La vaccination est un geste médical essentiel de prévention contre de nombreuses maladies infectieuses. Chez le nourrisson, la voie intramusculaire (IM) est fréquemment utilisée pour l'administration de certains vaccins. Cet article a pour but de faire le point sur les recommandations, les techniques et les astuces utiles pour la pratique de la vaccination intramusculaire chez le nourrisson, en répondant aux questions fréquemment posées.

Préambule : Information et Consentement

Comme tout acte médical, la vaccination doit être expliquée aux parents ou tuteurs légaux, et leur consentement doit être obtenu. Il est important de répondre à leurs questions et de les informer des bénéfices et des risques potentiels de la vaccination.

Préparation du Vaccin et du Matériel

  • Hygiène des mains : Un lavage et un séchage méticuleux des mains sont indispensables avant toute manipulation du vaccin. Une solution hydro-alcoolique peut également être utilisée.
  • Vérification du vaccin : Avant d'administrer le vaccin, il est impératif de vérifier la Dénomination Commune Internationale (DCI), la date de péremption, et l'absence d'irrégularités (par exemple, un aspect inhabituel). Si le vaccin nécessite une reconstitution, suivre scrupuleusement les instructions du fabricant concernant le diluant et la technique de reconstitution.
  • Matériel : Préparer le matériel nécessaire : seringue adaptée au volume à injecter, aiguille adaptée à la voie intramusculaire et à l'âge du nourrisson, solution antiseptique, compresses stériles, et conteneur pour objets tranchants et piquants.

Choix du Site d'Injection

Chez le nourrisson, le site d'injection recommandé pour la voie intramusculaire est la face antérolatérale de la cuisse, plus précisément dans le muscle vaste externe. Ce muscle est suffisamment développé chez le nourrisson et est éloigné des principaux vaisseaux sanguins et nerfs. L'injection dans la fesse est déconseillée, même chez le nourrisson, car le tissu graisseux y est épais et l’aiguille est courte : l’injection est très souvent intra-graisseuse et non intramusculaire, ce qui peut réduire l’efficacité de certains vaccins (par exemple, le vaccin contre l’hépatite B).

Installation et Contention du Nourrisson

L’OMS recommande que les nourrissons et les enfants de moins de 3 ans soient tenus par la personne qui s’occupe d’eux pendant toute la durée de l’intervention. L’OMS distingue cinq positions de vaccination en fonction de l’âge : la position couchée, la position du câlin, la position assise droite, la position à califourchon et la position indépendante.

Il est essentiel de bien installer le nourrisson pour assurer sa sécurité et faciliter l'injection. L'OMS recommande que les nourrissons et les enfants de moins de 3 ans soient tenus par la personne qui s’occupe d’eux pendant toute la durée de l’intervention. L'aidant peut maintenir le nourrisson en position couchée sur le dos ou légèrement incliné, en veillant à maintenir la jambe immobile.

Lire aussi: Gérer la fièvre du bébé après vaccin

Technique d'Injection Intramusculaire

  1. Préparation de la peau : Nettoyer la peau au niveau du site d'injection avec une solution antiseptique et laisser sécher.
  2. Technique d'injection : Pour faire une injection intramusculaire il faut piquer perpendiculairement au plan cutané.
  3. Choix de l'aiguille : Une aiguille de taille et de diamètre appropriés doit être utilisée en fonction du poids d’adolescent et les recommandations du produit. En effet, à 12 ans le poids normal peut varier de 26 à 62 kg. Pour les moins lourds, une aiguille de 16 mm de longueur et 0,5 mm de diamètre suffit (25 G aiguille de couleur saumon).
  4. Injection : Injecter lentement le vaccin. L’OMS recommande de ne pratiquer aucune aspiration pendant les injections IM car un tel geste peut accroître la douleur.
  5. Retrait de l'aiguille : Retirer l'aiguille rapidement et appliquer une légère pression avec une compresse stérile sur le site d'injection.
  6. Ne pas masser : Il n'est pas nécessaire de masser le site d'injection.

Gestion de la Douleur et du Stress

La vaccination peut être une source de stress et de douleur pour le nourrisson. Plusieurs mesures peuvent être mises en place pour minimiser l'inconfort :

  • Allaitement des nourrissons recommandé avant ou pendant la séance de vaccination.
  • Administration d’une solution au goût sucré avant l’injection d’un vaccin chez l’enfant de moins de 2 ans non allaité pendant la vaccination.
  • Utilisation de moyens de distraction (ex. jouet, conversation, musique).
  • Utilisation d’anesthésiques topiques avant l’administration du vaccin.
  • Attitude calme et rassurante du vaccinateur (ex. ton de voix doux, sourire).

Surveillance Post-Vaccinale

Après l'injection, il est important de surveiller le nourrisson pendant au moins 15 minutes afin de détecter d'éventuelles réactions indésirables immédiates, telles qu'une réaction allergique ou un malaise vagal. Il est important que des mesures soient mises en place afin d’éviter des blessures en cas d’évanouissement.

Effets Secondaires Possibles

Les effets secondaires les plus fréquents après une vaccination intramusculaire sont une douleur, une rougeur ou un gonflement au niveau du site d'injection. Une légère fièvre peut également survenir. Ces réactions sont généralement bénignes et transitoires.

Situations Particulières

  • Troubles de la coagulation : Des précautions particulières s’appliquent chez les sujets thrombocytopéniques ou hémophiles ou les personnes sous anticoagulants. Une pression locale directe doit être exercée pendant au moins cinq minutes.
  • Réactions de stress liées à la vaccination (RSLV) : La particularité principale de la vaccination des adolescents est le risque de réactions de stress liées au geste vaccinal. Cette réaction de stress liée à la vaccination (RSLV) est décrite par une série de symptômes et de signes qui peuvent survenir autour de la vaccination et qui sont liés au « stress » et non au produit vaccinal, ou à un défaut de qualité du vaccin ou à une erreur du programme de vaccination. Les réponses individuelles au stress varient d’une personne à l’autre. Le risque de RSLV est maximum à l’adolescence, chez les filles, notamment celles qui ont un IMC bas. Il peut s’agir de réactions à médiation vasovagale pouvant aller jusqu’à la syncope, de réactions liées à l’hyperventilation ou de troubles psychologiques voire psychiatriques induits par cette situation de stress.

Nimenrix : Un Exemple de Vaccin Administré par Voie Intramusculaire

Nimenrix est un vaccin polyosidique conjugué quadrivalent contre les méningocoques des sérogroupes A, C, W et Y. Il est indiqué dans l’immunisation active des sujets à partir de 6 semaines contre les maladies méningococciques invasives dues aux Neisseria meningitidis des groupes A, C, W135 et Y.

Posologie

  • Nourrissons âgés de 6 semaines à moins de 6 mois : deux doses, chacune de 0,5 mL, doivent être administrées en respectant un intervalle de 2 mois entre les deux doses.
  • Nourrissons à partir de 6 mois, enfants, adolescents et adultes : une dose unique de 0,5 mL doit être administrée.

Une dose de primovaccination supplémentaire de Nimenrix peut être jugée appropriée chez certains sujets.

Lire aussi: Vaccinations du nourrisson : focus sur Thuya

Mode d'Administration

La vaccination doit être effectuée par injection intramusculaire seulement. Chez les nourrissons, le site d’injection recommandé est la partie antérolatérale de la cuisse. Chez les personnes à partir de 1 an, le site d’injection recommandé est la partie antérolatérale de la cuisse ou le muscle deltoïde.

Contre-indications

Hypersensibilité aux substances actives ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique "Composition".

Précautions d'emploi

  • Nimenrix ne doit en aucun cas être administré par voie intravasculaire, intradermique ou sous-cutanée.
  • La vaccination par Nimenrix doit être différée chez les sujets souffrant d’une maladie fébrile sévère aiguë. La présence d'une infection bénigne, comme un rhume, ne doit pas conduire à un report de la vaccination.
  • Nimenrix doit être administré avec précaution chez les sujets présentant une thrombocytopénie ou un trouble de la coagulation en raison du risque de saignement qui peut survenir suite à l’administration intramusculaire du vaccin chez ces sujets.

Rattrapage Vaccinal

De nouvelles recommandations sur le rattrapage vaccinal ont été publiées en mars 2025 en raison d'une recrudescence des infections invasives à méningocoques : un rattrapage vaccinal jusqu’à 5 ans est recommandé chez les enfants n’ayant pas été vaccinés contre les sérogroupes ACWY.

Lire aussi: Informations essentielles sur la vaccination à 6 mois

tags: #vaccination #intramusculaire #cuisse #nourrisson #technique

Articles populaires: