La douleur de l'accouchement est souvent citée comme l'une des expériences les plus intenses qu'une femme puisse vivre. Cependant, la perception de cette douleur est subjective et influencée par de nombreux facteurs. Cet article explore les aspects de la douleur de l'accouchement, en s'appuyant sur des témoignages, des études scientifiques et des pratiques culturelles.
Comprendre la douleur de l'accouchement
La douleur de l'accouchement est une expérience complexe et multidimensionnelle. Elle dépend de l'état psychologique de la future maman, de sa perception de son corps et de sa capacité à endurer. La douleur ressentie au moment des contractions indique que le col est en train de s’ouvrir efficacement pour laisser passer votre enfant. Cette douleur est positive : c'est l'arrivée d'un bonheur et d'un soulagement imminent avec la naissance de votre bébé.
Les causes de la douleur
Généralement, ce sont les contractions des muscles de l'utérus en phase de travail qui sont à pointer du doigt. À ce moment-là, le col de l'utérus durcit, les fibres musculaires s'allongent et se contractent comme des élastiques, entraînant les douleurs les plus intenses. C'est ce qui permet la dilatation, nécessaire pour que le bébé puisse descendre dans le bassin, avant de passer par le vagin.
Les contractions sont une manifestation de l’utérus qui se réduit, se durcit - comme si vous contractiez un muscle ! - puis se relâche. Les contractions durent généralement entre trente secondes et une minute et vont provoquer l’effacement et la dilatation du col de l’utérus. L’intensité des contractions augmente en fonction de l’avancée du travail. Au début, vous pouvez ressentir comme des douleurs équivalentes à celles des règles. D’ailleurs, l’utérus se contracte aussi pendant les menstruations.
La subjectivité de la douleur
La douleur reste propre à chacun et repose sur le ressenti du patient. La perception de la douleur est une chose éminemment subjective et qui dépend de beaucoup de facteurs, allant du stress à l'état psychologique, en passant par l'histoire personnelle et la préparation face à un tel moment. Même dans la vie de tous les jours, chacun a un seuil de tolérance à la douleur qui lui est propre.
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Selon une étude réalisée auprès de 2700 parturientes au début des années 1980 par John Bonica, médecin anesthésiste américain, près de 15 % des femmes décrivaient une douleur absente ou faible ; 35 % une douleur modérée et 50 % une douleur sévère à très sévère.
Les différentes formes de douleur
Toutes les femmes n'ont pas mal exactement au même endroit, et la douleur est parfois si englobante qu'elle semble se répandre dans tout le corps. De manière générale, les femmes décrivent des douleurs au niveau du ventre et du bassin. Mais en fonction de l'orientation de la tête du bébé, il arrive que les futures mamans souffrent de douleurs très intenses au niveau des lombaires. On parle alors d'un accouchement "par les reins". Réputées pour être les plus douloureuses, les contractions dans le dos sont souvent redoutées par les parturientes.
Douleur abdominale
Lorsqu’elles sont ressenties dans le ventre, les contractions ressemblent à de grosses douleurs de règles - un peu plus intenses ! - que la majorité des femmes connaissent bien.
Douleur lombaire
Si dans la majorité des cas, les futures mamans ressentent des contractions utérines au niveau du ventre, chez un quart d’entre elles, la douleur irradie plutôt dans le bas du dos. On parle alors « d’accouchement par les reins ».
Comparaison avec d'autres douleurs
Bien qu’elle soit présente et intense, la douleur de l’accouchement est difficilement comparable. Bien que cela ne soit pas comparable, j’aime parfois faire le parallèle entre l'intensité des contractions et la fatigue et la douleur ressenties lors d’une séance de sport. Ce n’est pas parce qu’on a mal partout et qu’on a envie de tout arrêter lors d’une séance d’abdos-fessiers que cela signifie que la séance ne se passe pas normalement ou qu'on n'a pas la force de continuer. Ces sensations font partie du processus.
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Pour autant, bien que difficilement quantifiable, la douleur ressentie lorsque l'on donne naissance n'en reste pas moins l'une des plus importantes qui existe, estiment les médecins. Et puis cette douleur, temporaire et entrecoupée, n'a rien d'anormal. Elle est avant tout le signe que le travail progresse, que vous êtes sur la bonne voie. C'est un indicateur que le corps fonctionne correctement et comme prévu.
Échelle de la douleur
S’il est difficile de quantifier et classer les douleurs, l’université canadienne de McGill a établi une échelle de douleur en fonction des réponses données par les patients. Sur celle-ci, un accouchement non préparé frôle les 40 sur une échelle de 50. Ainsi, l’enfantement se rapproche de l’amputation d’un doigt là où les fractures se situeraient plutôt aux alentours de 20.
La douleur la plus intense ?
Pour les chercheurs du Département de Neurochirurgie de l'Université du Texas, la douleur la plus intense est celle provoquée par les céphalées en grappe. La deuxième douleur la plus intense est l'accouchement, suivie de la pancréatite, des calculs rénaux, des blessures par balles et de la hernie discale.
Comment gérer la douleur de l'accouchement
Il existe aujourd'hui plusieurs solutions pour ne pas avoir mal (ou limiter la douleur) lors de l’accouchement. De plus, il est aussi essentiel de bien se préparer. Une bonne préparation est l'une des clés pour appréhender sereinement la naissance.
Méthodes médicales
- Péridurale: Aujourd’hui, plus de 80 % des femmes en France bénéficient de la péridurale (parfois même 95 % dans certaines maternités !). Depuis 1994, l’accès à la péridurale est pris en charge à 100% par l’assurance maladie.
- Gaz hilarant
Méthodes naturelles
- Acupression ou acupuncture
- Bain chaud: Dans certaines maternités, les sages-femmes proposent même aux futures mamans de prendre un bain chaud pour limiter les douleurs des contractions.
- Cours de sophrologie: Vous pouvez aussi apprendre à gérer les douleurs de l'accouchement avec des cours de sophrologie, dans le cadre de votre préparation à la naissance. Vous apprendrez notamment à gérer la douleurs avec des respirations et des exercices de visualisation.
- Changer fréquemment de position, marcher - tant que les contractions le permettent ! - s’accroupir, se mettre à quatre pattes ou encore se suspendre à des lianes dans une salle de naissance, peut aider à mieux les supporter.
- Homéopathie, acupuncture, massages, sophrologie, hypnose : les pratiques complémentaires ont toute leur place pour faciliter l’accouchement et mieux appréhender les contractions.
- Méthode Bonapace: Mise au point au Québec par Julie Bonapace, la méthode Bonapace repose sur la compréhension du rôle de la douleur et de ses mécanismes de transmission. Elle associe trois techniques : la digitopression, les massages et la relaxation qui permettent de mieux appréhender l’intensité des contractions.
Le rôle des hormones
Ocytocine, endorphines, adrénaline, prostaglandine : certaines hormones jouent un rôle essentiel pendant l’accouchement. L’ocytocine, par exemple, va provoquer les contractions de l’utérus tout au long du travail et de l’accouchement. Cerise sur le gâteau, l’ocytocine joue aussi un rôle antistress car elle est souvent accompagnée d'une production d’endorphines, un antidouleur naturel surnommé l’hormone du bonheur.
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L'évolution de la perception de la douleur
Du moins, depuis que l'être humain sait marcher. Car selon plusieurs anthropologues, l'enfantement n'a pas toujours été aussi douloureux. La bipédie est notamment venue mettre le bazar: elle aurait modifié l'architecture pelvienne en réduisant l'espace entre les hanches et le sacrum, rendant le passage trop étroit pour le bébé.
Le cas des Huichol
Nichée dans les montagnes reculées de la Sierra Madre occidentale, au Mexique, la tribu Huichol perpétue des traditions millénaires qui intriguent les anthropologues et les curieux du monde entier. Dans les sociétés précolombiennes et prémexicaines, notamment chez les Huichols, lors de la naissance, l'homme s'installe au-dessus de sa compagne. Puis, ses testicules sont attachés à une corde dont les extrémités sont tenues par sa femme. À chaque contraction, elle tire sur la corde, permettant ainsi au père de ressentir une douleur en écho à la sienne. Si pour certains elle vise à renforcer le lien entre les parents en partageant les souffrances de l'accouchement, pour d'autres, elle vise symboliquement à partager la douleur entre le père et la mère du futur bébé.
Cependant, des études ont révélé que de nombreuses femmes Huichol accouchent seules en raison de l'accès limité aux soins de santé, des pressions institutionnelles et des sentiments d'humiliation vécus dans les hôpitaux.
Témoignages
Atteinte d'endométriose et d'adénomyose, deux pathologies gynécologiques, une trentenaire de l'Orne raconte son « parcours médical chaotique » marqué par des années d'errance. « Ce n’est pas normal d’avoir mal pendant ses règles. » C’est le message que veut faire passer Océane*, à l’occasion de la journée mondiale contre l’endométriose, le 28 mars. La jeune trentenaire du Pays de L’Aigle (Orne), atteinte de cette maladie et d’adénomyose (une autre pathologie gynécologique) voudrait susciter une prise de conscience. « Il faut consulter, sinon on n’avancera pas » insiste-t-elle.
Son « parcours médical chaotique » commence en 2008, peu après la naissance de son premier enfant. La jeune maman ressent alors « des douleurs pires qu’un accouchement ». Des gynécos me disaient 'Madame faut pas venir pour un mal de ventre'.
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