La procréation médicalement assistée (PMA) est un parcours qui peut sembler complexe, surtout lorsqu'il s'agit de maîtriser l'utilisation des stylos d'injection. Cet article vise à démystifier le fonctionnement de ces stylos et à répondre aux questions fréquemment posées, afin de vous accompagner sereinement dans votre protocole d'AMP.
Les différents types d'injections en AMP
Dans le cadre d'une insémination artificielle ou d'une fécondation in vitro (FIV), différents types de produits peuvent être administrés par injection :
Stimulation de la croissance folliculaire : Ces traitements, souvent à base de FSH (hormone folliculo-stimulante) ou d'un mélange FSH-LH (hormone lutéinisante), stimulent la croissance des follicules ovariens, ces petits sacs remplis de liquide où se développent les ovules. Parmi les médicaments couramment utilisés, on retrouve Gonal-F, Puregon, Ovaleap, Bemfola, Pergoveris, Menopur, Fertistart et Elonva.
Blocage de l'ovulation : Ces traitements mettent les ovaires au repos en agissant au niveau du cerveau. Ils peuvent être de deux types :
- Agonistes de la GnRH (Gonadotropin-Releasing Hormone) : Décapeptyl, Synarel
- Antagonistes de la GnRH : Fyremadel, Cetrotide, Orgalutran
Déclenchement de l'ovulation : Ces injections imitent le pic de LH et préparent les ovocytes à être expulsés des follicules. Ovitrelle et/ou Décapeptyl sont fréquemment utilisés à cet effet.
Lire aussi: Stylos 3D pour enfants : notre avis
Le choix de ces produits et de leurs combinaisons dépend des causes de l'infertilité, de l'âge de la patiente, de sa réponse ovarienne lors de cycles précédents et de la technique d'AMP envisagée.
Respecter les horaires d'injection
L'ordonnance de votre médecin précisera les heures d'injection pour chaque traitement.
- Déclenchement de l'ovulation : L'heure d'injection doit être respectée au quart d'heure près. L'injection déclenche l'ovulation environ 38 à 40 heures plus tard, et la ponction est généralement prévue 36 heures après l'injection pour récupérer les ovocytes avant qu'ils ne s'échappent dans les trompes. L'heure est donc fixée en fonction de la date de ponction et de l'ordre de passage au bloc opératoire.
- Autres injections : Une plus grande souplesse est généralement autorisée.
En cas d'oubli, contactez immédiatement votre centre d'AMP avant de prendre toute initiative.
Pourquoi l'administration sous-cutanée ?
La voie sous-cutanée est privilégiée car elle permet une diffusion efficace des hormones, qui sont rapidement assimilées par l'organisme. De plus, elle évite la dégradation de certains médicaments qui se produirait en cas d'administration par voie orale.
Les gestes à suivre pour une injection réussie
- Préparation : Lavez-vous soigneusement les mains et disposez le matériel sur une surface propre.
- Nettoyage : Nettoyez la zone d'injection avec un antiseptique sur un coton.
- Pincement : Pincez la peau entre le pouce et l'index pour vous assurer que l'injection se fait bien sous la peau, dans le tissu graisseux, et non plus profondément dans le muscle.
- Injection : Enfoncez l'aiguille perpendiculairement dans le pli de la peau jusqu'à ce qu'elle soit entièrement sous la peau. Le geste peut être rapide ou lent, selon votre préférence.
- Injection du produit : Injectez le produit lentement et attendez 10 secondes avant de retirer l'aiguille pour permettre une diffusion complète.
- Retrait de l'aiguille : Retirez l'aiguille perpendiculairement et relâchez le pli de peau. Il n'est pas nécessaire de nettoyer à nouveau ou de masser la zone.
- Élimination de l'aiguille : Jetez l'aiguille dans un collecteur fourni par votre pharmacien.
De plus en plus de centres d'AMP mettent à disposition des QR codes spécifiques aux produits prescrits, permettant de visualiser des vidéos expliquant la manipulation des stylos et la reconstitution des produits.
Lire aussi: Stylo ergonomique pour enfant : Le guide ultime
Choisir la zone d'injection
Les zones les plus accessibles pour une auto-injection sont le ventre et la cuisse, en sous-cutané. En cas de surpoids, la zone au-dessus du genou peut également être utilisée. L'efficacité du produit reste la même, quel que soit l'endroit choisi. Il est recommandé de changer de zone chaque soir pour éviter la douleur. Il n'est pas nécessaire de préparer la peau avant l'injection.
Que faire en cas de problèmes ?
- Saignement après l'injection : Cela signifie que vous avez traversé un petit vaisseau. Ce n'est pas grave et n'a pas d'impact sur l'administration du produit. Appuyez légèrement avec une compresse pour arrêter le saignement. Un hématome peut apparaître et disparaîtra en quelques jours.
- Écoulement de produit après le retrait de l'aiguille : Attendez 10 secondes avant de retirer l'aiguille pour éviter cela. Si une goutte coule, ne vous inquiétez pas, cela n'a pas d'impact significatif.
- Chaleur ou douleur au niveau de l'injection : Certains produits peuvent provoquer une sensation de chaleur ou une douleur après l'injection. Cela signifie que votre corps assimile le produit. Vous pouvez appliquer un glaçon ou un gant d'eau chaude pour soulager cette sensation.
- Boursouflure (induration) après l'injection : Certains produits peuvent provoquer une réaction cutanée temporaire, comme une boursouflure ou une rougeur. C'est une réaction normale liée à l'assimilation du produit et elle disparaîtra progressivement.
- Hématome : Si vous avez un hématome, c'est parce que vous avez piqué un capillaire ou un petit vaisseau. Il n'y a rien à faire pour le prévenir ou l'estomper.
- Injection d'une bulle d'air : Certains stylos d'injection contiennent une bulle d'air pour garantir l'injection complète du produit. L'injection d'une petite quantité d'air en sous-cutané est sans danger.
Précautions après l'injection
Il n'est pas nécessaire de nettoyer la zone d'injection ni de la masser. Vous n'avez pas besoin de vous allonger et pouvez reprendre une vie normale.
Gérer la phobie des aiguilles
Il est normal d'avoir peur des aiguilles. Si vous avez une phobie, vous pouvez demander à une infirmière libérale de réaliser les injections à votre domicile. Votre conjoint ou un proche peut également vous aider. Des techniques comme la respiration et l'hypnose peuvent également être utiles. Souvent, il s'agit plus d'une appréhension liée à la peur de mal faire.
Conservation des traitements de fertilité
La plupart des produits doivent être conservés au réfrigérateur, sur une étagère. Une fois reconstitués ou entamés, ils peuvent être conservés pendant 28 jours à une température ne dépassant pas 25°C. Décapeptyl et Fyrémadel peuvent être conservés à température ambiante. Ovitrelle doit impérativement être conservé au réfrigérateur, car c'est la dernière injection à faire et elle sert à déclencher l'ovulation. La zone froide du réfrigérateur (0 à 4 degrés) se situe au-dessus du bac à légumes. Si vous devez transporter Ovitrelle, utilisez un contenant isotherme avec un pain de glace pour maintenir une température entre 2 et 8 degrés. Ne conservez pas un stylo déjà entamé plus de 28 jours.
Le rôle de l'infirmière libérale
Lors d'une stimulation ovarienne en vue d'une FIV, des injections vous sont prescrites. Une infirmière libérale peut réaliser ces injections à votre domicile, ce qui peut réduire l'anxiété et garantir un suivi professionnel. Elle peut également vous aider à mieux comprendre les différentes étapes du protocole, le fonctionnement du corps et les techniques d'injection.
Lire aussi: Comment fabriquer des stylos pour enfants ?
Les protocoles de stimulation ovarienne
Il existe trois principaux types de protocoles : court, long et antagoniste. La durée de la période d'injection avant le déclenchement peut varier d'environ quatre jours à un mois, en fonction du protocole suivi. Un bilan initial et une échographie sont réalisés pour déterminer le nombre de follicules de base et adapter la dose administrée. Les injections de FSH ou HMG (Human Menopausal Gonadotropin) stimulent ensuite la création de follicules et d'ovocytes. Des bilans sanguins et des échographies pelviennes régulières permettent de surveiller l'évolution des follicules et d'adapter le traitement en conséquence.
Surveillance et risques potentiels
La stimulation hormonale est surveillée par des dosages hormonaux (prises de sang) et des échographies folliculaires, permettant de suivre le développement des follicules et de déterminer le moment optimal pour l'ovulation. Ce suivi permet également de contrôler les deux principaux risques du traitement : l'hyperstimulation ovarienne et les grossesses multiples.
L'hypertrophie des ovaires est un effet attendu de la stimulation ovarienne contrôlée. Le syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) est une complication potentielle, dont la sévérité peut varier. Les symptômes peuvent inclure des douleurs abdominales, une gêne abdominale, une distension abdominale, des nausées, des vomissements et une hypertrophie marquée des ovaires. Dans les cas sévères, un SHO peut entraîner une prise de poids, une dyspnée et une oligurie. Très rarement, des complications telles qu'une torsion des ovaires ou des accidents thromboemboliques peuvent survenir. Le respect des doses et des schémas d'administration recommandés pour Ovitrelle peut contribuer à réduire le risque d'hyperstimulation ovarienne.
Comparée à une conception naturelle, l'incidence de grossesses et de naissances multiples est augmentée chez les patientes recevant un traitement inducteur de l'ovulation. Le risque de fausse couche spontanée ou d'avortement est également plus élevé. Les femmes ayant des antécédents de pathologie tubaire sont exposées à un risque accru de grossesse extra-utérine.
Les traitements de stimulation hormonale
La stimulation hormonale est une étape clé de nombreux traitements de l'infertilité, qu'elle soit d'origine féminine, masculine, mixte ou inconnue. Elle vise à stimuler les ovaires pour produire des ovocytes matures qui pourront être fécondés. Elle peut être réalisée seule (stimulation hormonale simple ou induction de l'ovulation) ou dans le cadre d'une AMP (insémination artificielle ou FIV).
Antiestrogènes
Les antiestrogènes agissent au niveau de l'hypophyse et de l'hypothalamus pour freiner la sécrétion de FSH et de LH. Le citrate de clomifène est un exemple de substance active utilisée. Ces traitements se présentent sous forme de comprimés à avaler.
Gonadotrophines
Les gonadotrophines agissent directement au niveau des ovaires pour favoriser le développement des ovocytes. Elles ont une action de type FSH et/ou LH. Plusieurs substances actives existent, notamment l'urofollitropine, la follitropine alfa, la follitropine bêta et la corifollitropine alfa. Les gonadotrophines se présentent sous des formes injectables. L'injection est généralement réalisée en sous-cutanée, à l'aide d'une seringue ou d'un stylo.
Médicaments complémentaires
D'autres médicaments peuvent être prescrits en complément, tels que l'estradiol (Provames) pour préparer l'endomètre, ou un antagoniste de la GnRH (Synarel, Décapeptyl, Suprefact) pour bloquer l'ovulation avant de commencer la stimulation.
tags: #stylo #pour #pma #fonctionnement
