La race bovine Mirandaise, autrefois appelée Gasconne Aréolée, est une race autochtone du Gers, issue d’un croisement entre les rameaux brun et grise des steppes. Elle a été sélectionnée pendant de nombreuses générations aux environs de Mirande, pour effectuer les travaux agricoles sur des terres lourdes et parfois escarpées des coteaux de Gascogne. Elle était devenue l’animal local de trait du Gers, ainsi que du nord des Hautes-Pyrénées et de l’ouest de la Haute-Garonne. Les animaux non conservés pour la reproduction ou le travail étaient vendus en veaux de lait de trois mois réputés. Après avoir frôlé l'extinction, elle est aujourd'hui au centre d'un programme de conservation ambitieux, notamment grâce à l'insémination artificielle. Cet article explore l'histoire de la race Mirandaise, les défis auxquels elle a été confrontée, et le rôle crucial de l'insémination artificielle dans sa sauvegarde.
Histoire et origine de la race Mirandaise
Le livre généalogique de la race « Gasconne Aréolée », appelée aujourd’hui Mirandaise, a été créé en 1897, soit 3 ans après celui de sa voisine et cousine la « Gasconne à muqueuses noires » appelée aujourd’hui simplement « Gasconne ». Dans les années 1930, l’effectif de la race Gasconne aréolée était estimé à 180.000 têtes dans le département du Gers.
Cependant, ce nombre a très rapidement décliné à partir des années 1950 du fait de la disparition de la traction animale, de la spécialisation laitière de certaines exploitations et de l’implantation de races à viande plus performantes qu’elle. De plus, en 1955, dans le cadre de la politique qui préconisait une réduction drastique du nombre des races d’animaux d’élevage français, il fût décidé que le livre généalogique de la Gasconne aréolée fusionnait avec celui de la Gasconne à muqueuses noires.
Ainsi, à la fin des années 1970, la race ne comptait plus que quelques dizaines d’individus détenus par des éleveurs pour la plupart âgés et était condamnée à plus ou moins brève échéance… Heureusement, l’ITEB (aujourd’hui Institut de l’Elevage) entreprît alors de faire l’inventaire des races bovines françaises menacées de disparition et constata que la situation de la Gasconne aréolée était très préoccupante.
Le programme de conservation et le rôle de l'insémination artificielle
Un programme national de conservation fût ainsi mis en place dès 1981 avec l’appui du Conservatoire du Patrimoine Biologique Régional de Midi-Pyrénées. Ce programme a permis de passer de 88 femelles dans 22 troupeaux fin 1981 à 627 femelles dans 65 troupeaux, 20 ans plus tard, avec aujourd’hui de la semence d’une trentaine de taureaux issus de quatre lignées mâles. Après des générations vouées à la traction animale, la rustique Mirandaise se reconvertit peu à peu en race à viande après avoir échappé de peu à l’extinction.
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L'insémination artificielle joue un rôle crucial dans ce programme de conservation. Elle permet de :
- Préserver la diversité génétique : En utilisant la semence de différents taureaux, on évite la consanguinité et on maintient un pool génétique varié.
- Diffuser le patrimoine génétique : L'insémination artificielle permet de féconder un grand nombre de vaches avec la semence de taureaux sélectionnés pour leurs qualités.
- Accélérer la reproduction : L'insémination artificielle permet de maîtriser le calendrier de reproduction et d'optimiser le nombre de naissances.
Ce travail de collecte, soutenue par le Ministère de l’Agriculture et le Conseil Départemental du Puy-de-Dôme, a permis qu’aujourd’hui une trentaine de taureaux soient disponibles à l’insémination artificielle. L’Association travaille en collaboration avec ELVA NOVIA, centre d’insémination basé dans le Puy-de-Dôme.
L'organisation de la conservation génétique
L’Institut de l’Elevage, partenaire historique de l’Association, devient en 2009 l’Organisme de Sélection (OS) de 9 races bovines en conservation dont fait partie la Ferrandaise. Cet OS a pour but de permettre à différentes races en conservation de mener des actions communes au niveau national et de mettre en relation leurs idées.
Depuis 1981, une liste des animaux est tenue à jour par l’Institut de l’Elevage. Cette liste des animaux et de leurs propriétaires est mise à jour chaque année et est communiqué aux éleveurs afin d’avoir un meilleur suivi des animaux.
Les qualités de la race Mirandaise
Docile, féconde, supportant bien la chaleur mais moins précoce que « l’autre Gasconne », la Mirandaise n’en a pas moins de grandes qualités bouchères et une viande d’une grande valeur gustative. Elle est notamment réputée pour la qualité de ses veaux.
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La race Gasconne : un exemple de conservation réussie
La vache Gasconne se trouve aujourd’hui principalement dans le sud de la France : Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon. Le cheptel de la vache Gasconne compte environ 40 000 vaches dont 60 % pratiquent l’estive en été. Egalement 1 000 taureaux reproduisent en insémination artificielle dont 260 sont inscrits au livre généalogique de la race Gasconne. Cette race de vaches a été exportée dans plusieurs pays d’Europe. Cette race a été constituée à partir d’une race du Gers comme race élevée à la fois pour la viande et le travail.
La race Gasconne comprenait à la base deux variétés de vaches, la gasconne et la Mirandaise ou gasconne aréolée. Ces deux races qui ont été fusionnées en 1955. La morphologie de la Gasconne est caractérisée par une robe grise argent, et noire aux extrémités : le bord des oreilles, la pointe des cornes, la queue, le museau et les sabots. Ses muqueuses sont elles aussi foncées et ses des cornes en forme de lyre. C’est une vache de format moyen format, avec une hauteur au garrot de 1,35 m et de 1,45 m pour le male, d’un poids moyen respectivement de 650 et 950 kg.
La Gasconne est une mère allaitante performante en race pure et en croisement. C’est une bonne marcheuse grâce à ses sabots qui lui permettent de longs déplacements vers les sommets des pâturages alpins des Pyrénées. Sa peau claire et ses paupières cernées de noir lui offre une bonne résistance à la chaleur et à la lumière. La vache Gasconne a la particularité de se satisfaire de régimes alimentaires différents. Elle a une prédisposition aux vêlages faciles avec en moyenne 1 veau par an et par vache. Cette race de bovins offre une qualité de viande reconnue label Rouge Bœuf Gascon.
La Gasconne est une vache à vocation bouchère et la a renommée de sa viande vient pour partie des qualités bouchères de la race et pour autre partie de l’élevage en estive. Race rustique, elle est parfaitement adaptée à la vie en plein air et aux zones sèches et escarpées. C’est une vache est fertile, qui vêle aisément, et bénéficie d’une bonne longévité.
Les centres de production de semence autorisés
Plusieurs centres de production de semence sont autorisés à conduire des programmes d'évaluation et de sélection incluant la mise à l'épreuve sur descendance en races bovines. Parmi eux, on retrouve :
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- L'union des coopératives d'élevage et d'insémination artificielle du Nord-Est et du Centre-Ouest, dite UNECO.
- L'union des coopératives d'élevage et d'insémination artificielle Auvergne-Limousin-Charente, dite UALC.
- L'union régionale des coopératives d'élevage et d'insémination artificielle Ouest Génétique Elevage Reproduction, dite OGER.
- L'union régionale des coopératives agricoles d'élevage, d'amélioration génétique et d'insémination artificielle du sud-ouest de la France, dite Midatest-Egs.
- L'union des coopératives agricoles d'élevage et d'insémination artificielle de Lorraine et du Centre-Nord, dite ULCN.
- Gènes Diffusion Holstein.
- La société coopérative agricole Amélioration génétique, insémination, reproduction, élevage, dite AGIRE.
- L'union régionale des coopératives d'élevage du centre et de l'ouest de la France, dite URCECOF.
- L'union régionale des coopératives d'élevage de l'Ouest, dite URCEO.
- La coopérative agricole d'insémination artificielle de Créhen.
- L'union montbéliarde de testage, dite UMOTEST.
- La société coopérative agricole d'élevage et d'insémination artificielle du Doubs et du territoire de Belfort.
- La société coopérative agricole Jura-Bétail.
- L'union des coopératives agricoles, dite Intersélection.
- Section simmental de l'Union des coopératives d'élevage et d'insémination artificielle du Nord-Est et du Centre-Ouest, dite UNECO.
- L'union de coopératives agricoles d'élevage et d'insémination artificielle pour la sélection de la race française Pie rouge des plaines, dite pie rouge Select.
- L'union des coopératives agricoles d'élevage et d'insémination artificielle de la race brune.
- L'union des coopératives agricoles d'élevage Alpes-Rhône, dite UCEAR.
- L'union de coopératives agricoles Charolais-Mieux.
- Le groupement d'intérêt économique France-Limousin Testage.
- L'union régionale des coopératives agricoles d'élevage et d'insémination artificielle du centre-est de la France, dite UCEF.
- L'union des coopératives agricoles associées pour le testage de la race charolaise, dite UCATRC.
- L'union des coopératives agricoles charolais Vendée, dite UCHAVE.
D'autres centres sont autorisés pour les autres races bovines bouchères pour lesquelles la production de semence relève uniquement de l'autorisation à l'emploi, comme l'Aubrac, la Gasconne, la Maine-Anjou, la Parthenaise, la Salers, la Créole et la Blanc Bleu.
Enfin, certains centres sont autorisés pour les autres races bovines pour lesquelles la production de semence relève de la conservation génétique, comme l'Armoricaine, l'Aure et Saint-Girons, la Béarnaise, la Bordelaise, la Corse, la Ferrandaise, la Froment du Léon, la Mirandaise, la Lourdaise, la Maraîchine, la Nantaise, la Villard-de-Lans, la Brave, la Vosgienne, la Bazadaise, la Bleue du Nord et la Bretonne pie noire.
La Ferrandaise : un autre exemple de race en sauvegarde
La race bovine Ferrandaise est une race à faible effectif originaire du Puy-de-Dôme. La Ferrandaise trouve son berceau d’origine dans les parties montagneuses du Puy-de-Dôme : Chaîne des Puys et Mont-Dore à l’Ouest, Monts du Livradois et du Forez à l’Est. Elle doit son nom à la ville de Clermont-Ferrand en Auvergne. Cette vache rustique présente une diversité de robes unique en France : elle peut être barrée, bregniée ou poudrée et se parer de rouge ou de noir. La Ferrandaise a aussi su garder sa mixité. Elle peut être élevée pour sa viande ou pour son lait.
Menacée de disparition avec quelques 200 vaches répertoriées dans les années 1970, une poignée d’éleveurs passionnés ont sauvé la race Ferrandaise, in extremis, soutenus par l’Institut de l’Elevage et le Parc Naturel Régional des Volcans d’Auvergne. Aujourd’hui, la race Ferrandaise est considérée « en sauvegarde ». Elle n’est pas encore totalement relancée et reconnue. Tous les animaux mis en vente doivent être inscrits à l’inventaire de la Ferrandaise délivré tous les ans par l’organisme de sélection de la race : l’Institut de l’Elevage.
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