L'accouchement, bien qu'un moment puissant et émotionnel, est souvent associé à une douleur considérable. Comprendre les différentes options pour gérer cette douleur est essentiel pour chaque femme. En France, la péridurale est l’outil de gestion de la douleur le plus utilisé (plus de 83 % des accouchements). Pourtant, certaines femmes souhaitent s’en passer et faire appel à d’autres techniques pour soulager la douleur. Quelles sont-elles ?
Comprendre la douleur de l'accouchement
La douleur liée à l'accouchement est une expérience complexe et multifactorielle. Elle varie d'une femme à l'autre et peut être influencée par divers facteurs tels que la position du bébé, l'intensité des contractions et le niveau d'anxiété de la mère.
- Phase de poussée : Ici, la douleur se concentre généralement dans le bassin et le périnée à mesure que le bébé traverse le canal de naissance.
Pour accepter la douleur de l’accouchement, il faut pouvoir l’accepter et la comprendre. On a trop souvent réduit l’accouchement à la douleur. Comprendre d’où vient la douleur mais aussi sa fonction peut tout changer. Avoir mal et ne pas savoir d’où ça vient, ni pourquoi, ni à quoi ça sert, la voilà la vraie souffrance. Or, dans un accouchement sans péridurale, la douleur a un sens : elle fait office de guide. Elle indique quand il faut changer de position, les points sur lesquels le conjoint peut appuyer ou les mouvements efficaces pour favoriser la descente du bébé. La douleur est un itinéraire pour aider à faire progresser le travail. La douleur de l’accouchement permet de chercher la meilleure position pour créer de l’espace et faire descendre son bébé. La douleur permet d’inciter la femme à explorer des positions qu’elle n’aurait pas pu prendre naturellement : jambe levée, buste penché ou encore accroupie, les bras tirés par son conjoint si c’est ce que votre corps vous dicte. Enfin, la douleur de l’accouchement est un stimulant pour la production d’endorphines. Cette hormone a pour effet de calmer la douleur et de permettre un état de conscience modifié.
Méthodes naturelles de gestion de la douleur
Il existe plusieurs méthodes non médicamenteuses pour atténuer la douleur de l'accouchement. Ces techniques visent à aider la femme à se détendre, à se concentrer et à utiliser ses propres ressources pour faire face à la douleur.
- Respiration : Une des techniques souvent citées est la respiration de la vague. Il s’agit de produire une grande inspiration au début de chaque contraction, en visualisant l’air entrer dans tout votre corps : des pieds jusqu’au sommet de votre tête. Puis de relâcher doucement. La respiration lente et contrôlée aide à la détente de votre corps et à minimiser la perception de la douleur. Respirer profondément pendant le travail des contractions permet d’oxygéner ses muscles et d’aider votre corps à atténuer la douleur.
- Massage : Votre partenaire ou votre doula peut pratiquer des massages pour vous aider à libérer les tensions de votre corps.
- Mouvement : Il est important de se rappeler les bienfaits du mouvement et des changements de position. Il faut garder en tête que la douleur est un signal envoyé par votre corps. À vous de le comprendre et d’essayer de réduire cet inconfort. Adopter des positions verticales, marcher, ou se mettre à quatre pattes peut aider à soulager la pression sur le dos et encourager le bébé à descendre.
- Eau : Se plonger dans un bain chaud ou sous une douche peut relaxer le corps et réduire la sensation de douleur. De même, l’effet de flottaison réduit la pression exercée par les contractions et facilite le mouvement et le changement de position de la future maman. L'hydrothérapie, comme un bain ou une douche chaude, peut avoir un effet relaxant sur les muscles et apaiser les contractions douloureuses, offrant un moment de répit dans le processus d'accouchement.
- Peigne : Prévoir un peigne dans sa valise de maternité n’est pas de la coquetterie. L’utilisation du peigne pendant l’accouchement est une méthode de gestion de la douleur qui repose sur la stimulation des zones réflexes de la main. Elle consiste à tenir un peigne dans la main pendant le travail, en appuyant fermement sur les dents du peigne. Cette technique s’appuie sur le principe de la stimulation du système nerveux, notamment les récepteurs sensoriels. Le cerveau reçoit une double stimulation : celle de la douleur de la contraction, mais aussi celle de la pression exercée sur la main. Le peigne, avec ses dents en plastique ou en bois, est facile à manipuler, léger à emporter… On peut l’utiliser à tout moment durant l’accouchement.
- Soutien : Sentir du soutien affectif et physique pendant le travail est extrêmement bénéfique. Être bien accompagnée permet de se sentir en confiance et participe à la sécurité nécessaire au bon déroulement d’un accouchement.
- HypnoNaissance : La méthode d’accouchement physiologique HypnoNaissance est une approche qui se base sur l’utilisation de l’auto-hypnose pour gérer la douleur et l’anxiété pendant le travail et l’accouchement. Cette méthode d’accouchement sous hypnose, développée aux États-Unis, vise à créer un état de relaxation profonde chez la future maman, lui permettant ainsi de gérer la douleur de manière plus sereine et naturelle. Les praticiens de l’HypnoNaissance enseignent aux femmes enceintes des techniques d’auto-hypnose, de respiration profonde, et de visualisation pour atteindre un état de calme et de confiance pendant le travail. L’idée fondamentale de l’HypnoNaissance est que la douleur peut être perçue positivement en fonction de l’état d’esprit de la mère, ce qui peut contribuer à réduire l’utilisation de médicaments pour la douleur pendant l’accouchement tout en créant un boost d’Ocytocine.
- Méthode Bonapace : La méthode Bonapace est une approche innovante qui trouve ses origines au Québec, Canada. Elle a été développée par Julie Bonapace, une infirmière spécialisée en périnatalité, et a gagné en popularité pour ses techniques visant à réduire la douleur pendant le travail et l’accouchement. La méthode Bonapace se base sur l’idée que la douleur de l’accouchement peut être atténuée grâce à des exercices de relaxation, exercices respiratoires et de visualisation. Pour la pratiquer, les couples apprennent à travers des cours spécialement conçus où ils acquièrent des compétences pour gérer la douleur, renforcer leur connexion émotionnelle, et promouvoir une expérience de naissance plus positive.
- Yoga prénatal : Le yoga prénatal puise ses racines dans la philosophie du yoga traditionnel, adaptée spécifiquement aux besoins de la femme enceinte. En plus cette approche vise à préparer mentalement et physiquement la future maman à l’accouchement tout en renforçant le lien entre la mère et son bébé. Les cours de yoga prénatal incluent généralement des postures douces, des exercices de respiration profonde, de méditation, et de relaxation. Ces pratiques favorisent la souplesse, la force et la stabilité du corps, ainsi que la gestion du stress et de l’anxiété liés à la grossesse et à l’accouchement. Le yoga prénatal encourage également la conscience de son corps et de son Futur bébé, ce qui peut être précieux pendant le travail.
- Acupuncture : L’acupuncture puise ses racines dans la médecine traditionnelle chinoise depuis des milliers d’années. Cette approche implique l’utilisation de fines aiguilles insérées dans des points spécifiques du corps pour stimuler l’énergie vitale, ou « Qi », et favoriser l’équilibre énergétique. Pendant la grossesse, l’acupuncture peut être utilisée pour soulager divers maux tels que les nausées matinales, les douleurs lombaires, l’anxiété et même pour préparer le corps à l’accouchement. Souvent accompagné d’huile essentielle et de prescription de tisanes à base de plante, la séance d’acupuncture apportera relaxation profonde à la future maman.
- Sophrologie : La sophrologie repose sur la relaxation et la gestion du stress pour aider les femmes enceintes à vivre leur accouchement de manière plus sereine. Cette approche enseigne des techniques de respiration profonde, de visualisation, et de détente musculaire pour réduire l’anxiété et la douleur pendant le travail. Les futures mamans apprennent à se connecter avec leur corps, à prendre conscience de leurs sensations et à se préparer mentalement à l’accouchement.
Bien sûr, chacune de ces méthodes est à expérimenter ! S’il est rassurant de s’y préparer et de les connaître, il est fort probable que certaines vous déplaisent au moment du travail. Chaque femme est différente et ce qui fonctionne pour l’une peut ne pas fonctionner pour une autre. Le tout est d’avoir une boîte à outils à tester en cas de besoins !
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Options médicales de gestion de la douleur
Pour les femmes souhaitant une gestion de la douleur plus intense, plusieurs options médicamenteuses sont disponibles.
- Analgésiques : Les analgésiques, administrés par voie intraveineuse ou intramusculaire, peuvent atténuer la douleur sans la supprimer complètement, permettant ainsi de se reposer en début de travail.
- Anesthésie épidurale : L'anesthésie épidurale est l'une des méthodes les plus couramment choisies pour soulager la douleur intense du travail actif. Cette technique consiste en l'injection d'un anesthésique local dans l'espace péridural de la colonne vertébrale, bloquant ainsi la douleur dans la moitié inférieure du corps tout en laissant la femme consciente et capable de participer activement à son accouchement. Il est important de discuter avec l'équipe médicale des avantages, tels que le soulagement efficace de la douleur, et des inconvénients potentiels, comme le risque de baisse de la pression artérielle ou d'autres effets secondaires. Son principal avantage est qu’il ne nécessite aucune préparation : une simple piqure et votre corps sera apaisé.
- Anesthésie spinale : L'anesthésie spinale, quant à elle, est souvent utilisée pour les césariennes. Elle procure un soulagement immédiat et complet en bloquant les sensations nerveuses dans une large zone du corps.
Préparation à l'accouchement et gestion de la douleur
La préparation à l'accouchement joue un rôle crucial dans la gestion de la douleur.
- Élaborer un plan de naissance : Cela permet de s'assurer que les préférences de la femme en matière de gestion de la douleur soient respectées.
- Soutien d'un partenaire ou d'une doula : Le soutien d'un partenaire ou d'une doula peut grandement influencer l'expérience d'accouchement. Les doulas, en particulier, offrent un soutien émotionnel, physique et parfois même spirituel tout au long du processus d'accouchement.
- Préparation mentale : La préparation mentale à l'accouchement, par le biais de techniques comme l'hypnose, la visualisation positive ou la méditation, peut aider à réduire la peur et l'anxiété.
Créer autour de soi une atmosphère rassurante et familière permet d’entrer plus facilement dans sa bulle et ainsi réduire la sensation de douleur de l’accouchement. C’est ce cocon qui permettra aux hormones naturelles d’accomplir leur travail. L’ocytocine, si elle crée des contractions, est aussi l’hormone responsable de l’état de plénitude, de bien-être ressentie par les femmes entre les contractions. Celle qu’on appelle l’hormone de l’amour n’est jamais plus présente dans la vie d’une femme que durant l’accouchement. C’est cette même hormone qui intervient au moment de l’orgasme, à échelle bien moindre pourtant. Or, pour qu’elle se dévoile, elle a besoin d’être en confiance, de se sentir rassurée, d’être confortable.
Accouchement naturel : un choix éclairé
Lorsque l’on parle d’accouchement naturel, on désigne généralement les étapes du travail et de l’accouchement lorsque celles-ci se déroulent sans intervention médicale, ou avec une intervention très limitée (par exemple un accouchement sans péridurale). Si vous envisagez un accouchement naturel pour votre bébé, vous devez vous renseigner sur ce que c’est, comment s’y préparer et ses avantages potentiels. Attention toutefois, l’accouchement naturel n’est pas toujours possible. Le travail et l’accouchement regorgent d’imprévus et dans certains cas, une intervention médicale est nécessaire pour garantir votre sécurité et celle de votre petit bout. Il est néanmoins utile de savoir à l’avance quels choix s’offrent à vous pour choisir une méthode d’accouchement qui vous convienne, qu’elle soit naturelle ou non.
Sur le principe, l’accouchement naturel vise à laisser Dame Nature faire son travail, par voie basse. L’accouchement est cependant un moment profondément intime et c’est à vous de choisir précisément ce que « naturel » signifie pour vous.
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Un accouchement naturel peut inclure l’une ou plusieurs des options ci-dessous :
- Ne pas demander d’analgésiques comme par exemple une péridurale pendant le travail et l’accouchement, ou alors en limiter la quantité.
- Diriger l’accouchement de la manière qui vous semble la plus confortable et en laissant à votre corps le temps qu’il lui faut pour donner naissance à votre bébé.
- Éviter les interventions médicales comme la surveillance du pouls de votre bébé ou une épisiotomie (une incision de la peau entre l’anus et le vagin dans le but d’en élargir l’entrée rapidement pour l’empêcher de se déchirer), sauf en cas d’urgence.
Vous pouvez par exemple décider de choisir un accouchement naturel parce que vous souhaitez ressentir une connexion physique plus forte avec ce moment très spécial ou simplement parce que cela vous donne l’impression de mieux contrôler la situation. Gardez également en mémoire que vous pouvez « panacher » votre accouchement et choisir de n’avoir d’intervention médicale que pour garantir que votre bébé va bien tandis que vous faites l’expérience du côté naturel de l’accouchement en vous dispensant d’antidouleurs.
De manière générale, si votre grossesse n’est pas considérée comme « à risque », l’accouchement naturel est une option. N’hésitez pas à poser à votre professionnel de santé toutes les questions que vous pourriez avoir sur les moyens d’atténuer la douleur d’un accouchement naturel et choisissez celui qui vous semble le meilleur. Souvenez-vous cependant que toutes les options ne seront pas forcément disponibles dans tous les hôpitaux ou cliniques et qu’il est donc plus prudent de discuter à l’avance de vos choix. Le fait de répéter ces méthodes avant le grand jour et de mieux les comprendre vous aidera à vous sentir préparée pour votre accouchement naturel. Certaines de ces méthodes seront probablement évoquées lors de vos cours de préparation à l’accouchement.
Se préparer à un accouchement naturel
En vous préparant à un accouchement naturel, vous vous sentirez moins inquiète et vous aurez de meilleures chances que tout se passe bien.
Voici quelques idées pour vous préparer à votre accouchement naturel:
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Faites de l’exercice. Si vous n’en faites pas déjà, il s’agit de l’une des premières choses que vous pouvez faire pour vous préparer à votre accouchement naturel. Avant de commencer à faire régulièrement de l’exercice, demandez des conseils à votre professionnel de santé et obtenez son feu vert, particulièrement si vous n’en faisiez pas souvent avant votre grossesse.
Établissez un projet de naissance naturelle. En créant un projet de naissance, vous vous obligez à vous renseigner sur vos options et à exprimer vos préférences de manière claire. Un tel projet constitue également un bon moyen de communiquer vos souhaits aux personnes impliquées dans la naissance de votre enfant, par exemple la personne qui sera à vos côtés en salle de travail, votre professionnel de santé ou le personnel soignant. Dialoguez avec votre professionnel de santé : celui-ci sera en mesure de vous aider à trier vos envies, priorités et possibilités. Un projet d’accouchement pourra vous aider à vous sentir plus sûre de vous et plus à l’aise.
Choisissez un professionnel de santé en qui vous avez confiance. Choisissez si vous le pouvez un professionnel de santé qui soit à votre écoute et soutienne votre désir d’avoir un accouchement naturel.
Obtenez de l’aide. Vous pouvez si vous le souhaitez choisir une personne qui sera présente à vos côtés au cours du travail et de l’accouchement. Il peut s’agir de votre partenaire, d’une sage-femme ou, s’il y en a autour de chez vous, d’une doula (des professionnels dont le rôle est de vous aider pendant l’accouchement et de délivrer des soins postpartum). La personne que vous choisissez devra pouvoir se tenir à vos côtés et vous soutenir tout au long du processus d’accouchement.
Choisissez où accoucher. Posez-vous la question de savoir où vous souhaiteriez accoucher et demandez à votre professionnel de santé quelles sont vos options. Vous pouvez avoir le choix entre:
- Chez vous.
- À la maternité.
- À l’hôpital.
Inscrivez-vous à des cours de préparation à l’accouchement. Les cours de préparation à l’accouchement sont une source d’informations précieuses si vous avez fait le choix d’un accouchement naturel. Faites en sorte que les cours ommencent durant votre troisième trimestre ou même avant. Ces cours vous présenteront un certain nombre de techniques pour soulager votre douleur et vous mettre plus à l’aise.
Quelques avantages potentiels d’un accouchement naturel:
- Évite de subir les effets secondaires associés à certains médicaments
- Vous contrôlez mieux la situation lors du travail et de l’accouchement
- Une douleur moindre après la naissance
- Un temps de convalescence réduit.
Et si l’accouchement naturel, ce n’était pas pour vous
Dans certaines circonstances, un accouchement naturel peut vous être déconseillé, que ce soit pour vous ou pour votre futur bébé. Il faut bien que vous gardiez en mémoire le fait que le travail et l’accouchement regorgent d’imprévus. La situation peut même changer le jour où votre travail et rendre subitement un accouchement naturel plus risqué. L’essentiel est que vous soyez renseignée sur les différentes possibilités qui s’offrent à vous et que vous restiez flexible. Votre professionnel de santé fait tout pour que votre bébé et vous ne couriez aucun risque et que l’accouchement soit aussi agréable que possible.
Gestion de la douleur post-partum
La gestion de la douleur ne s'arrête pas après la naissance. Les nouvelles mamans peuvent ressentir des douleurs liées à la cicatrisation des tissus, à l'allaitement, ou aux crampes utérines post-partum. Le soutien émotionnel est tout aussi crucial en période post-partum. L'épuisement, les changements hormonaux et les nouvelles responsabilités peuvent affecter le bien-être mental des mères.
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