L'article explore les potentielles affections post-vaccinales liées aux vaccins contre la COVID-19, en particulier celles affectant les reins et les voies urinaires, et examine si un lien de causalité avec la colique néphrétique est envisageable. L'évaluation des effets secondaires potentiels des vaccins est cruciale pour garantir la sécurité des patients et maintenir la confiance dans la vaccination. L'Agence Européenne des Médicaments (AEM) joue un rôle essentiel dans cette surveillance, en étudiant rigoureusement les données disponibles pour identifier et évaluer les risques potentiels.
Affections Post-Vaccinales : Un Aperçu
L'AEM a entrepris une étude approfondie de plusieurs effets secondaires potentiels associés aux vaccins Pfizer et Moderna. Ces affections incluent :
- Affections cardio-vasculaires
- Affections dermatologiques et cutanéo-muqueuses
- Affections digestives
- Affections neurologiques, neurosensorielles et psychiatriques
- Affections des reins et des voies urinaires
- Affections respiratoires
- Affections hématologiques
- Affections rhumatismales
- Affections provoquées par les rayonnements ionisants
Cette analyse s'inscrit dans la phase 4 de la pharmacovigilance, une étape essentielle pour surveiller les vaccins après leur mise sur le marché.
Affections des Reins et des Voies Urinaires : Glomérulonéphrite et Syndrome Néphrotique
Parmi les effets secondaires potentiels étudiés, deux affections rénales ont particulièrement retenu l'attention : la glomérulonéphrite et le syndrome néphrotique.
- Glomérulonéphrite : Cette affection se caractérise par une inflammation des glomérules, les unités de filtration des reins.
- Syndrome Néphrotique : Ce syndrome se manifeste par une perte excessive de protéines dans les urines.
Bien que ces affections aient été signalées après la vaccination, il est important de noter qu'à ce jour, aucun lien de causalité direct avec les vaccins Pfizer et Moderna n'a été établi.
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Évaluation Approfondie des Affections Cardiovasculaires
Les affections cardio-vasculaires sont un domaine de préoccupation majeur dans le contexte de la vaccination contre la COVID-19. Parmi les différentes formes d'atteintes cardio-vasculaires, on distingue :
Insuffisance ventriculaire droite
- Forme légère : 5-20 %. Caractérisée par une dyspnée à l'effort prolongé, l'absence de signes périphériques d'IVD, et l'absence de retentissement même lors des surinfections pulmonaires.
- Forme moyenne : 20-60 %. Caractérisée par une dyspnée d'effort associée à une tachycardie, un cœur de volume subnormal, des signes électro-écho-cardiographiques de retentissement ventriculaire droit, l'absence d'hépatomégalie, et des poussées d'insuffisance ventriculaire droite grave lors des surinfections pulmonaires.
- Forme grave : 60-100 %. Caractérisée par une dyspnée de repos associée à une tachycardie, une cardiomégalie, des signes électro-écho-cardiographiques de retentissement ventriculaire droit, des signes périphériques d'insuffisance ventriculaire droite, et la nécessité d'un traitement et d'un régime.
Insuffisance ventriculaire gauche
- Forme légère : 5-20 %. Caractérisée par une dyspnée à l'effort prolongé, une simple hypertrophie ventriculaire gauche électrique et/ou radiologique, et l'absence de traitement et de régime.
- Forme moyenne : 20-60 %. Caractérisée par une dyspnée d'effort simple associée à une tachycardie, des signes électro-écho-cardiographiques d'atteinte ventriculaire gauche modérée, et des accès épisodiques et légers de dyspnée paroxystique.
- Forme grave : 60-100 %. Caractérisée par une dyspnée au moindre effort associée à des crises de dyspnée paroxystique, un œdème aigu du poumon, une tachycardie avec galop, des râles crépitants et sous crépitants, des signes d'atteinte cardio-vasculaire gauche avérée, et la nécessité d'un traitement continu.
Ischémie cardiaque
- Forme légère : 5-10 %. Caractérisée par une ischémie électrique silencieuse, l'absence de douleur angineuse, l'absence d'infarctus du myocarde, et l'absence de traitement.
- Forme moyenne : 20-60 %. Caractérisée par un angor modéré stable répondant bien au traitement, associé à des altérations électriques modérées et stables au repos, des épreuves d'effort perturbées, et des séquelles limitées d'infarctus myocardique avec ou sans douleurs angineuses. La coexistence de troubles du rythme ventriculaire constitue un facteur de gravité.
- Forme grave : 60-100 %. Caractérisée par un infarctus myocardique ancien étendu avec troubles du rythme et/ou ectasie pariétale, une angine de poitrine sévère répondant mal au traitement, une cardiopathie ischémique relevant d'un traitement médicamenteux intensif et/ou chirurgical et/ou instrumental, et des séquelles secondaires à la chirurgie coronaire ou à l'angioplastie. Les séquelles liées à une éventuelle migration embolique seront évaluées par ailleurs.
Atteintes primitives du myocarde
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- Forme légère : 5-20 %. Caractérisée par des anomalies électriques de type surcharge ou troubles isolés de la repolarisation, des altérations écho-cardiographiques discrètes, un cœur de volume normal ou limite, l'absence de symptômes fonctionnels, l'absence de signes d'insuffisance cardiaque, et l'absence de traitement.
- Forme moyenne : 20-60 %. Caractérisée par une dyspnée à l'effort modéré, une cardiomégalie modérée, des altérations franches de l'électro-échocardiogramme, l'absence de signes périphériques d'insuffisance cardiaque, et une stabilité sous traitement.
- Forme grave : 60-100 %. Caractérisée par une dyspnée à l'effort simple associée à une tachycardie ou un galop, une hépatomégalie ou un poumon cardiaque, des altérations majeures à l'électro-échocardiogramme, et la nécessité d'un traitement polymédicamenteux continu.
Atteintes péricardiques
- Forme légère : 5-20 %. Caractérisée par des anomalies électriques isolées persistantes et l'absence de traitement.
- Forme moyenne : 30-60 %. Caractérisée par une péricardite récidivante à rechutes multiples ou une péricardite calcifiée chronique sans syndrome de constriction, clinique ou hémodynamique.
- Forme grave : 60-100 %. Caractérisée par une péricardite liquidienne chronique, une péricardite chronique calcifiée ou non avec syndrome d'adiastolie, des séquelles chirurgicales entraînant une gêne fonctionnelle marquée, ou un mésothéliome péricardique.
Troubles du rythme
- Forme légère : 5-20 %. Caractérisée par des troubles de la conduction intraventriculaire (bloc de branche) ou auriculoventriculaire au 1er degré, asymptomatique et stable, une hyper-excitabilité auriculaire ou ventriculaire nécessitant un traitement prophylactique, des arythmies ventriculaires ou auriculaires complexes, symptomatiques, nécessitant surveillance et traitement, ou un patient appareillé par stimulateur intracorporel.
- Forme moyenne : 30-60 %. Caractérisée par des tachycardies supraventriculaires nécessitant un traitement prophylactique, des arythmies ventriculaires, ou auriculaires complexes, symptomatiques, nécessitant surveillance et traitement, ou un patient appareillé par stimulateur intracorporel.
- Forme grave : 60-100 %. Caractérisée par une tachycardie ventriculaire récidivant malgré le traitement. Il est important d'évaluer par ailleurs les séquelles liées aux migrations emboliques éventuelles.
Atteintes vasculaires périphériques
- Artéritiques :
- Forme légère : 5-20 %. Caractérisée par la disparition d'un pouls distal avec sténose incomplète au Doppler chez un sujet asymptomatique ou une claudication intermittente à la marche rapide et prolongée.
- Forme moyenne : 20-60 %. Associant une claudication intermittente à la marche normale avec pression à la cheville > 50 mm de mercure (ou 6,66 kPa), des troubles trophiques peu marqués, et un traitement continu.
- Forme grave : 60-100 %. Associant une artériopathie chronique avec douleur de décubitus, des troubles trophiques marqués, une marche impossible ou extrêmement pénible avec douleurs violentes, et une pression à la cheville < 50 mm de mercure (ou 6,66 kPa). Il est important d'évaluer par ailleurs les séquelles liées à une amputation par gangrène selon le barème AT.
- Phlébitiques :
- Forme légère : 5-10 %. Associant un œdème modéré, une simple lourdeur et une fatigabilité modérée.
- Forme moyenne : 10-30 %. Caractérisée par un œdème important et/ou des troubles trophiques marqués.
- Forme grave : 30-50 %. Caractérisée par des troubles trophiques très importants et/ou un œdème très important avec fatigabilité marquée.
- Troubles angio-neurotiques :
- Forme légère : 5-20 %. Il est important de tenir compte de la gêne fonctionnelle et du résultat des épreuves fonctionnelles.
- Forme évoluée : 20-30 %. Caractérisée par l'existence de sphacèle et/ou des troubles trophiques.
- Artéritiques :
Valvulopathies
- Forme légère : 5-10 %. Caractérisée par un simple souffle séquellaire sans retentissement ventriculaire, clinique, radio, électro-échographique hémodynamique, et l'absence de traitement.
- Forme moyenne : 20-60 %. Caractérisée par une valvulopathie avérée mais sans signe de décompensation, une valvulopathie avérée associée à des signes d'insuffisance cardiaque légère avec ou sans traitement médical, l'absence d'indications chirurgicales, ou une valvulopathie opérée avec de bons résultats.
- Forme grave : 60-100 %. Caractérisée par une valvulopathie entraînant un retentissement cardiaque sévère (voir IVD ou IVG), des indications chirurgicales, des formes opérées avec des résultats médiocres, ou des valvulopathies inopérables. Il est important d'évaluer par ailleurs les séquelles liées aux migrations emboliques éventuelles.
Hypertension artérielle
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- Une hypertension artérielle limite labile ne nécessitant pas un traitement ne justifie pas d'indemnisation. En cas d'hypertension artérielle permanente nécessitant un traitement, l'appréciation tiendra compte de l'état hypertensif et d'autre part de ses retentissements viscéraux. Une élévation de la tension artérielle isolée peut justifier une indemnisation de 10 à 20 %. Les retentissements viscéraux sont indemnisés pour leur propre compte (voir chapitres particuliers du barème).
Affections Dermatologiques et Cutanéo-Muqueuses
L'évaluation des séquelles d'affections dermatologiques professionnelles est complexe et nécessite une approche globale. Le tableau d'invalidité propose :
- Un taux de base, fonction de l'état séquellaire clinique, de sa gravité et de son potentiel évolutif.
- Un coefficient de majoration, fonction de certaines localisations lésionnelles et de la superficie des séquelles.
- Un taux complémentaire, en cas de coexistence de séquelles sensitives et/ou motrices, responsables d'une gêne fonctionnelle.
L'incidence de l'affection dermatologique professionnelle sur les aptitudes et la qualification professionnelle est un élément médico-social majeur de l'incapacité permanente partielle. Le médecin évaluateur doit prendre en compte les risques professionnels que comportait le poste de travail de la victime, ainsi que le risque de récidive en cas de nouveau contact avec le facteur étiologique.
Il est également important de reconnaître les types d'effets susceptibles de se produire en cas de risque chimique :
- Effets généraux : irritants, corrosifs, toxiques, allergisants, cancérogènes.
- Effets spécifiques : effet savon, effet solvan (délipidation de surface), alcalin.
Certaines lésions sont véritablement pathognomoniques du risque, comme la chloracné causée par les dioxines.
Des toxiques sont résorbables par voie cutanée, et cette pénétration percutanée est d'autant plus importante que les téguments sont lésés. Il convient de ne pas négliger les effets toxiques causés généralement par des doses minimes, comme les intoxications par le bore.
Les états séquellaires sont évalués en fonction de leur gravité, de leur topographie et de leur étendue, ainsi que de leur impact sur la fonction.
Atteintes Hépatiques
Au décours de l'évolution d'une maladie professionnelle comportant une atteinte hépatique, le médecin chargé de l'évaluation de l'IPP peut se trouver devant l'une des situations suivantes : hépatite, cirrhose du foie ou tumeur maligne du foie.
- Hépatites : Les hépatites chroniques sont définies par la persistance après six mois d'évolution d'une perturbation des tests biologiques hépatiques et/ou d'anomalies à l'examen anatomopathologique. On distingue l'hépatite chronique persistante (5 à 10 %) et l'hépatite chronique active (10 à 40 %), suivant l'importance et l'évolution des signes cliniques et biologiques.
- Cirrhoses : La cirrhose est reconnue par ses signes cliniques et biologiques et/ou histologiques (ponction biopsie du foie). Pour fixer le taux d'incapacité permanente partielle imputable à la cirrhose, on tiendra compte du retentissement sur l'état général et de la survenue des complications éventuellement associées (hypertension portale, insuffisance hépatique, encéphalopathie hépatique, hépatocarcinome). Suivant le stade évolutif, l'affection réalise des tableaux cliniques de gravité diverse : cirrhoses compensées (10 à 20 %), cirrhoses avec hypertension portale (20 à 60 %), cirrhoses graves (60 à 100 %) et cirrhoses compliquées d'hépatocarcinome (100 %).
- Tumeurs malignes du foie : L'hépatocarcinome et l'angiosarcome du foie sont indemnisés à 100 %.
Le Lien de Causalité avec la Colique Néphrétique
La colique néphrétique est une douleur intense causée par un calcul rénal bloquant les voies urinaires. Bien qu'aucun lien direct n'ait été établi entre les vaccins COVID-19 et la colique néphrétique, il est important de considérer certains mécanismes potentiels.
- Déshydratation : La fièvre et les symptômes pseudo-grippaux qui peuvent survenir après la vaccination peuvent entraîner une déshydratation, un facteur de risque connu pour la formation de calculs rénaux.
- Inflammation : L'inflammation systémique induite par la vaccination pourrait potentiellement affecter les reins et favoriser la formation de calculs.
Cependant, il est crucial de souligner que ces mécanismes sont purement hypothétiques et nécessitent des études supplémentaires pour être confirmés.
Balance Bénéfices/Risques
Malgré ces préoccupations, il est essentiel de rappeler que la balance bénéfices/risques des vaccins COVID-19 reste largement positive. Les vaccins ont démontré leur efficacité pour réduire le risque d'infection, d'hospitalisation et de décès liés à la COVID-19.
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