La coqueluche est une infection bactérienne très contagieuse de l’arbre respiratoire d’évolution longue. La gravité de la maladie est liée à ses complications pulmonaires et neurologiques, pouvant conduire à des complications graves voire au décès. Les personnes à risque sont les nourrissons non protégés par la vaccination, les personnes souffrant de pathologies respiratoires chroniques et les personnes immunodéprimées. La transmission de la coqueluche est aérienne et s’effectue par contact avec un sujet malade qui tousse. La maladie se transmet d’autant plus que l’exposition est répétée dans un espace limité et clos. Sans traitement, la contagiosité peut persister pendant trois semaines ou plus.
Importance de la vaccination contre la coqueluche
La vaccination contre la coqueluche est un enjeu de santé publique majeur, notamment pour protéger les nourrissons et les personnes vulnérables. La vaccination permet aux femmes enceintes vaccinées pendant la grossesse de transmettre des anticorps à leur nourrisson. Elle permet à l’entourage des nouveau-nés de diminuer le risque de transmission de la coqueluche aux nourrissons de moins de 6 mois, quand leurs mères n'ont pas été vaccinées pendant la grossesse.
Calendrier vaccinal du nourrisson
La vaccination contre la coqueluche est obligatoire chez tous les nourrissons nés depuis le 1er janvier 2018, à partir de 2 mois. La primovaccination des nourrissons comporte depuis 2013 deux injections à l’âge de 2 et 4 mois, suivies d’un rappel à l’âge de 11 mois (« schéma 2+1 » contre « 3+1 » avant 2013).
Le calendrier vaccinal du nourrisson comprend les étapes suivantes :
- Primovaccination avec un vaccin combiné : une dose à l’âge de 2 et 4 mois suivie d’une dose de rappel avec un vaccin combiné hexavalent à 11 mois (DTCaPHibHepB).
- Rappel coquelucheux à 6 ans avec une dose de vaccin DTCaP (Tetravac-acellulaire ou Infanrixtetra).
- Rappel à 11-13 ans : une dose de vaccin dTcaP (ou DTCaP si administration de dTP ou dTcaP au rappel de 6 ans).
Une nouvelle loi, en vigueur depuis le 1er janvier 2018, rend cette vaccination obligatoire avant l'âge de 18 mois.
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Rappels vaccinaux chez l'enfant et l'adulte
Un rappel coquelucheux est désormais recommandé à l’âge de 6 ans avec une dose de vaccin diphtérie-tétanos-poliomyélite (DTCaP). Ce rappel viendra renforcer la protection vaccinale des enfants primo-vaccinés avec le vaccin coquelucheux acellulaire (qui a remplacé le vaccin à germes entiers en 2006) et les futures cohortes de naissance qui seront désormais vaccinées selon le nouveau « schéma 2+1 ». Le rappel, prévu depuis 1998 entre 11 et 13 ans, sera pratiqué avec le troisième rappel diphtérie, tétanos et poliomyélite, avec un vaccin à doses réduites d’anatoxine diphtérique et d’antigènes coquelucheux (dTcaP).
Dans le cadre du calendrier vaccinal en vigueur, le rappel recommandé à l'âge de 25 ans doit comporter la valence coqueluche (vaccin dTcaP), sauf si la personne a reçu dans le cadre du cocooning une dose de vaccin coquelucheux depuis moins de cinq ans. Rappel à 25 ans : 1 dose de vaccin combiné contenant le vaccin contre la coqueluche (sauf en cas de vaccination contre la coqueluche qui date de moins de 5 ans).
Pour l’ensemble de ces personnes, les rappels administrés aux âges de 25, 45, 65 ans comporteront systématiquement la valence coqueluche (vaccin dTcaPolio).
Vaccination pendant la grossesse
La Haute Autorité de santé (HAS) recommande de vacciner les femmes enceintes contre la coqueluche à partir du deuxième trimestre de grossesse, en privilégiant la période entre 20 et 36 semaines d’aménorrhée (soit entre 18 et 34 semaines de grossesse, ou encore entre le début du 5e mois et la fin du 8e mois de grossesse). Note. En mai 2018, la vaccination de la femme enceinte contre la coqueluche était recommandée à Mayotte compte tenu de la situation épidémique de cette maladie dans le département.
Le but de la vaccination chez la femme enceinte est de protéger son nourrisson par ses anticorps maternels. La vaccination se fait à partir du 2ème semestre de grossesse, préférentiellement entre 20 et 36 semaines d’aménorrhée afin d’augmenter le transfert passif transplacentaires actif des anticorps maternels et assurer une protection optimale du nouveau-né et du jeune nourrisson jusqu’à l’obtention d’une protection vaccinale individuelle. Elle se fait avec un vaccin tétravalent (dTcaP). La vaccination est à répéter à chaque grossesse. Une femme ayant été vaccinée contre la coqueluche avant sa grossesse doit de nouveau l’être pendant sa grossesse pour permettre un passage transplacentaire maximal d’anticorps.
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Si la mère a été vaccinée pendant sa grossesse au moins un mois avant l’accouchement, la vaccination de l’entourage n’est plus nécessaire.
Vaccination de l'entourage du nourrisson (Stratégie du cocooning)
La Haute Autorité de Santé a recommandé le 22 juillet 2024 que toute personne en contact proche avec un nouveau-né et/ou nourrisson de moins de 6 mois dans un cadre professionnel reçoive un rappel, si son dernier vaccin contre la coqueluche date de plus de 5 ans. Le personnel soignant dans son ensemble, y compris dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).
Dans l’entourage du nourrisson, la stratégie du cocooning est recommandée pour l’entourage du nourrisson au cours de ses six premiers mois de vie si sa mère n’a pas été vaccinée contre la coqueluche pendant la grossesse ou si moins d’un mois de délai s’est écoulé entre la vaccination de la femme enceinte et l’accouchement.
Sont vaccinés :
- la mère en post-partum immédiat, même si elle allaite, avant la sortie de la maternité ;
- l’entourage du nouveau-né de l’enfant (parents, fratrie, grands-parents et toutes autres personnes susceptibles d’être en contact étroit et durable avec le nourrisson au cours de ses 6 premiers mois de vie. La vaccination doit être faite, au plus tard à la naissance de l’enfant.
Pour les personnes antérieurement vaccinées, les adolescents et jeunes adultes de 25 ans ou moins, recevront une dose de rappel si leur dernière injection date de plus de 5 ans. Les adultes de plus de 25 ans recevront une dose de rappel si la vaccination antérieure date de 10 ans et plus. Une revaccination coquelucheuse est indiquée si la personne en situation de cocooning a reçu à l’âge adulte une dose de vaccin coquelucheux depuis plus de dix ans.
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Les adultes concernés qui auraient reçu un vaccin dTP peuvent recevoir un vaccin dTcaP en respectant un délai d’un mois. Dans tous les cas, un délai minimal d’un mois devra être respecté par rapport au dernier vaccin dTPolio.
Vaccins disponibles
Les vaccins contre la coqueluche actuellement disponibles sont des vaccins inactivés. Pour mieux comprendre les recommandations vaccinales contre la coqueluche, il faut savoir que les vaccins contre la coqueluche actuellement disponibles sont tous des vaccins combinés, c'est-à-dire contenant plusieurs antigènes. Par exemple, DTCaPolio et dTcaPolio désignent des vaccins combinés contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche et la poliomyélite. La lettre "D" désigne l'antigène diphtérique à pleine dose, qui est utilisé chez les enfants ; la lettre "d" désigne un antigène diphtérique sous-dosé, utilisé chez l'adulte pour diminuer le risque de manifestations allergiques après la vaccination (il s'agit du phénomène d'Arthus, qui se manifeste par un gonflement au site d'injection ou une fièvre en général modérée). Les vaccins contre la coqueluche désignés par le terme de "Ca" ou ca" sont des vaccins dits acellulaires car ne contenant pas de cellules bactériennes entières mais uniquement des antigènes purifiés (contrairement aux vaccins dits "entiers inactivés").
De nos jours il existe 2 types de vaccins :
- Les vaccins anticoquelucheux à germes entiers : Ce sont les premiers vaccins utilisés et qui ont été créés en 1943 aux Etats-Unis. Il s’agit d’un vaccin peu onéreux et qui est le plus utilisé dans les pays en développement. Cependant, il contient des substances réactogènes responsables d’effets secondaires. Ce vaccin n’est plus disponible en France depuis 2006.
- Les vaccins anticoquelucheux acellulaires : Ces vaccins ont été développés au Japon en 1981. Ils ont une meilleure tolérance et une efficacité semblable aux vaccins à germes entiers. Ils sont plus onéreux que les vaccins à germes entiers (6,22,36,37).
Les deux vaccins indiqués chez l’adulte, Boostrixtetra et Repevax, sont des vaccins combinés diphtérie, tétanos, coqueluche, polyomyélite (dTcaP).
Modalités de vaccination
Le vaccin est pris en charge à 65% par l’Assurance Maladie. Le montant restant est généralement remboursé par les complémentaires santé (mutuelles). Il est disponible en pharmacie et doit être conservé au réfrigérateur entre + 2°C et + 8°C. Il ne doit pas être congelé.
La vaccination peut être réalisée en cabinet libéral, en pharmacie, à l’hôpital ou en PMI (pour les enfants jusqu’à 6 ans), ou dans un laboratoire de biologie médicale. Elle peut également être réalisée dans un centre de vaccination public. Dans ce cas, la prescription, la délivrance du vaccin et la vaccination s’effectuent sur place. L’injection du vaccin est prise en charge par l’assurance maladie et les complémentaires santé dans les conditions habituelles.
Efficacité de la vaccination
L’efficacité du vaccin contre la coqueluche chez le nourrisson varie, selon les études, entre 85% et près de 100%. La durée de protection est estimée entre cinq et dix ans. Les rappels ultérieurs sont donc nécessaires.
Recommandations pour les voyageurs
Le risque de contracter la coqueluche n’est pas plus important dans les autres pays du monde qu’en France.
Conduite à tenir devant un cas de coqueluche
La mise à jour des vaccinations de la population exposée selon le calendrier vaccinal en vigueur est recommandée autour d’un cas ou de cas groupés de coqueluche. La vaccination en post-exposition n’a aucune efficacité pour prévenir la maladie chez une personne déjà contaminée.
Résurgence de la coqueluche en France
Santé publique France a signalé une recrudescence de la coqueluche sur le territoire depuis le début de l’année 2024. Dans un contexte de recrudescence marquée de la coqueluche en France depuis le début de l'année 2024, avec un nombre de décès particulièrement élevé chez les nouveau-nés et les nourrissons, la HAS a été saisie par le ministère chargé de la santé. En France, la coqueluche continue à circuler avec des cycles épidémiques. Les décès sont rares mais touchent dans plus de 90% des cas les nourrissions de moins de 6 mois et plus spécifiquement les moins de 3 mois, essentiellement contaminés par leur entourage familial.
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