L'hormone chorionique gonadotrope (hCG), souvent appelée hormone de grossesse, joue un rôle crucial dans le suivi de la grossesse, notamment lors d'une interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse. Ce guide a pour but d'expliquer l'importance du dosage de l'hCG, en particulier un taux de 447 mUI/ml, et son interprétation dans le contexte d'une IVG médicamenteuse.

Qu'est-ce que l'hCG et quel est son rôle ?

L’hormone chorionique gonadotrope (hCG), ou gonadotrophine chorionique, ou bêta-hCG, est une hormone produite en grande quantité par le corps de la femme enceinte dès la nidation de l'œuf fécondé dans la paroi utérine. Elle contribue à l'épaississement de la paroi utérine et signale au corps d'arrêter de produire des ovocytes. Un taux minime de bêta-hCG est présent dans le corps même en l'absence de grossesse, mais il augmente rapidement au début de la grossesse.

IVG médicamenteuse : principes et suivi

L’IVG médicamenteuse est une méthode d’avortement qui peut se pratiquer jusqu’à la fin de la 7ème semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles. Elle consiste à provoquer une fausse couche en prenant deux médicaments différents : la mifépristone (MYFEGINE) qui interrompt le développement de la grossesse, et le misoprostol (GYMISO) qui provoque l’expulsion de la grossesse.

Le suivi post-IVG est essentiel pour s'assurer de son efficacité et détecter d'éventuelles complications. Ce contrôle peut se faire par une échographie ou par une prise de sang pour doser les hormones de grossesse (bêta-HCG).

Interprétation du taux de Bêta-HCG après une IVG médicamenteuse

Le résultat de la prise de sang sera encore positif même si l’IVG a fonctionné. La vérification du fonctionnement de l’IVG médicamenteuse peut se faire par comparaison des dosages BHCG pré et post IVG. Lorsque le taux de Bêta HCG (dosage d’hormones de grossesse dans le sang), est inférieur à 2000 mUI/ml 2 semaines après l’IVG cela veut dire que l’avortement à fonctionné. Si le taux de Bêta HCG est supérieur au taux initial : la grossesse est évolutive et l’ivg par médicament n’a pas fonctionné.

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Taux de 447 mUI/ml : que signifie-t-il ?

Un taux de 447 mUI/ml après une IVG médicamenteuse nécessite une interprétation prudente. Pour déterminer si l'IVG a été efficace, il est impératif de comparer ce taux avec le taux initial de Bêta-HCG avant l'IVG. Si le taux a diminué significativement (par exemple, de plus de 50%) par rapport au taux initial, cela suggère que l'IVG a probablement réussi. Cependant, si le taux est similaire ou a augmenté, cela peut indiquer que la grossesse est toujours évolutive ou qu'il y a des résidus de grossesse.

  • Si le taux est inférieur à 2000 mUI/ml deux semaines après l'IVG, cela indique généralement que l'avortement a fonctionné.

  • Si le taux est supérieur au taux initial, cela signifie que la grossesse est évolutive et que l'IVG médicamenteuse n'a pas fonctionné.

Il est crucial de consulter le médecin ou la sage-femme qui suit l'IVG pour une interprétation précise du taux de Bêta-HCG et pour déterminer la nécessité d'examens complémentaires ou d'une intervention supplémentaire.

Facteurs influençant le taux d'hCG

Plusieurs facteurs peuvent influencer le taux d'hCG et rendre son interprétation plus complexe :

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  • Le terme de la grossesse : Le taux d'hCG varie considérablement au cours de la grossesse. Il augmente rapidement au début, atteint un pic vers la 8ème-11ème semaine, puis diminue légèrement.
  • La méthode d'IVG : Après une IVG médicamenteuse, le taux d'hCG diminue progressivement. La vitesse de diminution peut varier d'une femme à l'autre.
  • Les grossesses multiples: Un taux d'hCG plus élevé que la moyenne peut indiquer une grossesse multiple.
  • Les complications : Dans certains cas, un taux d'hCG anormal peut être le signe d'une complication, telle qu'une grossesse extra-utérine ou une rétention de produits de conception.

Grossesse Extra Utérine (GEU)

La Grossesse Extra Utérine (GEU) est une contre-indication à l’IVG médicamenteuse. Elle peut être repérée aux signes cliniques ainsi qu’avec la surveillance du dosage des BHCG. Cependant, en l’absence de facteurs de risque et de symptômes, une grossesse de localisation indéterminée ne contre-indique pas la prise des médicaments pour l’IVG.

Symptômes possibles

A contrario, les symptômes possibles d’une grossesse intra utérine peuvent être des seins tendus, des douleurs qui ressemblent aux douleurs de règles ou aux syndromes pré-menstruels, des nausées.

Suivi et examens complémentaires

En fonction du taux d'hCG et de l'évolution clinique de la patiente, le médecin peut prescrire des examens complémentaires :

  • Nouvelle prise de sang : Pour suivre l'évolution du taux d'hCG et confirmer sa diminution.
  • Échographie : Pour vérifier l'absence de grossesse intra-utérine ou de rétention de produits de conception.

Dans certains cas, une aspiration utérine peut être nécessaire pour compléter l'IVG ou traiter une complication.

Effets secondaires et complications possibles de l'IVG médicamenteuse

Pratiquer une IVG par médicaments peut entraîner des douleurs plus ou moins fortes et qui sont très variables selon les femmes. Ces douleurs sont liées aux contractions que fait l’utérus pour expulser l’œuf. Le rapport à la douleur est variable selon les femmes et pour une même femme selon les situations. Des anti-douleurs (antalgiques de la famille des anti inflammatoires non stéroïdiens couplet avec des anti-douleurs de niveau 2 disponible eux sur ordonnance) sont prescrits systématiquement par le ou la médecin ou sage-femme qui suit l’IVG et la prise de ces cachets est recommandée en prévention de la douleur 30 mn avant la prise de misoprostol.

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Il peut arriver dans certains cas, que des complications surviennent parfois jusqu’à 1 mois après l’IVG. Ces complications peuvent se présenter sous formes de symptômes d’infection (fièvre à 38°qui dure plus de 24h après la prise de misoprostol), des douleurs différentes de celles des règles, des pertes inhabituelles en couleur et odeur. Il peut survenir également des effets indésirables (douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur) insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h. Dans ce cas, la femme doit se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG que la personne professionnelle de santé lui a donné.

Saignements après IVG médicamenteuse

Les saignements de la patiente lors d’une interruption de grossesse médicamenteuse peuvent survenir entre 30mn et 3 jours après la prise de médicament. Dans la grande majorité des cas, ils surviennent dans les 2 à 4 heures après la prise du 2ème médicament, le misoprostol. Dans 5% des cas, ces saignements surviennent dès la prise de la mifépristone (prévoir des protections menstruelles dès ce moment). La prise de misoprostol est toujours nécessaire car il peut rester des résidus de grossesse qu’il est important d’évacuer.Les saignements qui s’ensuivent, plus ou moins importants peuvent durer de 10 à 20 jours. Ils sont comparables ou plus abondants que les règles, plus épais avec des caillots (qui proviennent de la muqueuse utérine). Leur abondance dépend du stade de la grossesse et sont souvent plus abondants après 7 SA (semaines d’aménorrhées) c’est-à-dire 5 semaines de grossesse. On peut parfois voir une boule blanche gélatineuse qui correspond à l’œuf appelé aussi le sac ovulaire dans les saignements.S’il n’y a pas de saignement à 24h, il faut contacter le ou la médecin ou sage-femme pour avoir une appréciation de la situation. Si aucun saignement ne se déclenche après 24h, il faut reconsulter sans attendre.

Retour des règles

Les règles reviennent généralement 4 à 6 semaines après l’IVG, selon la méthode contraceptive mise en place. Des complications peuvent parfois survenir jusqu’à un mois après l’IVG si la consultation de contrôle n’a pas été réalisée dans de bonnes conditions ou pas faite du tout.

Risque d’hémorragie

Le risque principal d’une IVG médicamenteuse est le risque d’hémorragie.

Fertilité après une IVG médicamenteuse

Avoir recours à un ou plusieurs avortements médicamenteux dans sa vie n’entraine pas de risque d’infertilité, n’a aucune conséquence sur la fertilité et ne diminue pas la fécondité, contrairement à certaines idées reçues. Les femmes qui pratiquent une IVG médicamenteuse ne développent pas non plus de troubles psychologiques systématiques post-IVG comme une dépression ou un comportement suicidaire si elles n’en avaient pas avant et elles ne seront pas forcément traumatisées. Chaque femme va vivre l’IVG de manière singulière et si elle ressent le besoin de partager ses sentiments et d’en parler, elle pourra demander à être reçue en entretien individuel.

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