L'infertilité est définie par l'incapacité d'un couple sexuellement actif, ne recourant pas à la contraception, d'obtenir une grossesse après une année. Un facteur masculin, souvent caractérisé par des anomalies du spermogramme, est à lui seul responsable d'environ 20 % des cas d'infertilité conjugale et contribue à l'infertilité dans 30 à 40 % des couples. L'évaluation initiale de l'homme dans un couple infertile doit être réalisée en l'absence de grossesse après un an de rapports non protégés. Le délai peut être raccourci en cas de facteur de risque d'infertilité ou de questionnement d'un des partenaires du couple.

L'évaluation de la fertilité masculine

L'évaluation minimale complète de chaque homme infertile doit inclure l’histoire médicale et reproductive complète, un examen physique réalisé par un urologue ou un autre spécialiste de la reproduction masculine et au moins deux spermogrammes. En fonction des résultats de ce premier bilan, des examens complémentaires peuvent s’avérer nécessaires.

Spermogramme : un examen clé

La réalisation d’un spermogramme est systématique. Si les valeurs sont normales, un seul spermogramme est suffisant. En cas d’anomalie au premier spermogramme, il est nécessaire de contrôler les conditions d’examen (délai d’abstinence, conditions de recueil) et un deuxième spermogramme, à au moins un mois d’intervalle, doit être réalisé. Les méthodes d’analyse du sperme sont discutées dans de nombreux traités et des protocoles de laboratoire détaillés ont été publiés par l’Organisation mondiale pour la santé (OMS).

L’azoospermie est définie par une absence totale de spermatozoïdes dans le sperme. Le diagnostic repose sur deux examens différents recherchant les spermatozoïdes dans le culot de centrifugation à 3000g pendant 15minutes. Concernant la morphologie des spermatozoïdes (spermatocytogramme), la classification de David est la plus utilisée en France. Parfois la classification de Kruger peut lui être préférée, mais elle donne très peu d’information sur le flagelle. Dans tous les cas, il est nécessaire de connaître la classification adoptée.

Autres tests complémentaires

Si cette évaluation initiale montre une anomalie de l’histoire et/ou de l’examen clinique et/ou un spermogramme anormal, elle peut être complétée par :

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  • des spermogrammes supplémentaires ;
  • une évaluation endocrinienne (FSH, LH, testostérone, inhibine) ;
  • une analyse d’urine après éjaculation ;
  • une échographie +/− doppler qui doit étudier les testicules, les épididymes, les déférents, les vésicules séminales et la prostate ;
  • des tests spécialisés du sperme ou du liquide séminal ;
  • une évaluation génétique : caryotype complété à l’appréciation du praticien de recherches de microdélétion du chromosome Y.

Une évaluation endocrinienne initiale doit comprendre au moins un dosage de la testostérone totale et de la FSH. Elle s’impose s’il y a :

  • une concentration de spermatozoïdes anormalement basse, notamment au dessous de 10millions/ml ;
  • une dysfonction sexuelle ;
  • des signes et/ou symptômes suggérant une endocrinopathie.

Une analyse postéjaculatoire des urines doit être réalisée chez les patients présentant un volume éjaculé inférieur à 1ml, exception faite des patients ayant une agénésie bilatérale des canaux déférents (ABCD) ou des signes cliniques d’hypogonadisme.

Impact de 300 spermatozoïdes progressifs

La question de savoir si 300 spermatozoïdes progressifs suffisent pour concevoir est complexe et dépend de plusieurs facteurs. Pour comprendre cela, il est essentiel de définir ce que signifie "spermatozoïdes progressifs" et comment ils sont évalués.

Définition des spermatozoïdes progressifs

Les spermatozoïdes progressifs sont ceux qui se déplacent activement en ligne droite ou dans de grands cercles, ce qui est essentiel pour leur capacité à atteindre et féconder l'ovule. La mobilité des spermatozoïdes est un paramètre important évalué lors d'un spermogramme.

Analyse du spermogramme

Un spermogramme évalue plusieurs paramètres, notamment :

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  • Nombre de spermatozoïdes par ml : La concentration de spermatozoïdes dans l'éjaculat.
  • Mobilité : Le pourcentage de spermatozoïdes mobiles. Ce paramètre est divisé en plusieurs catégories :
    • Progressifs (se déplacent en ligne droite).
    • Non progressifs (se déplacent mais pas en ligne droite).
    • Immobiles (ne se déplacent pas).
  • Morphologie : La forme des spermatozoïdes.
  • Vitalité : Le pourcentage de spermatozoïdes vivants.

Interprétation des résultats

Si un spermogramme révèle seulement 300 spermatozoïdes progressifs, cela indique une concentration extrêmement faible et une mobilité très réduite. Les valeurs de référence de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) définissent des seuils minimaux pour la qualité du sperme, et un nombre aussi bas de spermatozoïdes progressifs est significativement inférieur à ces seuils.

Possibilité de grossesse naturelle

Dans des conditions naturelles, la probabilité de concevoir avec seulement 300 spermatozoïdes progressifs est très faible. La fécondation nécessite qu'un nombre suffisant de spermatozoïdes atteigne l'ovule pour faciliter la pénétration. Avec un nombre aussi limité, les chances de succès sont considérablement réduites.

Options de procréation médicalement assistée (PMA)

Même avec un nombre très faible de spermatozoïdes progressifs, la procréation médicalement assistée (PMA) offre des options pour augmenter les chances de conception.

Insémination intra-utérine (IIU)

L'IIU consiste à insérer directement les spermatozoïdes dans l'utérus de la femme au moment de l'ovulation. Cette technique peut être envisagée si, après préparation du sperme, un nombre suffisant de spermatozoïdes mobiles peut être isolé. Cependant, avec seulement 300 spermatozoïdes progressifs, cette option pourrait ne pas être viable.

Fécondation in vitro (FIV)

La FIV consiste à féconder l'ovule avec les spermatozoïdes en laboratoire, puis à implanter l'embryon résultant dans l'utérus de la femme. La FIV classique nécessite un nombre raisonnable de spermatozoïdes pour féconder les ovules.

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Injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI)

L'ICSI est une technique de FIV où un seul spermatozoïde est injecté directement dans l'ovule. Cette méthode est particulièrement utile lorsque le nombre de spermatozoïdes est très faible ou leur mobilité est réduite. Avec 300 spermatozoïdes progressifs, l'ICSI est probablement l'option la plus appropriée.

Facteurs à considérer

Plusieurs facteurs doivent être pris en compte pour déterminer la meilleure approche :

  • Âge de la femme : La qualité des ovules diminue avec l'âge, ce qui peut affecter les chances de succès de la PMA.
  • Autres problèmes de fertilité : La présence d'autres problèmes de fertilité chez l'homme ou la femme peut influencer les options de traitement et les chances de succès.
  • Qualité du sperme : Outre le nombre et la mobilité, la morphologie et la vitalité des spermatozoïdes sont également importantes.

Amélioration de la qualité du sperme

Bien que le nombre de 300 spermatozoïdes progressifs soit très bas, certaines mesures peuvent être prises pour essayer d'améliorer la qualité du sperme :

  • Changements de style de vie : Arrêter de fumer, réduire la consommation d'alcool, adopter une alimentation saine et faire de l'exercice régulièrement peuvent améliorer la qualité du sperme.
  • Suppléments : Certains suppléments, comme les antioxydants (vitamine C, vitamine E, sélénium), le zinc et l'acide folique, peuvent améliorer la qualité du sperme. Cependant, il convient de ne pas surdoser les vitamines et d'éviter l'apport de vitamine C et de Sélénium qui, bien qu'ayant un bon pouvoir antioxydant, ont la propriété de favoriser la décompaction de la chromatine : elles "déroulent" la pelote d'ADN alors que cette forme compactée permet à l'ADN de ne pas être dénaturé lors de son passage dans les voies génitales féminines.
  • Traitement médical : Si une infection ou un varicocèle est présent, un traitement médical peut améliorer la qualité du sperme.
  • Éviter l'exposition à la chaleur : Éviter les bains chauds, les saunas et les vêtements serrés peut aider à maintenir une température testiculaire optimale pour la production de spermatozoïdes.

Tests supplémentaires

Il est également important de réaliser des tests supplémentaires pour identifier les causes possibles de la faible qualité du sperme. Ces tests peuvent inclure :

  • Test de fragmentation de l'ADN : Ce test évalue les dommages à l'ADN des spermatozoïdes, ce qui peut affecter la fertilité. Si le taux de fragmentation reste élevé après l'apport de ces "solutions" et un délai de 3 mois (temps de fabrication des spermatozoïdes), on pourra prooser une FIV avec IMSI, voire dans certains cas une biopsie testiculaire.
  • Spermoculture : C’est la mise en culture du sperme à la recherche d’une infection. On considère qu’il y a une infection lorsque la quantité de bactéries est ≥ 1 000 bactéries/ml : les mycoplasmes et les chlamydiaes sont recherchés grâce à des milieux de culture spécifiques.
  • Le Test de Migration Survie des spermatozoïdes : Ce test (appelé TMS) permet d’isoler les spermatozoïdes mobiles et d’estimer leur survie à 24 heures. Il n’est pas réalisé en routine mais uniquement lorsqu’il existe une anomalie du spermogramme.

L'importance d'un suivi médical

Il est crucial de consulter un spécialiste de la fertilité pour évaluer la situation et discuter des options de traitement appropriées. Un bilan complet permettra de déterminer les causes de la faible qualité du sperme et de mettre en place un plan de traitement personnalisé.

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