L'accouchement par voie basse après une césarienne (AVAC) est un sujet de débat intense dans le monde médical. Alors que certains experts mettent en avant les risques potentiels associés à cette pratique, d'autres soulignent les dangers d'une césarienne répétée pour la mère et l'enfant. Cet article vise à explorer en profondeur les avantages et les inconvénients de l'AVAC, en s'appuyant sur des études récentes et des opinions de professionnels de la santé, afin d'aider les femmes à prendre une décision éclairée concernant leur accouchement.

Comprendre l'accouchement par voie basse après césarienne (AVAC)

Après une première naissance par césarienne, de nombreuses femmes souhaitent accoucher par voie basse lors de leurs grossesses suivantes. L'accouchement par voie basse après césarienne (AVAC) est une option possible pour ces femmes, mais elle nécessite une évaluation minutieuse des risques et des bénéfices. Il est important de comprendre ce qu'implique un AVAC et les facteurs qui peuvent influencer son succès.

La césarienne est une intervention chirurgicale consistant à extraire le bébé du ventre de sa mère sans passer par les voies naturelles. L'obstétricien incise l'abdomen et l'utérus pour sortir le bébé. Bien qu'elle puisse être une intervention salvatrice dans certaines situations, la césarienne n'est pas sans risque et peut entraîner des complications à court et à long terme pour la mère.

Contrairement à une idée largement répandue, ce n’est pas parce que l’on a accouché par césarienne pour notre premier bébé que ça sera pareil pour les prochains. Les chiffres le prouvent : 50 % des femmes qui ont eu une césarienne se voient offrir une tentative de voie naturelle pour leur deuxième accouchement.

Avantages potentiels de l'AVAC

L'AVAC présente plusieurs avantages potentiels pour la mère, notamment :

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  • Éviter une nouvelle chirurgie : La césarienne est une intervention chirurgicale majeure qui comporte des risques tels que l'infection, la perte de sang et les complications liées à l'anesthésie. L'AVAC permet d'éviter ces risques.
  • Récupération plus rapide : Les femmes qui accouchent par voie basse ont tendance à récupérer plus rapidement que celles qui subissent une césarienne. Elles peuvent généralement quitter l'hôpital plus tôt et reprendre leurs activités normales plus rapidement.
  • Moins de douleur post-partum : L'accouchement par voie basse est généralement associé à moins de douleur post-partum qu'une césarienne.
  • Sentiment d'accomplissement : Pour certaines femmes, accoucher par voie basse après une césarienne peut leur procurer un sentiment d'accomplissement et de contrôle sur leur corps.

Inconvénients et risques associés à l'AVAC

Malgré ses avantages potentiels, l'AVAC comporte également des risques, tant pour la mère que pour le bébé. Le risque le plus grave est la rupture utérine.

  • Rupture utérine : Question de précaution : dès lors que l’utérus a été incisé, il y a un risque de rupture utérine. Pendant le travail, la cicatrice utérine peut en effet céder sous l’ampleur des contractions. D’autant plus que les fibres élastiques de la peau sont beaucoup moins souples sur cette zone. La rupture de l’utérus provoque une hémorragie et les conséquences pour le bébé, privé de son apport en oxygène, peuvent être irréversibles. Lors d’un AVAC (Accouchement vaginal après césarienne), il arrive que l’utérus, fragilisé par la césarienne, se rompe. Dans l’étude, une femme sur 200 a souffert d’une rupture utérine lors de son accouchement.

Aujourd’hui, si ce n’est pas une raison médicale permanente (bassin trop étroit, hypertension…) qui a justifié la première césarienne, il n’y a aucune raison de ne pas tenter la voie basse la fois suivante. Vous n’avez eu qu’une seule césarienne. Le travail a démarré spontanément. Dans ce cas, le risque de rupture utérine est de 0,5 % alors qu’il est doublé si l’accouchement est déclenché. Mais là encore, pas de panique, tout dépend du produit qui est utilisé. Selon le Collège national des gynécologues-obstétriciens, les prostaglandines, tout comme le misoprostol sont associées à une augmentation significative du risque de rupture utérine. La première césarienne date de plus d’un an. Il faut laisser le temps à l’utérus de bien cicatriser.

  • Autres complications maternelles : Outre la rupture utérine, l'AVAC peut être associé à un risque accru d'hémorragie, d'infection et de nécessité d'une transfusion sanguine. Une étude parue récemment dans la revue scientifique Plos biology montre que la seconde option pourrait légèrement diminuer les risques. En effet, près de 2% de celles ayant mis au monde leur deuxième enfant par voie basse après une première césarienne ont connu des complications sérieuses (principalement des ruptures de l’utérus, des hémorragies ou des infections).
  • Complications néonatales : Un accouchement par voie basse n’est pas non plus anodin pour le bébé dont la mère a déjà subi une césarienne. Dans l’étude, 8% de ces enfants ont connu des problèmes de santé à la naissance (la plupart étant passagers), contre 6% pour ceux nés par césarienne. Une complication de l’accouchement vaginal pour le bébé est le risque de blessure des nerfs qui envoient des signaux de la moelle épinière à l’épaule, au bras et à la main.

Facteurs influençant le succès de l'AVAC

Plusieurs facteurs peuvent influencer les chances de succès d'un AVAC, notamment :

  • Le motif de la césarienne précédente : Si la césarienne précédente a été pratiquée pour une raison non récurrente, comme une présentation par le siège ou une souffrance fœtale temporaire, les chances de succès d'un AVAC sont plus élevées.
  • Le nombre de césariennes précédentes : Un accouchement par voie basse est possible lorsque l’utérus est uni-cicatriciel, ce qui signifie que la femme enceinte n’a subi qu’une seule césarienne. Il faut savoir qu’après deux césariennes, le taux de complications augmente considérablement.
  • L'âge de la mère : Les femmes plus jeunes ont tendance à avoir plus de chances de succès avec un AVAC.
  • L'indice de masse corporelle (IMC) de la mère : Les femmes obèses ont un risque plus élevé de complications pendant l'AVAC.
  • Le poids du bébé : Les bébés de grande taille peuvent rendre l'AVAC plus difficile.
  • Le déclenchement du travail : Vous n’avez eu qu’une seule césarienne. Le travail a démarré spontanément. Dans ce cas, le risque de rupture utérine est de 0,5 % alors qu’il est doublé si l’accouchement est déclenché. Mais là encore, pas de panique, tout dépend du produit qui est utilisé. Selon le Collège national des gynécologues-obstétriciens, les prostaglandines, tout comme le misoprostol sont associées à une augmentation significative du risque de rupture utérine.

Surveillance pendant le travail

Un accouchement par voie basse après une césarienne est étroitement surveillé en raison du risque de rupture utérine. Cette complication se manifeste par différentes anomalies pendant le travail : une altération du rythme cardiaque, des saignements, la présence de fortes douleurs dans le bas-ventre malgré la péridurale. Dans certaines maternités, on utilise la tocométrie interne pour surveiller l’intensité des contractions. Cette technique consiste à placer des capteurs dans l’utérus afin de mesurer les contractions.

Césarienne itérative : une alternative à l'AVAC

On parle de césarienne itérative lorsque cette intervention a déjà été pratiquée chez une femme enceinte au cours de sa précédente grossesse. Cette seconde césarienne se déroule comme la première. La femme enceinte est placée sous anesthésie. Une incision est réalisée de son abdomen à son pubis.

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Préparation à un AVAC

Plusieurs mesures peuvent être prises pour maximiser les chances de succès d'un AVAC et limiter les risques. En premier lieu, vous ne devez tenter un AVAC qu'entourée d'une équipe médicale. Il est recommandé de préparer un AVAC dans une maternité de niveau 3.

  • Choisir le bon établissement : Il est important de choisir un hôpital ou une maternité qui a de l'expérience en matière d'AVAC et qui dispose des ressources nécessaires pour gérer les complications potentielles.
  • Discuter avec son médecin : Il est essentiel de discuter de ses antécédents médicaux et de ses préférences avec son médecin afin de déterminer si l'AVAC est une option appropriée.
  • Se préparer mentalement et physiquement : La préparation mentale et physique peut contribuer au succès de votre AVAC. Il vous faut donc tout d'abord reprendre confiance en vous… afin de comprendre les mécanismes qui entrent en jeu lors d'un accouchement. La confiance que vous portez dans votre capacité à accoucher par voie basse peut augmenter vos chances de réussite. Vous devez également avoir confiance dans votre bébé. La présence d'une personne qui vous rassurera sur votre capacité à accoucher par voie basse.

Accouchement par voie basse après deux césariennes ou plus

En 2012, [5] propose que les accouchements par voie basse après plusieurs césariennes soient rendus possibles. Il est important de discuter avec plusieurs professionnels pour obtenir leur accord et construire, avec elles, votre projet d'accoucher par voie basse après deux (ou plus) césariennes.

Alternatives à l'AVAC

Si l'AVAC n'est pas une option appropriée, la césarienne itérative est une alternative sûre et efficace.

Douleur périnéale et fuites urinaires après l'accouchement

Après la naissance, il y a un risque de douleur du périnée. Il existe aussi un risque augmenté de fuites urinaires au cours des deux années qui suivent. Une rééducation du périnée est nécessaire pour éviter ses fuites.

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