Yoann Richomme, né à Fréjus en 1983, incarne la passion et l'excellence dans le monde exigeant de la course au large. Son parcours, atypique et riche en expériences, l'a mené des bancs de l'université aux plus hautes marches des podiums internationaux. Aujourd'hui, il est reconnu comme un skipper de premier plan, alliant une expertise technique pointue à un esprit de compétition hors du commun.

Une Affaire de Famille : Les Racines d'une Passion

Dans la famille Richomme, la voile est une véritable tradition. Si Yoann Richomme est un nom qui résonne dans le monde de la voile, c'est en partie grâce à l'influence de son père, Yannick, et de son frère, Martin. La passion pour la mer et la compétition se transmet de génération en génération. Yannick Richomme, lui-même navigateur expérimenté, a transmis son amour de la voile à ses fils. On retrouve Yannick Richomme à la barre de « Captain Blind», participant au Télégramme Tresco Trophée sur un Grand Soleil 43 avec son fils Martin. Yannick Richomme, installé dans le Morbihan, n’avait plus disputé le Tresco depuis cinq ans. Il explique : « J’ai maintenant un Grand Soleil 43. Cela fait huit ans. On s’est promené sur l’Atlantique et la Méditerranée », explique le skipper de 66 ans. Des Antilles à New York en passant par un tour de Méditerranée, il ne s’est pas ennuyé : « On a fait ça par étapes ». Et le revoilà au pied du Château du Taureau : « C’est une belle course. Notre niveau de compétitivité a baissé et le bateau n’est pas préparé pour ça. Il a quelque 500 kg de trop », précise-t-il. Mais s’ils partent entre copains, pas question d’y aller seulement « pour le plaisir. On va essayer de batailler quand même ! », sourit celui qui a toujours navigué. « Mon père avait déjà un bateau. J’ai toujours navigué. Et maintenant, je le fais avec mes fils. D’ailleurs mon deuxième fils, Martin, sera à bord ».

Cette culture familiale de la voile a profondément marqué Yoann, qui a découvert les joies de la navigation dès son plus jeune âge. En 2000, une transatlantique avec son père sur le voilier familial a été le véritable déclic, révélant sa vocation pour la mer.

De l'Informatique à l'Architecture Navale : Un Parcours Académique Singulier

Initialement destiné à une carrière dans l'informatique, Yoann Richomme a finalement choisi de suivre sa passion pour la voile en s'orientant vers l'architecture navale. Après avoir débuté des études en informatique à l'université de Southampton, il change de cap la veille de la rentrée. Il sera architecte naval. Cette formation lui a permis d'acquérir une solide expertise technique, qu'il met aujourd'hui au service de ses performances en course.

Son diplôme en poche, Yoann trouve sa voie : elle sera technique. « La préparation, la météo, les réglages, dit-il, c’est ce qui me fait vibrer. Je n’ai pas de mythologie de l’homme et de la mer ; je ne ressens pas de plaisir particulier à naviguer en solitaire. La voile de compétition, c’est d’abord un sport mécanique. Pour moi, c’est un truc d’ingénieur, d’autant plus qu’on atteint aujourd’hui des niveaux d’exigence technique ahurissants. C’est un univers où je me sens bien. »

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Durant ses études, il rencontre d'autres Français sur le campus et en profite pour monter son premier projet étudiant pour le Tour de France à la Voile. Trois autres suivront. En 2005, il termine 13e et manque de peu la victoire étudiante. Le voilà coureur en dilettante.

Premiers Pas dans la Compétition : Un Talent Précoce

Yoann Richomme n'a pas suivi un parcours traditionnel dans le monde de la voile de compétition. Il débute en haute compétition comme préparateur technique, passant trois mois chez Veolia sur le bateau de Roland Jourdain, puis toute une saison sur le voilier de Nicolas Lunven engagé dans le circuit Figaro Bénéteau. « Ça a été une période de formation exceptionnelle », se souvient-il. Il a découvert le monde de la course au large sur le tard, en participant à ses premiers Tours de France à la voile pendant ses études.

En 2010, il saute le pas comme skipper dans ce même circuit, probablement l’un des plus exigeants de la course au large. Il a 27 ans, personne ne le connaît, et il n’a encore jamais barré en course : pourtant il finit 2e bizuth. La presse le rebaptise « le phénomène ».

Pour sa première Solitaire, DLBC avait donné un coup de pouce à Richomme : 20 000 euros, un petit budget sur ce circuit. Mais l'enthousiasme a poussé le partenaire à miser à nouveau, et davantage, sur lui pour 2011. Chapeau, car ce n'est pas si fréquent que ça ! En Espagne, au terme de la première étape, il arrive finalement 7e. Il n'avait jamais barré un Figaro, c'est vrai, mais n'en passait pas moins 150 à 200 jours par an sur l'eau, sur d'autres supports. Il termine 19e de cette Solitaire, 2e bizuth, derrière Anthony Marchand. Il avait pensé finir dans les trente ; il a vécu un moment de grâce.

Quelques mois plus tard, il est pris au pôle de Port-La-Forêt. Fini (ou presque), le temps où il se laissait doubler par ses adversaires pour mieux copier leurs réglages. Il entre dans le saint des saints et s'enthousiasme pour la quantité et la qualité des navs' : Jean-Yves Bernot, David Lanier et Christian Le Pape sont ses nouveaux professeurs. Les manoeuvres, les réglages, la vitesse, la conduite, la météo, la navigation… Il progresse partout où finalement il ne connaissait pas grand chose.

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En entrant cette année au pôle de Port-Laf', Richomme a pu enchaîner les entraînements et acquérir davantage d'aisance dans la conduite du bateau et dans tout ce qui est nav'.

Entre deux hésitations sur son être et son devenir, Richomme rêve du profil d'Armel Le Cléac'h, pensant tout haut qu'Ressembler à Nicolas Lunven, François Gabart, Fabien Delahaye, pour leur progression constante et leur capacité, ou à Erwan Tabarly pour sa manière de naviguer, lui irait bien aussi.

L'Ascension vers les Sommets : Un Palmarès Impressionnant

Depuis, Yoann s’est construit un joli palmarès : double vainqueur de la Solitaire du Figaro en 2016 et 2019, à l’issue d’une cinquantième édition qui restera dans les mémoires. Il fait également partie du cercle très fermé des doubles vainqueurs de la Route du Rhum, 2018 et 2022. En 2022, Yoann conserve sa couronne en Class40 après une magnifique remontada.

Yoann confesse une obsession maniaque pour la préparation, l’ingénierie, l’analyse ; ses concurrents, eux, retiennent davantage ses coups d’audace et son endurance hors du commun. En course, Yoann démontre des ressources mentales et athlétiques qui vont au-delà du profil analytique qu’il aime à se donner. En dernière analyse, Yoann met sa résistance physique et sa condition athlétique au service d’une énrome lucidité tactique - confortée, dans les moments difficiles, par la certitude d’une préparation irréprochable.

Après la mise à l'eau de sa nouvelle machine en février 2023, Yoann Richomme affronte ses concurrents sur l'eau pour la première fois à l'occasion de la Guyader Bermudes 1000 Race, avec Yann Eliès comme co-skipper. Les deux hommes se classent sixièmes avant de prendre la deuxième place sur la Rolex Fastnet Race. Toujours avec Yann Eliès, Yoann terminera deuxième de la Transat Jacques Vabre en 2023, avant de s'imposer en solitaire sur la première course en IMOCA : le Retour à la Base, bouclant ainsi sa première année à bord de son IMOCA. En mai 2024, il continue de faire ses preuves en remportant la 15e édition de la Transat CIC. Peu après, le Team Paprec Arkéa annonce sa participation à The Ocean Race Europe 2025.

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Le Vendée Globe : Un Nouveau Défi à Relever

A présent, Yoann a les yeux rivés sur la prochaine édition du Vendée Globe, avec son tout nouveau monocoque IMOCA Paprec Arkéa (plan Koch-Conq) construit pour performer sur ce tour du monde en solitaire. Sur la ligne de départ du Vendée Globe 2024, le tour du monde en solitaire, Yoann Richomme fait partie des bizuths. Dès le début de la course, il montre qu’il est capable de surprendre, en battant le record de milles parcourus en 24 h en IMOCA (record qui sera battu plusieurs fois pendant la course). Il se hisse rapidement dans le top 3 et compte bien y rester ! Aujourd’hui, les projecteurs sont braqués sur les Sables-d’Olonne (85), où Yoann Richomme prendra le départ de l’une des courses les plus redoutables et prestigieuses au monde : le Vendée Globe. À bord de son IMOCA PaprecArkéa, le skipper, déjà considéré comme un des favoris, s'élancera pour un tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance.

L’arrivée de Yoann Richomme dans cette aventure a été un choix stratégique. Architecte naval de formation, il incarne la fusion parfaite entre passion pour la mer et expertise technique. Yoann Richomme, en tant que skipper et architecte, incarne ces valeurs.

« Nous y sommes ! », déclare Sébastien Petithuguenin, Président de Paprec. « Notre skipper, Yoann Richomme, portera haut les couleurs de Paprec Arkéa à travers les océans.

Un Homme Attachant : Au-Delà du Palmarès

Yoann est né à Fréjus en 1983. C’est un costaud calme au physique de rugbyman, aux mains comme des battoirs et au sourire affable. Quand il parle de voile, Yoann cherche toujours le mot juste, l’expression la plus claire. La vantardise n’est pas son genre.

Avec son physique de Quaterback, Richomme dénote un peu dans la flotte des Figaristes, plutôt fins et secs, mais ne manque pas de ressort. Richomme n'est pas bavard, c'est un moulin à paroles. Il ne débite pas particulièrement vite, mais de manière continue, ne laissant aucun interstice dans la conversation. Il semble sans pudeur, mais reste drôle. Pendant la première étape de la Solitaire, il a tellement jacassé avec Alexis Loison et Nicolas Jossier qu'un concurrent - - lui a demandé d'oublier un peu la VHF. , s'écrie-t-il comme un enfant qui se défend d'avoir fait une grosse bêtise.

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