La nouvelle de la disparition de Stéphanie Romberg, ancienne Première danseuse de l'Opéra de Paris, a plongé le monde de la danse dans le deuil. Née le 23 avril 1975, elle s'est éteinte à l'âge de 50 ans, laissant derrière elle un héritage artistique immense et le souvenir d'une femme passionnée, généreuse et profondément humaine.
Une enfant de l'Opéra de Paris
Stéphanie Romberg était véritablement une enfant de l'Opéra de Paris. Elle y a fait ses premiers pas en tant qu'élève de l'école de danse en 1986, avant d'intégrer le corps de ballet en 1991. Son talent et sa détermination l'ont rapidement propulsée vers les sommets, gravissant les échelons de Coryphée en 1992, puis de Sujet en 1998, pour finalement être nommée Première danseuse en 2003.
Rachida Dati, ministre de la Culture, a salué "une enfant de l’Opéra de Paris" qui "lui avait dédié son talent, sa grâce et sa vie".
Une interprète brillante des grands classiques
Tout au long de sa carrière, Stéphanie Romberg a incarné avec brio de nombreux rôles emblématiques du répertoire classique. Sa présence magnétique et sa sensibilité profonde lui permettaient de donner vie à chaque personnage avec une intensité rare. Parmi ses interprétations les plus marquantes, on peut citer :
- Gamzatti dans « La Bayadère »
- Myrtha dans « Giselle » (dans laquelle elle apportait une interprétation unique, presque tellurique, de l'esprit vengeur)
- La reine dans « Le Lac des cygnes » (version Noureev)
- Rosaline dans « Roméo et Juliette »
- L’élue dans « Le Sacre du printemps » (version Béjart)
Elle s'est également illustrée dans des ballets plus contemporains, démontrant sa polyvalence et son ouverture d'esprit.
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Collaborations fructueuses avec les plus grands chorégraphes
Stéphanie Romberg a eu la chance de travailler avec les plus grands noms de la chorégraphie, tels que Mats Ek, Maurice Béjart, Jiří Kylián, William Forsythe, et bien d'autres. Ces collaborations ont été pour elle une source d'enrichissement artistique et lui ont permis de développer une approche unique de la danse. Elle ne dansait jamais "pour", mais toujours "avec", en dialogue permanent avec la musique, ses partenaires et le public.
Parmi les créations auxquelles elle a participé, on peut mentionner :
- « IXe Symphonie de Beethoven » (Béjart, 1996)
- « Appartement » (Ek, 2000)
- « Shéhérazade » (Li, 2001)
- « La Petite danseuse de Degas » (Bart, 2003)
- « Variations pour une porte et un soupir » (Béjart, 2006)
Une pédagogue passionnée
Après avoir pris sa retraite de danseuse en 2017, Stéphanie Romberg a continué à transmettre sa passion en tant que répétitrice invitée à l'Opéra de Paris. Elle a notamment travaillé sur des productions telles que « Daphnis et Chloé » (Millepied), « Orphée et Eurydice », « Le Sacre du printemps » (Bausch) et « The Seasons’ Canon » (Pite).
En dehors de la scène, elle était également une figure importante pour de nombreux jeunes danseurs. Attentive, généreuse et toujours disponible, elle les a accompagnés dans leurs concours de promotion, les a conseillés, rassurés et soutenus. Son investissement rare et son exigence bienveillante ont marqué ceux qui ont eu la chance de croiser son chemin. Comme le souligne l'Opéra National de Paris, "elle a été une guide précieuse pour de nombreux jeunes danseurs", les soutenant "jusque sur les scènes les plus exigeantes, comme au concours de Varna, avec un investissement rare et une exigence bienveillante". Marie-Claude Pietragalla, dont elle était proche, a salué sa singularité en scène qui rendait sa danse unique.
Stéphanie Romberg enseignait également la danse classique en banlieue parisienne, dans sa propre école, et intervenait au CFA Théâtre des corps de Marie-Claude Pietragalla à Alfortville.
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