L'infertilité, définie comme l'incapacité d'un couple à concevoir après une période donnée d'essais réguliers sans contraception, est une préoccupation croissante. Chez l'homme, un faible nombre de spermatozoïdes, ou oligozoospermie, est une cause fréquente d'infertilité. Cet article explore les causes potentielles d'un faible nombre de spermatozoïdes chez un homme de 48 ans, les méthodes de diagnostic disponibles et les options de traitement.
Fonctionnement de la spermatogenèse
La spermatogenèse, le processus de production des spermatozoïdes, se déroule dans les tubules séminifères des testicules. Les spermatogonies, les cellules souches des spermatozoïdes, se multiplient par mitose, un processus de division cellulaire, sous l'influence de la FSH (hormone folliculo-stimulante). Ensuite, lors de la méiose, les spermatocytes primaires donnent naissance aux spermatocytes secondaires, qui se transforment en spermatides primitives. L'ensemble du processus de spermatogenèse dure environ 74 jours et nécessite une température spécifique de 32 à 35 °C. Les cellules de Sertoli et de Leydig, également présentes dans les testicules, jouent un rôle essentiel dans la spermatogenèse en produisant des protéines et des hormones nécessaires.
Causes d'un faible nombre de spermatozoïdes à 48 ans
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à un faible nombre de spermatozoïdes chez un homme de 48 ans. Ces facteurs peuvent être classés en causes liées à la spermatogenèse, à l'axe hypothalamo-hypophysaire et à des facteurs externes.
Perturbation de la spermatogenèse testiculaire
Contrairement à la femme, chez qui l'axe hypothalamo-hypophysaire est souvent impliqué dans l'infertilité, chez l'homme, il s'agit fréquemment de perturbation de la spermatogenèse testiculaire. La fonction exocrine est assurée par les tubes séminifères. À l'âge adulte, les testicules contiennent 200 à 300 lobules constitués eux-mêmes de 2 ou 3 tubules séminifères. C'est au niveau du tubule que se passe la spermatogenèse.
Facteurs liés à l'axe hypothalamo-hypophysaire
L'axe hypothalamo-hypophysaire joue un rôle crucial dans la régulation de la spermatogenèse. Une perturbation de cet axe, qu'elle soit due à une atteinte directe ou à l'influence de médicaments, peut entraîner un hypogonadisme hypogonadotrope, c'est-à-dire une insuffisance de fonctionnement des gonades par manque de stimulation en provenance du cerveau. De plus, les œstrogènes, dont le niveau peut être augmenté en cas d'obésité, d'éthylisme chronique ou d'hyperthyroïdie, peuvent exercer une action inhibitrice sur l'axe hypothalamo-hypophysaire.
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Facteurs liés à l'âge
Bien que la production de spermatozoïdes soit continue de l’adolescence à l’âge adulte, des études récentes dans une population tributaire des techniques de reproduction assistée (PMA) suggèrent que l’âge paternel plus avancé est associé à des taux de grossesse et de naissance vivante plus faibles et que la qualité du sperme peut se détériorer et avoir un impact négatif sur les résultats dès l’âge de 45 ans. Au fil du temps, nous savions déjà que le volume de l’éjaculat et le nombre de spermatozoïdes présents dans l’éjaculat diminuaient légèrement.
Facteurs externes et environnementaux
L'exposition à des polluants environnementaux, tels que les perturbateurs endocriniens (bisphénol A, phtalates, pesticides, métaux lourds), peut perturber les systèmes de régulation hormonale et affecter la spermatogenèse. De plus, des facteurs liés au mode de vie, tels que l'obésité, le tabagisme et une mauvaise alimentation, peuvent également avoir un impact négatif sur la production de spermatozoïdes.
Autres causes médicales
Certaines affections médicales, telles que les lésions testiculaires, le surpoids, la consommation abusive d'alcool, un mode de vie sédentaire, un cancer, le VIH, le lupus, les oreillons et la défaillance d'un organe, peuvent également contribuer à un faible nombre de spermatozoïdes. De plus, la prise de certains médicaments peut avoir un impact négatif sur la spermatogenèse. Les risques d’hypogonadisme sont également plus élevés chez les hommes souffrant d’hypertension artérielle, de diabète, de maladie de la prostate, d’asthme et de maladie pulmonaire obstructive chronique.
Diagnostic
Le diagnostic d'un faible nombre de spermatozoïdes repose sur plusieurs examens, dont le spermogramme et le spermocytogramme.
Spermogramme
Le spermogramme est un examen clé qui évalue le nombre, la mobilité et la vitalité des spermatozoïdes. Le recueil du sperme se fait par masturbation au laboratoire après 2 à 5 jours d'abstinence. Un nombre de spermatozoïdes inférieur à 100.000 s'appelle cryptozoospermie, l'absence complète l'azoospermie. Une mobilité insuffisante est appelée asthénozoospermie et une vitalité diminuée, nécrozoospermie.
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Spermocytogramme
Le spermocytogramme consiste à examiner en détail 100 spermatozoïdes au microscope afin d'évaluer leur morphologie.
Test de migration survie (TMS)
Le test de migration survie (TMS) permet, grâce à un échantillon d'1 ml d'éjaculat (sperme éjaculé), de calculer la migration des spermatozoïdes.
Bilan hormonal
Un bilan hormonal peut être réalisé pour évaluer les niveaux de testostérone, de FSH et de LH. Si un déficit en testostérone est suspecté suite à un interrogatoire et un examen clinique complets, le diagnostic sera confirmé par le dosage sanguin du taux de testostérone, qui doit être réalisé entre 8 et 10h du matin. Dans le cas contraire, il faut poursuivre les investigations et faire d’autres bilans hormonaux : on peut contrôler le taux de SHBG (Sex hormone-binding globulin), de FSH (hormone folliculo-stimulante qui agit sur le fonctionnement des gonades) et de LH (hormone lutéinisante qui stimule la production de testostérone). Un bilan thyroïdien peut être utile afin d’écarter un diagnostic d’hypothyroïdie, dont certains symptômes sont similaires à ceux de l’andropause.
Traitements
Les options de traitement pour un faible nombre de spermatozoïdes dépendent de la cause sous-jacente.
Traitement des causes sous-jacentes
Si un facteur médical ou lié au mode de vie est identifié comme cause du faible nombre de spermatozoïdes, un traitement spécifique peut être mis en place. Cela peut inclure des changements de mode de vie, tels qu'une alimentation saine, l'arrêt du tabac et la réduction de la consommation d'alcool, ainsi qu'un traitement médical pour les affections sous-jacentes.
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Traitement hormonal
Si un déficit en testostérone est diagnostiqué, un traitement de substitution de la testostérone peut être envisagé. Ce traitement vise à rétablir un niveau de testostérone normal dans le sang et peut être administré sous différentes formes, telles que des gels, des implants, des comprimés, des patches ou des injections.
Procréation médicalement assistée (PMA)
Dans les cas où les traitements précédents ne sont pas efficaces, la procréation médicalement assistée (PMA) peut être une option. Les techniques de PMA comprennent la fécondation in vitro (FIV) et l'injection intra-cytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI). La fécondation in vitro (FIV) met en contact au laboratoire les ovocytes prélevés avec une préparation de spermatozoïdes. L'injection intra-cytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) consiste à micro-injecter un spermatozoïde dans un ovocyte. Cette technique est réservée aux infertilités sévères et aux échecs de FIV classique.
Don de sperme
Enfin, en l’absence de spermatozoïdes retrouvés après chirurgie ou en cas de faibles chances de retrouver des spermatozoïdes au cours d’un prélèvement testiculaire, les patients peuvent faire appel à un don de sperme en vue d’une insémination intra utérine ou de la fécondation in vitro.
Andropause et faible nombre de spermatozoïdes
Il est important de noter que l'andropause, ou déficit androgénique lié à l'âge, peut également influencer la production de spermatozoïdes. L'andropause est la baisse progressive du taux de testostérone associée à l'âge chez l'homme. Bien que l'andropause n'entraîne pas l'arrêt de la production de spermatozoïdes, elle peut contribuer à une diminution de leur nombre et de leur qualité. L’andropause peut débuter vers l’âge de 45 ans. En général, les personnes concernées consultent plutôt vers l’âge de 65 ans. Néanmoins, l’andropause précoce peut s’installer dès l’âge de 20 ans.
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