L'administration de médicaments à un enfant n'est jamais anodine. Ces dernières années, des études ont mis en évidence un recours excessif aux traitements médicamenteux chez les plus jeunes. Face à ce constat, il est crucial d'évaluer attentivement les risques et les bénéfices de chaque médicament, en particulier chez les nourrissons. Les suppositoires à l'eucalyptus, autrefois couramment utilisés pour soulager les affections bronchiques et les congestions nasales chez les bébés, font partie de ces médicaments qui nécessitent une attention particulière.

Risques liés aux suppositoires à l'eucalyptus chez les nourrissons

En novembre 2011, les autorités sanitaires françaises ont décidé de contre-indiquer les suppositoires contenant des dérivés terpéniques chez les enfants de moins de 30 mois, en raison de complications neurologiques potentielles. Cette décision a été motivée par le fait que ces suppositoires, contenant des dérivés terpéniques tels que le menthol, les huiles essentielles d'aiguille de pin, d'eucalyptus, de térébenthine, le camphre, le cinéole, le niaouli, le thym sauvage, le terpinol, la terpine et le citral, étaient associés à des complications neurologiques, notamment des convulsions, de la somnolence et de l'agitation, en particulier chez l'enfant, en raison de l'immaturité de leur système nerveux central.

L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a rappelé que ces suppositoires sont également contre-indiqués chez les enfants ayant des antécédents de convulsion fébrile ou d'épilepsie, quel que soit leur âge.

Ces mesures ont été prises car les dérivés terpéniques, bien qu'utilisés dans le traitement d'appoint d'affections bronchiques aiguës bénignes et des congestions nasales, n'ont pas clairement démontré leur efficacité chez les nourrissons. Ainsi, le rapport bénéfices/risques n'était plus favorable.

Quels sont les dérivés terpéniques ?

Les dérivés terpéniques incluent une variété de substances telles que le camphre, le cinéole, le niaouli, le thym sauvage, le terpinol, la terpine, le citral, le menthol, les huiles essentielles d'aiguille de pin, d'eucalyptus et de térébenthine. Ces composés sont présents dans de nombreux médicaments en vente libre, notamment ceux destinés à soulager les affections respiratoires.

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Alternatives plus sûres pour les nourrissons

Face aux risques liés aux suppositoires à l'eucalyptus, il est essentiel de privilégier des alternatives plus sûres pour soulager les affections respiratoires et les congestions nasales chez les nourrissons. Voici quelques recommandations :

  • Rhume : L'eau salée est votre meilleure alliée. Après six mois, les rhumes sont fréquents, mais rarement graves. Pour limiter les dégâts, utilisez du sérum physiologique en dosette ou de l'eau salée en spray plusieurs fois par jour pour nettoyer le nez de votre bébé. Oubliez les sprays antiseptiques ou décongestionnants pour le nez, les suppositoires combinant un antiallergique et du paracétamol, ou les inhalations à base d'huiles essentielles.
  • Toux : Sauf si elle s'accompagne d'une fièvre persistante, de difficultés à respirer ou si elle est liée à une allergie, la toux est le plus souvent bénigne. Empêchez l'écoulement des glaires du rhume dans la gorge en désobstruant le nez avec du sérum physiologique ou de l'eau de mer stérile. La totalité des sirops, suppositoires ou poudres qui prétendent supprimer la toux sèche ou grasse n'ont pas d'utilité prouvée et présentent des effets indésirables. Ils sont tous contre-indiqués chez les moins de deux ans.
  • Fièvre : Si un médicament est nécessaire, le paracétamol (Doliprane, Dolko, Dafalgan pédiatrique) est recommandé, à condition de bien respecter la posologie. L'ibuprofène (Advilmed, Nurofenpro) est également efficace, mais un avis médical est nécessaire en raison de ses contre-indications et de ses effets indésirables.
  • Reflux du nourrisson : Le reflux du nourrisson est la plupart du temps absolument bénin, ne justifiant pas de proposer un traitement médicamenteux. Des mesures hygiéno-diététiques (comme l'épaississement du bol alimentaire ou le fractionnement des repas chez les gros mangeurs) sont en général suffisantes.

Médicaments à éviter chez les enfants

Outre les suppositoires à l'eucalyptus, d'autres médicaments sont à éviter chez les enfants en raison de leurs risques potentiels :

  • Sprays antiseptiques ou décongestionnants pour le nez : Officiellement contre-indiqués aux moins de 15 ans.
  • Suppositoires combinant un antiallergique et du paracétamol : Risque d'effets indésirables.
  • Inhalations à base d'huiles essentielles : Risque de convulsions à cause du camphre ou de l'eucalyptus.
  • Sirops, suppositoires ou poudres qui prétendent supprimer la toux sèche ou grasse : N'ont pas d'utilité prouvée et présentent des effets indésirables. Contre-indiqués chez les moins de deux ans.
  • Imodium enfants : Peut provoquer des syndromes pseudo-occlusifs et expose à des somnolences gênant la réhydratation. Réservé aux enfants à partir de 2 ans et délivré sur ordonnance.
  • Antiseptiques intestinaux (panfurex, nifuroxazide) : N'ont aucun effet sur la diarrhée aiguë et sont potentiellement toxiques pour l'enfant. Réservés aux plus de 2 ans et délivrés sur ordonnance.
  • AINS (Advilmed et Nurofenpro) en cas de déshydratation : Peuvent favoriser la survenue d'insuffisance rénale chez l'enfant déshydraté.

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