L'élevage d'agneaux au biberon est une pratique qui peut s'avérer nécessaire dans diverses situations, telles que l'orphelinage de l'agneau, le refus de la mère d'allaiter, ou une production laitière insuffisante de la brebis. Bien que cette méthode puisse être contraignante, elle offre une solution pour assurer la survie et la croissance des agneaux.
Coûts associés à l'élevage au biberon
L'alimentation d'un agneau élevé à la louve représente un coût non négligeable. En effet, un agneau consomme environ 15 kg de poudre de lait jusqu'au sevrage, ce qui représente environ 45 € par animal. Il faut également ajouter environ 100 kg d'aliment jusqu'à la vente, soit 38 €. En incluant la paille et les traitements éventuels (vaccins, antiparasitaires), le coût total s'élève à environ 85 à 90 € par animal, sans compter le temps de travail et l'amortissement de la louve.
Malgré ces coûts, l'élevage au biberon peut être économiquement intéressant, à condition de maintenir un faible taux de mortalité des agneaux.
Facteurs clés de succès
Plusieurs facteurs sont déterminants pour la réussite de l'élevage d'agneaux au biberon :
Concentration et température du lait
La concentration du lait est un élément crucial. Sauf indication contraire du fabricant, elle doit être maintenue à 200 g d'aliment d'allaitement par litre d'eau. La température de dilution du lait est également importante : elle doit se situer entre 55 et 65°C pour une température de buvée entre 40 et 45°C.
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Hygiène
Le nettoyage du matériel de tétée est primordial pour prévenir les infections chez les jeunes agneaux.
Colostrum
Le nouveau-né doit impérativement consommer suffisamment de colostrum dès sa naissance, soit 100 ml par kg de poids vif, afin d'être protégé contre le microbisme ambiant de la bergerie. Si le poulain n’a pas tété la mère à la naissance, il doit recevoir un colostrum de bonne qualité (>60g d'immunoglobulines/litre) évalué au préalable avec un colotest. Idéalement, 3 biberons de 300-350 ml chacun sont distribués à 2 h d’intervalle pour des poulains de sang; pour des poulains de races lourdes cette quantité peut être portée à 400-450 ml. L'absorption du colostrum doit avoir lieu moins de 12h après la naissance. Ainsi, le passage des anticorps qu'il contient au poulain est assuré. L'idéal est de débuter la première tétée dès que le poulain présente un réflexe de succion, soit environ 2h après le poulinage.
Ce colostrum peut provenir d’une autre jument après congélation via une banque de colostrum. Le colostrum congelé doit être réchauffé à 40°, puis distribué à une température de 38°. Ne jamais le décongeler au micro-ondes qui détruirait les immunoglobulines. Il peut aussi être prélevé sur une autre jument venant de pouliner. Il existe également dans le commerce du colostrum équin de substitution fabriqué à partir d’immunoglobulines sériques.
Sevrage
Le sevrage doit être programmé à partir de 35 jours et 13 kg de poids vif pour des raisons à la fois économiques et sanitaires.
Expérience d'éleveurs
Huguette et Thierry Simon, éleveurs de Prim’Holstein, se sont diversifiés dans l'élevage ovin en adoptant la race Romane, connue pour sa prolificité et sa capacité à agneler toute l'année. Ils ont appris sur le tas, en observant les animaux et en se fiant aux conseils des techniciens agricoles.
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Ils témoignent de l'importance de rationner les agneaux pour éviter la suralimentation, et soulignent l'intérêt de croiser les agnelles Romanes avec des béliers Charolais pour améliorer leur conformation.
Le lait artificiel doit être distribué à l’aide d’un biberon en verre ou d’une bouteille à goulot étroit et d’une tétine en caoutchouc type « agneau ». En général, les seaux de poudre de lait artificiel contiennent une tétine appropriée. GourtayBien s’assurer que le poulain déglutit et que le lait ne coule pas à la commissure des lèvres. Le réflexe de succion peut être vérifié en faisant sucer son doigt enduit de lait au poulain. Pour faire téter le poulain, mettre celui-ci en position debout et maintenir les naseaux au-dessus de la ligne des yeux. Si le poulain, après avoir manifesté des réflexes de succion et tété, s'affaitblit et refuse de boire le biberon suivant, appeler immédiatement le vétérinaire (entérotoxémies fréquentes chez le jeune).
Les biberons doivent être nettoyés avant chaque tétée, à défaut d’être stérilisés. Le lait ne doit pas être préparé à l’avance et tout lait non consommé doit être jeté.
Rythme d'alimentation
A la naissance
Le poulain tète en moyenne 7 à 10 fois par heure. Les quantités ingérées à chaque tétée sont faibles (150-200g). Par exemple : 2h, 6h, 10h, 14h, 18h, 22h.
La troisième semaine
On abaissera le nombre de tétées à 5 en supprimant la tétée de nuit et en distribuant des quantités pouvant aller jusqu’à 1,5l.
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A un mois
On peut habituer le poulain à boire au seau en distribuant 4 repas de 3 litres chacun. Cette accoutumance au seau peut être beaucoup plus précoce, certains poulains s’y habituent dès les premiers jours. On fera sucer les doigts enduits de lait au poulain et l’on trempera doucement les doigts dans le seau, pendant que le poulain tète. Cette opération nécessite un peu de patience, mais l’alimentation « à volonté » du poulain peut présenter des avantages. Grison
A 2 mois
On peut passer à 3 repas de 5l et commencer à distribuer un aliment spécifique pré-sevrage (comportant des protéines de lait) à raison de 500 g au début pour arriver à : 1,5 kg à 3 mois, 2- 2,5 kg à 4 mois et 3- 4 kg à 6 mois. En parallèle, on réduira les quantités de lait distribuées pour réaliser un sevrage précoce à 4 mois. On peut même commencer à faire manger au poulain de petites quantités d’aliment dès l’âge de 1 mois, en lui présentant à la main, car il n’aura pas l’exemple de la mère.
Il est possible également de distribuer du foin d’excellente qualité (récolté tôt et dans de bonnes conditions) à volonté à partir de 2 mois. Le foin de luzerne est intéressant pour sa bonne valeur en protéines et son apport en lysine (acide aminé indispensable). Maintenir de l’eau propre à la disposition du poulain, ainsi qu’une pierre de sel pur.
A 3 mois
3 repas de lait de 5 l chacun + 1,5 kg d’aliment complémentaire en 3 repas + foin
A 105 jours
3 repas de lait de 4 l chacun + 2 kg d’aliment complémentaire en 3 repas + foin
A 110 jours
2 repas de lait de 5 l chacun + 2,5 kg d’aliment complémentaire en 3 repas + foin
A 115 jours
1 repas de lait de 5 l +2,5 kg d’aliment complémentaire en 3 repas + foin
A 120 jours
0 repas de lait + 3 kg d’aliment complémentaire en 3 repas + foin
On peut fabriquer l’aliment complémentaire à partir de céréales aplaties (orge, avoine), de poudre de lait (pour poulain, chevreau, veau ou agneau en s’assurant que ces deux dernières soient exemptes d’antibiotiques) et d’un complément minéral vitaminé (CMV) de type 8(P)/19(Ca), en utilisant la formule suivante :
Céréales : 77%Poudre de lait : 20%CMV : 3%
Il est très élevé, mais on peut pratiquer un sevrage plus précoce encore (60 jours) sur des animaux de moindre valeur. Pour cela, il faut les habituer au seau dès la deuxième semaine et réduire progressivement la distribution de lait après 45 jours. Cependant, ce sevrage est délicat à réaliser du fait de la faible capacité d’ingestion du poulain.
Les quantités de concentrés ingérées peuvent atteindre 2kg/100 kg de poids vif, soit 2,5 kg distribués en 3 repas pour un poids de 125 kg à 60 jours, du foin de luzerne étant distribué à volonté, la distribution de concentré débutant dès l’âge de 2 semaines à raison de 200g/j. Les quantités présentées ci-dessus correspondent à celles distribuées à des poulains de sang, pour des poulains de race lourde, il conviendrait de multiplier ces quantités par 1,5.
Il est possible de se procurer le lait artificiel, soit auprès de vétérinaires, soit auprès de certaines maisons d’aliments. Chaque fabriquant possède ses propres recommandations auxquelles il convient de se conformer, notamment en matière de dilution de poudre, pour limiter les risques de diarrhée ou de constipation. Tous les laits reconstitués contiennent environ 15 % de matière grasse et 22 % de protéines brutes.
Certains fabricants proposent du lait reconstitué, ou un aliment de complément lacté, ou les deux. Grison
Conseils supplémentaires
- Pour accueillir deux moutons, comptez au moins 2000 m2, surface minimale pour être autonome en pâture.
- Concernant les clôtures, prenez par exemple du grillage spécial moutons électrique et modulable, avec une batterie solaire ou sur secteur.
- Ajoutez de l’eau, du foin à volonté et une pierre à sel.
- Donner du grain aux moutons est conseillé pour favoriser la domestication, mais c’est une friandise et pas forcément un besoin au niveau alimentaire. La ferme vous conseille du maïs concassé, de l’orge, de l’avoine, une poignée par mouton par jour maximum.
- Il est conseillé de leur prodiguer deux vermifuges par an.
- Pour trouver un tondeur, vous pouvez demander à un éleveur près de chez vous, à l’association des tondeurs de moutons de France ou sur le Bon Coin.
- Les choses à surveiller chez le mouton Ouessant, sont les diarrhées, les boiteries, le nez ou les yeux qui coulent, un animal à part du troupeau qui ne mange et ne rumine pas.
- Les moutons peuvent avoir des parasites externes (mélophages du mouton dans la laine, aoûtats…) et des parasites internes (différentes espèces de vers…).
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