L'allaitement maternel, un acte naturel et bénéfique tant pour la mère que pour l'enfant, est souvent entouré d'idées reçues et de mythes. Cet article vise à démystifier certaines de ces idées fausses et à rétablir la vérité sur l'allaitement maternel, en s'appuyant sur des études, des recommandations d'organisations de santé et l'expérience des mères allaitantes.
1. L'allaitement n'est pas toujours douloureux, mais demande un apprentissage
Beaucoup de mamans ont les mamelons douloureux au début de l’allaitement. C’est pourquoi il est important qu’elle reçoive les conseils adéquats dès la naissance du bébé. Même si l’allaitement est un acte naturel, il peut être tout sauf instinctif et peut être difficile à mettre en place. C’est un apprentissage pour le bébé, mais aussi pour la mère. Allaiter est un acte naturel mais il n’est pas forcément inné. Il demande de la préparation et surtout de l’apprentissage, pour vous comme pour votre bébé. Traditionnellement, c’est en observant les femmes qui allaitent que les jeunes filles pourront apprendre à reproduire les mêmes gestes. Mais, si vous n’avez pas eu la chance d’assister à des tétées, ne vous inquiétez pas ! Et pour être certaine de recevoir de bons conseils, vous pouvez vous rapprocher d’un professionnel de santé formé en allaitement maternel.
Des professionnels de la santé fournissent des services de consultation en lactation pour aider les parents à mieux organiser ce moment et à trouver des solutions pour pallier les gênes liées à l’allaitement. En cas de douleurs aux mamelons, les professionnels recommandent :
- D’ajuster la position du bébé lors de la tétée, afin que son visage soit bien en face du tien et que son nombril regarde le tien.
- S’assurer que l’enfant ouvre grandement la bouche et englobe complètement le mamelon.
- Pratiquer des tétées plus courtes et rapprochées et éviter que le bébé s’endorme au sein.
- Alterner les positions d’allaitement, et retirer le sein de la bouche du bébé avec douceur.
- Appliquer quelques gouttes de lait ou un onguent à base de lanoline sur le mamelon crevassé pour le soulager.
- Utiliser des téterelles en silicone pour limiter le contact avec la salive du bébé, et donner le temps à la crevasse de cicatriser.
Si tes tétons sont trop sensibles ou trop défoncés après les premières tétées, sache qu’il existe des bouts de seins en silicone qui soulageront les tétons plats, ombiliqués, crevassés ou douloureux, sans que ton allaitement ne soit foutu pour autant.
2. Pas besoin de nettoyer les mamelons avant chaque tétée
Il n’est pas nécessaire de nettoyer le mamelon à chaque fois que tu souhaites donner le sein. En effet, les mamelons produisent une substance qui attire le bébé vers le sein et qui contient de bonnes bactéries nécessaires au renforcement immunitaire de l’enfant. Mais si tu en ressens le besoin, tu peux essuyer les dernières gouttes de lait qui coulent après que le bébé a fini de téter. Toutefois, si la maman utilise des produits pour traiter la sècheresse du mamelon et prévenir les plaies, il serait judicieux de le nettoyer avant que le bébé ne tète afin d’éviter qu’il ingère des substances nocives.
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3. Le contact mère-enfant est essentiel dès la naissance
Immédiatement après la naissance du bébé, le personnel médical conseille d’établir un contact peau à peau avec la maman, afin de l’aider à trouver plus facilement le sein et à le prendre. Il est conseillé de renouveler ce contact fréquemment pour que le nouveau-né s’habitue à l’allaitement.
4. Alimentation de la mère : équilibre et plaisir sont de mise
S’il est important que la jeune maman fasse des efforts pour manger plus équilibré pendant l’allaitement, elle a le droit d’opter pour ce qui lui fait plaisir. En effet, depuis le ventre, le bébé s’est habitué au régime alimentaire de sa mère. Manger des chips, une pizza, ou des plats surgelés pendant l’allaitement n’est pas un problème, même s’il est évidemment recommandé de manger sain et équilibré durant la grossesse et après. Cependant, la mère doit observer attentivement les réactions de son bébé à chaque fois qu’elle mange un aliment inhabituel.
Une femme qui a un régime alimentaire déséquilibré sera plus sujette à des excès de fatigue et à un surpoids ou des carences. Si la mère a des carences, son organisme fournira ce qui manque grâce aux réserves constituées pendant la grossesse ou antérieurement… mais au détriment de la maman. En revanche, l’alcool et le café fort sont plutôt déconseillés quand on allaite (notamment quand les tétées sont encore très fréquentes). Ils peuvent être autorisés mais dans des seuils raisonnables. Cependant, comme pour tout, il est possible d’améliorer sa qualité grâce à une alimentation riche et variée. Pour cela, vous pouvez miser sur des aliments riches en fer, en calcium, en acides gras essentiels ou encore en vitamines.
5. L'exercice physique n'altère pas le goût du lait
Il n’existe pas de preuve scientifique affirmant que l’exercice physique affecte le goût du lait maternel. Les experts médicaux encouragent à faire du sport après l’accouchement, car cela aide à réguler l’humeur et à perdre les kilos de grossesse. Mais en fonction des cas, c’est important de consulter un médecin avant de commencer un programme d’exercices.
6. L'allaitement est possible même si tardif
À sa sortie du ventre, les réflexes du nouveau-né sont très développés. C’est le moment idéal pour qu’il apprenne à téter, mais ce n’est pas toujours faisable pour des raisons diverses et variées. C’est pourquoi, dès que l’occasion se présente, la maman doit mettre son bébé au sein, le plus fréquemment possible. Avec l’aide du personnel de santé, il est toujours possible de stimuler ce réflexe chez le bébé.
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En effet, le réflexe de succion est présent chez le nourrisson jusqu’à ses quatre mois. Dans cet intervalle de temps, la mère doit construire une routine qui comprend entre huit et 12 tétées toutes les 24 heures. Pour qu’elles soient efficaces, il est conseillé de :
- Positionner le bébé de façon à ce que ton téton touche sa lèvre supérieure. Son nez doit être dégagé. Son menton doit être collé au sein, ainsi, il ouvre grand la bouche. Sa tête doit être penchée en arrière.
- Guider le bébé vers le sein en restant droite, et en appuyant le haut de son dos pour le rapprocher de ton corps. Si ton mamelon touche son palais, alors le réflexe de succion sera automatique, et l’allaitement plus confortable pour tous les deux.
- Vérifier qu’il boit bien le lait en l’observant. Si son menton fait des mouvements, et qu’il fait de petites pauses à intervalles réguliers, alors il avale correctement le lait.
7. La majorité des mères produisent suffisamment de lait
Cette idée n’est pas complètement vraie, car la majorité des mères produisent une quantité suffisante de lait pour leurs bébés. VRAI et FAUX. « Ça peut être vrai pour des mamans ayant eu des canaux lactifères sectionnés lors d’une chirurgie mammaire. Mais dans la plupart des cas, la production dépend totalement de l’accès du bébé au sein et de sa succion. Ensuite, la capacité de stockage change d’une femme à l’autre et cela n’a rien à voir avec la taille de la poitrine. Certaines femmes peuvent stocker beaucoup de lait, d’autres moins. Mais des facteurs tels que la fréquence des tétées et l’élimination naturelle du lait par le bébé peuvent influencer la production de lait. Il est toutefois possible d’améliorer la quantité de lait produite grâce à quelques astuces :
- Allaiter le plus souvent possible. Cela permet d’augmenter la production de prolactine dans ton corps. Cette hormone stimule ton cerveau, qui pousse quant à lui ton corps à produire encore plus de lait.
- Rapprocher les tétées.
- Alterner de sein pendant l’allaitement, lorsqu’on constate que le nourrisson ne tète plus.
- Limiter l’utilisation de tétines et autres biberons.
- Faire du power-pumping, dès que l’on constate une baisse de la quantité de lait. Cette méthode consiste à utiliser un tire-lait toutes les heures pendant 10 minutes afin de stimuler de façon extrême la production habituelle de lait. Dans les deux jours qui suivent le power-pumping, la mère devrait normalement constater une augmentation significative de son lait.
Peut-être que vous êtes dans un de ces fameux pics de croissance ou jours de pointe. La meilleure des solutions dans la plupart des cas et de « stimuler la demande » (et donc votre lactation) en mettant bébé le plus souvent au sein.
8. Lait artificiel et allaitement peuvent coexister
Lorsqu’une maman souhaite maintenir une bonne production de lait, elle doit continuer de donner le sein fréquemment à son bébé. Cependant, cela ne l’empêche pas de donner des substituts de lait maternel ou lait artificiel à son enfant lorsqu’elle en a besoin. Il est toutefois nécessaire de s’informer sur les types de produits artificiels à donner au bébé sans affecter ses habitudes alimentaires.
9. Allaiter en étant malade est souvent possible et bénéfique
Lorsque la maladie dont la mère souffre ne peut pas affecter son bébé ; si elle n’est pas handicapante pour la mère ; si le traitement associé a été jugé compatible avec l’allaitement par un médecin ou un pharmacien, alors rien n’empêche la mère de donner le sein. Pour cela, elle doit s’assurer qu’elle se nourrit, s’hydrate et se repose comme il faut. Les anticorps que produit la maman pendant sa maladie sont transmis au bébé à travers le lait et l’aident à développer ses propres défenses immunitaires. En effet, la plupart ne passe pas dans le lait maternel ou s’y retrouve en quantités trop faibles pour avoir une incidence sur le bébé.
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Alors, au moindre doute, ne laissez pas un petit problème en devenir un gros. N’attendez pas et consultez tout de suite un professionnel de l’allaitement.
10. L'allaitement ne rend pas les bébés plus "collants"
Le fait que certains bébés soient fortement attachés à leur mère n’a aucun lien avec la façon dont ils sont nourris. Chacun adopte un comportement qui lui est propre et qui correspond à ses besoins affectifs. Par ailleurs, les bébés nourris au sein ont besoin d’être dans les bras de leurs mères pour manger confortablement. Cela renforce le lien entre les deux, ce qui donne l’impression que l’enfant refuse de se séparer de sa maman. L’allaitement favorise la création de liens solides, mais cela n’entraîne pas nécessairement des bébés plus collants. Au contraire, cela renforce leur confiance et leur autonomie. Vous avez peut-être déjà entendu la phrase : Pour qu’un bébé puisse se détacher, il faut déjà qu’il puisse s’attacher ».
Durée de l'allaitement : un choix personnel
L’Organisation Mondiale de la Santé recommande un allaitement maternel exclusif de la naissance à six mois, car ce mode de nutrition a de nombreux bienfaits pour la santé de la mère et de l’enfant. L’OMS recommande l’allaitement jusqu’à au moins 2 ans.
Cette année pour la deuxième année, le forum allaitement invite ce jeudi les parents et futurs parents à poser leurs questions sur ce sujet. Cette année pour la première fois, Élodie Bonvoisin, animatrice à la Leche League, y tiendra un stand.
Reprise du travail et allaitement : c'est possible !
Le retour à la vie professionnelle après le congé maternité contraint beaucoup de mamans à mettre un terme à leur allaitement. Pourtant le droit du travail français permet de concilier allaitement et travail.
L'importance du soutien et de l'information
L’allaitement peut-être simple comme compliqué, le tout étant de s’entourer de personnes qui pourront t’aider sans te culpabiliser, avec bienveillance et sans jugement.
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