La grossesse, bien que considérée comme « une expérience positive pour toutes les femmes », demeure malheureusement une épreuve dangereuse pour des millions de personnes à travers le monde, en particulier celles qui n’ont pas accès à des soins de santé de qualité. Cet article se penche sur les statistiques relatives à l'accouchement au Mali, en les replaçant dans un contexte global et africain plus large, afin de mieux cerner les défis et les progrès réalisés.
Mortalité maternelle : un défi mondial avec un focus sur l'Afrique
Selon les estimations, près de 290 000 décès maternels ont été recensés en 2020, une légère diminution par rapport aux 309 000 de 2016, année d'entrée en vigueur des Objectifs de développement durable (ODD). Si le taux mondial de mortalité maternelle a reculé de 34,3 % entre 2000 et 2020, des disparités régionales persistent. Notamment, en Europe et en Amérique du Nord, ainsi qu’en Amérique latine et dans les Caraïbes, le taux de mortalité maternelle a augmenté entre 2016 et 2020, respectivement de 17 % et de 15 %.
En 2020, environ 70 % de tous les décès maternels ont eu lieu en Afrique subsaharienne. Les principales causes de ces décès sont les hémorragies graves, l’hypertension artérielle, les infections liées à la grossesse et les complications d’avortements à risque. Le paludisme et le manque de soins et de personnel, notamment environ 900 000 sage-femmes, ainsi que les problèmes d’approvisionnement en matériel médical, constituent également des facteurs aggravants.
Le cas du Mali : un taux de césariennes en augmentation
Au Mali, comme dans d'autres pays d'Afrique subsaharienne, les taux de césariennes étaient historiquement bas. Une étude révèle que parmi les grands pays désavantagés, on relève le Mali (2 %), le Nigeria (3 %), l’Afghanistan (3 %) et le Congo (5 %). Cependant, grâce aux politiques de gratuité des soins obstétricaux mises en place dans les années 2000, on observe une augmentation de ce taux. Ainsi, au Mali, le taux de naissances par césarienne est passé de 1,7 % en 2006 à 2,9 % six ans plus tard. Bien que cette augmentation puisse être perçue comme un progrès, elle soulève des questions quant à la justification médicale de ces interventions.
Césariennes de confort et pratiques abusives
L'augmentation du taux de césariennes s'accompagne d'une inquiétude quant à la pratique de césariennes de confort, c'est-à-dire non justifiées médicalement. Des études ont montré que 24 % des césariennes réalisées dans les hôpitaux où ce geste est gratuit au Burkina Faso n’étaient pas médicalement justifiées. Cette pratique est plus fréquente dans les villes, lorsqu’elle est réalisée par du personnel peu qualifié, et parmi les femmes issues des catégories sociales les plus favorisées.
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Ces pratiques abusives ont des conséquences néfastes, notamment en termes de coût financier, de risques liés à l'anesthésie et de mobilisation inutile de praticiens et de blocs opératoires. Elles peuvent également nuire à la qualité des soins dispensés aux femmes ayant réellement besoin d'une césarienne en urgence.
Vers une "épidémie" de césariennes en Afrique ?
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le "bon" taux de césariennes, celui qui permet de limiter la mortalité périnatale sans virer dans l’excès, se situe entre 10 % et 15 %. Avec l'augmentation observée dans plusieurs pays africains, certains experts craignent une "épidémie" de césariennes similaire à celle que l'on observe dans d'autres régions du monde. Il est donc crucial de mettre en place des mesures pour encadrer cette pratique et s'assurer qu'elle est bien utilisée à des fins médicales.
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