La mammite, une inflammation de la mamelle, est une affection qui peut survenir chez les chiennes, en particulier pendant la période de lactation. Il est important de comprendre les causes, les symptômes et les traitements de cette condition pour assurer la santé de la mère et de ses chiots.

Comprendre la Mammite Canine

La mammite chez la chienne est une inflammation des glandes mammaires, pouvant affecter une ou plusieurs mamelles. Elle se manifeste principalement chez les chiennes ayant récemment mis bas ou en période de lactation, bien qu’elle puisse également apparaître chez des chiennes non gestantes, surtout en cas de grossesse nerveuse. Sur le plan biologique, la mammite est une réponse inflammatoire du tissu mammaire à une agression, généralement infectieuse. Elle peut être aiguë ou chronique, localisée ou généralisée. L’inflammation perturbe le fonctionnement normal de la glande mammaire, affectant la production et la qualité du lait. Bien que la mammite ne soit pas une maladie fréquente chez le chien, elle peut être grave si elle n’est pas prise en charge rapidement, causant une souffrance importante et compromettant l’allaitement des chiots, avec des répercussions sur leur santé.

D’un point de vue anatomique, le chien possède généralement cinq paires de glandes mammaires (soit dix mamelles), réparties entre la région thoracique, abdominale et inguinale. La mammite représente environ 1 % de l'ensemble des maladies rapportées chez le chien et environ 5,3 % des pathologies reproductives.

Causes de la Mammite chez la Chienne

La mammite peut être causée par plusieurs facteurs, notamment :

Infections Bactériennes

La plus fréquente est l’infection bactérienne, qui s’installe lorsque des micro-organismes, en particulier des bactéries opportunistes (comme Staphylococcus aureus ou Escherichia coli), pénètrent dans les canaux galactophores par le trayon.

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Stagnation du Lait

La stagnation du lait constitue également un facteur de risque majeur. Lorsque le lait s’accumule dans la glande mammaire sans être correctement évacué (par exemple en cas de sevrage brutal ou de mort des chiots), il crée un milieu propice à la prolifération bactérienne.

Déséquilibres Hormonaux

Les déséquilibres hormonaux jouent un rôle non négligeable dans l’apparition des mammites, notamment dans les cas de lactation inappropriée ou prolongée. Une mammite peut survenir pendant une grossesse nerveuse (pseudogestation) chez la chienne. Ces hormones induisent une montée de lait et une activité mammaire. Si la chienne lèche fréquemment ses mamelles, les manipule avec ses pattes ou produit du lait stagnant, cela peut favoriser l’irritation ou l’infection du tissu mammaire, menant à une mammite. Bien que ce type de mammite soit souvent moins sévère qu’une mammite infectieuse post-partum, il peut tout de même engendrer une inflammation douloureuse nécessitant une prise en charge.

Autres Causes

Bien que plus rares, certaines causes non infectieuses comme les tumeurs mammaires, les kystes ou des corps étrangers peuvent aussi entraîner une inflammation des mamelles. En dehors des pseudogestations, certaines chiennes peuvent avoir une activité mammaire résiduelle due à un déséquilibre hormonal ou à une stimulation exogène (par exemple, certains traitements hormonaux). Il existe également des cas de mammite d’origine non hormonale, causée par un traumatisme, une tumeur mammaire ou une infection locale indépendante de la lactation.

Symptômes de la Mammite Canine

Les symptômes de la mammite peuvent varier en fonction de la gravité de l'inflammation. Les signes courants incluent :

  • Gonflement et rougeur d'une ou plusieurs mamelles
  • Douleur au toucher
  • Chaleur locale
  • Présence de pus ou de sang dans le lait
  • Fièvre
  • Léthargie
  • Perte d'appétit
  • Déshydratation
  • Comportement anormal de la chienne (refus de laisser les chiots téter)
  • Chiots qui pleurent plus que d'habitude (en raison de la mauvaise qualité du lait)

Diagnostic de la Mammite

Le diagnostic de la mammite repose généralement sur un examen clinique réalisé par un vétérinaire. Ce dernier évaluera les symptômes, palpera les mamelles et pourra prélever un échantillon de lait pour analyse. L'analyse du lait permet d'identifier la présence de bactéries et de déterminer le type d'infection. Dans certains cas, des examens complémentaires (échographie, biopsie) peuvent être nécessaires pour exclure d'autres causes possibles (tumeurs, kystes). Il est important de consulter rapidement un vétérinaire dès l'apparition des premiers symptômes, car une prise en charge précoce améliore considérablement les chances de guérison. Même avec ces critères, il n'est pas toujours simple de faire la différence entre tumeur mammaire et mammite. En cas de doute, seul un vétérinaire peut confirmer un diagnostic. Ne tardez pas à consulter, une prise en charge précoce est essentielle !

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Traitement de la Mammite Canine

Le traitement d’une mammite chez la chienne repose sur trois approches : contrôler l’infection, soulager la douleur et restaurer le fonctionnement mammaire.

Antibiothérapie

Après examen et prélèvement de lait, le vétérinaire prescrit d’abord une antibiothérapie, la durée classique est de 10 à 14 jours, prolongée si l’inflammation est sévère. L'antibiothérapie est essentielle pour éliminer l'infection bactérienne. Il est important de suivre scrupuleusement les recommandations du vétérinaire et d'administrer le traitement pendant toute la durée prescrite, même si les symptômes s'améliorent rapidement.

Anti-inflammatoires

Un anti-inflammatoire atténue la douleur et l’œdème. Des anti-inflammatoires peuvent être prescrits pour réduire la douleur et l'inflammation. Il est crucial de respecter la posologie indiquée par le vétérinaire et de surveiller attentivement l'animal pour détecter d'éventuels effets secondaires.

Concernant les anti-inflammatoires, il est important de noter certaines précautions et effets indésirables potentiels. Par exemple, l'utilisation de prednisolone, un glucocorticoïde, vise à améliorer les signes cliniques mais ne guérit pas l'infection. Si une infection bactérienne est présente, elle doit être utilisée en association avec un traitement antibactérien adapté. Aux doses pharmacologiquement actives, la prednisolone peut entraîner une insuffisance surrénale, surtout après l’arrêt du traitement. Pour minimiser cet effet, un traitement un jour sur deux peut être envisagé, et la réduction de la posologie doit être progressive. La prednisolone doit être administrée avec précaution chez les animaux âgés ou dénutris, ainsi que chez ceux souffrant d'hypertension, d'épilepsie, de brûlures, de myopathie stéroïdienne, ou chez les jeunes animaux, car elle peut induire un retard de croissance.

Les effets indésirables de la prednisolone peuvent inclure des triglycérides élevés, une hypocortisolémie, un hyperadrénocorticisme iatrogène (maladie de Cushing), un diabète sucré, un faible taux de thyroxine, des enzymes hépatiques élevées, une phosphatase alcaline sérique élevée, une éosinopénie, une lymphopénie, une neutrophilie, une atrophie musculaire, une polyurie, une polydipsie, une polyphagie, un amincissement de la peau, une ulcération gastro-intestinale, une pancréatite, des troubles du comportement (excitation, dépression), une concentration élevée de parathyroïde, une diminution de la lactate déshydrogénase et de l'aspartate aminotransférase, une hyperalbuminémie, une hypernatrémie, une hypokaliémie, une faiblesse musculaire, une ostéoporose, une inhibition de la croissance longitudinale des os, une prise de poids, un retard de cicatrisation, une rétention d'eau, une redistribution de la graisse corporelle, une infection opportuniste et une calcinose cutanée.

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Il est également crucial de noter que la prednisolone n’est pas recommandée chez les animaux gestants, car elle peut provoquer des anomalies fœtales ou une mise-bas prématurée. Les corticostéroïdes sont excrétés dans le lait et peuvent entraîner des troubles de la croissance chez les jeunes animaux allaitants.

Soins de Soutien

  • Drainage du lait: Si la chienne tolère, il est conseillé de continuer à faire téter les chiots sur les mamelles non affectées pour stimuler la production de lait. Si la douleur est trop intense, le vétérinaire peut recommander de drainer manuellement les mamelles affectées.

  • Compresses chaudes: L'application de compresses chaudes sur les mamelles peut aider à soulager la douleur et à favoriser le drainage.

  • Hydratation et nutrition: Il est important de s'assurer que la chienne est bien hydratée et qu'elle reçoit une alimentation de qualité pour soutenir son système immunitaire et favoriser la guérison.

Sevrage des Chiots

Dans certains cas, si la mammite est sévère ou si la chienne ne tolère plus l'allaitement, le vétérinaire peut recommander de sevrer les chiots et de les nourrir avec du lait maternisé.

Prévention de la Mammite Canine

Bien qu'il ne soit pas toujours possible de prévenir la mammite, certaines mesures peuvent réduire le risque de son apparition :

  • Hygiène: Maintenir une bonne hygiène de l'environnement de la chienne et des chiots.

  • Surveillance: Surveiller régulièrement les mamelles de la chienne pendant la lactation et consulter un vétérinaire dès l'apparition de signes anormaux.

  • Gestion de la lactation: Éviter les sevrages brusques et s'assurer que les chiots tètent régulièrement pour éviter la stagnation du lait.

  • Alimentation équilibrée: Fournir une alimentation équilibrée pour soutenir le système immunitaire de la chienne.

Autres Médicaments et Précautions

Il est important de noter que l'utilisation concomitante de prednisolone et d'anti-inflammatoires non stéroïdiens peut exacerber les ulcères gastro-duodénaux. L’administration de prednisolone peut induire une hypokaliémie et donc augmenter le risque de toxicité des glucosides cardiotoniques. Le risque d’hypokaliémie peut être majoré si la prednisolone est administrée en association avec des diurétiques hypokaliémiants.

Rimadyl F 100 mg Comprimés pour Chiens

Ce médicament contient du carprofène et est utilisé pour diminuer l'inflammation et la douleur dans les affections ostéo-articulaires et musculo-squelettiques, aiguës ou chroniques, chez les chiens. Il peut également être utilisé en relais avec une spécialité injectable à base de carprofène en périopératoire pour réduire la douleur et l'inflammation post-chirurgicales.

Il est contre-indiqué chez les femelles en gestation, les chiots de moins de 4 mois, et en cas d'affections hépatiques ou rénales sévères, d'ulcération ou saignement gastro-intestinal, de syndrome hémorragique et d'hypersensibilité aux AINS. Les AINS peuvent inhiber la phagocytose, donc en cas d’affection inflammatoire dans un contexte infectieux, une thérapeutique antimicrobienne adaptée doit être instaurée. Un suivi des fonctions hépatiques et rénales doit être réalisé périodiquement. L'innocuité de la spécialité chez la chienne pendant la gestation et l'allaitement n'a pas été montrée, et son utilisation est déconseillée pendant l'allaitement. Le carprofène étant fortement lié aux protéines plasmatiques, il faut en tenir compte lors de l'association à d'autres molécules présentant les mêmes caractéristiques. Il ne doit pas être administré en même temps ou pendant la durée d'action d'un autre AINS, ce qui pourrait accroître leur éventuel effet toxique respectif.

Les effets indésirables rares incluent des selles molles, des vomissements, un larmoiement et une éruption cutanée. Les effets indésirables très rares incluent du sang dans les fèces, une diarrhée, une baisse de l'appétit, une léthargie, un désordre hépatique et un désordre rénal.

La posologie est de 4 mg de carprofène par kg et par jour, en une seule prise journalière, par voie orale. La durée de traitement dépendra de la réponse observée.

Cimalgex

Le cimicoxib est un anti-inflammatoire non stéroïdien du groupe des coxibs, agissant par inhibition sélective de l’enzyme cyclo-oxygénase 2 (COX-2). Il est utilisé pour soulager la douleur et l’inflammation associées à l’arthrose. Il ne doit pas être administré en association avec des corticostéroïdes ou d’autres AINS. Un traitement préalable avec d’autres anti-inflammatoires peut entraîner l’apparition ou l’aggravation d’effets indésirables. Il est donc recommandé d’observer une période sans traitement avec de telles substances avant de commencer le traitement avec CIMALGEX®.

Les comprimés de CIMALGEX® peuvent être administrés avec ou sans nourriture. Les comprimés sont aromatisés et les études (chez des chiens beagle en bonne santé) montrent que la plupart des chiens les prennent facilement de leur plein gré.

De légers troubles gastro-intestinaux passagers (vomissements et/ou diarrhée) sont généralement relevés. Dans de rares cas, des troubles gastro-intestinaux sérieux tels qu’hémorragie ou formation d’ulcères ont été notés. Dans de très rares cas, des augmentations des paramètres biochimiques de la fonction rénale ont été notées.

Carprofène Injectable

Le carprofène injectable est administré par voie intraveineuse ou sous-cutanée. La posologie est de 4 mg/kg (0,08 mL/kg) de poids corporel, à administrer de préférence avant l'intervention, au moment de la prémédication ou de l'induction de l'anesthésie. Pour prolonger la couverture analgésique et anti-inflammatoire après l'intervention, le traitement parentéral peut être suivi de l'administration de comprimés à base de carprofène à la dose de 4 mg/kg/jour pendant un maximum de 5 jours.

Il ne doit pas être administré en même temps ou moins de 24 heures après un autre AINS ni en association avec des glucocorticostéroïdes. Le carprofène se lie fortement aux protéines plasmatiques et peut entrer en compétition avec d'autres médicaments fortement liés, ce qui peut provoquer des effets toxiques.

Les effets indésirables peu fréquents incluent une réaction au site d’injection. Les effets indésirables rares incluent une insuffisance rénale et une insuffisance hépatique. Les effets indésirables de fréquence indéterminée incluent des vomissements, des selles molles, une diarrhée, du sang dans les selles, une perte d’appétit et une léthargie.

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