Introduction

"Un Flic à la Maternelle" est une comédie d'action réalisée par Ivan Reitman, mettant en vedette Arnold Schwarzenegger. Le film explore les thèmes de la peur, du courage et de la transformation à travers le personnage de John Kimble, un policier endurci qui se retrouve à devoir enseigner dans une école maternelle. Cette analyse se penchera sur les différents aspects du film, en utilisant les informations fournies pour explorer les nuances des personnages et les thèmes abordés.

Le Personnage de Wayne : Un Type 6 Pris au Piège de ses Peurs

Dès le début du film, Wayne se trouve confronté au braqueur de l’épicerie et manifeste la passion du 6, la peur. "La première fois en quinze ans que je déballe mon flingue. Ouais. Tu sais pourquoi ?". La peur ne se manifeste pas que dans son métier qui comporte un risque objectif. Elle est là quand il fait des photographies dans New York la nuit et qu’il voit un renne : "J’ai failli avoir une attaque." Quand Glory lui demande de faire des clichés d’elle, il refuse : "Non. Même dans le choix d’une profession différente de celle de son père, le même déclencheur est là : "J’ai eu si peur de me retrouver comme lui. J’ai paniqué". Wayne sait bien que cette peur est le problème central de sa vie. Il s’en ouvre à Frank au cours de la soirée qu’ils passent ensemble : "Je voudrais être plus courageux, avoir des… En avoir quoi." Il l’avoue à regret à Glory : "J’suis pas un guerrier. J’suis pas un héros".

En tant que type 6 de l'ennéagramme, Wayne est caractérisé par sa peur et son besoin de sécurité. Cette peur influence ses choix de carrière et ses relations personnelles. Alors qu’il aime la photographie et qu’il a un vrai talent, il reste dans la police qui n’est pas pour lui une vocation : "Il y a un gars qui me dit : ’Ça vous plairait pas d’être artiste ?’ J’ai dit : ’Ah ! Mais oui, bien sûr. Mais là où ça coince, c’est qu’il y a pas de retraite, il n’y a aucune sécurité, pas de mutuelle.’ […] En disant ça, je me suis rendu compte. Je suis qu’un flic. Ni plus, ni moins qu’un fonctionnaire". On remarquera l’allusion au centre mental. Wayne sait qu’il est un fonctionnaire parce qu’il pense comme un fonctionnaire. Je n’sais pas. Alors, euh… Voilà. Je n’sais pas. Si tu veux pas aller plus loin, c’est pas grave. Wayne fait preuve de beaucoup de simplicité. Il avoue sans difficultés ses faiblesses aux gens en qui il a confiance, Mike ("J’ai pissé dans mon froc.") ou Glory ("J’ai pas fait l’amour depuis deux ans."), sauf quand il s’agit de choses liées à la connaissance ("Je sais boire un cognac.", "Je sais embrasser."). Le plus souvent, il est extrêmement gentil.

Bien évidemment, en bon 6, Wayne connaît quelques moments contre-phobiques, comme quand il réagit violemment face à un revendeur de drogue dans un parc. À titre ironique et en allusion à sa peur, ses collègues ont donné à Wayne le surnom de "Flingueur". Dans la version anglaise et conservé dans le titre sous lequel le film est diffusé en France, le surnom est "Chien fou". Ce surnom est plus riche, car il fait allusion au côté un peu conventionnel que peut avoir le 6 quand sa compulsion d’évitement de la déviance s’applique aux règles sociales. Il veille à ce que son collègue soit habillé correctement : "Attention à ton col !" Contrairement à lui qui dit le mot "couilles" toutes les trois minutes, il retient son langage : "Je voudrais être plus courageux, avoir des… En avoir quoi".

Mike : Un Type 8 Excessif et Protecteur

Là où Wayne a mis en fuite le braqueur de l’épicerie par une méthode non-violente, Mike aurait choisi une autre voie : "Écoute. Oh ! Viens sale gorille de merde, viens héros, je vais voir ce que t’as dans le ventre. T’as perdu son adresse, t’as perdu son téléphone de boulot, tu sais même plus la tête qu’elle a. Compris ? J’en sais rien. Tiens ! Chivas-Lait-Froid ! Ouais ? [Avec un sourire ravi, il s’adresse à Frank.] C’est lui. Fort, Mike apprécie les forts : "Te tracasse pas. T’as montré que t’avais des couilles au cul".

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Mike, contrairement à Wayne, incarne un type 8, caractérisé par son excès et son besoin de contrôle. Sa devise : "Pas de couilles, pas de gloire." Faire le coup de poing est la solution aux problèmes de la vie. On appréciera dans les exemples ci-dessus le langage direct et vert de Mike, expression de la passion d’excès. Cette passion était à l’origine appelée la luxure, et Mike ne manque pas une occasion d’exprimer son intérêt pour ce domaine : "Eh Flingueur, tu sais ce que je veux pour Noël ? Un petit conseil. Si jamais ça se représente une trouille pareille, la meilleure chose, c’est le cul. Oh, écoute ! Caractéristique aussi du 8, Mike soutient et protège Wayne qu’il aime et en qui il a une parfaite confiance. La première fois en quinze ans que je déballe mon flingue. Ouais. Tu sais pourquoi ? Écoute. Moi, j’aurais transformé cette petite ordure en passoire. Mais ça, c’est moi qui suis comme ça. Si un jour j’avais une pensée intelligente, elle mourrait de solitude. C’est pour ça qu’on fait équipe. Il veille sur Wayne. Quand il le voit avec Glory, alors que lui le préférerait avec Lee, sa voisine, il s’inquiète : "Celle-ci, elle est un peu légère pour toi." Lorsque Frank le menace devant lui de façon voilée, il s’inquiète : "Passer lundi pour prendre qui, Wayne ? Mike cherche à rassurer Wayne et à lui montrer qu’il l’estime : "Te tracasse pas. T’as montré que t’avais des couilles au cul".

Frank : Un Prêteur sur Gages Ambitieux et Excentrique

Au sein de la pègre, Frank a un métier : "Je suis prêteur sur gage. Ceux qui me connaissent me payent rubis sur l’ongle." Il est surnommé Frank la Banque et exerce son métier avec dureté. Mais ce n’est pas ce qui le passionne dans la vie. Frank possède une boîte de nuit, nommée le COMIC CA Z/E Club ; en prononçant le nom, on goûtera à sa juste valeur le jeu de mots. Là, devant un public convaincu - mais a-t-il le choix ? -, il raconte de mauvaises blagues, empruntées ici ou là. Mais tout endroit est bon pour plaisanter. Les femmes qui travaillent pour lui sont "les Vénus de Milo". Quand il rend visite à Wayne au commissariat, comme celui n’est pas là, il en profite pour faire son numéro devant les policiers ravis. Joue pas au con avec moi. Jamais. Tu ne me mentiras jamais. Tu ne me manqueras pas de respect. Tu ne me sous-estimeras pas. Faute de quoi ta vie deviendrait une tempête déchaînée. Frank a souvent un langage un peu enfantin : "Alors comment ça va ? Et cette mimine, ça s’arrange ?". Il faut entendre comment il menace Wayne de s’attaquer à Glory : "Tu veux que je te dise. On l’aura. Un mec dans la rue, une agression qui tourne mal. Tu sais. T’as entendu parler du botulisme. On peut l’avoir à coups de potage. Et toi aussi. Putain de voyou ! Tu donnes la main, il prend le bras. Tu l’aimes ? Je la possède ! [Wayne recule.] Je le savais. Je le savais. Je le savais. [À chaque fois qu’il dit "Je le savais", Frank se cogne la tête contre le mur. Frank peut sembler violent, mais cette violence est une sorte d’obligation professionnelle. En fait, il n’aime guère se battre. Il a des gardes du corps pour cela : "T’as toujours quelqu’un pour te battre à ta place, Wayne ? Je suis mal placé pour te le dire.", dit-il avec une lucidité amusée. Plutôt que d’essayer d’arracher Glory à Wayne, il va lui proposer un plan (Wayne l’aidera si nécessaire), puis devant le refus de Wayne, un autre (racheter Glory pour 75 000 $). OK ! OK ! Frank la Banque va avancer ses soldes d’été. 50 000. Non ! Non ! Si tu les as pas, tu peux me les emprunter et tu me rembourses avec un plan de service contractuel. […] Tu as trois jours. Tu me donnes 40 000 ou tu me donnes Glory. Quand Wayne voudra se battre avec lui, il essaiera d’éluder, d’abord par l’humour ("La septième de cavalerie ! Et nous, on est quoi ? Les putains de Peaux-rouges ? [Il imite la trompette.] Et maintenant quoi ? Je me lave les mains de vous deux. Ça fera plaisir à mon psychothérapeute. Au cas où cette double rationalisation serait insuffisante, il en rajoute une en faisant porter la responsabilité sur son équipe : "Et tu vois avec qui je travaille.

Frank la Banque est un personnage complexe, oscillant entre une dureté professionnelle et un comportement excentrique.

Harold : Un Garde du Corps Loyal et Simple

Harold est un des gardes du corps de Frank, ce qui implique une bonne énergie instinctive. Quand il va inviter Wayne à la soirée organisée par Frank, peut-être en bon 9 perçoit-il la peur de Wayne. En tout cas, il essaye de le rassurer : "Vous inquiétez pas. C’est pas une mauvaise chose. C’est une bonne chose." Dès que Wayne arrive à la soirée, Harold le materne : "C’est sympa ici, hein ? Hé ! [À Glory :] Il va prendre un café et un cognac. D’ailleurs, il fait son boulot comme cela, parce qu’il faut bien faire quelque chose : "Frank veut savoir si t’es heureux ou pas. T’es heureux ou pas ? [Avec un sourire ravi, il s’adresse à Frank.] C’est lui. Quand le combat aura lieu, sur l’ordre de Frank, Harold donne le meilleur de lui-même et aboutit à une sorte de match nul avec Mike. Mais il se plaint à Frank : "Chef ! Harold narcotise volontiers aux magazines people, à la nourriture (il ne laisse pas se perdre un morceau de gâteau), et à sa boisson favorite, le Chivas-Lait-Froid.

Harold, le garde du corps de Frank, apporte une touche de simplicité et de loyauté à l'histoire.

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Glory : Une Femme Courageuse Prise dans un Engrenage

Glory a accepté d’entrer au service de Frank pour sauver son frère qui lui devait de l’argent. Certes, par peur de Frank ("Avec Frank, y a pas de discussion, y a pas d’échappatoire, y a pas à résister."), elle demandera à Wayne de l’accepter huit jours chez lui : "Vous pouvez m’aider ? Mais je fais ce que je peux, moi. J’suis pas un guerrier. J’suis pas un héros. Ah ! Mais t’as besoin d’être sauvée. Elle refuse que Wayne paye sa rançon à Frank : "Je peux pas accepter ça. Garde ton argent. Garde-le." Elle préfère à ce moment-là interrompre la relation. Dès que Wayne se bat avec Frank, elle resurgit : "Arrête, c’est de la connerie.

Glory, quant à elle, est une femme prise dans un engrenage, cherchant à protéger son frère et refusant d'être une simple victime.

Parallèles et Influences : De Commando à Terminator

Le film "Un Flic à la Maternelle" s'inscrit dans une lignée de comédies d'action mettant en scène des héros musclés dans des situations inattendues. On peut établir des parallèles avec d'autres films d'Arnold Schwarzenegger, tels que "Commando" et "Terminator".

Dans "Commando", Schwarzenegger incarne John Matrix, un homme-tronc d'un genre nouveau, invincible et tout-puissant. Rien, jamais, ne paraît pouvoir altérer la domination de John Matrix sur son environnement. Pas le moins du monde torturé par son passé de super-soldat comme son collègue renvoyé au Viêtnam, toujours partant pour en découdre, au contraire d’un John McClane, le héros total interprété par Arnold Schwarzenegger est plus un principe qu’un personnage. C’est un sourire triomphal, serti de deltoïdes, qui ne fait jamais qu’avancer, avancer pour conquérir, sans qu’aucun obstacle n’entame sa vista, sa puissance, ou sa réussite. Une force loin d’être innocente, qui témoigne également de la perception que les Etats-Unis ont d’eux-mêmes.

Dans "Terminator 2", le personnage d'androïde incarné par Arnold Schwarzenegger est reconstruit pour faire d’une machine à tuer un protecteur d’enfants. Le Terminator sera toujours présent pour son fils, que ce soit pour jouer, pour le protéger, pour répondre à ses questions, plus que n’importe quel père de substitution. On peut voir, dans cette incarnation récurrente du jouet, la figure un peu théorique de l’acteur qui se moule et agit selon les désirs et les a priori du spectateur, de ce fait assimilé à un enfant parfois capricieux. Mais cette idée du jouet est également liée à la figure paternelle qu’incarne de manière assez étrange Schwarzenegger dans le cinéma populaire américain des années 90. Il est la représentation ultime du père disponible, totalement dévoué à ses enfants car condamné à exaucer tous leurs vœux, à toujours devoir « jouer » avec eux. À l’ère de l’enfant-roi, la figure irréelle, surhumaine, de « Schwarzy » s’impose comme un idéal familial donné comme inatteignable - dans Terminator 2, il est présenté comme le seul père possible alors qu’il n’est pas humain.

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"Un Flic à la Maternelle" reprend cette idée de transformation et d'adaptation, en plaçant un policier dur à cuire dans un environnement complètement étranger et en le forçant à développer de nouvelles compétences et à faire preuve d'empathie.

L'Humour et la Comédie Sophistiquée

Le film "Un Flic à la Maternelle" est une comédie enfantine amusante où un flic à la poursuite d'un trafiquant de drogue doit se convertir en tant qu'instituteur d'une classe de maternelle pour retrouver l'ex-femme du bandit pour qu'elle puisse témoigner contre lui. C'est une histoire correcte et drôle, prenant une star d'action badass pour casser son mythe en le mettant face à une classe d'enfants auquel il sera très difficile pour lui de gérer. Les personnages sont très sympas, que ce soit le flic John Kimble, à la fois badass et drôle, Joyce qui va avoir une relation correcte avec John, ainsi que tout les enfants qui sont attachants et drôles. Les moments entre le flic et les enfants sont mignons et amusantes, notamment les passages où John fait le jeu du sifflet pour faire des enfants des officiers adjoints.

Le film s'inscrit également dans une tradition de comédie sophistiquée, avec des personnages menteurs aux identités masquées, dont les duperies rythment le récit. Du point de vue dramatique, le comique de Lubitsch recourt à la fausse piste et au retournement de situation en jouant avec les attentes du spectateur.

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