Cet article examine les allégations de violence sexuelle visant le professeur Emile Daraï, chef du service de gynécologie-obstétrique et médecine de la reproduction de l’hôpital Tenon, et les implications plus larges pour la santé des femmes et les pratiques gynécologiques.

Enquête pour viol et suspension du Professeur Daraï

Le professeur Emile Daraï, chef du service de gynécologie-obstétrique et médecine de la reproduction de l’hôpital Tenon, à Paris, et spécialiste de l’endométriose, a été mis en « retrait de ses responsabilités de chef de service et de responsable pédagogique », ont annoncé l’AP-HP et Sorbonne Université. Cette décision fait suite à l'ouverture par le parquet de Paris, le 28 septembre, d'une enquête judiciaire pour « viol par personne ayant autorité sur mineur de plus de 15 ans ». Les investigations ont été confiées à la brigade de protection des mineurs.

L'AP-HP et Sorbonne Université avaient décidé le 20 septembre de déclencher une enquête interne. « Pour que cette enquête puisse se dérouler dans la plus grande sérénité, l’AP-HP et Sorbonne Université ont acté avec le professeur Emile Daraï son retrait de ses responsabilités de chef de service et de responsable pédagogique, expliquent-elles dans un communiqué. La situation du Pr Emile Daraï sera réexaminée au vu des conclusions de l’enquête interne. La date précise de rendu de l’enquête, prévue avant la fin d’octobre, dépendra du nombre d’auditions à programmer, avec le cas échéant un rapport intermédiaire si la mission l’estime possible. »

Accusations et réclamations antérieures

Plusieurs ex-patientes ont accusé le professeur Daraï de pratiquer des examens vaginaux et rectaux de manière brutale et sans demander le consentement. D’après l’AP-HP, « six réclamations ont été adressées à l’hôpital Tenon entre 2013 et mi-septembre, portant sur « un manque d’information autour d’examens pratiqués durant des consultations de gynécologie, des examens douloureux ou un manque de considération. Certaines situations ont donné lieu à une médiation ». « Cinq nouveaux témoignages ont été reçus depuis mi-septembre », a en outre révélé l’institution.

Réaction du Professeur Daraï

Interrogé par l’Agence France-Presse, M. Daraï avait déclaré : « Je récuse les faits et me remets aux conclusions de l’enquête conjointe de l’AP-HP et de Sorbonne Université. »

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Vers une charte des bonnes pratiques

En réponse à ces allégations, « le directeur général de l’AP-HP, le président de la commission médicale d’établissement, le président de la Conférence des doyens d’Ile-de-France, avec la Collégiale de gynécologie obstétrique, ont décidé de réunir l’ensemble des gouvernances des services de gynécologie-obstétrique de l’AP-HP très prochainement, en présence de représentants des usagers, afin d’échanger sur l’élaboration d’une charte commune de bonnes pratiques », ont annoncé l’AP-HP et Sorbonne Université dans leur communiqué.

Sonia Bisch a réagi à cette décision, en ajoutant qu’« il ne faut pas minimiser. Ce ne sont pas juste de mauvaises pratiques, ce n’est pas juste un défaut d’information. Ce sont des faits pénalement répréhensibles. Il y a eu des plaintes pour viol ». « Ce monsieur n’est pas un cas rare isolé mais l’arbre qui cache la forêt », a-t-elle poursuivi, estimant que « le gouvernement doit s’emparer de cette question de santé publique ».

Problématique plus large des violences gynécologiques et obstétricales

Cette affaire met en lumière une problématique plus large des violences subies par les femmes durant le suivi gynécologique et obstétrical. Un rapport du Haut Conseil à l’égalité concluait que ces actes violents ne sont « pas des faits isolés » en France et appellent à une « prise de conscience » des pouvoirs publics.

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