Durant les premières années de sa vie, un enfant est confronté à une multitude d'émotions qu'il ne comprend pas toujours et qu'il ne sait pas comment gérer. Comme les adultes, les enfants ressentent la joie, la peur, la colère et la tristesse. Ces émotions peuvent être de véritables tempêtes pour eux, car leur cerveau n'est pas encore capable de les traiter pleinement. Jusqu'à l'âge de 5 à 7 ans, le tout-petit est souvent dominé par son cerveau émotionnel. Il est souvent submergé par des émotions parfois contradictoires qu'il ne sait pas encore réguler. L'émotion ressentie provoque un mouvement interne qui l'agite et qui s'exprime par le corps. Un enfant qui a peur peut se figer, pleurer ou attaquer, tandis qu'un enfant surpris peut pousser un cri ou manifester des pleurs inconsolables. Les comportements de l'enfant face à ses émotions ne sont pas prémédités ou intellectualisés. C'est l'expression spontanée de ce qui se passe à l'intérieur de lui, de ce qu'il ressent. Cette tension soudaine peut parfois submerger votre enfant et l'effrayer. Il doit acquérir la capacité à identifier ce qu'il se passe en lui-même pour pouvoir ensuite apprendre progressivement à maîtriser l'expression de cette émotion.

Comprendre le développement émotionnel de l'enfant

Pour aider efficacement un enfant à gérer ses émotions, il est essentiel de comprendre comment son cerveau se développe et comment il perçoit le monde qui l'entoure.

Le cerveau émotionnel immature

Avant l'âge de 5 à 7 ans, le cerveau de l'enfant n'a pas encore la capacité de réguler pleinement ses émotions. En effet, l'aire de la cognition du cerveau doit être suffisamment mature pour prendre le pas sur l'aire des émotions. Ce n'est que vers 5 à 7 ans que le cerveau aura suffisamment maturé pour en être capable. C'est la bienveillance et l'empathie de l'entourage de l'enfant qui vont aider son cerveau à maturer. Plus vous accueillerez les émotions de votre enfant, que vous les accompagnerez avec empathie, chaleur et écoute, plus son cerveau va maturer.

L'enfant, une éponge émotionnelle

Les enfants sont souvent décrits comme des "éponges à émotions". Ils ressentent les émotions de leur entourage, en particulier celles de leurs parents, et ont du mal à faire la différence entre leurs propres ressentis et ceux des autres. Il est donc important, lorsque vous êtes dans un état émotionnel particulier, d'en parler à votre enfant avec des mots simples et adaptés à son âge.

L'importance du mimétisme

Votre enfant apprend également beaucoup par mimétisme. Il observe et reproduit ce que font ses parents, il prend exemple sur vos stratégies émotionnelles. Un adulte est une personne capable de vivre avec ses émotions et de les exprimer d'une manière "socialement acceptable", respectueuse de l'autre et non une personne sans émotion. En résumé, vous êtes un modèle pour votre enfant. Si vous criez pour vous faire entendre quand il est en colère, il risque de continuer à crier à son tour.

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Les étapes clés du développement émotionnel

Le développement émotionnel de l'enfant se fait progressivement, en plusieurs étapes :

  • Durant les premières années de sa vie : L’enfant se retrouve confronté à une palette d’émotions sans savoir à quoi elles correspondent, ni comment les apprivoiser.
  • Entre 6 et 10 ans : Ils commencent à se socialiser avec l’arrivée de l’école et les premières amitiés.
  • À partir de 10 ans : La pré-adolescence et l’adolescence sont des périodes très complexes et difficiles à gérer.

Conseils pratiques pour aider votre enfant

Face à l'expression des émotions de votre enfant, vous pouvez parfois vous sentir démunis. Voici quelques conseils pratiques pour vous aider :

1. Reconnaître et accepter les émotions

C’est le premier acte à poser face à l’expression des émotions de votre enfant. Reconnaître et accepter l’authenticité de cette émotion permet à l’enfant de prendre confiance en lui. Face à un enfant qui pleure après avoir seulement frôlé la table, il peut être tentant de minimiser. Pourtant, même s’il n’a pas eu très mal, il a pu avoir peur, ou peut-être est-il en colère car il n’a pu atteindre l’endroit où il voulait aller. L’idée qui dit que reconnaître une émotion puisse aggraver ce sentiment n’est pas fondée. L’enfant a besoin tout d’abord de vous sentir attentif à lui, de sentir que vous considérez cette émotion. L’expression d’une émotion libère la tension interne qui est apparue subitement. Cependant l’expression (les pleurs, les cris, l’agitation…) n’est pas l’émotion. Validez ses sentiments : "C'est normal d'être triste quand quelque chose ne se passe pas comme prévu."

2. Ne pas minimiser ou nier les émotions

Face à un enfant qui pleure après avoir seulement frôlé la table, il peut être tentant de minimiser. Pourtant, même s’il n’a pas eu très mal, il a pu avoir peur, ou peut-être est-il en colère car il n’a pu atteindre l’endroit où il voulait aller. L’idée qui dit que reconnaître une émotion puisse aggraver ce sentiment n’est pas fondée.

3. Accompagner l'expression émotionnelle

Les manifestations des émotions des enfants peuvent nous mettre en difficulté, en détresse, voire même en colère bien souvent quand nous sommes dépassés ou encore fatigués. Nous avons tendance à nous référer à nos compétences d’adulte et à attendre de l’enfant qu’il soit raisonnable comme nous. Mais avant 5-7ans, le cerveau de l’enfant n’en a pas encore la capacité. Vous pouvez bien sûr lui signifier que vous n’êtes pas d’accord avec la façon dont il les exprime (par exemple il vous tape, c’est interdit) mais que vous avez toute confiance en lui pour réussir à faire autrement. En tant qu’adulte, nous avons tendance à vouloir stopper l’expression émotionnelle d’un tout petit : faire cesser la colère, distraire l’enfant, le faire sourire. C’est bien naturel car nous n’aimons pas voir les enfants bouleversés. Cependant, cela est bien souvent contre-productif. L’émotion est une charge, une tension dans le corps et notre corps a besoin d’être dans un état neutre sans tension pour fonctionner. Si nous coupons l’enfant dans son émotion, il ne peut décharger toute la tension de son corps. Le corps et l’esprit trouveront alors un autre moment, moyen/prétexte pour se décharger. Le risque est alors de passer la soirée par exemple à « éteindre » des colères, le plaisir des retrouvailles étant alors bien loin. En étant présent auprès de lui. Certains enfants aiment être en contact physique lors de ces moments et d’autres ne le supportent pas. Tant qu’il est en prise avec sa décharge physique inutile de chercher le dialogue ou de le convaincre. Vous serez surpris lorsque toute la tension sera évacuée, votre enfant passera de lui-même à autre chose ou viendra vers vous pour se ressourcer au besoin. Ces points sont également valables dans la rue, au supermarché, dans les réunions de famille etc…

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4. Être un modèle

Votre enfant apprend également beaucoup par mimétisme. Il observe et reproduit ce que font ses parents, il prend exemple sur vos stratégies émotionnelles. Un adulte est une personne capable de vivre avec ses émotions et de les exprimer d’une manière « socialement acceptable », respectueuse de l’autre et non une personne sans émotion. En résumé vous êtes un modèle pour votre enfant, si vous criez pour vous faire entendre quand il est en colère, il risque de continuer à crier à son tour.

5. Utiliser le jeu et la lecture

C’est aussi par le biais de la lecture que vous pouvez aider votre enfant en tant que parents. Partager avec votre enfant des jeux « à faire semblant », (jouer à la poupée, au garage, au docteur, se déguiser…) peut l’aider à l’expression de ses émotions. En rejouant des scènes inspirées des évènements de la vie courante, l’enfant peut exprimer son vécu émotionnel en toute sécurité, puisque hors du réel. Il peut aussi expérimenter des actions et des relations sans danger pour lui. L’attitude de l’adulte dans ces mises en scène est une attitude de jeu dans laquelle les personnages peuvent parler par exemple « bouhouhou tu me cries dessus, j’ai peur, je suis triste » sans être moralisatrice par exemple : ce n’est pas bien de crier sur les gens. Le jeu doit rester du jeu et donner du plaisir à l’un et l’autre. Offrez-lui régulièrement une soupape de sécurité, pour souffler, décompresser, se défouler, se détendre, s’amuser, se faire plaisir sans pression de l’heure (nous ne sommes jamais à 5 minutes près) ! La lecture est un simulateur d’émotions ! Profitez des co-lectures pour aider les enfants à identifier et verbaliser les émotions.

6. Créer un environnement sécurisant

Établir des limites claires et cohérentes, afin de créer un sentiment de sécurité émotionnelle. Des limites claires et cohérentes créent un sentiment de sécurité émotionnelle chez les enfants. Établissez des règles et des attentes adaptées à leur âge et à leur développement. Faites respecter ces limites de manière cohérente, juste et compréhensive. Lorsque les enfants savent ce que l’on attend d’eux et ce qui est considéré comme un comportement acceptable, ils se sentent plus en sécurité et sont mieux à même de gérer leurs émotions dans le cadre de ces limites.

7. Enseigner des techniques de relaxation

Enseigner les techniques de respiration profonde comme outil pour se calmer dans les moments d’émotions fortes : La respiration profonde est une technique simple mais efficace pour aider les enfants à gérer leurs émotions. Encouragez-les à respirer lentement et profondément, en inspirant par le nez et en expirant par la bouche. La respiration profonde active la réaction de relaxation du corps, réduisant ainsi les sentiments de stress et d’anxiété. Introduisez des techniques de relaxation, telles que la relaxation musculaire progressive ou l’imagerie guidée : Les techniques de relaxation fournissent aux enfants des outils efficaces pour gérer le stress et réguler leurs émotions. La relaxation musculaire progressive consiste à contracter et à relâcher différents groupes de muscles, ce qui aide les enfants à relâcher la tension et à se détendre. L’imagerie guidée consiste à visualiser des scènes apaisantes et paisibles pour créer un sentiment de tranquillité. Enseignez ces techniques à vos enfants et encouragez-les à les pratiquer régulièrement, en particulier dans les moments où les émotions sont exacerbées ou avant le coucher.

8. Favoriser l'expression créative

Encouragez l’utilisation d’un journal des sentiments pour aider les enfants à identifier et à exprimer leurs émotions : Un journal des sentiments ou un journal intime offre à l’enfant un espace privé où il peut réfléchir à ses émotions et les exprimer. Encouragez-les à écrire ou à dessiner sur leurs sentiments, en décrivant ce qu’ils ont vécu et ce qu’ils ont ressenti. Cette activité aide les enfants à développer leur conscience émotionnelle et à enrichir leur vocabulaire pour exprimer leurs émotions. Ils permettent une expression émotionnelle libératrice. Le dessin peut ensuite être déchiré et jeté pour les peurs et les colères par exemple.

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9. Encourager l'activité physique

Promouvoir l’activité physique et l’exercice comme moyen de libérer et de gérer les émotions refoulées : L’activité physique et l’exercice permettent aux enfants d’évacuer les émotions refoulées et d’améliorer leur bien-être général. Encouragez-les à pratiquer des activités qui leur plaisent, comme le sport, la danse ou le vélo. L’activité physique libère des endorphines, des substances chimiques naturelles qui stimulent l’humeur et qui peuvent aider à soulager le stress et à améliorer l’équilibre émotionnel.

10. Développer l'empathie

Encouragez l’empathie en aidant les enfants à comprendre les émotions des autres et à s’y identifier : L’empathie est une compétence essentielle pour la gestion des émotions. Aidez les enfants à développer leur empathie en les encourageant à imaginer ce que les …

11. Parler des émotions

Engagez des conversations régulières sur les émotions, en aidant les enfants à comprendre les différents sentiments et leurs causes : Des conversations ouvertes et régulières sur les émotions créent un environnement favorable où les enfants peuvent explorer et comprendre leurs sentiments. Entamez des discussions sur les différentes émotions et leurs causes, en posant des questions ouvertes pour encourager les enfants à exprimer leurs pensées et leurs expériences. En discutant des émotions, les enfants apprennent qu’il est normal et sain d’éprouver toute une gamme de sentiments.

12. Pleine conscience

Pratiquez des exercices de pleine conscience pour aider les enfants à rester présents et ancrés dans les moments émotionnels : Les exercices de pleine conscience apprennent aux enfants à concentrer leur attention sur le moment présent, ce qui leur permet d’observer leurs émotions sans les juger. Introduisez des activités simples de pleine conscience, telles que la respiration attentive ou le balayage corporel, pour aider les enfants à prendre conscience de leurs émotions et des sensations physiques qui y sont associées. En pratiquant la pleine conscience, les enfants développent la capacité de faire une pause et de répondre aux émotions plutôt que de réagir de manière impulsive.

13. Résolution de problèmes

Enseigner les techniques de résolution de problèmes pour permettre aux enfants de trouver des solutions constructives aux défis émotionnels : Les compétences en matière de résolution de problèmes permettent aux enfants de relever efficacement les défis émotionnels. Enseignez-leur un processus de résolution de problèmes étape par étape, qui consiste à identifier le problème, à réfléchir aux solutions possibles, à évaluer les avantages et les inconvénients de chaque solution, à choisir la meilleure et à la mettre en œuvre. Encouragez-les à penser de manière créative et à envisager différentes perspectives.

14. Histoires et jeux de rôle

Utilisez des histoires ou des jeux de rôle pour aider les enfants à comprendre et à gérer diverses émotions : Les histoires et les jeux de rôle sont des outils puissants qui permettent aux enfants d’explorer et de comprendre différentes émotions. Partagez des histoires ou des livres adaptés à l’âge des enfants qui mettent en scène des personnages éprouvant toute une gamme d’émotions, et discutez de la manière dont les personnages gèrent ces émotions. Participez à des jeux de rôle où les enfants peuvent jouer des scénarios impliquant différentes émotions et s’entraîner à réagir de manière appropriée.

15. Discours positif

Encouragez l’utilisation d’un discours positif sur soi pour aider les enfants à recadrer les pensées et les émotions négatives : Le discours positif sur soi consiste à utiliser un langage encourageant et valorisant pour recadrer les pensées et les émotions négatives. Apprenez aux enfants à reconnaître les schémas négatifs de dialogue avec eux-mêmes et à les remplacer par des affirmations positives. Encouragez-les à utiliser des phrases telles que « Je peux gérer cela », « Je suis capable » ou « Je suis fort ».

L'importance de l'intelligence émotionnelle

Apprendre la gestion des émotions à son enfant favorisera son adaptation comportementale face aux différentes situations du quotidien et facilitera ses relations interpersonnelles. Son développement émotionnel dépend de l'environnement dans lequel il grandit. L'enfant va observer son entourage et se servir de ce qu'il voit afin de forger ses repères. Parler de ses émotions va développer son intelligence émotionnelle. Celle-ci est à l’origine de la conscience de soi, l’empathie, la régulation de ses émotions et les compétences sociales.

Les erreurs à éviter

Il est important d'éviter certaines erreurs qui peuvent nuire au développement émotionnel de votre enfant :

  • Réprimer ses émotions : Laissez-le s'exprimer et ne minimisez pas son ressenti. Si vous réprimez ses émotions, vous risquez de lui faire développer un mauvais comportement.
  • S'énerver face à ses crises : En cas de forte crise, il peut être utile de le laisser exprimer sa violence pour qu'il libère ses émotions négatives. S'il est très en colère ou très agité, il est même préférable de ne pas lui parler.
  • Le comparer aux autres : De manière générale, retenez que tous les enfants n’arriveront pas à canaliser leurs émotions de la même manière ni au même rythme.
  • Négliger les causes sous-jacentes : Attention, certaines crises émotionnelles (colères, agitation) peuvent être liées à un mal-être plus important comme le manque de sommeil réparateur ou la perturbation de ses cycles.

L'importance du sommeil et de l'alimentation

Le corps se régénère pendant la nuit, produit des cellules pour combattre les maladies et contribue à la mémorisation. L’alimentation est au cœur de notre quotidien. Pour que l’enfant s’épanouisse correctement, il est essentiel de poser les bases alimentaires dès le plus jeune âge.

Activités ludiques pour aider votre enfant

Pour aider votre enfant à apprivoiser ses émotions, vous pouvez lui proposer des activités ludiques sous forme de jeux, tels que des jeux de rôle où il peut interagir avec différents scénarios émotionnels, du dessin ou même de l’écriture ! Des objets déconnectés spécialement conçus pour les enfants, tels que Mon Petit Morphée ou Elio. Contrairement aux idées reçues, la sophrologie ne sont pas des pratiques réservées aux adultes. Rassurez-vous, vous n’allez pas demander à votre enfant de s’installer en tailleur en inspirant - expirant. Sur internet, vous trouverez plusieurs vidéos d’exercices de sophrologie adaptés aux enfants. Cependant, cela nécessite votre présence puisque l’enfant ne saura pas forcément se servir du smartphone ou de l’ordinateur pour choisir une vidéo qui l’intéresse. En cultivant une communication ouverte et en encourageant votre enfant à nommer ses émotions, vous l’aiderez déjà grandement.

Voici quelques exemples d'activités ludiques :

  • La roue des émotions : Découpez un cercle ou un demi cercle dans un carton. Partagez-le en quartiers égaux dans lesquels vous écrirez les émotions de base (ou les dessinerez avec des smileys). Découpez une aiguille en carton et fixez la au centre du cercle avec une attache parisienne. Vous pouvez faire de même avec une feuille plastifiée. Demandez à votre enfant les couleurs qu’il souhaite attribuer aux émotions. Je vous conseille de compléter la roue des émotions avec une réglette qui représentera l’intensité. Numérotez-la de 1 à 10.
  • Les cartes d'histoires : J’ai récemment découvert des cartes qui permettent de raconter des histoires et de développer l’intelligence émotionnelle des enfants.
  • Le jeu de mime : Mimez une émotion et devinez à tour de rôle de laquelle il s’agit. Ce jeu de mimes est très intéressant car il permet aussi de démontrer à votre enfant que le corps influence les pensées.
  • La cocotte en papier : Construisez une cocotte en papier et écrivez ou dessinez une émotion à reproduire dans les parties cachées.
  • La balle des émotions : Dessinez au feutre des smileys qui représentent les différentes émotions à différents endroits de la balle (qui est un objet sympathique pour les enfants). L’enfant vous montrera l’émotion qu’il ressent actuellement.

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