terme qui s’est constitué au XIXe siècle, époque de la révolution industrielle, à partir du verbe migrer, lequel pouvait désigner auparavant tout déplacement d’êtres vivants. De nos jours, dans les pays d’accueil réels ou potentiels, la migration apparaît paradoxalement comme une menace à l'ordre établi. En effet, la migration est souvent conséquence de guerres, génocides, catastrophes naturelles, politiques ou économiques qui conduisent au déplacement massif de populations voulant échapper à la mort, ou, par-delà l’urgence et la précarité, tenter de se construire une vie meilleure. L’expatriation est également facteur d'ébranlement de la personne, de ce fait, elle suscite très souvent de l’écrit (cf. le nombre de blogs d'expatriés), apparaît médiatiquement comme plus valorisante et valorisée par la société de résidence, avec des différences selon le pays d’expatriation. En revanche, un migrant a rarement pour premier souci d’écrire son vécu, du moins tant qu’il n’est pas parvenu à une forme de stabilité et d’équilibre, et encore.
Écrire en migration est le fait d'enfants, d'adolescents ou d'adultes dont les niveaux de choix ou de contraintes sont variés. Dans tous les cas, migrer et devoir / pouvoir expérimenter d’autres formes et usages des écritures pose d’emblée la question de la transformation de la personne et de ses apprentissages (scolaires ou non). Ces derniers s’entrelacent aux cultures de la personne - préexistantes à l’état de migration - et ce quelle que soit la singularité du rapport à l’écrit développé dans ces situations initiales.
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