La bande de Gaza a été le théâtre d'une nouvelle tragédie, marquée par la mort et les blessures de nombreux enfants à la suite d'une frappe de missile. Cette tragédie s'inscrit dans le cadre d'un conflit persistant.

Un missile frappe une école : horreur et victimes

Une vidéo poignante montre des enfants jouant au football dans la cour d'une école à Gaza. Soudain, une explosion retentit, semant le chaos et faisant de nombreuses victimes. Un missile israélien a frappé l'entrée de l'école Al-Awda, située à l'est de Khan Younès, une ville densément peuplée de réfugiés. Le bilan est lourd, avec des dizaines de morts et de blessés dans ces quartiers surpeuplés de personnes déplacées venant d'autres régions de la bande de Gaza.

Des explications qui peinent à convaincre

L'état-major israélien affirme que le tir de missile visait un combattant du Hamas et qu'une enquête sera menée pour déterminer les causes des victimes civiles. Cependant, après des mois de bombardements incessants qui ont causé la mort de dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux enfants, détruit des villes et provoqué une crise alimentaire, ces explications sont de plus en plus difficiles à croire.

Depuis le 7 octobre 2023, Israël mène une guerre visant officiellement à éliminer le Hamas de la bande de Gaza, où vivent plus de deux millions de Palestiniens. Bien que les communiqués fassent état de milliers de combattants tués et de tunnels détruits, la victoire semble hors de portée, car l'objectif d'éliminer le Hamas apparaît inatteignable, même de l'aveu de hauts responsables israéliens. Le chef du Hamas, Yahya Sinwar, reste introuvable et continue de mener les négociations de cessez-le-feu.

En attendant, ce sont les civils, en particulier les enfants, qui paient le prix fort, tandis que le reste du monde semble indifférent.

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Négociations et opérations militaires : un cercle vicieux

Israël poursuit deux objectifs simultanément : des négociations de cessez-le-feu menées par le chef du Mossad à Doha, en collaboration avec la CIA et des émissaires du Qatar et d'Égypte, et une opération militaire imminente dans la ville de Gaza, précédée de la distribution de tracts incitant la population à se déplacer vers le sud. Épuisés par des mois d'offensives israéliennes, les habitants ont repris le chemin de l'exode interne.

La guerre s'éternise dans un contexte politique intérieur israélien instable, où le Premier ministre Benyamin Netanyahou est lié à une extrême droite virulente, et dans un contexte international de crise qui entrave toute action collective décisive.

La malnutrition infantile : une urgence criante

Selon les dernières données de l'UNRWA, un enfant sur cinq souffre de malnutrition à Gaza. Ces enfants arrivent dans les cliniques de l'agence onusienne "émaciés, faibles et risquant fortement de mourir s'ils ne reçoivent pas immédiatement les soins nécessaires", selon les termes de son commissaire général, Philippe Lazzarini. L'ONU alerte depuis des mois sur "la lente agonie du territoire palestinien", et ses agents sur place constatent une nouvelle dégradation des indicateurs humanitaires, avec une accélération du rythme des décès liés à la malnutrition.

Un conflit aux racines profondes

Le conflit israélo-palestinien, qui dure depuis des décennies, a connu une escalade dramatique le 7 octobre 2023. Ce jour-là, les sirènes d'alerte ont retenti à Ofakim, une ville israélienne située à quelques kilomètres de la bande de Gaza, annonçant une salve de roquettes tirées depuis l'enclave palestinienne. Des commandos du Hamas ont pris d'assaut des kibboutz et une rave party, semant la terreur et la mort.

L'éducation : un enjeu crucial

De nombreux observateurs internationaux ont constaté la présence croissante de contenus haineux dans les manuels scolaires palestiniens, incitant à la violence, glorifiant les actes de terreur, encourageant le djihad et diffusant un antisémitisme virulent. Ces dérives compromettent l'avenir des enfants palestiniens, qui ont droit à une éducation fondée sur le respect de la dignité humaine, l'apprentissage du vivre-ensemble, la tolérance et la promotion de la paix.

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Une riposte israélienne d'une ampleur sans précédent

La riposte d'Israël aux massacres perpétrés par le Hamas s'est traduite par une campagne de bombardements d'une intensité jamais vue sur Gaza, une zone densément peuplée et enclavée. Une grande partie des zones habitées ont été effacées de la carte. Un siège est également imposé aux quelque 2 millions d'habitants de la bande de Gaza, qui dépendaient déjà à 80 % de l'aide extérieure avant le 7 octobre, dans le contexte d'un blocus imposé par Israël et l'Égypte depuis 2007.

Une aide humanitaire entravée

L'aide humanitaire est entravée par les autorités israéliennes. Entre le 2 mars et le 20 mai 2025, la bande de Gaza a été soumise à un siège total, sans aucune entrée d'aide. Le 27 mai 2025, les autorités israéliennes ont décidé de mettre fin à l'aide humanitaire de l'ONU, en la remplaçant par un système de distribution alimentaire géré par une organisation appelée la Fondation humanitaire de Gaza (GHF). Plus de 1 000 personnes ont été tuées et près de 7 200 blessées sur ces sites de distribution alimentaire alors qu'elles tentaient de recevoir de la nourriture.

Une guerre totale et un système de santé effondré

Médecins Sans Frontières (MSF) a documenté de manière extensive la guerre totale menée par l'armée israélienne depuis octobre 2023 sur le site gazainsidethewar.com. Selon les autorités locales, du 7 octobre 2023 au 7 octobre 2025, plus de 67 170 personnes ont été tuées, dont près d'un tiers sont des enfants, et 169 780 autres ont été blessées.

Le système de santé est totalement effondré, aucun hôpital de la bande de Gaza n'étant actuellement pleinement opérationnel. Les travailleurs humanitaires et les professionnels de santé ont été victimes d'attaques répétées. Au moins 1 700 professionnels de santé ont été tués et plus de 565 travailleurs humanitaires, pour la plupart palestiniens, ont été tués à Gaza.

Les établissements médicaux ne sont pas épargnés par les attaques et les ordres d'évacuation des forces israéliennes. Les équipes de MSF ont dû quitter de nombreuses structures, tandis que d'autres continuent de fonctionner avec du personnel et des patients coincés à l'intérieur.

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Famine et malnutrition : une catastrophe humanitaire

Le 22 août 2025, l'IPC (l'initiative de classification de la phase de sécurité alimentaire) a publié un nouveau rapport constatant que "la famine est confirmée dans la bande de Gaza". Les équipes de MSF tentent désespérément de traiter un nombre croissant de patients souffrant de malnutrition dans leurs cliniques, tout en luttant elles-mêmes pour se nourrir.

Les forces israéliennes n'autorisent pas les évacuations médicales en nombre suffisant et n'appliquent que des critères opaques et arbitraires.

Un rapport accablant : le génocide

Après des mois d'enquêtes, de collecte de preuves et d'analyses juridiques, MSF a publié un rapport intitulé "On a l'impression d'être des sous-humains' - Le génocide des Palestiniens et Palestiniennes commis par Israël à Gaza", qui révèle que l'État d'Israël commet un crime de génocide contre la population palestinienne de Gaza. Le 16 septembre 2025, un rapport d'une commission de l'ONU est parvenu aux mêmes conclusions.

Le rapport met en évidence trois actes qualifiant le terme de génocide selon la Convention de 1948 :

  • Meurtre des membres du groupe : Plus de 42 000 Palestinien·nes tué·es en un an par les attaques de l’armée israélienne dont 13 319 enfants.
  • Atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale des membres du groupe : Près de 98 000 blessé·es recensés sur les douze mois suivant le 7 octobre 2023, dont plus de 22 000 l’ont été gravement et nécessitent des soins et une rééducation sur le long terme.
  • Soumettre intentionnellement le groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle : 1,9 millions de Palestinien·nes déplacés, soit 90% de la population de Gaza.

L'urgence d'un cessez-le-feu durable

Début octobre 2025, l'annonce de la première phase du cessez-le-feu apporte un moment de répit aux Palestiniens épuisés, affamés et en deuil, mais elle intervient après plus de deux ans et plus de 67 000 morts. Le cessez-le-feu doit être respecté et durable, car c'est le seul moyen de fournir les soins dont la population a désespérément besoin.

Il est impératif que les autorités israéliennes permettent un acheminement massif et sans entrave de l'aide humanitaire et autorisent les évacuations médicales des patients nécessitant des soins spécialisés.

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