La santé menstruelle est un aspect fondamental de la santé des femmes, et au Canada, comme ailleurs, elle suscite de plus en plus d'attention. Longtemps restée un tabou, la question des règles et de leur coût financier a pris une tournure politique ces dernières années. Cet article explore les différentes facettes de la santé menstruelle au Canada, en abordant les questions médicales, financières et sociales qui y sont liées.

Le cycle menstruel : un aperçu

Les premières règles (ménarche) apparaissent généralement entre 11 et 14 ans, avec un âge médian de 13,1 ans. Elles se poursuivent jusqu’à la ménopause, qui survient entre 45 et 55 ans, avec une médiane autour de 51 ans. Les femmes ont donc leurs règles durant trente-neuf ans, soit, avec des cycles de 28 jours en moyenne, jusqu’à environ 500 fois dans une vie.

Variabilité du cycle

Il est important de noter que la durée et le flux des règles varient considérablement d'une femme à l'autre. Les règles durent généralement entre deux et huit jours, avec une moyenne de cinq jours.

Importance de l'hygiène

Les fabricants recommandent de changer de protections toutes les trois à six heures, et surtout de ne pas porter un tampon plus de huit heures d’affilée pour éviter le syndrome du choc toxique, une affection rare mais potentiellement mortelle.

Coût des menstruations : un fardeau financier

En France, l’ensemble des femmes de 13 à 51 ans correspond à 15,5 millions de personnes, soit près d’un quart de la population totale en 2018.

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Bien qu'il n'existe pas de chiffre officiel ou indiscutable au Canada, des estimations très diverses circulent concernant le coût des règles pour chacune de ces femmes. Le coût fluctue en fonction de la quantité de sang perdu et de protections utilisées par mois, des périodes d’aménorrhée (grossesse, maladie, utilisation de la pilule en continu), mais aussi du prix des soins gynécologiques et des médicaments, des médecines alternatives (ostéopathie, acupuncture) des sous-vêtements et linges tachés, des protections périodiques choisies.

Estimations des dépenses

Des études ont été menées dans d'autres pays, comme au Royaume-Uni, où le coût moyen des protections périodiques a été estimé à 1 730 euros pour une femme tout au long de sa vie. D'autres estimations, incluant les dépenses de confort comme les chocolats et les gâteaux, atteignent 21 500 euros.

Calcul des coûts

Pour calculer le coût des menstruations, il faut tenir compte des éléments suivants :

  • Les protections hygiéniques (serviettes, tampons, coupes menstruelles, etc.)
  • Les médicaments antidouleur ou antispasmodiques
  • Les visites annuelles chez le gynécologue
  • Les dépenses accrues de sous-vêtements et de linge de lit

Le montant des protections et antidouleur s’élève à 7,50 euros par cycle pour une femme ayant des règles d’une durée et d’un flux « moyens » - soit près de 3 800 euros pour une vie. Même avec une estimation basse de ces dépenses supplémentaires, le coût avoisinerait 100 à 150 euros par an - soit 10 euros pour chaque période de règles.

Précarité menstruelle

Dix euros par mois, ou moins, cela peut sembler négligeable pour la plupart des Françaises. Mais pour les femmes en situation de précarité, il s’agit d’une dépense de plus qui vient miner le pouvoir d’achat et qui ne peut pas être contournée ou différée. La « précarité menstruelle » touche en premier lieu les personnes sans domicile fixe, les étudiantes pauvres et les plus précaires.

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Solutions et initiatives

Face à ce problème, plusieurs pistes sont explorées pour réduire le coût des menstruations :

Baisse de la TVA

Une première étape a été franchie, non sans difficultés, le 1er janvier 2016, avec la suppression de la « taxe tampon ». Plusieurs collectifs féministes estimaient injuste que les protections hygiéniques soient taxées comme des produits de luxe à hauteur de 20 %. Après un premier rejet à l’Assemblée nationale, les parlementaires ont réduit la TVA à 5,5 % sur les serviettes et tampons.

Distribution gratuite

La ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a annoncé le 23 février que des protections hygiéniques seraient disponibles gratuitement dans 1 500 distributeurs installés à la rentrée dans les résidences du Crous et les services de santé étudiantes. En 2018, l’Ecosse est allée plus loin en distribuant gratuitement ces produits d’hygiène aux écolières et étudiantes. Une distribution gratuite de kits de protection a été expérimentée à l’université de Lille au début de 2019.

Produits alternatifs

Il existe d’autres solutions durables après un investissement de départ : cup menstruelle (environ 15 euros) ou éponges, serviettes lavables (de 15 à 20 euros pièce), culottes menstruelles (environ 30 euros).

Visites médicales et santé gynécologique

Outre le coût des protections hygiéniques, les visites médicales sont un aspect important de la santé menstruelle. Le Code du travail impose à l’employeur de garantir la santé et la sécurité des salariés. Cela passe par la planification des visites d’embauche, périodiques et de reprise. En anticipant les convocations et en suivant les avis du médecin du travail, l’employeur s’assure que chaque salarié est apte à son poste.

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Suivi gynécologique

Une visite annuelle de contrôle chez le gynécologue est recommandée. Là encore, les coûts varient fortement selon la région.

Ménopause

La ménopause, cette période définie comme l’arrêt définitif des menstruations et du fonctionnement des ovaires, intervient généralement entre 45 et 55 ans chez les femmes. Et à 51 ans, en moyenne. La ménopause peut être la cause de l’apparition d’urticaire / allergie cutanées / peau plus sèche. La ménopause peut s’accompagner d’une sécheresse cutanée progressive, elle-même pouvant occasionner l’apparition de nouveaux symptômes cutanés. Le syndrome génito-urinaire de la ménopause doit impérativement être pris en charge lors de la ménopause. Sujet encore parfois tabou, n’hésitez pas à aborder la question en consultation. Différents traitements locaux existent, médicamenteux ou non, hormonaux ou non.

Des épisodes de saignements très abondants peuvent apparaître lors de la période de périménopause, en lien avec le vieillissement de l’utérus et les déséquilibres hormonaux. Différents traitements existent pour limiter au maximum les douleurs et le volume des règles.

Il n’y a malheureusement pas de durée prédéfinie pour la ménopause, cela est très variable selon les femmes. Les études rapportent une durée moyenne des symptômes de 4,5 ans après l’installation de la ménopause.

Le dispositif intra utérin hormonal est dans la majorité des cas responsable d’une aménorrhée (arrêt des règles). Il nous est donc impossible de déterminer l’âge précis de la ménopause.

Des traitements non hormonaux peuvent être envisagés afin de réduire au mieux vos symptômes (antidépresseur, compléments alimentaires, extraits de pollen purifiés par exemple).

La préménopause est marquée par l’apparition de troubles du cycle (raccourcissement et/ou allongement du cycle menstruel), des troubles de l’humeur, des douleurs au niveau des seins, l’apparition progressive de bouffées de chaleur.

Le traitement hormonal n’est pas systématique et sa prescription doit prendre en considération l’ensemble des bénéfices et risques attendus du traitement.

Les contraceptions progestatives sont en effet bien souvent responsables d’une aménorrhée (arrêt des règles). Le diagnostic de ménopause peut alors être fait sur l’apparition de symptômes climatériques (bouffées de chaleur, troubles du sommeil etc).

Il n’existe pas de liste exhaustive de symptômes lors de la ménopause et chaque patiente doit être prise en charge individuellement.

La définition de la ménopause est clinique : absence de règle pendant 1 an. Le diagnostic est également posé par la présence ou l’apparition de signes cliniques climatériques associés (bouffées de chaleurs, douleurs articulaires, sécheresse vaginale…).

Il n’y a pas de durée prédéfinie et fixe pour la préménopause. Plusieurs traitements médicamenteux ou non, hormonaux ou non, existent aujourd’hui. La prise en charge doit être personnalisée et adaptée à chaque femme.

Les symptômes peuvent apparaître progressivement ou non, cela dépend de chaque patiente et en particulier si un moyen de contraception est utilisé ou non.

La prescription du traitement hormonal doit prendre en compte l’ensemble des antécédents d’une femme ainsi que le contexte de prescription. Il n’y a pas en théorie de durée maximale de prise d’un traitement hormonal. Selon les recommandations de la HAS, il doit être prescrit tant que durent les symptômes avec une adaptation de la dose minimale efficace qui peut varier avec le temps. Une réévaluation annuelle de la balance bénéfice/risque doit être faite, notamment après 5 ans de traitement en raison de la possible augmentation du risque de cancer du sein après cette durée.

Lorsque les symptômes apparaissent tôt dans la vie d’une femme, le traitement est bien souvent préconisé (en l’absence de contre-indication) afin de protéger le système cardio-vasculaire et prévenir l’apparition d’une ostéoporose. Une fois l’âge physiologique de la ménopause atteint (environ 51 ans), la poursuite du traitement doit être réévaluée en consultation selon les bénéfices et les risques de chaque patiente. Lorsque le traitement est prescrit dans de bonnes conditions, il n’existe pas de sur-risque de maladies cardiovasculaires lors de sa prise.

La définition de la ménopause est clinique : absence de règle pendant 1 an.

Ces symptômes sont effectivement en faveur d’une préménopause.

La ménopause est une grande étape dans la vie d’une femme. Lorsqu’elle est symptomatique, un accompagnement parfois multidisciplinaire doit être proposé. Des troubles de l’humeur et une certaine labilité émotionnelle peuvent être observés. Une prise en charge psychologique est parfois nécessaire en parallèle d’une prise en charge des symptômes physiques.

La période de périménopause comprend des phases de grandes variations hormonales. Ces fluctuations peuvent être responsables de vos symptômes et notamment de l’allongement progressif de vos cycles. Des traitements peuvent être proposés afin d’essayer de “lisser” cette transition et la rendre plus acceptable.

Les bouffées de chaleur s’expliquent principalement par les modifications hormonales engendrées par l’arrêt progressif du fonctionnement des ovaires. Il peut exister une fragilité psychologique en lien avec les troubles du sommeil, la fatigue, les modifications corporelles, les troubles de l’humeur.

L’aménorrhée secondaire est le plus souvent causée par une pathologie dite « acquise », c’est-à-dire non génétique. Les causes sont multiples : causes utérines : une sténose cicatricielle du col de l’utérus, des adhérences dans la cavité utérine, causes ovariennes : une insuffisance ovarienne (ou ménopause) précoce, c’est-à-dire celle survenant avant 40 ans. Elle s’accompagne de bouffées de chaleur, d’une augmentation du taux de FSH et de LH dans le sang et d’une diminution du taux d’œstradiol. causes hypophysaires : une atteinte de l’hypophyse peut causer une aménorrhée. C’est notamment le cas de l’adénome (tumeur bénigne) de l’hypophyse, qui entraîne une production trop importante de prolactine, une hormone intervenant dans la lactation. Conséquence de cette surproduction : une production anormale de lait par les glandes mammaires, des troubles du cycle, voire l’arrêt des menstruations. causes médicamenteuses : les médicaments comme certains neuroleptiques (les antidopaminergiques, qui entraînent une hausse de la prolactine), les contraceptifs macroprogestatifs et les corticoïdes oraux, de même que les traitements agressifs contre le cancer (chimiothérapie, radiothérapie) peuvent entraîner une aménorrhée. causes endocriniennes : un syndrome des ovaires polykystiques, une hyperthyroïdie, un diabète.

Voyages au Canada et médicaments

Il est possible d’entrer au Canada avec un cycle de traitement ou une provision de 90 jours d’un médicament prescrit sur ordonnance ou en vente libre. L’usage du médicament doit être personnel, ou celui-ci doit être destiné à une personne dont le voyageur a la charge et qu’il accompagne. Il convient de transporter le médicament avec son emballage d’origine (incluant la notice), dans le contenant fourni par l’hôpital ou la pharmacie. L’étiquette renseignant le produit et ses composants doit être attachée.

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