Introduction

"La Douleur" de Marguerite Duras, publié en 1985, est un recueil de textes autobiographiques qui plonge le lecteur au cœur de la souffrance, de la mémoire et de l'indicible. À travers une écriture intime et fragmentée, Duras explore les thèmes de l'attente, de la perte, du traumatisme et de la difficulté de survivre après l'horreur de la Seconde Guerre mondiale. Ce texte, à la fois journal intime et récit poignant, offre un témoignage saisissant sur l'après-guerre, la reconstruction et la force de l'écriture face à la douleur.

L'Attente Insoutenable et la Recherche de Robert Antelme

Le récit s'ouvre sur l'attente insoutenable de Marguerite Duras, dont le mari, Robert Antelme, a été arrêté par la Gestapo en juin 1944 et déporté dans un camp de concentration. Duras l'attendra jusqu'en avril 1945, sans nouvelles mais persuadée qu’il n’est pas mort. Cette période d'incertitude est marquée par l'angoisse, l'espoir et le désespoir. La narratrice imagine son mari mort dans un fossé, dans la pose du supplicié et ne cesse de remuer cette idée dans sa tête. Elle souhaite demeurer seule pour continuer à se torturer en pensant à lui : “ je m’endors près de lui, tous les soirs ,dans le fossé noir, près de lui mort.”

Au fil des pages, l'autrice raconte les démarches entreprises pour retrouver la trace de Robert. Elle fréquente les bureaux de la Croix-Rouge, interroge d'anciens déportés et s'accroche à chaque rumeur de retour. L'attente devient un "combat sans nom", une lutte épuisante contre le temps et l'incertitude.

Le Retour de Robert et la Confrontation à l'Inexprimable

Lorsque Robert Antelme est finalement retrouvé à Dachau, mourant, ses amis lui ont fait quitter le camp en cachette et le ramènent à Paris. il est extrêmement affaibli, presque méconnaissable. Duras décrit la difficulté de renouer avec lui, de l'aider à survivre et de se reconstruire ensemble après l'épreuve.

Les retrouvailles sont terribles : Marguerite ne peut s’empêcher de hurler et il lui sourit “ un sourire de confusion dans lequel il s’excuse d’en être là , réduit à ce déchet . ” Elle lui a préparé un clafoutis aux cerises mais il ne faut pas qu’il mange trop vite alors ” son visage s’était recouvert d’une douleur intense et muette parce que la nourriture lui était encore refusée, que ça continuait comme au camp de concentration. Et comme au camp, il avait accepté en silence. Il n’avait pas vu qu’on pleurait. Il n’avait pas vu non plus qu’on pouvait à peine le regarder, à peine lui répondre.”

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Avec une sorte d‘écriture blanche qui parait parfois dénuée d’émotion, Duras tente d’exprimer l’inexprimable ; la gêne d’une femme face à ce qui reste de le son mari, à peine humain à ses yeux. Un combat avec la mort s’engage et durant 17 jours, terrassé par la fièvre, son corps va résister ; Lorsqu’il recommence peu à peu à manger, Marguerite a l’impression que son identité s’est déplacée “je suis seulement celle qui a peur quand elle se réveille.”

Le corps de Robert, décrit comme une "forme" qui "flottait entre la vie et la mort", devient le symbole de l'horreur des camps et de la difficulté de représenter l'innommable. Duras exprime la gêne, la peur et la compassion qu'elle ressent face à cet homme réduit à l'état de "déchet".

La Mémoire, la Culpabilité et la Nécessité de Témoigner

Le récit est ponctué de réflexions sur la mémoire, la culpabilité d'avoir survécu et la difficulté à exprimer ce qui a été vécu. Duras explore les méandres de la mémoire traumatique, où les souvenirs se mêlent à la réalité du présent, rendant compte de la difficulté à donner sens à l'expérience.

Elle compare la douleur qu’elle ressent face à Robert , aux douleurs ressenties lors de la mort de son frère et de son enfant et cette fois elle a l’impression que “la douleur est implantée dans l’espoir. Robert reprend des forces mais il doit faire face à l’annonce de la mort de sa pus jeune soeur déportée à 24 ans et à la séparation que lui demande Marguerite qui est tombée amoureuse d’un autre homme et veut avoir un enfant . Il apprend Hiroshima alors qu’il est encore convalescent, dans un centre pour déportés, en Savoie. Il a écrit un livre sur ce qu’il croit avoir vécu en Allemagne: L’espèce Humaine . une fois ce livre édité, fait, il n’a plus jolis parlé des camps de concentration allemands. Il ne prononce jamais ces mots. Jamais plus. Il a du mal à s’exprimer et la guerre semble toujours présente en lui , à travers le sable, le vent mais dès que Marguerite entend son nom, elle se met à pleurer “je pleurerai toute ma vie ” écrit-elle à la fin de son récit. Elle confie alors à une amie qu’elle a déjà un peu écrit sur ce retour de Robert ” j’avais essayé de dire quelque chose de cet amour.Que c’était là, pendant son agonie, que j’avais le mieux connu cet homme, Robert L, que j’avais perçu pour toujours ce qui le faisait lui, et lui seul, et rien ni personne d’autre au monde, que je parlais de la grâce particulière à Robert, ici -bas, de celle qui lui était propre et qui le portait à travers les camps, l’intelligence, l’amour, la lecture, la politesse et tout l’indicible des jours, de cette grâce à lui particulière mais faite de la charge égale du désespoir de tous. Dans mon souvenir, à un moment donné, les bruits s’éteignent et je le vois. Immense. Devant moi. Je ne le reconnais pas. Il me regarde. Il sourit. Il se laisse regarder. Une fatigue surnaturelle se montre dans son sourire, celle d’être arrivé à vivre jusqu’à ce moment-ci. C’est à ce sourire que tout à coup je le reconnais, mais de très loin, comme si je le voyais au fond d’un tunnel. C’est un sourire de confusion. Il s’excuse d’en être là, réduit à ce déchet. Et puis le sourire s’évanouit. Et il redevient un inconnu. Il avait voulu revoir la maison. On l’avait soutenu et il avait fait le tour des chambres. Ses joues se plissaient mais elles ne se décollaient pas des mâchoires, c’était dans ses yeux qu’on avait vu son sourire. Quand il était passé dans la cuisine, il avait vu le clafoutis qu’on lui avait fait. Il a cessé de sourire : « Qu’est-ce que c’est ? » On le lui avait dit. À quoi il était? Aux cerises, c’était la pleine saison. «Je peux en manger ? - Nous ne le savons pas, c’est le docteur qui le dira. » II était revenu au salon, il s’était allongé sur le divan. « Alors je ne peux pas en manger ? - Pas encore. - Pourquoi ? - Parce qu’il y a déjà eu des accidents dans Paris à trop vite faire manger les déportés au retour des camps. II avait cessé de poser des questions sur ce qui s’était passé pendant son absence. Il avait cessé de nous voir. Son visage s’était recouvert d’une douleur intense et muette parce que la nourriture lui était encore refusée, que ça continuait comme au camp de concentration. Et comme au camp, il avait accepté en silence. Il n’avait pas vu qu’on pleurait. Le docteur est arrivé. Il s’est arrêté net, la main sur la poignée, très pâle. Il nous a regardés puis il a regardé la forme sur le divan. Il ne comprenait pas. Et puis il a compris : cette forme n’était pas encore morte, elle flottait entre la vie et la mort et on l’avait appelé, lui, le docteur, pour qu’il essaye de la faire vivre encore. L e docteur est entré. Il est allé jusqu’à la forme et la forme lui a souri. Ce docteur viendra plusieurs fois par jour pendant trois semaines, à toute heure du jour et de la nuit. Dès que la peur était trop grande, on l’appelait, il venait. Il a sauvé Robert L. Il a été lui aussi emporté par la passion de sauver Robert L. de la mort. Nous avons sorti le clafoutis de la maison pendant qu’il dormait. S’il avait mangé dès le retour du camp, son estomac se serait déchiré sous le poids de la nourriture, ou bien le poids de celle-ci aurait appuyé sur le cœur qui lui, au contraire, dans la caverne de sa maigreur était devenu énorme : il battait si vite qu’on n’aurait pas pu compter ses pulsations, qu’on n’aurait pas pu dire qu’il battait à proprement parler mais qu’il tremblait comme sous l’effet de l’épouvante. Non, il ne pouvait pas manger sans mourir. Or il ne pouvait plus rester encore sans manger sans en mourir. La lutte a commencé très vite avec la mort. Il fallait y aller doux avec elle, avec délicatesse, tact, doigté. Elle le cernait de tous les côtés. Mais tout de même il y avait encore un moyen de l’atteindre lui, ce n’était pas grand, cette ouverture par où communiquer avec lui mais la vie était quand même en lui, à peine une écharde, mais une écharde quand même. La mort montait à l’assaut. 39,5 le premier jour. Puis 40. Puis 41. La mort s’essouffait. 41 : le cœur vibrait comme une corde de violon. 41, toujours, mais il vibre. Le cœur, pensions-nous, le cœur va s’arrêter. Toujours 41. La mort, à coups de boutoir, frappe, mais le cœur est sourd. Ce n’est pas possible, le cœur va s’arrêter. De la bouillie, avait dit le docteur, par cuillers à café. Six ou sept fois par jour on lui donnait de la bouillie. Une cuiller à café de bouillie l’étouffait, il s’accrochait à nos mains, il cherchait l’air et retombait sur son lit. Mais il avalait. De même six à sept fois par jour il demandait à faire. On le soulevait en le prenant par-dessous les genoux et sous les bras. Il devait peser entre trente-sept et trente-huit kilos : l’os, la peau, le foie, les intestins, la cervelle, le poumon, tout compris : trente-huit kilos répartis sur un corps d’un mètre soixante-dix-huit. On le posait sur le seau hygiénique sur le bord duquel on disposait un petit coussin : là où les articulations jouaient à nu sous la peau, la peau était à vif. […] Une fois assis sur son seau, il faisait d’un seul coup, dans un glou-glou énorme, inattendu, démesuré. Ce que se retenait de faire le cœur, l’anus ne pouvait pas le retenir, il lâchait son contenu. Tout, ou presque, lâchait son contenu, même les doigts qui ne retenaient plus les ongles, qui les lâchaient à leur tour. Le cœur, lui, continuait à retenir son contenu. Le cœur. Et la tête. Hagarde, mais sublime, seule, elle sortait de ce charnier, elle émergeait, se souvenait, racontait, reconnaissait, réclamait. Parlait. Parlait. La tête tenait au corps par le cou comme d’habitude les têtes tiennent, mais ce cou était tellement réduit - on en faisait le tour d’une seule main - tellement desséché qu’on se demandait comment la vie y passait, une cuiller à café de bouillie y passait à grand-peine et le bouchait. Au commencement le cou faisait un angle droit avec l’épaule. En haut, le cou pénétrait à l’intérieur du squelette, il collait en haut des mâchoires, s’enroulait autour des ligaments comme un lierre. Au travers on voyait se dessiner les vertèbres, les carotides, les nerfs, le pharynx et passer le sang : la peau était devenue du papier à cigarettes. Il faisait donc cette chose gluante vert sombre qui bouillonnait, merde que personne n’avait encore vue. Pendant dix-sept jours, l’aspect de cette merde resta le même. Elle était inhumaine. Elle le séparait de nous plus que la fièvre, plus que la maigreur, les doigts désonglés, les traces de coups des S.S. On lui donnait de la bouillie jaune d’or, bouillie pour nourrisson et elle ressortait de lui vert sombre comme de la vase de marécage. Le seau hygiénique fermé on entendait les bulles lorsqu’elles crevaient à la surface. Elle aurait pu rappeler - glaireuse et gluante - un gros crachat. Dès qu’elle sortait, la chambre s’emplissait d’une odeur qui n’était pas celle de la putréfaction, du cadavre - y avait-il d’ailleurs encore dans son corps matière à cadavre - mais plutôt celle d’un humus végétal, l’odeur des feuilles mortes, celle des sous-bois trop épais. C’était là en effet une odeur sombre, épaisse comme le reflet de cette nuit épaisse de laquelle il émergeait et que nous ne connaîtrions jamais. Évidemment il avait fouillé dans les poubelles pour manger, il avait mangé des herbes, il avait bu de l’eau des machines, mais ça n’expliquait pas. Devant la chose inconnue on cherchait des explications. On se disait que peut-être là sous nos yeux, il mangeait son foie, sa rate. Comment savoir? Dix-sept jours durant l’aspect de cette merde est resté le même. Dix-sept jours sans que cette merde ressemble à quelque chose de connu. Chacune des sept fois qu’il fait par jour, nous la humons, nous la regardons sans la reconnaître. Dix-sept jours nous cachons à ses propres yeux ce qui sort de lui de même que nous lui cachons ses propres jambes, ses pieds, son corps, l’incroyable. Nous ne nous sommes jamais habitués à les voir. On ne pouvait pas s’y habituer. Ce qui était incroyable, c’était qu’il vivait encore. Lorsque les gens entraient dans la chambre et qu’ils voyaient cette forme sous les draps, ils ne pouvaient pas en supporter la vue, ils détournaient les yeux. Beaucoup sortaient et ne revenaient plus. Il ne s’est jamais aperçu de notre épouvante, jamais une seule fois. Il était heureux, il n’avait plus peur. La fièvre le portait. Au bout de dix-sept jours la mort se fatigue. Dans le seau elle ne bouillonne plus, elle devient liquide, elle reste verte, mais elle a une odeur plus humaine, une odeur humaine. Et un jour la fièvre tombe, on lui a fait douze litres de sérum, et un matin la fièvre tombe. Et une fois, un matin, la fièvre sort de lui. La fièvre revient mais retombe. Elle revient encore, un peu plus basse et retombe encore. Et puis un matin il dit : «J’ai faim. La faim avait disparu avec la montée de la fièvre. Elle était revenue, avec la retombée de la fièvre. Un jour le docteur a dit : « Essayons, essayons de lui donner à manger, commençons par du jus de viande, s’il le supporte, continuez à lui en donner, mais en même temps donnez-lui de tout, par petites doses tout d’abord, et par paliers de trois jours, un peu plus à chaque palier. Dans la matinée je fais tous les restaurants de Saint-Germain-des-Prés pour trouver un presse-viande. J’en trouve un boulevard Saint-Germain dans un grand restaurant. Ils ne peuvent pas le prêter. Je dis que c’est pour un déporté politique qui est très mal, que c’est une question de vie ou de mort. La dame réfléchit, elle dit : «Je ne peux pas vous le prêter mais je peux vous le louer, ce sera mille francs par jour (sic). » Je donne mon nom, mon adresse et une caution. II digérait parfaitement le jus de viande. Sa faim a appelé sa faim. On ne le servait pas. On lui donnait directement les plats devant lui et on le laissait et il mangeait. Il fonctionnait. Il faisait ce qu’il fallait pour vivre. Il mangeait. C’était une occupation qui prenait tout son temps. Il attendait la nourriture pendant des heures. Il avalait sans savoir quoi. Il a disparu, la faim est à sa place. Le vide donc est à sa place. Il donne au gouffre, il remplit ce qui était vidé, les entrailles décharnées. C’est ce qu’il fait. Il obéit, il sert, il fournit à une fonction mystérieuse. Comment sait-il pour la faim ? Comment perçoit-il que c’est cela qu’il faut? Il mange une côtelette de mouton. Puis il suce l’os, les yeux baissés, attentif seulement à ne laisser aucune parcelle de viande. Puis il reprend une deuxième côtelette de mouton. Puis une troisième. Il est assis dans la pénombre du salon, près d’une fenêtre à demi ouverte, sur un fauteuil, entouré de ses coussins, sa canne à côté de lui. Dans ses pantalons ses jambes flottent comme des béquilles. Hier, il ramassait les miettes de pain tombées sur son pantalon, par terre, en faisant des efforts énormes. Quand il mange on le laisse seul dans la pièce. On n’a plus à l’aider. Ses forces sont revenues suffisamment pour qu’il tienne une cuiller, une fourchette. Mais on lui coupe la viande. On le laisse seul devant la nourriture. On évite de parler dans les pièces à côté. On marche sur la pointe des pieds. On le regarde de loin. Il fonctionne. Il n’a pas de préférence marquée pour les plats. De moins en moins de préférence. Il avale comme un gouffre. Hier après-midi il est allé voler du pain dan…

La Douleur ne se limite pas à la seule histoire de Duras et de son mari. Le texte s'élargit à d'autres destins, à la souffrance collective des familles de disparus, et à la nécessité de témoigner pour ne pas oublier les horreurs de la guerre.

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L'Écriture comme Nécessité Vitale

Pour Duras, écrire devient une nécessité vitale, une façon de mettre des mots sur l'indicible et de donner sens à l'expérience traumatique. Elle explique qu’il s’agit d’un journal qu’elle a retrouvé dans une armoire et qu’elle ne se souvient pas dans quelles circonstances elle l’a écrit. Pour qualifier son écriture, elle évoque “une chose que je ne sais pas encore nommer et qui m’épouvante quand je la relis“. Elle ajoute , pour conclure sa préface ” la douleur est une des choses les plus importantes de ma vie .

L'écriture fragmentée et parfois chaotique de "La Douleur" traduit l'état psychologique de l'autrice, sa difficulté à exprimer la douleur et à affronter le retour à la vie normale après la guerre. L'œuvre se présente comme un témoignage brut et authentique, où la vérité émotionnelle prime sur la cohérence narrative.

"La Douleur" : Un Journal "Retrouvé" et Retravaillé

Si l’on en croit la préface à « La Douleur », ce « Journal » a été « retrouvé » par Marguerite Duras dans « deux cahiers des armoires bleues de Neauphle-le - Château. La formule déréalise : la préposition « de », au lieu du « dans » attendu, l’indécision du pluriel - y avait-il donc un cahier par armoire ? -, la métonymie qui donne à la maison la noblesse du toponyme, et installe le manuscrit au « Château », conduisent à se demander si ce ne sont pas les armoires elles-mêmes qui ont livré ces cahiers, et leurs secrets, intacts.

« La Douleur » n’est pas seulement un journal « retrouvé », il est aussi un journal retravaillé, un journal réécrit. Il n’y a d’ailleurs là rien d’extravagant : comme le confirment tous ceux qui se sont intéressés à cette écriture de soi qu’est le journal, il est très rare qu’un auteur ne modifie pas son texte en vue ou à l’occasion de la publication. Le journal publié est donc rarement l’exacte réplique du journal écrit. Quand l’aurais-je écrit, en quelle année, à quelles heures du jour, dans quelle maison ? En dépit d’une annonce construite pour affaiblir ce qu’elle asserte (on lit tour à tour « je ne sais plus rien », « ce qui est sûr », « il me semble »), on comprend que le journal est écrit a posteriori : la rédaction n’est pas contemporaine des faits. En bref, l’écriture n’est pas du jour.

La Douleur : Un Expression de l'Attente

La douleur est fondamentalement pour la diariste une expression de l’attente. Si elle permet au sujet de repousser les limites du soi, d’abolir le temps et l’espace, comme de le faire vivre dans un présent absolu, enfermé dans l’écriture diariste, elle ne se limite pas toutefois à l’expérience personnelle. Dans le Paris de la proche Libération, « la petite Marguerite » n’est pas seule. Elle fait partie de toutes les femmes plongées dans cette « attente de tous les temps, celle des femmes de tous les temps, de tous les lieux du monde : celle des hommes au retour de la guerre.

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