Le boulevard Ric Hochet, situé à Roquebrune-sur-Argens, est un hommage vibrant à Gilbert Gascard, plus connu sous le pseudonyme de Tibet, le talentueux dessinateur et co-créateur du célèbre reporter-détective Ric Hochet. Cette distinction honorifique, décernée en 2002, témoigne de l'impact significatif de Tibet sur le monde de la bande dessinée et de son attachement à cette commune du Var.

Tibet : Un Parcours Exceptionnel

Né à Marseille en 1931, Gilbert Gascard émigre en Belgique avec sa famille dès 1936. C'est à Bruxelles qu'il forge son destin dans le monde de la bande dessinée, adoptant le pseudonyme de Tibet, un surnom affectueux donné par son frère aîné.

Les Débuts d'un Artiste

Tibet fait ses premières armes dans le dessin en tant qu'apprenti dans un studio bruxellois, où il apprend les rudiments du métier. Il collabore ensuite aux studios Walt Disney de Bruxelles, où il affine son style et développe son talent.

L'Ascension d'un Créateur

Au début des années 1950, Tibet rejoint le journal Tintin, où il crée "Chick Bill en Arizona" en 1953, un western humoristique qui deviendra rapidement un succès. Parallèlement, il travaille sur d'autres séries et contribue à divers projets du journal.

La Consécration avec Ric Hochet

C'est en 1963 que Tibet, en collaboration avec André-Paul Duchâteau, donne naissance à Ric Hochet, un reporter-détective moderne qui séduit immédiatement les lecteurs du journal Tintin. La série connaît un succès fulgurant, propulsant Tibet au rang de figure incontournable de la bande dessinée franco-belge.

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Tibet dessinera 78 couvertures pour cette série s'étalant sur plusieurs décennies qui se vendra a 15 millions d'exemplaires. Si il confiera les décors de ses planches à Mittéï, Dany, Serron, Denayer, Desmit.. il se chargera toujours des illustrations de couvertures. L'oeuvre exposée est d'ailleurs particulièrement travaillée avec un vėritable effort sur la composition qui est mise en valeur par un gros travail d'encrage.

Ric Hochet : Un Héros Intemporel

Ric Hochet, c’est l’histoire d’un reporter/détective créé par l’association d’un scénariste, A.P Duchâteau et d’un dessinateur, Tibet. Les aventures de Ric Hochet commencent à paraître dans le JOURNAL TINTIN. Bien évidemment, un jour ou l’autre, devant le succès de la série, publier un album s’impose et c’est chose faite à partir de 1963. L’aventure dure jusqu’au décès de Tibet avec 78 albums parus, même si ce dernier est incomplet car en cours de réalisation lors de la mort de Tibet.

Ric Hochet est un personnage charismatique et attachant, qui évolue dans un univers où se mêlent mystère, action et suspense. Ses enquêtes palpitantes, souvent liées à des énigmes scientifiques ou à des complots complexes, captivent les lecteurs de tous âges.

Un Style Graphique Unique

Le style graphique de Tibet, caractérisé par un trait clair et précis, contribue grandement au succès de la série. Ses couvertures, notamment, sont de véritables œuvres d'art, qui suscitent l'admiration et l'envie de découvrir les aventures de Ric Hochet.

Couverture de "Le Supplice de la Roue"

Pour la petite histoire, j'avais cinq ans quand cet album est sorti et je l'ai donc découvert plus tard dans les années 80. Néanmoins, cette couverture avait été à l'époque une grosse claque par sa beauté et son aspect inquiétant. Ric Hochet est soumis au supplice de la roue à aubes devant un courtisan de la Renaissance masqué et armé d'une épée. Voilà un suspense crée en un clin d’oeil qui donne immédiatement envie de se plonger dans l'histoire.

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Résumé d'une Aventure

Résumé ; Ric et Nadine visitent le château d'If. Un homme, devenu subitement fou furieux, attaque notre ami à la canne-épée. Ric ne doit la vie sauve qu'à l'intervention énergique d'un autre touriste, en l'occurrence un psychiatre. L'attaquant -Edmond Ferrand- redevient lui-même, s'excuse, déclare avoir vécu plusieurs vies antérieures. Depuis des siècles, il serait poursuivi par un certain Marcus qui en veut à sa vie. Plus tard, au journal, Ric apprend que Ferrand s'est fait renverser par une voiture. Légèrement blessé il contacte Ric, le prévient que Marcus lui a téléphoné et que rendez-vous a été fixé dans les anciennes halles de Paris. La nuit, notre ami s'y rend. Bien mal lui en prend ! Il est attaqué à l'arbalète par un personnage masqué; et qui plus est : habillé comme au 16ème siècle. Il ne doit la vie sauve qu'à l'intervention de Ferrand, entretemps arrivé. Invité dans sa propriété -où habitent l'épouse et le frère- il propose d'en effectuer la surveillance. Mais les événements vont se précipiter. Dans un vieux moulin à eau transformé en bibliothèque, Ric et Ferrand sont attaqués par l'inconnu masqué. Ils s'en sortent de justesse. Le commissaire Bourdon est appelé en renfort. Mais Ferrand est bientôt retrouvé mort, le visage exprimant une profonde frayeur. Plus tard, à la lecture du testament, épouse et frère sont quasi déshérités au profit d'une association et de Ric en personne. Troublant testament, en vérité, car des soupçons pèsent maintenant sur notre ami. Et Marcus qui, maintenant, le poursuit… Qui est donc ce mystérieux personnage semblant venir des siècles passés ?… Pourquoi a-t-il tué Ferrand ?… Quelles sont ses motivations ?… Pourquoi Ric est-il désigné héritier ?…

Roquebrune-sur-Argens : Un Lieu de Cœur pour Tibet

Roquebrune-sur-Argens occupe une place particulière dans le cœur de Tibet. L'artiste y séjourne régulièrement et y trouve une source d'inspiration. C'est donc tout naturellement que la commune décide de lui rendre hommage en baptisant un boulevard à son nom.

Une Reconnaissance Méritée

L'inauguration du boulevard Ric Hochet en 2002 est un événement majeur pour la commune de Roquebrune-sur-Argens. Elle témoigne de la reconnaissance de la ville envers un artiste de grand talent et de son attachement au monde de la bande dessinée.

Un Hommage Durable

Le boulevard Ric Hochet est un lieu de mémoire qui rappelle l'œuvre et la personnalité de Tibet. Il invite les promeneurs à découvrir ou redécouvrir les aventures de Ric Hochet et à rendre hommage à un maître de la bande dessinée.

L'Héritage de Tibet

Tibet nous a quittés en 2010, laissant derrière lui une œuvre immense et un héritage durable dans le monde de la bande dessinée. Son talent, son humour et sa créativité ont marqué des générations de lecteurs et continuent d'inspirer de nombreux artistes.

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Un Auteur Récompensé

Au cours de sa carrière, Tibet a reçu de nombreuses distinctions, parmi lesquelles :

  • Chevalier de l’ordre de Léopold (1991)
  • Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres (2006)
  • Prix Albert Uderzo (2006)

Un Mur à Bruxelles

Un mur à Bruxelles, Rue du Bon Secours /Bijstandsstraat 9, rend également hommage à Ric Hochet. Nb. Seul auteur Français avec Jacques Martin a avoir une fresque permanente dans Bruxelles

Une Plaque Commémorative

Une plaque commémorative Rue Ric Hochet /Rik Ringersstraat, Galerie du Roi /Koningsgalerij (Bruxelles) a été installée en son honneur.

Anecdotes et Hommages Additionnels

Le rayonnement de Tibet et de son personnage Ric Hochet a généré de nombreuses anecdotes et hommages au fil des ans, témoignant de l'impact culturel de son œuvre.

Les Dessins Effacés du Festival de Roquebrune

Il aura fallu cinq couches pour tout effacer. Des images que l’organisateur de l’ancien festival de BD a lui-même saisies… Avec la complicité du patron de Rayclame, nous vous livrons ces authentiques pépites. Nous vous racontons leur histoire.

"C’est grâce à Tibet que le festival a pu exister, rappelle le patron de l’agence de communication Rayclame. Je ne connaissais personne dans ce milieu. Le bureau de Rayclame se trouve alors au premier étage d’une villa située au 4 place Perrin. "C’était pratique, sourit Grégoire Hacot. On surplombait, littéralement, les stands des auteurs. Le local, d’une soixantaine de mètres carrés, est peint en blanc.

"Tibet, le premier, m’a demandé un marqueur, se souvient le bédéphile. Il a dessiné Ric Hochet sur le mur avec une bulle clin d’œil. Les autres invités de cette première édition (Dany, De Groot, Walthéry…) ne tardent pas à l’imiter. "Ils me regardaient avec un air goguenard: “Ah ouais, on peut faire ça?..” Mais en fait, ils ne me demandaient pas l’autorisation. Tibet l’avait fait; pourquoi pas eux? Dany a dessiné une nana à poil vantant la “formidable force de pénétration” de Rayclame.

"Certaines œuvres, comme celle de Zep avec Titeuf et Mickey, mesuraient un bon mètre de hauteur, précise Grégoire Hacot. Certains y passaient beaucoup de temps. En fait, ils prenaient cet exercice très au sérieux: ils ne voulaient pas que leur dessin soit ridicule à côté des autres. Au bout de quelques étés, les espaces vierges se raréfient.

"C’est Jean-Claude Denis, je crois, qui avait mis un post-it pour dire: “Ceci est ma place, je reviens tout de suite”. Gotlib, comme Mandryka, s’étaient réfugiés dans les toilettes. Adeline Blondieau était désespérée de ne plus trouver un endroit pour écrire!

"Le propriétaire du local m’a proposé de tout laisser en l’état, confesse Grégoire Hacot. Mais moi, je n’ai pas voulu. Il faut me comprendre… Ces dessins sont comme des dédicaces; ils ont été faits dans un contexte précis. Les déplacer? Les récupérer? Impossible. Aujourd’hui, il n’en reste que des photographies.

Chaque dessin évoque un souvenir particulier à Grégoire Hacot. "C’est l’auteur avec lequel j’ai eu le plus de difficultés en amont. Il ne voulait pas faire plus de trente dédicaces dans la journée, il exigeait des tickets de passage, etc. Mais une fois sur place, avec son copain Gotlib qui était l’invité d’honneur, il s’est détendu. Il est allé piquer une tête dans la piscine avec Margerin, il a rigolé pendant le dîner… Et le lendemain, il a dédicacé toute la journée sans s’arrêter et sans rouspéter. Avant de partir, il est monté au bureau et m’a fait cette caricature de lui-même avec la houppe de Titeuf. C’était sa façon de me dire, avec pudeur, qu’il avait été heureux d’être là… François Walthéry, le dessinateur de Natacha, a assisté aux onze éditions du festival de Roquebrune. "Et il sera de nouveau parmi nous, l’an prochain à Saint-Raphaël, pour fêter les 50 ans de son héroïne.

"Michel Rodrigue, le dessinateur de Cubitus (à droite), était dans mon bureau, raconte Grégoire Hacot. Il me demande un marqueur; je le lui donne. Puis un marteau… Je le lui tend, vaguement inquiet. Il se met dans un coin, à l’abri des regards. Et j’entends qu’il donne des coups contre le mur! Et il a fait ce que vous voyez là! Michel, c’est un gars talentueux, mais c’est d’abord un cœur d’or. Est-ce qu’il reviendra l’an prochain au festival de Saint-Raphaël? Bien sûr!

La Série "Aldo Remy"

Grâce à l’amitié qu’il leur portait, les sympathiques éditions cannoises Le Gang ont eu l’opportunité d’éditer la dernière perle de Gilbert Gascard, dit Tibet : « La Rage au c?ur ». Avec les cocasses (més)aventures dramatiques d’« Aldo Remy », un aussi athlétique que comique « homme à louer » qui vend ses services au premier venu, Tibet a réutilisé son habituel trait semi-réaliste pour changer de cœur de cible ; prouvant ainsi, à ses détracteurs, qu’il était capable de se renouveler, après plus d’un un demi-siècle de « Ric Hochet » et de « Chick Bill » réalisés pour les éditions Le Lombard. Il faut en effet préciser, qu’alors que cette série était certainement celle qui lui ressemblait le plus -celle où il se sentait complètement libre-, les deux premiers tomes d’« Aldo Remy » n’ont pas recueilli un accueil très enthousiaste de la part des lecteurs. Ce fut aussi le cas quand Tibet présenta son projet aux gens du Lombard : ces derniers, quelque peu surpris, se demandaient bien pourquoi, d’un seul coup, sans qu’il ne demande rien à personne, le vénérable Marseillais se mettait à réaliser une bande dessinée, plus personnelle, qui lui rappelait ses modestes origines ? Il est vrai que la série, située dans un secteur assez pauvre où tout le monde se connaît et se tutoie (les mauvais garçons comme les honnêtes lurons), se veut sans prétention et ressemble vraiment beaucoup à son auteur amateur de jeux de mots vaseux balancés avec bonhomie. Peut-être que, tout simplement, Tibet en avait un peu marre d’alterner, en moyenne, un « Ric Hochet » et un « Chick Bill » tous les ans ? Quoi qu’il en soit, Le Lombard va refuser « Aldo Remy » et Tibet, en désespoir de cause, le présente alors à Paul Herman : le jovial et érudit porte-parole des éditions Glénat en Belgique.

Les Débuts et les Influences de Tibet

Il n’est pas question, dans cet article, de raconter en détail la vie de Tibet, mais d’évoquer, brièvement, son parcours professionnel en évoquant, surtout, le plaisir qu’il avait à exercer son métier, sans oublier de mentionner les nombreuses brimades qu’il a dû subir et qui l’ont, peut-être, amené à créer cette dernière œuvre : « un truc qu’Hergé n’aurait pas apprécié, mais tant pis ! Tibet n’avait donc pas cinq ans lorsque sa famille émigre en Belgique et à peine dix lorsqu’elle s’installe au centre de Bruxelles. « C’est sous mon vrai nom, Gilbert Gascard, que j’y suis entré, mais on m’a pourtant toujours appelé Tibet ! C’est mon frère aîné -de 18 mois- qui en est à l’origine, ayant ainsi transformé mon prénom car il prononçait plus facilement ‘ti-’bet que Gilbert. Quand j’ai quitté l’école vers l’âge de seize ans, j’avais essayé de vendre mes dessins et mes premières bandes dessinées. On me les refusait systématiquement parce que ce n’était pas au point et quelqu’un d’intelligent m’a alors conseillé de travailler comme apprenti dans un studio de dessin. J’ai eu la chance d’entrer dans cette entreprise où les auteurs faisaient aussi de la bande dessinée : et ils m’ont appris les rudiments du métier.

Ils ont eu, ensuite, l’opportunité de créer Mickey Magazine (un périodique belge mettant en scène les personnages de l’univers Disney, lancé en 1950, soit deux ans avant la renaissance du Journal de Mickey français, ndlr) et ils sont devenus, alors, officiellement, les studios Walt Disney de Bruxelles. Moi, je gommais les pages des autres, je leur faisais leurs courses, je balayais les bureaux… ; et, petit à petit, j’ai commencé à réaliser du lettrage, à noircir les masses sombres des dessins et à collaborer de plus en plus aux travaux commandés. J’y suis resté pendant deux ans et ce n’est qu’après que j’ai pu, enfin, commencer à vivre de mon travail de dessinateur. ou pour « Le Triangle de feu » publié dans Spirou, en 1952, des aventures de pirates où Tibet prêtait ses traits au personnage principal ; ndlr) ! Il avait aussi publié un roman policier et cela m’impressionnait beaucoup, à l’époque. Il était même devenu le rédacteur en chef adjoint de Mickey Magazine, alors que moi, je commençais juste à faire mes histoires tout seul (dont « Vendredi 13 », réalisé entre 1946 et 1947) ! En effet, dès 1947, Tibet réalise quelques illustrations qu’il signe Coq pour Plein Jeu, puis, en 1949, pour l’hebdomadaire Héroïc-Albums : un magazine qui accueillait déjà des dessinateurs qui allaient devenir célèbres comme Maurice Tillieux, Fred Funcken, Greg, Albert Weinberg ou François Craenhals qu’il n’hésite pas à aider pour l’encrage d’un épisode de son « Karan ». C’est aussi dans ce journal belge que Tibet scénarise « La Patrouille des panthères » dessinée par Tenas et Rali, en 1949, participant même, quelque fois, à l’encrage de cette courte série. Cette série met en scène un privé coriace, tendance « Série Noire », du nom de « Dave O’Flynn ». Puis, à la fin de cette année, Tibet frappe à la porte du Lombard, pour patienter avant le rendez-vous qu’il avait pris aux éditions Dupuis (il espérait travailler au journal Spirou qui publiait André Franquin, l’un des plus célèbres dessinateurs de « Spirou » et le futur créateur de « Gaston » : un auteur qu’il admirait mais qu’il ne connaissait pas encore personnellement). Il est aussitôt engagé et devient maquettiste-illustrateur au studio de dessin du journal Tintin, succédant ainsi à Bob De Moor et à François Craenhals pour réaliser nombre de petits dessins, de culs-de-lampe, de publicités et autres illustrations diverses. Tibet en profite alors pour créer la première histoire complète en plusieurs planches parue dans ce périodique (quatre pages au n°39 du 26 septembre 1951), sur un scénario non signé de son compère André-Paul Duchâteau : les aventures de « Jeanjean et Jiji » dans « Yoyo s’est évadé ». C’est d’ailleurs pour cette même revue (et dans son équivalent francophone « Chez Nous - Junior ») que Tibet entreprend les aventures de « Chick Bill en Arizona », publiées dès le n°1 du 30 avril 1953. Destiné, au départ, à un très jeune public, ce western humoristique met en scène, outre le cow-boy Chick Bill, l’Indien Petit Caniche, le shérif Dog Bull et son souffre-douleur Kid Ordinn : des personnages à tête d’animaux que, progressivement, Tibet va humaniser. Et dès le quatrième épisode (« Kid Ordinn le rebelle »), les héros vont prendre les visages qu’on leur connaît aujourd’hui : « c’est Raymond Leblanc, le directeur-fondateur des éditions du Lombard, qui m’avait commandé cela, en 1952. Il avait même fait faire des essais à d’autres dessinateurs comme Weinberg ou Craenhals, car il voulait des bandes dessinées pour les tout-petits afin de concurrencer Le Journal de Mickey ! Il était emballé par mon projet que j’avais dessiné dans le style proche de celui de Disney que j’avais alors. Mais il devait avoir l’aval d’Hergé, le créateur de « Tintin », qui était alors le directeur artistique du journal. Ce dernier a trouvé cette série peu crédible, prédisant que cela ne marcherait jamais ! « Un an plus tard, alors que j’effectuais mon service militaire, Leblanc m’a écrit pour m’annoncer qu’il sortait un nouveau journal sur lequel Hergé n’aurait aucune autorité et qu’il souhaitait y publier « Chick Bill », à condition que je sois capable de dessiner deux planches par semaine ; et j’ai fait cela pendant des années et des années, prenant à l’occasion des collaborateurs car j’avais du mal à m’en sortir tout seul. C’est comme cela que j’ai eu recours à Maurice Rosy (en 1955) ou à René Goscinny, le futur scénariste d« Astérix », qui était l’un de mes proches amis (sur « La Bonne mine de Dog Bull », en 1957). C’est surtout lorsque la série est passée également dans l’hebdomadaire Tintin que je lui ai demandé de me donner des idées pour « Chick Bill ». Nous étions d’accord sur le fait que si l’une de ses propositions me plaisait, je la lui achèterais et que je l’exploiterais moi-même. En fait, il m’a écrit quelques canevas sur lesquels j’ai rajouté gags et dialogues : j’aurais mieux fait de l’engager comme scénariste à part entière ! Je savais qu’il avait du talent, mais je me demandais si cela collait bien avec l’esprit et l’humour du journal Tintin ; il a d’ailleurs prouvé que son style parodique était plus à sa place dans Pilote ! Tout en continuant cette série dans Chez Nous Junior et dans sa version flamande Ons Volkske, Tibet dessine donc d’autres histoires de « Chick Bill », puis de plus brèves avec « Kid Ordinn » à partir de 1967 (intitulées « Kidordinneries »), dans l’hebdomadaire Tintin : « André Franquin m’avait présenté Greg ; et ce dernier m’a aussi écrit de nombreux canevas, également à partir de 1957, pour cet amusant western où j’ai multiplié les jeux de mots ! ». Mais que de regrets, d’occasions de perdues et de brimades qu’a dû subir cet homme finalement assez angoissé. que l’on a toujours pressé à travailler énormément et dont les comédies, par trop burlesques, étaient souvent jugées « vulgaires » ; et quand cela venait de la part de quelqu’un comme Hergé (qui l’engagea quand même dans son studio, pendant seulement quinze jours, en juin 1952), on peut facilement comprendre que cela devait être assez pesant !

Lectures Recommandées

Pour en savoir plus sur la vie et l'œuvre de Tibet, on peut consulter l’excellent livre que Patrick Gaumer lui a consacré aux éditions Le Lombard : « Tibet : la fureur de rire », en septembre 2000 ; ou encore son autobiographie « Qui fait peur à Maman ? », publié aux éditions L’Esprit des Péninsules, en février 2007 : un recueil de ses souvenirs de jeunesse (sans aucun dessin), préfacé par son ami le chanteur Salvatore Adamo. Cette chronique douce-amère empreinte de pudeur, de nostalgie et d’humour révèle, en une suite de courts chapitres, ce que furent véritablement son enfance et son adolescence dans ce quartier pauvre du centre de Bruxelles.

Chick Bill

Scénarisé par Greg, l’épisode « Le Sixième desperado » est publié dans Chez Nous Junior et Ons Volkske, en1963. Il ne sera repris en album qu’en 1979, aux éditions Le Lombard, amputé des quatorze premières pages (dont nous vous en montrons deux dans cet article) : Tibet s’étant résolu à résumer le début de l’intrigue en une seule et unique case !!!

Ric Hochet et son Affinité pour les Porsche

Avec les séries Tv, vous connaissez tous l’inspecteur Colombo et son Cabriolet 403, le détective Nestor Burma et son Cabriolet 504 ou bien encore le Commissaire Laurence et son Coupé Facel Vega ! Comme Porschistes convaincus vous avez bien évidemment lu plusieurs albums du Reporter/Détective Ric Hochet et ses Porsche.

On peut comparer Ric Hochet à Tintin, autre grand reporter détective. La grosse différence entre les deux étant leur moyen de transport, car si Tintin n’a pas de préférence, Ric Hochet, qui a un côté Playboy, se déplace uniquement en voiture avec d’abord un Cabriolet MGA Jaune. Cette 356 connaît de nombreuses aventures, et dans « L’Ombre du Caméléon », on la retrouve sur le côté lors d’une poursuite avec les truands. Mais revenons à ses Porsche : le Cabriolet 356 est remplacé par la première 911 2 litres Targa. Cette Targa connaît une triste fin puisqu’elle est détruite lors d’un accident alors que des truands tiraient la brave 911 avec un camion, la voiture finissant sa course contre un arbre. La puissance des voitures des truands évoluant, Ric Hochet ne peut pas faire autrement que de prendre possession d’une 930 Turbo (non sans avoir fait une escapade parmi les PMA avec une 924), modèle qu’il conserve jusqu’au milieu des années 90.

Hommages Automobiles

Ric Hochet atteint une telle notoriété qu’une exposition lui est consacrée à Bruxelles à l’occasion du quarantenaire de la 911 avec en plus un buste à son effigie en bronze et résine réalisé à 205 exemplaires ! Il ne lui manque que le passage à une série Tv, qui, malgré plusieurs tentatives n’aboutit pas ! En 2004 lors du Mondial de l’Automobile, un espace est consacré aux voitures des héros de bandes dessinées où on trouve bien entendu Ric Hochet et sa 911 2.0 Targa ! On pense qu’au début des années 2000 que Ric Hochet va prendre possession d’une 996, GT3 de préférence, mais en fait c’est au volant d’une 997 qu’il apparaît lors du dernier album inachevé (A la Poursuite du Griffon d’Or) par le duo Duchateau/Tibet, ce dernier décédant en cours de réalisation de celui-ci !

Autres Activités à Roquebrune-sur-Argens

TomPousse Jardins est une entreprise spécialisée dans l'aménagement et l'entretien de jardins et de parcs, située au 538 bd Ric Hochet à Roquebrune sur Argens. Grâce à son équipe de professionnels qualifiés, TomPousse Jardins propose une gamme complète de services pour embellir et entretenir les espaces verts en toute saison. Que ce soit pour la création d'un jardin à partir de zéro, la réalisation de travaux paysagers ou l'entretien des plantes existantes, TomPousse Jardins met tout en œuvre pour répondre aux besoins et aux attentes de ses clients.

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Festival de la Bande Dessinée de Saint-Raphaël

La Ville de Saint-Raphaël vous donne rendez-vous pour la 8e édition du Festival de la Bande Dessinée et de la Jeunesse. L'invité d’honneur Francis Bergèse sera présent pour vous faire découvrir l’univers de Buck Danny, héros de BD (pilote de chasse) créé en 1947 ! 28 auteurs internationaux sont attendus lors de ce week-end de rencontres. Et à ce titre l’Armée de l’Air et de l’Espace exposera un Alpha Jet de la Patrouille de France devant le Palais des Congrès. Le public pourra monter à bord et se faire photographier ! Ainsi que 2 simulateurs de vol de Mirage 2000 à l’intérieur du Palais ! Un week-end où les petits et les grands sont invités à se réunir autour de la Bande Dessinée et de l’aviation.

Dany : Un Artiste Associé à Tibet

Né le 28 janvier 1943 à Marche-en-Famenne (province de Luxembourg) en Belgique, Dany réside en Wallonie et rêve depuis toujours de faire de la bande dessinée. Ce rêve se concrétise d'abord, en 1964, par l'obtention d'un diplôme en graphisme et publicité de l'Ecole supérieure des Beaux-Arts de Liège. En 1966, à la recherche d'un bon assistant, Mittei engage Dany. Ses devoirs militaires ne sont toutefois pas trop astreignants. Dany peut dès lors s'adonner à sa passion de la BD : il illustre des contes et met en images de courtes histoires complètes pour le «Journal Tintin». Ensuite, le jeune dessinateur s'installe à Bruxelles et entre au Studio Greg où il collabore à la création de diverses séries. En 1968, il crée un monde onirique où la fantaisie, l'humour et la poésie règnent en maître : celui d'"Olivier Rameau". Avec Greg encore, Dany produira les aventures de "Jo Nuage et Kay Mc Cloud", une série qui parodie les exploits des équipes de super-policiers. Avec Greg toujours et succédant à Hermann, il dessinera deux épisodes de "Bernard Prince" pour Le Lombard. Avec la complicité de Jean Van Hamme, Dany illustre ensuite les aventures d'"Arlequin" où l'humour et l'action s'entremêlent astucieusement. Dans un style réaliste totalement différent et toujours sur un scénario de Jean Van Hamme, il crée un récit d'une densité remarquable, une "Histoire sans Héros" ! Réédité dans la collection «Signé» du Lombard, cet album connaîtra une suite intitulée «Vingt ans après» (1997). Pour les Editions P&T / Joker, Dany a en outre conçu des albums coquins. Dany a imaginé et mis en images une nouvelle série d'aventure qui prône la liberté et qui a pour cadre les grands espaces tumultueux de l'Afrique centrale : "Equator". En septembre 2005, Roquebrune-sur-Argens (Côte d'Azur) décerne à Dany "sa rue".

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