L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit fondamental pour les femmes, mais elle peut aussi être une expérience émotionnellement difficile. L'accompagnement psychologique post-IVG est essentiel pour aider les femmes à gérer leurs émotions, à faire face à d'éventuelles difficultés et à assurer leur bien-être général. Cet article explore les différents types d'accompagnement psychologique disponibles et leurs bienfaits.

Comprendre l'IVG et le Curetage

Une fausse couche ou une IVG nécessitent parfois la réalisation d’un curetage. Dans le domaine médical, le curetage désigne le geste chirurgical qui consiste à retirer (au moyen d'un instrument ressemblant à une cuillère, généralement nommé “curette”) tout ou une partie d'un organe d'une cavité naturelle. On emploie généralement ce terme au sujet de l’utérus. IVG, fausse couche… On peut réaliser un curetage à des fins de diagnostic, par exemple pour effectuer une biopsie de l’endomètre, mais aussi, et surtout, à des fins thérapeutiques, pour éliminer les résidus d’endomètre qui n’auraient pas été évacués naturellement. C’est notamment le cas lorsqu’une fausse couche spontanée ou provoquée n’a pas permis l’expulsion complète de l’embryon (ou du fœtus), l'évacuation du placenta et de l’endomètre. Par extension, le terme de curetage est employé pour parler de la technique d’aspiration, qui est moins invasive, moins douloureuse et moins à risque pour la femme qu’un curetage “classique”. S’il faut réaliser un curetage pour éliminer des résidus de placenta ou d’endomètre, c’est parce que ces tissus peuvent à terme entraîner des complications, telles qu’une hémorragie, une infection ou une infertilité. Mieux vaut donc les retirer avec soin, après avoir laissé un peu de délai pour une éventuelle expulsion naturelle, ou à l’aide de médicaments.

Un curetage de l’utérus se réalise au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou générale. Elle est conduite par un chirurgien gynécologue, qui peut parfois administrer un produit pour dilater le col de l’utérus avant l’intervention afin de pouvoir plus facilement accéder à la cavité utérine. Courte, l’intervention s’effectue le plus souvent en ambulatoire, avec une sortie le jour-même. Lorsqu’il y eu fausse couche ou une IVG, le col de l’utérus s’est ouvert. De la même façon qu’il peut mettre plusieurs heures ou jours à s’ouvrir, le col de l’utérus peut mettre un certain temps à se refermer. Lorsque le col est ouvert, l’utérus peut être exposé à des germes, ce qui peut occasionner une infection. Par ailleurs, si des douleurs intenses, de la fièvre ou des saignements abondants surviennent quelques jours après un curetage, mieux vaut en informer son gynécologue.

Le curetage réalisé avec une “curette” est un geste invasif, qui, comme tout geste au niveau de l’utérus, peut créer des adhérences dans la cavité utérine. Il arrive alors, dans de rares cas, que ces blessures et adhérences rendent difficile la survenue d’une nouvelle grossesse, ou encore qu’elles gênent l’évacuation des règles. On appelle syndrome d’Asherman, ou synéchie utérine, une maladie utérine caractérisée par la présence d’adhérences dans l’utérus, et pouvant survenir à la suite d’un curetage mal conduit.

Une fois que l’on s’est assuré via une échographie qu’aucun résidu de muqueuse utérine (ou endomètre) ou de placenta n’avait échappé au curetage, et que la cavité utérine est donc saine, rien en théorie ne s’oppose à la survenue d’une nouvelle grossesse. En pratique, c’est à chaque femme et à chaque couple de savoir s’ils se sentent prêts à retenter de mener à bien une grossesse. Physiquement, des saignements et des douleurs de type douleurs menstruelles peuvent avoir lieu dans les jours qui suivent le curetage. Et psychologiquement, il peut être important de prendre le temps. Car une fausse couche ou une IVG peuvent être vécues comme des épreuves difficiles. Quand la grossesse était désirée, mettre des mots sur cette perte, reconnaître l’existence d’un petit être dont on a souhaité la venue et lui dire au revoir… Le travail de deuil est important. Pour une IVG, l’aspect psychologique est aussi fondamental. IVG ou fausse couche, chaque femme et chaque couple vit cet événement à sa façon. Médicalement, une grossesse après un curetage bien réalisé ne présente pas plus de risques qu’une grossesse classique. Il n’y a pas plus de risque de fausse couche après un curetage.

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Pourquoi un Accompagnement Psychologique Post-IVG?

L'IVG est un acte médical encadré par la loi, mais il est également une expérience personnelle et intime qui peut susciter diverses émotions. Bien que de nombreuses femmes vivent l'IVG sans difficultés psychologiques majeures, certaines peuvent éprouver :

  • Tristesse et deuil: La perte d'une grossesse, même non désirée, peut entraîner un sentiment de deuil.
  • Culpabilité et regret: Des sentiments de culpabilité peuvent surgir, liés à la décision d'interrompre la grossesse.
  • Anxiété et stress: L'IVG peut être une source d'anxiété, notamment en raison des préoccupations liées à la santé, à la fertilité future ou au jugement social.
  • Traumatisme: Dans certains cas, l'IVG peut être vécue comme un événement traumatisant, en particulier si elle est liée à des circonstances difficiles (viol, problèmes de santé, etc.).
  • Ambivalence: Certaines femmes peuvent ressentir des sentiments contradictoires, oscillant entre soulagement et tristesse.

L'accompagnement psychologique post-IVG vise à offrir un espace d'écoute et de soutien pour permettre aux femmes d'exprimer leurs émotions, de comprendre leurs réactions et de développer des stratégies d'adaptation.

Types d'Accompagnement Psychologique Post-IVG

Plusieurs types d'accompagnement psychologique sont disponibles pour les femmes après une IVG:

1. Consultations Psycho-Sociales

En France, une consultation psycho-sociale est proposée (et obligatoire pour les mineures) avant et après l'IVG. Ces consultations sont assurées par des professionnels qualifiés (psychologues, conseillers sociaux, etc.) et visent à :

  • Informer: Fournir des informations claires et objectives sur l'IVG, les méthodes disponibles, les risques et les conséquences.
  • Evaluer: Identifier les besoins et les vulnérabilités de la femme.
  • Soutenir: Offrir un espace d'écoute et d'expression pour les émotions et les préoccupations.
  • Orienter: Diriger vers des ressources et des services adaptés aux besoins spécifiques.

2. Thérapie Individuelle

La thérapie individuelle offre un cadre confidentiel et personnalisé pour explorer les émotions et les difficultés liées à l'IVG. Un thérapeute peut aider la femme à :

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  • Identifier et comprendre: Reconnaître et comprendre les émotions telles que la tristesse, la culpabilité, l'anxiété ou le regret.
  • Faire face au deuil: Travailler sur le processus de deuil lié à la perte de la grossesse.
  • Développer des stratégies d'adaptation: Apprendre à gérer les émotions difficiles et à faire face aux situations stressantes.
  • Renforcer l'estime de soi: Travailler sur l'estime de soi et la confiance en soi, qui peuvent être fragilisées par l'IVG.
  • Prendre des décisions éclairées: Faciliter la prise de décisions concernant la contraception et les projets de maternité futurs.

3. Groupes de Soutien

Les groupes de soutien offrent un espace de partage et d'échange avec d'autres femmes ayant vécu une IVG. Ces groupes permettent de :

  • Rompre l'isolement: Se sentir moins seule et partager son expérience avec d'autres femmes qui comprennent.
  • Partager des émotions: Exprimer ses émotions et ses préoccupations dans un environnement sécurisant et non jugeant.
  • Recevoir du soutien: Bénéficier du soutien et de l'encouragement des autres membres du groupe.
  • Apprendre des autres: Découvrir différentes perspectives et stratégies d'adaptation.
  • Se sentir comprise: Se sentir comprise et acceptée par des personnes qui ont vécu une expérience similaire.

4. Soutien en Ligne

De nombreuses ressources en ligne offrent un soutien aux femmes après une IVG, notamment :

  • Forums de discussion: Partager son expérience et échanger avec d'autres femmes.
  • Sites web d'information: Accéder à des informations fiables et objectives sur l'IVG et les ressources disponibles.
  • Lignes d'écoute: Parler à un professionnel qualifié par téléphone ou par chat.
  • Applications mobiles: Suivre son état émotionnel et accéder à des exercices de relaxation et de gestion du stress.

Il est important de noter que le soutien en ligne ne remplace pas un accompagnement psychologique professionnel, mais il peut être un complément utile.

Bienfaits de l'Accompagnement Psychologique Post-IVG

L'accompagnement psychologique post-IVG peut apporter de nombreux bienfaits aux femmes, notamment :

  • Réduction du stress et de l'anxiété: L'accompagnement psychologique peut aider à réduire le stress et l'anxiété liés à l'IVG.
  • Amélioration de l'humeur: L'accompagnement psychologique peut aider à améliorer l'humeur et à réduire les symptômes de dépression.
  • Renforcement de l'estime de soi: L'accompagnement psychologique peut aider à renforcer l'estime de soi et la confiance en soi.
  • Meilleure gestion des émotions: L'accompagnement psychologique peut aider à mieux gérer les émotions difficiles telles que la tristesse, la culpabilité ou le regret.
  • Facilitation du processus de deuil: L'accompagnement psychologique peut aider à faire face au deuil lié à la perte de la grossesse.
  • Prise de décisions éclairées: L'accompagnement psychologique peut aider à prendre des décisions éclairées concernant la contraception et les projets de maternité futurs.
  • Amélioration de la qualité de vie: L'accompagnement psychologique peut contribuer à améliorer la qualité de vie globale.

IVG : Fausses idées reçues

Il est important de dissiper certaines idées fausses concernant l'IVG et ses conséquences psychologiques :

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  • "L'IVG rend stérile ou diminue la fécondité" FAUX : L'avortement (IVG), réalisé dans de bonnes conditions (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme cela est possible en France, n'a pas d'impact sur la fertilité de la femme. La fertilité revient rapidement après un avortement, c'est pour cette raison que l'utilisation d'une contraception doit être envisagée dès le premier jour de l'interruption de la grossesse, si besoin.
  • "L’IVG produit un dérèglement hormonal." FAUX : L’IVG médicamenteuse repose sur deux médicaments, la mifépristone et le misoprostol. La mifépristone bloque la progestérone, une hormone essentielle à la poursuite de la grossesse, et le misoprostol déclenche des contractions pour expulser l'embryon. Ce processus modifie temporairement l'équilibre hormonal, mais le cycle menstruel reprend normalement après quelques semaines. L’IVG chirurgicale, qui consiste en une aspiration du contenu utérin, n'a pas d'impact direct sur les hormones. Toutefois, l'arrêt de la grossesse entraîne, de facto, une baisse des hormones de la grossesse (comme l'hCG et la progestérone), ce qui peut temporairement influencer le cycle menstruel. Le système hormonal se régule rapidement après une IVG, et les règles reviennent dans un délai de 4 à 6 semaines.
  • "L'avortement provoque des troubles psychiques" FAUX : Comme le précisent la Haute Autorité de santé, il n'existe pas de pathologie psychologique spécifique au décours d'une IVG. L'impact psychologique de l'avortement est difficile à évaluer puisque l'IVG est vécue de manière différente par chacune. Si l'on en ressent le besoin, avant ou après l'IVG, il est possible de demander à bénéficier de la consultation psycho-sociale proposée (et obligatoire pour les mineures). Il est également possible de se tourner vers les associations qui peuvent apporter un soutien important. A plus long terme, un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place.
  • "L'IVG est utilisée seulement par les femmes qui n'ont pas de moyen de contraception" FAUX : Au contraire, dans un peu plus de deux cas sur trois, les femmes qui ont recours à une IVG utilisaient un moyen de contraception qui n'a pas fonctionné (rupture de préservatif, oubli de pilule, etc.).
  • "Les mineures doivent demander l'accord de leurs parents" FAUX : En France, une femme mineure, enceinte et qui souhaite interrompre sa grossesse, peut demander une IVG auprès d'un médecin ou d'une sage-femme. Aucune justification n'est nécessaire et aucun accord d'une autre personne (parent ou conjoint) que la femme elle-même n'est requis. La seule obligation pour les femmes mineures est d'être accompagnée d'une personne majeure de son choix.
  • "L'IVG médicamenteuse est une méthode plus simple que l'IVG instrumentale" FAUX : Pas pour toutes les femmes. En effet, chacune des méthodes présente des avantages et des inconvénients qui seront à discuter avec le professionnel de santé. En l'absence de contre-indication médicale, les femmes doivent pouvoir choisir la méthode de l'IVG, en fonction du terme de la grossesse, et recevoir une information détaillée pour faire ce choix de manière éclairée.

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