Le paracétamol, également connu sous le nom d'acétaminophène, est un médicament couramment utilisé pour soulager la douleur et la fièvre chez les nourrissons et les enfants. Il est disponible en vente libre dans la plupart des pays et est considéré comme sûr et efficace lorsqu'il est utilisé correctement. Cependant, il est essentiel de respecter scrupuleusement les doses recommandées et de prendre certaines précautions pour éviter tout risque de surdosage ou d'effets indésirables.

Qu'est-ce que le paracétamol ?

Le paracétamol est une molécule aux propriétés analgésiques (soulage la douleur) et antipyrétiques (fait baisser la fièvre). C'est l'antalgique et l'antipyrétique le plus consommé dans le monde, souvent utilisé en automédication et à large utilisation pédiatrique. Il est particulièrement efficace pour les douleurs légères à modérées lorsqu'une action anti-inflammatoire n'est pas nécessaire.

Formulations et voies d'administration

La multiplicité des formulations galéniques disponibles (sirops, suppositoires, comprimés, etc.) est un atout indéniable, car elle permet de choisir la présentation et la voie d'administration appropriée à chaque situation clinique. Cependant, l’utilisation des suppositoires est déconseillée, car leur absorption est mauvaise et leur effet est plus lent à survenir.

Quand utiliser le paracétamol chez l'enfant ?

Le paracétamol est indiqué dans le traitement symptomatique de :

  • Douleur aiguë ou chronique : principalement dans les formes légères à modérées (douleurs dentaires, maux de tête, douleurs post-vaccinales, etc.). Il s’agit d’un antalgique de palier 1 selon la classification de l’OMS.
  • Fièvre : en particulier chez l'enfant, chez lequel il constitue l'antipyrétique de première intention. Il est important de noter que chez l’enfant, il n’est pas nécessaire de traiter une fièvre inférieure à 38,5°C. Un enfant qui présente une température de 39°C, mais continue à jouer et à manger, n’a pas forcément besoin de traitement contre la fièvre.

Le paracétamol peut être utilisé en automédication pour soulager l’enfant en cas de petit problème (chute, mal de tête, coup de soleil, etc.).

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Posologie du paracétamol chez l'enfant

La dose quotidienne recommandée est de 60 mg par kilo de poids et par jour, à répartir en 4 ou 6 prises (environ 15 mg/kg toutes les 6 heures ou 10 mg/kg toutes les 4 heures). Il est crucial de respecter scrupuleusement l’espacement des prises. Pour un usage familial, seul le paracétamol est recommandé à la dose de 60 mg par kilo de poids et par jour, en quatre ou six prises, sans dépasser 80 mg par kilo et par jour.

Importance du respect des doses

Il faut faire attention à ne pas associer plusieurs médicaments contenant du paracétamol, pour éviter tout risque de surdosage potentiellement toxique pour le foie. Le terme surdosage s’entend par l’utilisation d’un dosage non adapté, une dose trop importante par prise ou par jour, et un délai minimum entre les prises non respecté. La mauvaise utilisation du paracétamol est la 1ère cause de greffe hépatique d’origine médicamenteuse en France.

Paracétamol et hypothermie

Selon Annie-Pierre Joinville-Béra et ses collègues du Centre régional de pharmacovigilance Centre-Val de Loire, trois éléments plaident en faveur de la responsabilité du paracétamol dans la survenue de cet effets secondaire : la relation temporelle entre l’administration de paracétamol et l’apparition de l’hypothermie, la diminution rapide de cette dernière après réchauffement externe, la récidive à la reprise du traitement. Ces spécialistes notent par ailleurs qu’aucune autre cause d’hypothermie n’a été identifiée lors deux passages de l’enfant aux urgences.

Dans deux des 14 cas d’hypothermie répertoriés, la température corporelle de l’enfant était de 36 °C. Chez 5 enfants, celle-ci avait chuté à 35 °C, entre une et trois heures après la prise rectale ou orale de paracétamol.

Précautions d'emploi et contre-indications

Bien que le paracétamol soit généralement bien toléré, certaines précautions doivent être prises :

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  • Contre-indications absolues : hypersensibilité au paracétamol, insuffisance hépatocellulaire sévère.
  • Situations à risque : sujets ayant une consommation chronique excessive d'alcool, insuffisance hépatique.
  • Interactions médicamenteuses : le paracétamol potentialiserait l'activité anticoagulante de la warfarine. Une surveillance de l'INR serait recommandée en cas d'utilisation de doses de paracétamol supérieures à 2 g par jour, administrées pendant plus d'une semaine.

Effets indésirables possibles

Aux doses thérapeutiques, le paracétamol est habituellement très bien toléré. Cependant, il existe un risque d'hépatotoxicité en cas de surdosage.

Intoxication au paracétamol

Le risque essentiel d'une intoxication aiguë est la survenue d'une insuffisance hépatocellulaire aiguë par nécrose hépatique centro-lobulaire, une hépatite fulminante. La dose toxique théorique est, pour une dose ingérée unique, supérieure à 10 g ou à 150 mg/kg chez l'adulte et 200 mg/kg chez l'enfant de moins de 6 ans.

Symptômes et conduite à tenir

La phase initiale de l'intoxication peut être totalement asymptomatique. Les symptômes éventuels sont banals : nausées, vomissements, anorexie, douleurs abdominales. En cas de suspicion de surdosage, l’hospitalisation dans un service d'urgence doit être immédiate, pour dosage plasmatique du paracétamol à partir de la 4ème heure après la prise et pour une éventuelle mise en route précoce du traitement. La prise en charge associe l'administration de charbon activé au traitement antidotique par N-acétylcystéine injectable qui aide à reconstituer les réserves de glutathion.

Paracétamol et grossesse

Le paracétamol est considéré comme le médicament de première intention pour soulager la fièvre ou la douleur au cours de la grossesse. Il n’est pas un médicament tératogène ou fœtotoxique. Comme pour tout traitement autorisé pendant la grossesse, le paracétamol doit être pris à la plus petite dose efficace nécessaire et sur la durée la plus courte possible.

Paracétamol et troubles du neurodéveloppement

Depuis plus d’une décennie, plusieurs études ont exploré l’association entre exposition maternelle au paracétamol en cours de grossesse et survenue de troubles du neurodéveloppement, tels que les troubles du spectre autistique. Cependant, à ce jour, aucun argument scientifique ne permet d’établir un lien de causalité entre la consommation de paracétamol au cours de la grossesse et la survenue d’un trouble autistique chez l’enfant à naître.

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Alternatives au paracétamol

En cas de fièvre ou de douleur, d'autres options peuvent être envisagées :

  • Ibuprofène : l’anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) recommandé en premier lieu pour soulager la plupart des douleurs aiguës modérées à intenses chez l’enfant de plus de 3 mois. Il est utilisé à la dose de 30 mg par kilo de poids et par jour, en quatre prises. L’usage de l’aspirine et des AINS (ibuprofène et kétoprofène) pour traiter la fièvre doit se faire sur avis médical.
  • Mesures non médicamenteuses : relaxation, bains, kinésithérapie, etc. Chez l’enfant, il est également conseillé de dévêtir l’enfant et le placer dans une pièce à 19°C.

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