Cet article explore la date de naissance d'Oscar Wilde, né le 16 octobre 1854 à Dublin, et son influence sur le mythe d'Adonis à la fin du XIXe siècle.

Introduction

Oscar Wilde, né le 16 octobre 1854 à Dublin, est une figure emblématique de la fin du XIXe siècle, dont l'œuvre polymorphe a marqué son époque. Son influence s'étend à divers domaines, de la littérature au théâtre, en passant par la poésie et l'essai. Wilde, maître des paradoxes et des bons mots, dandy et auteur de comédies à succès comme Le Portrait de Dorian Gray, reflète les tendances littéraires et artistiques de l'Europe de la fin du XIXe siècle. Cet article se penche sur la date de naissance d'Oscar Wilde et le mythe d'Adonis, en explorant la manière dont Wilde et d'autres auteurs de cette période ont réinterprété et réimaginé ce mythe antique.

La date de naissance d'Oscar Wilde

Oscar Wilde est né le 16 octobre 1854 à Dublin, en Irlande, alors sous domination britannique. Il est le deuxième enfant d'une famille de la bourgeoisie intellectuelle anglo-irlandaise protestante. Son père, William Wilde (1815-1876), était un chirurgien réputé, spécialiste de l'œil et de l'oreille, et sa mère, Jane Wilde née Elgee (1821-1896), était une fervente nationaliste et poétesse connue sous le pseudonyme de Speranza.

L'esthétisme et l'influence d'Oscar Wilde

Oscar Wilde est un créateur de son temps. L'esthétisme se réfère à des notions beaucoup plus récentes et plus particularisées que celle d'« esthétique ». Le dandysme consistait à considérer sa propre vie comme une œuvre : choisir avec un soin d’artiste les vêtements que l’on porte aussi bien que les mots que l’on prononce ; les lieux que l’on fréquente aussi bien que les amis dont on s’entoure. Rares sont les dandys qui ont pu concilier cet art de vivre avec une discipline de création. Oscar Wilde représente une des rares exceptions à cette loi de la stérilité. Outre son théâtre brillant et drôle, il est surtout célèbre pour son roman Le Portrait de Dorian Gray, véritable bible de l’esthétisme.

Le mythe d'Adonis à la fin du XIXe siècle

Mon projet de recherche de thèse porte sur le mythe littéraire d’Adonis fin XIXe siècle selon une perspective comparatiste. Je privilégie l’expression fin-de-siècle par rapport à celle d’époque décadente, quelque peu réductrice ici pour l’ensemble des œuvres envisagées, et dont certaines se réclament d’une autre esthétique, en particulier symboliste, même s’il est parfois difficile de les différencier. Adonis renoue premièrement avec la tradition grecque de son mythe, qui était jusqu’alors escamotée, en particulier avec les réécritures renaissantes et classiques du mythe : à la fin du XIXe siècle, les représentations de la figure littéraire d’Adonis réintègrent avec force, notamment en poésie, des traits essentiels du rituel antique des Adonies. En même temps qu’elle retrouve certains attributs de sa dimension religieuse passée, la figure d’Adonis donne lieu, paradoxalement, à un topos de la fiction romanesque, plus attaché à sa dimension humaine, plastique et physique, tellement galvaudé dans le langage courant, qu’il en est devenu une antonomase : Adonis est le type de l’éphèbe grec, d’une très grande beauté, et dont les traits fins et délicats sont parfois androgynes. Mais, le topos est également réinterprété au théâtre, aussi bien à Broadway avec le music-hall que dans des opérettes parisiennes, sous une forme burlesque et irrévérencieuse. Il est aussi étroitement lié aux domaines des arts, et de la création, et se révèle moins anecdotique qu’il n’y parait.

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Adonis et la masculinité

Ma thèse devrait permettre d’interroger la spécificité du mythe littéraire d’Adonis fin XIXe siècle. Celui-ci apparaît comme une interrogation profonde de la masculinité : sur ce qu’est un homme et sur ce qui fait un homme ; on ne naitrait pas homme, on le deviendrait, pour détourner la célèbre formule de Beauvoir, et reprendre, entre autres, les analyses d’ XY : de l’identité masculine de Badinter. Or, contrairement à ce qu’affirme de manière catégorique l’auteur du Deuxième Sexe, je fais l’hypothèse qu’il existe des mythes de l’homme ou des hommes, et donc de la masculinité, et que la mythologie n’est pas la simple construction d’un discours masculin pour assurer et justifier le rapport dominant-dominé entre l’homme et la femme. En outre, avec les travaux de N. Loraux, en particulier Les Expériences de Tirésias. Le mythe littéraire d’Adonis à la fin du XIXe siècle apparaitrait bien comme un mythe du masculin, mais à rebours d’une définition classique de la virilité. La figure littéraire d’Adonis fin de siècle interroge la notion même de virilité et de masculinité dans leur rapport à la féminité, par un jeu constant sur les catégories, mais en allant plus loin que les textes grecs ne l’avaient fait, pour atteindre, avec les réécritures proprement décadentes, une dimension sexuelle dans son rapport au corps. La décadence est envisagée ici comme « une fabrication de monstre, une tératogonie », selon la formule de Vladimir Jankélévitch, avec un intérêt tout particulier pour le monstre au féminin, entendu comme dévorant et castrateur, dont la complexité a été étudiée par la thèse d’Evanghélia Stead, intitulée Le monstre, le singe et le fœtus. La période envisagée, la fin du XIXe siècle, est ainsi caractérisée par une crise, accompagnée d’une mutation dont on retrouve les échos en littérature. La figure littéraire d’Adonis est emblématique d’une époque imprégnée d’archaïque, tournée vers l’origine et le sacré. Mais, peut-être, surtout, Adonis est le reflet d’une définition singulière de la beauté et de l’art, pour s’avérer, finalement, une incarnation particulière de la beauté masculine, qu’il interprète et questionne.

Le mythe d'Adonis : Un récit universel

Si l’on présuppose avec Jacques Lacarrière et Jean-Pierre Vernant que le mythe est un récit, fondé sur des croyances fabuleuses, transmis de génération en génération, qui tente d’apporter une réponse à l’inexplicable et à l’inconnu, sous une forme allégorique, alors le mythe apparait universel et présent dans toutes les cultures. Mais, dans une approche plus sociologique, il peut être considéré comme un ensemble figuratif des croyances et des représentations d’un groupe, à une époque et en un lieu déterminés, constituer un vecteur de sens essentiel pour la littérature. En effet, le mythe est un matériau privilégié des œuvres, sans cesse réactivé par des relectures et transpositions. La littérature produit aussi de nouveaux mythes en adéquation aux interrogations propres à un nouvel état de culture. Ce processus de création est plus au moins conscient de la part des auteurs, et peut donner naissance à un mythe personnel.

Pourquoi s'intéresser au mythe d'Adonis ?

Pourquoi s’intéresser au mythe d’Adonis, alors que sa trame mythique parait bien mince, comparée à d’autres grands mythes comme ceux de Prométhée ou de Don Juan ? Son culte ancien et ses représentations sont bien connus. Il a été l’objet de nombreuses études, que ce soit Le culte et les fêtes d’Adonis-Thammouz (1904) de Charles Velay, ou Adonis, Attis, Osiris (1906) de James Frazer. Mais très peu d’études portent sur le mythe littéraire d’Adonis en lui-même ; il existe une thèse récente en littérature française, La Fable d'Adonis en France à l'époque moderne (de la seconde moitié du XVIe à la fin du XVIIe siècle (2006) de Céline Bohnert, qui s’interroge plus sur les conditions d’élaboration de la fable que sur les traits du mythe d’Adonis ; et une autre plus ancienne de Wahib Atallah, Adonis dans la littérature et l’art grecs (1966), somme qui analyse autant le culte antique que la symbolique et la présence d’Adonis dans la littérature hellénique. Dans une perspective comparatiste, l’essai d’Hélène Tuzet, Mort et résurrection d’Adonis (1987) étudie l’évolution du mythe dans la littérature occidentale, pour en dégager ce que le mythe conserve, transforme ou perd de ses traits, au fils de ses réécritures, et se demande si l’on peut encore parler de mythe. La figure d’Adonis y retrouve en poésie les racines du mythe antique, en écho aux rituels adonisiaques. Cette première forme de la figure d’Adonis interroge la notion de sacré et son histoire. Mais cette conquête de la fiction s’exprime peut-être encore plus avec la seconde manifestation de la figure littéraire d’Adonis : sa manifestation topique dans les œuvres romanesques.

La transformation du mythe d'Adonis en un topos

Etudier la topique est essentiel, car elle est révélatrice de la présence d’images et de développements littéraires constants, fondée sur un fond culturel communément admis. Le topos témoigne ainsi des valeurs de la doxa d’une époque au sein même du texte littéraire. Cette transformation du récit mythique et tragique d’Adonis en un topos du bel éphèbe résulte vraisemblablement des réécritures modernes de la Renaissance et de l’âge classique, qui ont privilégié le bonheur - même éphémère -, des amours de Vénus et Adonis, dans un univers idyllique et champêtre selon les conventions de la tradition pastorale, comme en témoignent, par exemple, l’élégie de Ronsard ou le poème élégant et épique de La Fontaine. Le chevalier Marin va plus loin dans la rupture avec le mythe antique avec son Adone baroque dans lequel le critique Chapelain voit un nouveau type d’épopée, non plus guerrière, mais une célébration de l’amour, des arts et de la paix.

L'Hymnaire d'Adonis et la figure de l'androgyne

Le corpus poétique comprend également le recueil d’Adelswärd-Fersen, L'Hymnaire d'Adonis : à la façon de M. le marquis de Sade (1902). Pour les « décadents », Adonis est le plus souvent une figure emblématique de l’homosexualité masculine, comme Ganymède. Le mythe littéraire d’Adonis fin XIXe siècle se voit contaminé par la figure de l’androgyne, comme dans Christine de Suède de Jules Beaujoint et A-M. Dumonteil, où Adonis se révèle être finalement un castrat (1873). De même, The Picture of Dorian Gray (1890-1891) d’Oscar Wilde renouvelle la référence topique à Adonis en superposant le mythe d’Adonis à ceux de Narcisse et de Faust. Mon corpus comprend également des œuvres de théâtre, comme la comédie Adonis de William F. Gill et Henry Dixey. Représentée plus de soixante fois au théâtre à Broadway, de 1882 à 1887, elle constitue le plus grand succès théâtral de l’époque.

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